DIAGNOSTIC
Diagnostic. — Le diagnostic de la folie partielle, assez facile à établir lorsque l'affection a atteint sa périoded'état, peut présenter, dans certains cas, des difficultés. Il peut arriver, par exemple, qu'en raison delà réticence desmalades, de leur habileté à dissimulerleurs conceptions délirantes, et de l'absence, chez eux, de toute réaction pathologique générale, on les prenne pour des individus sains d'espint. Cette erreur est assez fréquemment commise par le public, qui se fait de la folie une toute autre idée. Pour l'éviter, il faut avoir soin surtout de procéder avec toute l'habileté et toute ]a circonspection désirables à l'interrogatoire de ces malades.
Aux premiers temps de la folie partielle, alors qu'elle se résume encore en hallucinations, et en idées vagues d'hypochondrie et de persécution, on peut la prendre pour un accès de mélancolie délirante. Nous avons assez insisté, au début de ce chapitre, sur les différences qui séparent la folie partielle de la folie généralisée, et notamment de la mélancolie avec idées de persécution^ pour n'avoir pas besoin d'y revenir. De même, on ne confondra pas le délire ambitieux qui termine la folie partielle avec celui qui peut exister dans l excitation maniaque. Outre que le premier ne s'accompagne d'aucun des symptômes généraux qui caractérisent la manie, et que, de plus, il est coordonné et systématisé, on sait encore, ainsi que l'a surtout fait ressortir M. Ach. Foville, qu'il n'est jamais primitif., et qu'il s'accompagne habituellement d'hallucinations, ce qui n'a pas lieu dans le délire ambitieux de l'excitation maniaque.
11 est des cas, au début de ]a folie partielle, où les malades, sous l'influence des premiers troubles qu'ils éprouvent, se mettent à boire, en sorte qu'un délire alcoolique plus ou moins aigu peut venir masquer ou tout au moins modifier les conceptions délirantes qui forment le fond de Taffection. Ces malades sont communément pris pour de simples alcooliques, et on est fort surpris, lorsque le délire toxique disparaît, de le voir démasquer un délire de persécution qui dès lors progresse et suit ses étapes successives. Aussi, faut-il toujours réserver le pronostic et se défier dans les cas où un délire alcoolique s'accompagne d'idées de persécution marquées et surtout, d'hallucinations de l'ouïe prédominantes.
Traitement. — Le traiteynent de la folie partielle ne peut guère être que palliatif. Il se borne kVisolementj qui s'impose dans presque tous les cas, en raison du caractère essentiellement dangereux que présente la la maladie. Le traitement moral est nul ou presque nul dans cette forme mentale.il faut se borner à traiter les complications, et surtout à surveiller de près les malades pour les empêcher, dans la mesure du possible, de commettre les actes dangereux auxquels ils sont si souvent enclins.