PRONOSTIC
généralisation et comme intensité^ ei moins elles sont curables. Plus la maladie a éclaté brusquement et plus vite elle atteint son apogée, plus elle présente de chances de guérison. Au contraire, plus la période d'incubation et de début a été longue et traînante, et plus la maladie serdi grave.
D'autre part, si l'état d'excitation ou de dépression reste longtemps stationnaire, immobile, les chances de guérison seront moins grandes que s'il survient de temps à autre des lueurs^ des moments de calme. De même, comme nous l'avons indiqué plus tiaut, le retour de V embonpoi7it ne coïncidant pas avec une amélioration parallèle del'état mental, est un signe de fâcheux augure. Enfin , l'existence d'hallucinations persistantes, surtout de l'ouïe, la création de mots nouveaux, l'adoption, par le malade, d'un langage pathologique, d'un costume, d'une attitude spéciale, sa tendance à ramasser des objets, à en remplir ses poches, à s'en parer, sont autant d'indices d'incurabilité prochaine. Nous n'avons pas besoin de signaler les troubles de la menstruation, la ménopause, et l'existence des maladies incidentes, dont l'action, variable d'ailleurs, peut, dans certains cas, influer sur la marche du délire.
Plus la maladie mentale dure^ et moins évidemment, elle est curable. C'est dans le premier semestre que les chances sont le plus grandes. Dans le second elles sont déjà deux fois moindres ; dans la deuxième année les chances de guérison tombent à environ un sixième du chifl're du premier semestre. Après la quatrième année, on peut les considérer comme à peu
près nulles et les cas que l'on a cités de guérisons plus ou moins tardives sont des faits absolument exceptionnels qui ne détruisent pas la règle.
La cause de la maladie influe également sur le pronostic. En général, une cause unique et accidentelle laisse après elle de grandes chances de guérison; les causes multiples ou permanentes ont une action toute opposée.
Pronostic tiré du malade lui-même. — Vâge du malade n'est pas indifférent pour le pronostic. Plus le sujet est jeune en général, et plus facilement il peut guérir. Le sexe a également quelque influence. La femme, en effet, guérit plus souvent que l'homme, ce qui tient surtout, chez elle, à la rareté de la paralysie générale. En revanche, elle est plus fréquemment sujette aux récidives. Mais la cause inhérente au malade qui influe le plus sur le pronostic est, sans contredit, l'absence ou l'existence de prédisposition ou d'hérédité. Non pas que les héréditaires ou les prédisposés guérissent moins facilement , mais parce que , chez eux, la guérison est rarement complète et définitive.
Rechutes. — D'après la plupart des auteurs, les rechutes se présenteraient dans la proportion de 12 ou 14 pour lOO, et seraient surtout fréquentes dans la première année. Outre la prédisposition héréditaire, les rechûtes reconnaissent pour origine le retour des mêmes causes, les émotions trop vives, la misère, et, chez les aliénés indigents, les difficultés qu'ils éprouvent à se procurer du travail et à vivre à leur sortie des asiles. Le plus souvent, c'est la même forme de