‹ Manuel pratique de médecine mentaleChapitre 69 sur 179 · SYNTHESE · texte numérisé non relu

SYNTHESE

de vue de ses manifestations symptomatiques, trois périodes successives : i"^ .Vune (ï analyse subjective (folie hypochondriaque); 2°. \di seconde d'explication délirante (délire de persécution, délire mystique) ; 3°. la troisième enfin, qui est le couronnement de la maladie, de transformation de la personnalité (folie ambitieuse). 11 en résulte qu'en fin de compte deux faits capitaux dominent l'histoire de la folie partielle. Le premier, c'est que l'élément symptomatique essentiel de cette affection, est V hallucination sous toutes ses formes, surtout celle de l'ouïe, ce qui légitimerait presque la dénomination de folie hallucinatoire que quelques auteurs lui ont attribuée; le second, c'est qu'elle aboutit à un état pathologique spécial, la transformation de la personnalité. Quant au délire, quel qu'il soit, ce n'est guère qu'une quantité négligeable, car il ne représente que la forme extérieure, le revêtement apparent de la maladie. Et c'est précisément parce que ce délire n'est autre chose que l'expression que prend, chez le malade, l'interprétation qu'il fait de ses sensations morbides, qu'on le voit varier si profondément suivant les individus, les conditions, les milieux et les siècles. L'aliéné puise les éléments de ce délire dans ses idées habituelles, dans ce qu'il sait de la science et de la religion ou des forces de la nature. Dans les pays religieux et aux époques religieuses, c'est le délire mystique qui domine, la théomanie, la démonolâtrie, la sorcellerie qu'on voit sévir ; dans les siècles d'études, de lumières, de progrès, d'associations politiques ou sociales, comme le nôtre, c'est le délire de persécution, c'est-à-dire l'influence des sociétés secrètes, de la

police, de l'électricité, du téléphone, du phonographe, etc. qui retentit profondément sur le caractère de ce délire.Mais tout cela ne constitue qu'une différence fictive ; au fond, le délire et la maladie sont les mêmes.

Je crois avoir suffisamment démontré, par cette étude, que la folie partielle, malgré ses différences apparentes, est une, et que la diversité de son délire n'est que la différence d'explication des sensations morbides qui constituent, elles, l'élément capital de la maladie.

Nous pouvons donc, maintenant, aborder fructueusement la description de la folie partielle en lui décrivant trois périodes : 1° une période d'analyse subjective (folie hypochondriaque) ; 2° une période d'explication délirante (délire de persécution, délire mystique) ; 3° une période de transformation de la personnalité (folie ambitieuse).

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