DELIRE AIGU U
Manie suraigue. [Délire aigu). — Le délire aigu n'a pas de place bien définie dans le cadre des maladies mentales. Pour certains auteurs, c'est une entité morbide, pour d'autres, un simple symptôme. En général, on en admet deux variétés : 1" le délire aigu vésanique, qui n'est que la plus haute expression de la manie aiguë et ne s'accompagne d'aucune lésion à l'autopsie ; 2° le délii^e aigu paralytique y qu'on considère comme une sorte de paralysie générale aiguë, et qui correspond, anatomiquement, à des altérations de méningo-encéphalite diffuse. Au fond, il est plus simple d'admettre que le délire aigu n'est, en effet, qu'un état de manie suraiguë, tantôt simple et par conséquent sans lésions , et tantôt associé avec d'autres états morbides, comme la paralysie générale et l'alcoolisme, dont les altérations morbides l'accompagnent alors.
Le délire aigu est presque toujours précédé d'une période de tristesse préynonitoire qui, dans certains cas, peut faire croire à un accès de mélancolie commençante. Bientôt, V agitation apparaît, et en peu de jours, en peu d'heures parfois, elle atteint son plus haut degré d'acuité. La langue devient sèche, la fièvre s'allume, le pouls dépasse 120 pulsations, la température atteint rapidement 40 et 41°, la tête est chaude, l'oeil hagard, la peau couverte d'une sueur visqueuse. Les malades paraissent terrifiés ; ils sont en proie à l'agitation la plus vive ; ils poussent des cris incessants, rejettent constamment de la salive et des crachats, ont horreur des aliments et vont même, parfois, jusqu'à l'hydrophobie.
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A ce moment, la guérison est encore possible , mais la maladie se termine le plus habituellement par la ?nort, qui survient du cinquième au dixième jour. Alors, la fièvre augmente ; à l'agitation succède une espèce de coma ; le pouls s'accélère et perd de sa force ; la langue et les lèvres se couvrent de croûtes fuligineuses, l'haleine est fétide, la respiration haletante ; l'excrétion des urines et des matières fécales s'opère involontairement ; l'insomnie est persistante ; il survient des soubressauts de tendons, des convulsions, générales ou partielles ; des symptômes typhiques se manifestent ; la diarrhée apparaît, le pouls est imperceptible, le coma devient de plus en plus profond; enfin, les défaillances arrivent et le malade meurt, soit subitement, au milieu d'une syncope^ soit lentement, par épuisement nerveux.
Dans la plupart des cas, malgré l'état si grave qui s'est manifesté, on ne trouve aucune lésion apparente à l'autopsie ; ce n'est que lorsque le délire aigu est symptomatique d'une autre affection, que le cerveau présente des altérations évidentes, telles que la congestion des méninges et de la couche corticale, des adhérences multiples, la teinte hortensia de la substance grise, l'œdème des circonvolutions, l'augmentation du liquide céphalo-rachidien, etc., etc.
Marche. Durée. — La manie franche, aiguë a, en général, une évolution réguliê?^e comprenant une période d'augment, d'état et de déclin ; mais elle peut présenter des irrégularités dans sa marche, des temps d'arrêt, des rémittences. Sa durée est également va
riable, et si on peut la considérer comme étant, en moyenne, de un à trois ou quatre mois, elle peut se prolonger bien davantage et persister pendant plusieurs années. Quant à l'époque de l'apparition de la démence, dans la manie chronique, elle ne présente, non plus, rien de fixe; chez certains héréditaires, elle est très précoce et presque immédiate ; chez d'autres malades, elle est extrêmement lente et tardive.
Anatomie pathologique. — Les autopsies de manie aiguë sont, le plus souvent négatives ; les lésions qu'on y rencontr'î se résument, en général, dans une hyperhémie généralisée des centres nerveux.
Dans la manie chronique, on observe d'habitude une atrophie plus ou moins générale des lobes cérébraux, de certaines circonvolutions, avec dégénérescence graisseuse et disparition des cellules dans des régions diverses de l'écorce.
Pronostic. — Le pronostic de la manie aiguë est le plus souvent favorable, puisque, d'après la plupart des auteurs, elle guérit environ deux fois sur trois lorsqu'elle est simple.
Les chances de guérison sont surtout grandes dans les six premiers mois ; elles diminuent de moitié dans le second semestre; à dater de la troisième année, elles deviennent presque nulles. Les cas de guérison qu'on a cités après plusieurs années sont des cas exceptionnels, et qui n'infirment en rien la règle.
La saison influe sur le mode de terminaison. En général, les maniaques guérissent peu l'hiver; les guérisons s'élèvent au printemps ; c'est pendant l'été et sur-
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tout pendant Fautomne qu'on en observe le plus. De même, plus le sujet est jeune, et plus il a de chances de guérir. Un pre?nier accès est plus curable qu'un second ou qu'nn troisième accès. La curabilité varie également suivant les causes. Quant à la foi^me de la maladie, on sait que la manie aiguë est la plus curable ; vient après, la manie subaiguë. Le délire aigu est presque toujours mortel, et la manie chronique n'est susceptible que de très légères modifications.
Diagnostic. — La manie aiguë est, en général, des plus faciles à reconnaître. Tout au plus pourrait-on la confondre dans les premiers jours, avec un délire fébrile masquant le début d'une affection aiguë. Nous avons indiqué, à la pathologie générale, les éléments de ce diagnostic.
Le diagnostic le plus important, est celui de savoir si l'accès de manie aiguë est simple ou s'il n'est pas symptomatiqtie d'un autre état morbide, paralysie générale, alcoolisme, épilepsie, état puerpéral, etc., etc. Ce point, parfois très difficile à élucider, ne peut être résolu que par une connaissance approfondie des symptômes propres à la maladie principale, et des particularités qu'elle imprime à l'accès de manie lui-même. Nous trouverons donc les éléments de ce diagnostic dans la suite de notre étude.
Il faut enfin se demander, en face d'un accès de manie aiguë, si ce n'est pas le premier anneau d'une chaîne pathologique c'est-à-dire le début d'une manie intermittente ou d'une folie à double forme. La succession des accès peut seule lever tous les doutes.
Mais il faut se défier, en général, lorsque l'hérédité est très marquée, lorsque des cas de folie intermittente ou circulaire ont existé chez les ascendants, enfin, lorsque raccès a eu un début brusque, qu'il s'est aussi terminé brusquement, et que la guérison n'a jamais été aussi parfaite qu'aux premiers jours.
Traitemeî^t. — Isolement, aussitôt que possible. Durant l'accès, emploi des calmants de toute sorte, surtout des bains prolongés pendant plusieurs heures par jour. Contre l'insomnie, chloral et bromures alca lins, alternativement ou mélangés. Dérivatifs sur le tube intestinal. Lorsqu'on craint le passage à l'état chronique, on peut essayer une révulsion énergique, et établir une suppuration artificielle. Même traitement pour le délire aigu. Traitement des symptômes. Suivant les cas, emploi de la camisole de force et alimentation forcée.
§ IL — Excitation maniaque [Exaltation maniaque^ manie intellectuelle)
On doit entendre sous le nom à' excitation maniaque une variété de manie dans laquelle Vexcitation porte plus spécialement sur Vintelligence ; c'est une véritable manie intellectuelle.
L'excitation maniaque n'est pas un simple degré de la manie aiguë ; c'est véritablement une forme spéciale de manie qui a une existence propre et mérite une description à part.
Étiologie. — L'excitation maniaque reconnaît les
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mêmes causes que la manie aiguë et la folie en général ; elle relève plus souvent de V hérédité que la manie franche, et on peut dire que la plupart des excités maniaques sont des héréditaires.
Description. — L'excitation maniaque présente une infinité de degrés, depuis la simple suractivité du fonctionnement physiologique de l'intelligence, jusqu'à l'excitation tumultueuse et délirante la plus aiguë.
Au degré le plus inférieur, elle n'est qu'une simple exagération de l'activité psychique, et, à ce titre, peut faire partie intégrante de la constitution de certains individus qui sont, toute leur vie, des excités maniaques.
A un degré plus élevé, l'excitation maniaque est franchement pathologique et s'accompagne de symptômes très nets.
I)a7îs la sphère intellectuelle toutes les facultés sont dans un état d'exaltation extrême. \S imagination surexcitée, fait concevoir aux malades mille projets, aussitôt abandonnés que conçus ; ce sont des combinaisons d'affaires, des projets politiques et sociaux, des inventions, des idées scientifiques, artistiques, littéraires qui surgissent en foule, mais qui diffèrent très nettement des idées délirantes de la manie aiguë en ce que, quoique pour la plupart irréalisables, elles n'ont rien en elles-mêmes d'absurde et se meuvent constamment dans la sphère des choses possibles. Souvent même, en raison de l'élat d'exaltation des facultés, elles offrent un cachet d'originalité, de nouveauté, de distinction et de supériorité qui les rend
véritablement remarquables. On a vu des malades, dans cet état, réaliser des inventions utiles, trouver des solutions importantes, mettre au jour des productions d'une haute valeur, en un mot, se montrer plus intelligents et plus féconds qu'ils ne l'avaient jamais été.
La mémoire est non moins surexcitée , elle l'est quelquefois à tel point que tous les souvenirs, même ceux qui paraissent les plus oubliés, se reproduisent en foule, et qu'on voit les malades réciter de longues tirades d'auteurs classiques, faire, dans toutes les langues et dans toutes les sciences, les citations les plus exactes et les plus justes, indiquer des noms, des dates et des chiffres avec la précision la plus surprenante ; en un mot, étaler en détail et sans en perdre aucune, toutes les notions, petites ou grandes, qu'ils ont acquises depuis leur naissance.
Le langage est à l'avenant, c'est-à-dire que la verve des excités maniaques est intarissable. Loquaces au plus haut degré, ils s'expriment avec une facilité extraordinaire, souvent même avec élégance et recherche ; leurs discours sont émaillés de traits d'esprit, de fines railleries, de plaisanteries caustiques, d'anecdotes pleines d'intérêt. Il en est de même de leurs éc7Hts et de leurs autres productions intellectuelles, qui, toutes, portent la marque de cette exaltation brillante des facultés.
Quant à la nature des idées elles-mêmes, elle est extrêmement mobile et variable. Les conceptions qui prédominent sont les idées d'orgueil, d'ambition, de fortune, de persécution vague, etc. ; mais elles se
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maintiennent en général dans les limites de la cohérence et il n'y a pas, à proprement parler, de délire.
Dans certains cas, toutefois, l'excitation des facultés devient plus grande encore, et il s'y joint un véritable délire, toujours à demi cohérent qui revêt le plus souvent la forme ambitieuse, et se traduit par des idées d'invention, de haute politique, d'érotisme etc., etc. C'est ce qui avait fait distinguer, autrefois, plusieurs variétés de manie intellectuelle, qu'on appelait, suivant la forme des idées prédominantes, manie ambitieuse, manie de^ inventeurs^ manie erotique, etc. Lorsque l'excitation maniaque s'accompagne ainsi de délire, il s'y joint assez souvent, comme dans la manie aiguë, des illusions sensorielles et mentales, mais bien moins déraisonnables. Jamais il n'y a d'hallucinations, à moins qu'il n'existe, en même temps, un autre état morbide surajouté.
Bans la sphère morale, la surexcitation se traduit, en général, par une exagération plus ou moins marquée des mauvais sentiments et des mauvais instincts. Les excités maniaques sont, pour la plupart méchants, orgueilleux, processifs, prodigues, obscènes, haineux, emportés, même violents. Ils se plaisent à tourner tout le monde en ridicule, à tramer des perfidies, et sont merveilleusement servis, dans ces tendances perverses, par la lucidité et l'excessive finesse de leur esprit. En même temps, ils ont une propension, souvent très marquée au mouvement, au scandale, à la dipsomanie, àl'érotisme, surtout lorsque l'accès revêt une forme aiguë. Ce n'est guère que dans la paralysie générale que l'excitation maniaque peut se traduire
par une surexcitation morale opposée, c'est-à-dire par des dispositions généreuses et par une excessive philanthropie.
L'excitation maniaque s'accompagne presque toujours d'une suractivité physique, mais modérée, cohérente et toujours hien différente de l'agitation incoercible de la manie aiguë. Il s'y joint parfois des phénomènes de congestion passagère, tels qu'inégalité pupillaire, tremblements, légère hésitation de la parole, qui compliquent d'autant plus le diagnostic que l'excitation maniaque est assez souvent symptomatique d'une paralysie générale au début.
Marche. Durée. Terminaison. — L'accès d'excitation maniaque affecte à peu près la même marche et la même durée que la manie aiguë. Sa terminaison la plus fréquente est la guérison ; elle passe rarement à l'état chronique ; quelquefois, elle peut être remplacée par un accès de manie aiguë.
Pronostic. — Si l'on ne considère que l'accès en lui-même, le joro/zos^zcest des plus favorable; il faut se rappeler toutefois que l'excitation maniaque est presque toujours la première étape d'une folie à double forme ou d'une manie intermittente, quand elle n'est pas symptomatique d'une paralysie générale commençante ou de l'hystérie, ce qui modifie sensiblement le pronostic.
Anatomie pathologique. — Rien à signaler à ce point de vue, si ce n'est une hyperhémie cérébrale plus circonscrite que dans la manie, Les autopsies, d'ailleurs, sont très rares dans cette affection.
Diagnostic, — L'excitation maniaque , avec ses symptômes pathognomoniques de suractivité intellectuelle, se reconnaît d'elle-même. Il n'est guère possible de la confondre avec la manie aiguë, dont elle se sépare par l'absence d'agitation désordonnée, ni avec le délire ambitieux (folie partielle) qui lui, en dehors de ses autres caractères, n'est jamais primitif. Il est bien plus difficile de distinguer l'état morbide auquel elle se rattache, surtout lorsqu'il s'agit d'une folie à double forme ou d'une paralysie générale commençante. Il faut se rappeler que dans la folie à double forme les signes physiques de congestion font plus souvent défaut, que les conceptions n'y sont jamais absurdes et démentes, enfin que les malades sont foncièrement méchants et dangereux.
Traitement. — Presque toujours, lorsque l'excitation maniaque atteint un certain degré d'acuité, on est obligé de recourir à la séquestration, en raison des dangers que les malades font courir à leurs familles et à la société. Pour le reste, même traitement que dans la manie aiguë.
§ III. — Manie raisonnante.
[Folie morale^ folie des actes, manie sans délire, moral insanity, folie ou manie instinctive.)
DÉFINITION. — La manie raisonnante est une forme de manie habituellement chronique, caractérisée par une excitation prédominante dans la sphère morale, et par
des troubles des sentime^its, des instincts et des actes sans délire intellectuel proprement dit.
Etiologie. — Il n'est pas d'affection mentale plus héréditaire que la manie raisonnante. C'est au point que Morel en a fait le type de ses folies héréditaires. Les causes occasionnelles ne jouent donc qu'un rôle très secondaire dans sa production.
Description. — De même c[ue chez quelques individus il existe, pendant toute la durée de la vie, un certain degré d'excitation intellectuelle qui fait partie intégrante de leur constitution, de même, chez d'autres, il existe à titre d'état permanent, un certain degré d'excitation morale qui dépasse les limites physiologiques sans être une véritable folie. C'est un premier degré de manie raisonnante.
Cet éiat a pour base une intégrité fonctionnelle plus ou moins complète de l'intelligence, mais avec insuffisance du sens moral, perversion des sentiments et des affections, et surtout tendance innée aux actes pervers et dangereux. Plus ou moins brillants en apparence, les individus ainsi constitués, sont incapables d'une ligne de conduite suivie et régulière, mais surtout, ils ne vivent que pour le mal. Duplicité, tromperie, mensonges,calomnies, indélicatesses, vols, tel est le cercle habituel dans lequel ils tournent. Ils font le désespoir de leurs familles et professent ouvertement pour leur père ou pour leur mère, des sentiments haineux. Ils semblent avoir le génie du mal et mettent au service de leurs mauvais penchants une finesse, une ruse, et
nn machiavélisme qui les rend particulièrement dangereux.
A un degré plus élevé, cet état devient une véritable folie, qui se présente sous la forme aigûe ou chronique.
La forme aigûe est rare. Comme l'excitation maniaque, qu'elle représente dans la sphère morale, elle peut être symptomatique de la folie à double forme, de rhjstérie, plus rarement de la paralysie générale. Elle se lie également très souvent aux infirmités cérébrales congénitales.
La forme chronique est la plus fréquente. Elle est alors constituée par un fonds à' insuffisance morale ai\ec tendance continuelle aux actes absurdes, extravagants, criminels, et accès d' excitation i^his ou moins violents, accompagnés d'impulsions.
Ces impulsions, qui sont des tendances irrésistibles, et qui contrastent avec l'intégrité apparente de Tintelligence, avaient été prises, à une époque, pour la maladie tout entière, ce qui avait porté à admettre autant de monomanies instinctives ou impulsives qu'il existait de genres d'impulsions. Ces impulsions sont: V impulsion à boire (dipsomanie), revenant par accès plus ou moins fréquents et conduisant au bout d'un certain temps à l'alcoolisme chronique ; Vimpulsion aux actes erotiques de toute sorte, voire aux actes contre nature, à l'amour socratique, à la sodomie, à la bestialité (érotomanie) ; Vimpulsion au vol (kleptomanie),, à rmce^^c/ie fpyromanie), à V homicide (monomanie homicide), bien plus rarement au suicide (monomanie suicide). En dehors de leur tendance aux impulsions.
les raisonnants sont orgueilleux, vantards, fanfarons, grossiers, mais ils ont une grande souplesse, et savent parfaitement au besoin jouer un rôle , de façon à duper tout le monde. Dans les asiles, ils sont la plaie des services dans lesquels ils se trouvent placés, et où trop souvent leur apparente raison les fait considérer comme sains d'esprit. Remis en liberté, ils commettent aussitôt quelque acte extravagant ou dangereux qui montre qu'ils sont absolument incapables de vivre livrés à eux-mêmes. Ils sont le jouet de leurs penchants et n'ont aucune volonté.
Souvent, ils offrent une espèce d'état intermittent ou circulaire ; ils peuvent être pris, également, d'un accès de manie aiguë. Ils n'ont pas d'hallucinations, à moins qu'elles ne soient dues à un état morbide surajouté, par exemple à un accès d'alcoolisme déterminé par leurs impulsions dipsomaniaque^.
Physiquement, ces malades offrent les signes d'une certaine dégénérescence. C'est surtout chez eux qu'on trouve les stigmates de l'hérédité,
Marche. Durée. Terminaison. — Les accès aigus de manie morale avec impulsions morbides sont transitoires et passagers ; mais les malades retombent, dans l'intervalle, dans leur état primitif de manie raisonnante, qui lui, est (chronique et dure autant que la vie.
Pronostic. — Le pronostic est donc grave, et la maladie habituellement incurable.
Diagnostic. — La manie raisonnante , avec son fonds de débilité morale, ses tendances perverses, ses
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impulsions, ses accès passagers d'excitation, est facile à reconnaître. La difficulté consiste à distinguer si la manie raisonnante constitue à elle seule tout l'état pathologique, ou si elle est liée a un autre état morbide, qui est presque toujours, dans ce cas, la folie à double forme, l'hystérie, l'épilepsie, plus rarement la paralysie générale.
Traitement. — En raison de l'intégrité apparente de leur raison, ces malades ne sont presque jamais considérés, dans le public, comme des ahénés. Aussi, n'est-ce qu'après quelque acte grave de leur part qu'on se décide à la séquestration. Ils sont pourtant, des plus dangereux.