IDIOTIE
ques phrases, qui constituent leur seul vocabulaire; ils mangent seuls, et savent choisir leurs aliments ; ils reconnaissent ceux qui vivent autour d'eux, et montrent quelque attachement pour ceux qui leur donnent des soins. Mais, à part quelques aptitudes artistiques isolées et non susceptibles de culture, ils n'ont aucune intelligence, à proprement parler; leur instruction est nulle; ils savent à peine leur nom et leur âge, et sont incapables de donner la moindre indication sur le cours des années et des mois, la valeur des pièces de monnaie, celle des différentes couleurs, etc., etc.
Moralement, les sentiments et les affections sont complètement absents et sont remplacé^ par des instincts. L'instinct génital surtout est développé ; la plupart de ces malheureux se masturbent en pubhc et devant leurs proches sans aucune apparence de pudeur ; d'autres se livrent à la pédérastie, courent après toutes les femmes ou exhibent leurs organes génitaux dans la rue. Enfin, ces idiots, comme les imbéciles et les idiots complets, sont très souvent a'ieints d'épilepsie. Très enclins à la colère, ils peuvent être pris d'accès d'agitation maniaque pendant lesquels ils poussent des cris sauvages et inarticulés et se livrent à des actes de violence absolument bestiale.
2° Chez les idiots complets, l'arrêt de développement physique et intellectuel atteint ses dernières limites, et se manifeste par l'absence complète d'intelligence, de sentiments, de sensibilité, et même de certains instincts. La plupart sont hideux à voir, rachitiques, couverts de scrofules, atteints de vices de conformation de toute nature, de paralysies partielles
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et de contractures, de mouvements choréiques et convulsifs, de tics automatiques et, très souvent aussi, d'é~ pilepsie. Beaucoup sont aveugles, sourds, muets, dépourvus des sens du goût et de Fodorat, absolument incapables de marcher, de s'habiller, de manger seuls. Leur physionomie est hébétée, sans expression ; leurs lèvres entr ouvertes laissent s'écouler constamment la salive; les évacuations sont involonlaires; des cris rauques et inarticulés s'échappent de leur gorge ; la seconde dentition ne se fait pas, aucun signe de puberté ne se produit: à vingt ans, ces malheureux paraissent avoir quatre ans. Tout se réduit, chez eux, à Taccomplissementdes dernières fonctions végétatives, et les seuls signes de vie qu'ils manifestent sont leurs balancements automatiques et les rnanœuvres inconscientes de masturbation auxquelles ils se livrent. Un tel état est incompatible avec une longue existence et les idiots, à ce degré, ne vivent guère au delà de 25 ou 30 ans.
Etiologie — L'idiotie et, par suite, les divers arrêts de développement que nous venons d'étudier, reconnaissent comme cause principale, V hérédité, surtout l'aliénation mentale, l'épilepsie, l'hystérie, l'alcoolisme, la syphilis et la consanguinité chez les ascendants. Alors même que l'idiotie n'est pas congénitale mais, comme on le dit, acquise, c'est presque toujours l'hérédité qui en est la cause première, non plus directement, mais indirectement par les maladies infantiles telles que méningite, convulsions, hydrocéphalie, etc., qu elle détermine. A côté de l'hérédité, on a noté, comme causes adjuvantes,, les coups, les