‹ Manuel pratique de médecine mentaleChapitre 89 sur 179 · FOLIE DE LA TUBERCULOSE · texte numérisé non relu

FOLIE DE LA TUBERCULOSE

caractère s'affectent plus ou moins. On voit survenir une tendance anormale à Vhypochondrie, à la tristesse, ou, au contraire, à la satisfaction, à l'optimisme, au bien-être, à Y euphorie, comme on l'a dit. Les malades deviennent irritables, mobiles à l'excès ; souvent aussi, ils font preuve d'une excitation g énésique remarquable. Knfm, ils peuvent se laisser aller à des actes morbides et à de véritables impulsions, surtout à la dipsomanie.

Quant à la folie véritable, elle peut survenir chez les tuberculeux de plusieurs façons différentes. Tantôt, la tuberculisation précède manifestement la vésanie, qui, une fois constituée, subit les vicissitudes de l'affection pulmonaire et suit une marche parallèle. D'autres fois, Tapparition des désordres psychiques coïncide avec l'amendement ou la disparition des phénomènes pulmonaires et c'est alors qu'on voit les deux ordres de symptômes alterner et se remplacer tour à tour. Dans certains cas, enfin, la folie éclate sans que rien jusqu'alors ait attiré l'attention du côté de la poitrine, la phthisie ayant revêtu jusqu'à ce moment cette forme latente qu'elle affecte si fréquemment chez les aliénés, et à laquelle les Anglais ont donné le nom de Florid conswnption, en raison de l'aspect extérieur du malade et de la coloration du visage, qui offrent un contraste frappant avec les renseignements fournis par l'auscultation.

Il faut signaler, enûn, les accès de délire ou de folie plus ou moins passagers qui surviennent chez les tuberculeux, à la période ultime delà maladie, et dont MM. Peter, Lucien Leudet, B. Bail, ont cité d 'inté-

ressants exemples. Mais il s'agit uniquement ici, comme ces auteurs l'ont établi, de phénomènes toxiques dus au défaut d^hématose et à la saturation du sang par l'acide carbonique, c'est-à-dire d'un délire qui n'a rien à voir avec la folie proprement dite.

Quelque soit son mode de débat, l'accès d'aliénation lié à la phthisie pulmonaire peut présenter des caractères variés. On s'accorde à reconnaître, cependant, que la lypémanie est la forme la plus fréquente de folie consécutive à la tuberculose.

Le W Glouston, poussant plus loin son analyse, a constaté que de toutes les variétés d'aliénation la plus fréquente, on pourrait dire la plus spéciale aux phthisiques, était la manie du soupçon (il vaudrait mieux dire la mélancolie du soupçon). Il ajoute même que cette monomanie de défiance ou de suspicion est plus commune dans les cas de tuberculisation du péritoine que dans la tuberculose pulmonaire. M. Bail a cité, dans ses Leçons, un exemple remarquable de ce genre de délire!

Après la mélancolie du soupçon qui se présente fréquemment sous forme de folie lucide ou consciente^ la forme la pluscommune, dans la phthisie pulmonaire est la mélancolie aiguë, surtout la mélancolie très profonde, accompagnée de tendances au suicide longtemps persistantes et de refus d'aliments. La manie et la démence viennent après, et, enûn, au bas de l'échelle, la paralysie générale.

Sans discuter la question de savoir si la tuberculose peut créer de toutes pièces cette maladie, il est certain que, latente ou non, et elle est dans ce cas le

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