CHAPITRE IX
{Enfance, Puberté, Menstruation, Grossesse, Ménopause, Vieillesse.)
§ 1. — Folie de l'enfance et de la puberté {Hébéphrénie)
Foliede V enfance. — Lafolie est très rare dans la première enfance et ce n'est qu'exceptionnellement qu'on la rencontre avant la puberté. Dans ce cas, c'est ordinairement chez les enfants très héréditaires qu'on l'observe, et elle se traduit, chez eux, par des terreurs, des cauchemars, du délire nocturne, surtout par des impulsions morbides plus ou moins dangereuses, plus rarement par un état maniaque ou mélancolique.
Folie de la puberté. — La puberté est une époque critique dans la vie humaine, et beaucoup d'enfants surtout les prédisposés et les nerveux, présentent à ce
moment des troubles variés de l'intelligence et des sentiments.
Les désordres psychiques liés à la puberté sont des plus variables, et il est impossible de les englober dans une formule unique, comme les Allemands ont tenté de le faire en les décrivant sous le nom d'Hébéphrénie.
Tantôt, il s'agit d'une simple dépression plus ou moins vive;, avec tendance à la solitude, à la morosité, à la timidité excessive, à la pudeur confuse, aux aspirations vagues, aux larmes et à la tristesse ; tantôt, au contraire, on constate une excitation de degré variable, se traduisant par une activité incessante, de la turbulence, de l'insomnie, des espiègleries et des taquineries continuelles, de la dissimulation et du mensonge ; à un degré plus élevé, la dépression se change en lypémanie , en hypochondrie ayant surtout pour objet les phénomènes nouveaux qui se passent du côté de la fonction génitale et qui étonnent, effraient, tourmentent les pubères, surtout les jeunes garçons, parfois au point d'éveiller en eux une propension très marquée au suicide. L'excitation^ de son côté, peut devenir agitation^ l'espièglerie méchanceté véritable, avec orgueil, présomption, tendances malfaisantes, cruauté, notamment envers les animaux, impulsions au vol, à l'incendie, surtout au meurtre. A côté de ces faits répréhensibles et criminels on observe aussi des actes de bravoure extraordinaire, qui excitent au plus haut degré l'admiration, et ne reconnaissent pas d'autre motif que ce besoin de faire quelque chose. Sous l'influence de cette impulsion