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CHAPITRE IV

I. Infirmités cérébrales congénitales [Faiblesse d'esprit. Imbécillité. Idiotie. Crétinisme) — II. Infirmités CÉRÉBRALES ACQUISES [Démeuce).

Les infirmités céi^ébrales congénitales sont constituées par ï arrêt de développement de Vintelligence survenu soit avant, soit après la naissance, et lié à un vice d'organisation du cerveau. Elles comprennent par conséquent toutes les individualités psychiques inférieures, depuis celles qui s'éloignent à peine du type normal, jusqu'aux êtres absolument dégradés chez lesquels il y a annihilation complète des facultés mentales.

114 INFIRMITES CEREBRALES

On divise habituellement ces états d'infirmité psychique en trois classes : 1° la Faiblesse d'esprit ou débilité mentale constituée par les enfants simplement arriérés : 2° V Imbécillité^ qui comprend les individus plus dégradés que les précédents, mais possédant encore un certain degré d'intelligence ; 3° V Idiotie qui réunit les êtres chez lesquels Farrèt de développement intellectuel est poussé à ses dernières limites. Il faut y joindre le C7'étinis7ne, infirmité congénitale spéciale qui mérite une place à part à côté de l'idiotie, en rais(m de sa nature et de ses caractères particuliers.

§ I. — Faiblesse d'esprit. (Débilité mentale.)

La Faiblesse d'esprit ou débilité mentale est une infirmité congénitale de l'intelligence qui n'affecte pas toujours les mêmes caractères et ne répond pas à un type unique. Non seulement les enfants arriérés qui la constituent offrent des degrés divers d'arrêt de développement, mais encore, ils se présentent sous les aspects les plus variés, et les lacunes de leur intelligence portent de préférence chez les uns et chez les autres, sur telle ou telle faculté.

En général, ils se font remarquer par la lenteur avec laquelle s'opère leur développement intellectuel; leur instruction est rarement complète, et ils sont, pour la plupart, forcés de renoncer à leurs études. Mais ce qui les caractérise surtout, c'est un manque absolu d'équilibre dans leurs facultés ; à côté de qualités brillantes, d'aptitudes distinguées, de talents artistiques réels, ils présentent des lacunes profondes

FATBLESSE D'ESPRIT. L^IBÉGILLITÉ 115

danslejugement et le sens moral, une mobilité d'idées et de sentiments extraordinaire, un entraînement presque impulsif vers Texcentricité, la fourberie, les excès, quelquefois les actes dangereux. Ce sont des composés de bien et de mal, susceptibles au même degré d'affection ou de haine, de sentiments égoïstes ou généreux, d'actions honorables ou malfaisantes ; brillant parfois par les dehors extérieurs, les agréments du physique, le tour vif et aiguisé de l'esprit, la facilité de rélocution , l'excellence de la mémoire; révélant au contraire leur infériorité et leur incapacité dans les choses sérieuses, dans la façon de vivre et de se conduire : en un mot leur intelligence, comme l'a dit Marcé, est un instrument auquel il manque un certain nombre de cordes.

Bien que cet état de faiblesse d'esprit s'accompagne le plus souvent d'arrêts de développement plus ou moins marqués dans Tordre physique, et notamment de ces particularités telles que la microcéphalie, le prognathisme, l'aplatissement des oreilles, etc., etc., que Morel a désignées sous le nom de stigmates de Vhérédité.^ il est des cas, cependant, où la constitution physique paraît tout à fait normale.

§ IL — Imbécillité

Llmbécrllitéesi, au point du vue de l'infirmité intellectuelle, un degré de plus que la faiblesse d'esprit. 11 ne faut pas oublier, toutefois, que la limiteentre ces deux états est assez indécise, et qu'il existe un certain

IKi TNinRMlTES CEREBRALES

nombre d'individus, entre les deux, assez difficiles à classer dans Tun ou dans l'autre.

Les imbéciles sont en général bien conformés, vigoureux, bien portants ; leur tête, toutefois, présente des anomalies plus ou moins remarquables. Leur crâne, petit ou volumineux, affecte les malformations et les asymétries les plus variées ; la physionomie dénote le défaut de Tiatelligence et souvent rappelle, par sa configuration générale, l'aspect d'un animal ; le front est bas et étroit, les oreilles mal conformées et mal implantées; les yeux sont petits, sans expression, souvent atteints de strabisme ; il existe aussi de la blésité, du prognathisme, des anomalies du voile du palais, de la luette , et, presque toujours aussi, des organes génitaux qui se font remarquer tantôt par leur état rudimentaire, tantôt, au contraire, par leur volume exagéré.

Au point de vue psychique^ les imbéciles ne possèdent qu'une somme plus ou moins restreinte d intelligence; c'est à peine s'ils peuvent arriver à apprendre à lire, à écrire, à compter ; susceptibles d'acquérir^ une teinte légère et superficielle en toutes choses, ils sont incapables d'une ligne de conduite correcte et suivie, de rien faire de sérieux. Cependant, certains d'entre eux se font remarquer, comme les faibles d'esprit, mais à un degré moindre, par des aptitudes artistiques plus ou moins brillantes, de grandes qualités de mémoire ou d'imitation et souvent aussi par une certaine vivacité d'esprit, une promptitude et une finesse de répartie qui font qu'ils ont toujours le dernier mot, et mettent les rieurs de leur côté. Cette par-

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