‹ Manuel pratique de médecine mentaleChapitre 93 sur 179 · FOLIE ALCOOLIQUE AIGUE · texte numérisé non relu

FOLIE ALCOOLIQUE AIGUE

tuels de l'alcoolisme, tels que tremblement généralisé, crampes ^fourmillements, troubles dyspeptiques etc. etc. L'accès subaigu de folie alcoolique présente une durée variable, mais en général assez courte, au moins quand le malade cesse de boire. Il est rare alors qu'au bout de cinq à six jours il ne présente une amélioration notable, peu à peu son rêve cesse, et il revient à la réalité. De même que la perte du sommeil avait marqué le début de l'accès, de même son retour en marque la terminaison.

b. Folie aiguë. — La folie alcoolique aiguë survient dans les mêmes conditions que l'accès subaigu et elle se manifeste tantôt sous la forme mélancolique, tantôt, et plus fréquemment sous la forme maniaque. La forme mélancolique ne diffère de l'accès subaigu que par un degré plus élevé d'intensité. Elle est précédée de prodromes tels que sentiment de malaise, oppression, embarras gastrique, céphalalgie; Vinsomnie est plus complète, les hallucinations plus terrifiantes, la frayeur devient une véritable panophobie, et les malades qui se croient entourés d'ennemis, d'animaux féroces, de flammes, de cadavres, fuient épouvantés et sont en proie à une terreur indicible. De plus, il se joint à cet état un véritable délire qui roule le plus souvent sur des idées hypochondriaques et surtout de persécution. L'alcoolique se croit plein de vers, pourri, sans estomac, sans tête, il est mort ; on se moque de lui, sa femme le trompe, on cherche à l'empoisonner, des gens à mine suspecte le suivent dans les rues, on veut se débarrasser de lui,

on l'accuse de vol, d'assassinat, de pédérastie, on monte chez lui pour l'arrêter, le fusiller, etc., etc. C'est dans cette forme, et lorsqu'il existe des idées de persécution pareilles qu'on peut constater, chez les malades, des hallucinations de Vouïe plus ou moins parfaites. La tendance au suicide est à peu près constante, et le plus souvent elle se manifeste sous forme d'une tentative subite et non préméditée. Il s'y joint, comme dans tous les accès d'alcoolisme, un tremblement très marqué des extrémités, des crampes, des fourmillements^ de Vanesthésie ou de V hypéresthési'6 partielles, diverses hallucinations du goût et de Vodorat, enfin des troubles gastriques plus ou moins accentués. La forme maniaque n'est autre que ce qu'on désigne communément sous le nom de délirium tremens. Elle débute par de Fins omniî, de l'incohérence dans le idées et des phénomènes généraux divers. Bientôt V excitation apparaît, et elle s'accroit rapidement. La face est rouge, vultueuse, congestionnée, les yeux brillants, le pouls fréquent, la température élevée, la peau brûlante et couverte de sueur, la soif très vive. Les hallucinations ei surtout les ^7/ws^o^^s surviennent; les malades croient reconnaître ceux qui les entourent, ils prennent une fenêtre pour une porte, un objet pour un animal;, un meuble pour une personne, ils trouvent une odeur et un goût tout autres aux choses qu'ils mangent et qu'ils boivent, enfin ils ont des visions fantastiques, surtout d'animaux, mais ces visions sont moins terrifiantes que dans la forme mélancolique, et elles consistent assez fréquemment en scènes lubriques et en tableaux obscènes qui se

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