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FOLIE SYPHILITIQUE 2G

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{Folie syphilitique. Pseudo paralysie générale syphilitique.)

La question des rapports de la syphilis et de l'aliénation mentale, peuconnue autrefois, a surtout été étudiée dans ces dernières années. Jusqu'en 1880, les auteurs anglais, allemands et américains s'en sont àpeu près seuls occupés. Depuis trois ans, sous l'impulsion provoquée par les leçons du professeur Fournier, elle a été l'objet d'un assez grand nombre de travaux en France. Au reste, les auteurs étrangers se sont placés de préférence au point de vue de la folie proprement dite dans ses rapports avec la syphilis, tandis que les auteurs français, depuis Fournier, ont particulièrement insisté sur les rapports de la paralysie générale et de la syphilis.

Ces deux questions, sur lesquelles l'accord est loin d'être fait encore, doivent être étudiées à part.

1° Folie LIÉE A LA SYPHILIS. — Si l'on n'est point d'accord surla question de savoir si la folie liée à la syphilis présentedescaractères spéciaux, personne ne conteste que cette diathèse ne puisse être, dans certains cas, une cause active de folie.

La cause importante de cette manifestation est la prédisposition héréditaire à l'aliénation mentale. Les causes occasionnelles ont une influence restreinte, et quant au degré de gravité de la syphilis elle-même, elle influe si peu que ce sont les syphilis ordinaire-

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ment bénignes ou moyennes qui paraissent fournir le le plus fort contingent à la folie.

Quoi qu'il en soit, et sans parler de Fétat de dépression plus ou moins durable etdes idées hypochondriaques ou de suicide plus ou moins marquées que peut déterminer la syphilis chez certains sujets, les accidents de véritable folie peuvent se manifester à deux moments principaux de la maladie : au moment de \di période d'éruption pendant la fièvre secondaire, enfin, dans le cours de la. pé?Hode tertiaire.

A. Folie liée à la période secondaire. La folie liée à la période secondaire a été surtout étudiée par des étrangers et tout récemment encore par le docteur James Kiernam sous le nom de psychose de la fièvre syphilitique secondaire.

Elle apparaît à l'occasion d'accidents secondaires accompagnés de fièvre, principalement au moment de l'éruption cutanée. Son mécanisme est tout àfait différent de celui delà folie tardive, carici, l'action locale sufle cerveau ne peut être invoquée, et la maladie agit surtout par sou mouvement fébrile, à la façon d'une fièvre éruptive ou d'un empoisonnement aigu.

Aussi, Kiernam, tout en reconnaissant qu'au point de vue clinique, la psychose syphilitique ne méritait pas de former un groupe spécial, a-t-il établi que ses symptômes étaient analogues à ceux que déterminent l'alcool, les narcotiques et les fièvres essentielles.

L'accès est donc plus ou moins brusque, et il revêt la forme d'un accès aigu ou subaigu de manie ou de mélancolie^ de préférence de manie., quelquefois de folie à double forme.

f En général, il est de courte durée, disparaît avec les manifestations fébriles auxquelles il est lié, et cède facilement à un traitement spécifique, particulièrement aux onctions mercurielles.

B. — Folie Liée à la période tertiaire. La folie tardive de la syphilis a été surtout mise en lumière par le pro~ fesseur Fournier, sous le nom de forme mentale de la syphilis cérébrale. Elle est due, elle, non plus à une réaction fébrile générale, mais à l'action sur le cerveau d'une lésion spécifique plus ou moins circonscrite, à une gomme ou à une encéphalite hyperplastique séreuse.

Fournier a décrit deux formes principales à ce genre de folie : 1» la forme dépressive^ plus fréquente, qui peut aller depuis le simple affaissement intellectuel et moral, jusqu'à la mélancolie délirante et même la stupeur, avec idées délirantes variables, souvent de persécution^ et quelquefois tendance au suicide ; 2° la forme expansive, qui peut aller, à son tour, depuis la simple manie subaiguë jusquk la manie aiguë 'd\ec excitation, incohérence, violence, etc.

Cela revient à dire que la folie tardive de la syphilis peut revêtir une variété quelconque de manie ou de mélancolie, depuis la plus légère jusqu'à la plus intense. Au reste, Fournier, tout le premier, s'est déclaré impuissant à distinguer la manie syphilitique de la manie vulgaire, à laquelle il l'a trouvée absolument semblable. Tout au plus lui a-t-il semblé que l'agitation était souvent moins vive dans la manie syphili tique que dans la manie simple.

Rien ne pourrait mieux établir le principe qui a

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présidé à l'idcc générale do ce livre, à savoir : quf\ loules les folies lices à des états pathologiques quelconques n étaient pas des folies spéciales, mais l'associatiou de la marrie ou de la mélancolie vulgaires, sous toutes leurs formes, avec ces états morbides.

Une parlieularilé relative à la folie lardive de la syphilis, c'est que, pres<pie toujours, il existe une cer- Iain(!o^^ws2on des facultés, cpii [)eut aller, dans certains cas, jus(|u'à un aiïaihiissenient ruîinpu'; de Tintelligence; (pu^lcjud'ois même, i'élat d'aliénation se borne purement et simphïmtîiit à co simple affaiblissement des facultés.

IjQ. promtstir (\ii la folie tardive est |»lus grave. L'accès j^uér-it h.'ihiliKîllement, m.iis il r(st(^ souvent un degré [)lus ou moins m.inpjé (Vliébétudc ifilellectuelle. Le diagnostic, dillicile dans les cas où il n'existe pas de manifestations (ixtériiMires de syptiilis concomilarde^ se lire surtout des antécédents, qu'il faut nîchorcher avec le plus grand soin, quelle (pi'cn soit la dilïicidté. Dans les cas dout(3ux, on doit avoir recours au traitement spécitique, (pii est une véritable pierre de loiu-he.

C'est dir'(! (pic 1,1 foli(; tardive de la syphilis est 1res accessible au traitement spécifique, qui doit(;ss(Mitielle- HKîut consister dans ce cas (;n fiictions mercui-ielles et eniodure, c'est-à-dir(3 dans le tra.ilem(Mit mixie à assez bailles doses ; cin(| grammes d'iodure de potassium et 10 à '20 centigrammes de jjroto-iodure de mercure [)ar jour.

i2" Pai{Alysik généuall: svrinLiTiuuj:. rsKUDo-rAiJALY-

PSEUnO-PARAr.YSIE (lÉNÉRAI.E SYPriTLTTTQlJE i2B7

SIE GÉNÉRALE svpiiiLîTTOUE. — Los premiers auteurs qui ont écrit sur la paralysie générale ont tous admis que les affections syphilitiques étaient une des causes principales de la maladie, et actuellement encore, le professeur Kjelberg, comme Esmarck et Yessen l'avaient fait il y a vingt ans, attribue à la syphilis la presque totalité et même la totalité des cas de paralysie générale.

Ces idées étaient admises à peu près sans conteste lorsque M. Fournier, dans ses leçons cliniques, a soutenu cette opinion que la syphilis pouvait aboutir à la paralysie générale, m.iis pas d'une façon assez commune pour attester un rapport de causalité. 11 a surtout déclaré que la syphilis réalisait assez fréquemment un ensemble pathologique plus ou moins analogue à celui de la paralysie générale, et il l'a désigné sous le nom de pseicdo-paralysie générale syphilitique.

En résumé donc, pour M. Fournier, la syphilis serait une cause assez rare de paralysie générale vraie, tandis qu'elle produirait au contraire fi'é renomment un état semblable mais en dilTérant par plusieurs particularités, et U(ManHueut par sa cural»ilité. Cet état serait analogue, mais non identique à la paralysie générale.

Les idées de M. Fournier avaient posé un problème intéressant. Aussi, depuis ce moment, la question de la pseudo-paralysie générale syphilitique a-t-elle été l'objet d'intéressants travaux, notamment de la part de MM. Baillarger, Rendu, Foville et Christian.

M. Foville admet, en principe, Texistence de la pseudo-paralysie générale syphilitique, mais il réserve

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ce nom aux cas où les symptômes a3^ant élé absolument identiques, les lésions anatomiques sont différentes, et non comme M. Fournier, aux cas qui, absolument identiques comme lésions , présentent un ensemble symptomatique à peu près analogue, mais avec quaijues différences cliniques que M. Foville n'admet pas comme suffisantes ni caractéristiques.

Quant à Lasègue, il a contesté que la paralysie générale syphilitique fût une véritable paralysie générale. De même qu'il existe une épilepsie type, Vépilepsia vera, présentant des symptômes toujours les mêmes, et des états épileptoides, dans lesquels font défaut un ou plusieurs symptômes de Tépilepsie type, de même il existe pour lui une paralysie générale type et des états qu'on pourrait appeler jOû^ra/z/so^V/es. C'est dans ces derniers qu'on pourrait ranger ce qu'on appelle la paralysie générale syphilitique.

En somme, Lasègue admettait que la paralysie générale syphilitique n'était pas une paralysie générale vraie, mais un état paralysoïde, c'est-à-dire une pseudo-paralysie générale.

Tel est l'état de la question, et il est facile de voir que l'idée de la pseudo-paralysie générale syphilitique, avec de légères variantes, en arrive à faire du chemin et à s'affirmer de plus en plus.

En somme, ce qui, dans l'état actuel des choses, paraît le plus probable, c'est que s'il n'est pas absolument démontré que la syphilis puisse produire de toutes pièces la paralysie générale vraie, classique, en l'absence de toute autre cause, il est avéré qu'elle détermine des états de démence paralytique dont l'en-

semble symptomatique se rapproche plus ou moins de celui de la paralysie générale.

Les différences consistent surtout dans la différence des lésions qui, dans la pseudo-paralysie générale syphilitique, seraient surtout constituées par des lésions spécifiques plus ou moins diffuses, mais plus encore dans la curabilité de cette dernière, très souvent et très rapidement obtenue par l'usage d'une médication mixte.

Quant aux symptômes intellectuels et physiques, ils ne présentent d'habitude aucune différence particulière, et la pseudo-paralysie générale peut revêtir, au point de vue mental, \di forme ambitieuse ^mélancolique ou démente; cette dernière serait peut-être la plus fréquente.

Il faut ajouter que, dans la pseudo-paralysie gêné raie syphilitique, les phénomènes ne sont pas aussi lentement progressifs que dans la paralysie générale ; au contraire, ils se manifestent très souvent d/emblée avec une grande intensité, et suivent, surtout s'ils sont combattus, une marche régressive ou traînante.

§ III. — Folies liées aux intoxications

[Folies toxiques: Alcoolisme^ Saturnisme^Morphinisme.)

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