FOLIE RHUMATISMALE
s'accompagner de troubles délirants qui se manifestent le plus souvent sous la forme aiguë ou sur-aiguë avec incohérence, loquacité, excitation très-vive^ etc. Mais ce n'est point là à proprement parler de la vésanie ; c'est uniquement du délire fébrile, méningitique, poussé au plus haut degré.
Les troubles vésaniques du rhumatisme, ceux qui constituent ce qu'on a appelé la folie rhumatismale, sont de deux ordres. Les uns existent dans le rhumatisme chronique ancien, en dehors des épisodes aigus de la maladie ; les autres se lient intimement aux accès aigus du rhumatisme.
La folie rhumatismale, signalée pour la première fois par Leuret en 1845, a été surtout étudiée depuis par Mesnet, Griesinger, Morel, Fleming, Fraser, Simson, Simon, Maréchal^ Bail et Faure.
1° Les troubles intellectuels liés au Mwma^ismecA?"0nique, consistent le plus souvent en modifications du caractère, qui devient acerbe, et en une tendance marquée à la dépression, qui peut aller^ dans certains cas, jusqu'à \d^ mélancolie. Il s'y joint aussi de l'irritabilité, des emportements sans motif, des alternatives d'excitation et de dépression^ etc. En somme, il ne s'agit là que de désordres psychiques plus ou moins accentués, mais qui n'atteignent pas réellement la folie.
2" La véritable folie rhumatismale est celle qui survient à l'occasion des épisodes aigus àw rhumatisme.
Le plus souvent, elle éclate pendant la convalescence ; parfois aussi, elle survient pendant le cours même de l'accès de rhumatisme, et dans ce cas, elle se substitue ordinairement aux accidents articulaires,
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qni peuvent reparaître une fois encore avec la disparition de l'accès de folie.
Presque toujours, la folie rhumatismale affecte la forme mélancolique, surtout lorsqu'elle survient au moment de la convalescence. Ce n'est que lorsqu'elle éclate au moment des symptômes articulaires qu'elle peut se traduire par un accès de manie aiguë.
Toutes les variétés de mélancolie aiguë peuvent s'observer dans le rhumatisme. Le plus souvent, cependant, il s'agit de la mélancolie subaiguë ou de la mélancolie délirante avec dépression plus ou moins profonde, quelquefois alternatives d'excitation et de dépression, idées délirantes de persécution, d'empoisonnement, hallucinations multiples, surtout de la vue et de l'ouïe, enfiu tendance à la sitiophobie et au suicide. La dépression peut aller, dans certains cas, jusqu'à la stupeur.
Quelle que soit la forme de folie qui se manifeste, le fond de l'état mental est toujours constitué par une obtusion intellectuelle plus ou moins grande, et même, quelquefois, par une diminution des facultés qui peut persister et devenir permanente. A ce point de vue, l'état mental des malades atteints de folie rhumatismale ressemble à celui que nous avons indiqué au sujet de la fièvre typhoïde.
Les accès d'aliénation, dans le rhumatisme, s'accompagnent très souvent de mouvements choréiformes, et coexistent fréquemment avec les maladies du cœur et du péricarde.
Enfin, ils peuvent alterner, une ou plusieurs fois.