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ALLEMAGNE

On a souvent dit que l'Allemagne, tant du Nord que du Sud, nous avait précédés dans la voie du perfectionnement, et pendant longtemps on l'a considérée comme possédant des richesses supérieures aux nôtres. Une heureuse réaction s'est produite depuis quelques années, et Ton pourrait plutôt dire que les Allemands avaient su donner à ce qui constituait leur principal avantage sur nous un développement qui masquait leur pauvre té sous bien d'autres rapports. Il s'agit ici de la médication chlorurée sadique, dont ils avaient reconnu tous les usages el qui Oorissait chez eux quand elle se trouvait encore en France à l'état rudiment aire. Les stations allemandes peuvent être étudiées d'après leur disposition géographique et divisées en eaux minérales du Sud. du Centre et du Nord.

Dans le Sud, nous rencontrons les eaux minérales de la Bavière, du Wurtemberg et du grand-duché deBade.

La station la plus fréquentée de la Bavière esl Kissingen, sur la ligne de Paris à Wursbourg el sur la dve gauche de la rivière la Saale. Kissingen esl une petite ville qui offre tout le confortable que l'on peut désirer el où se rend chaque année une aflluence cm-

siclérable. Ses sources sont chlorurées sodiques, el ses deux plus célèbres buvettes sont celles du Rakoesy et du Pandour. Le Rakocsy ne s'emploie qu'en boisson, le Pandour en boissons et en bains. Ce dernier passe pour moins excitant. On compte encore trois autres sources, une dans l'intérieur de la ville, le Maxbrunnen, deux aux environs, le Soolensprudel et le Schœnbornsprudel. Toutes ces sources sonl froides ou à peine tièdes, et la cure à Kissingen consiste surtout en boisson. Les propriétés laxatives du Rakocsy sont bien établies; aussi en i'ait-on un grand usage dans les affections de l'estomac, du tube digestif et des annexes, dans lous les cas de pléthore abdominale, d'engorgements de vaisseaux du système de la veine porte. On applique également les sources de Kissingen. comme toutes leurs congénères, à la thérapeutique de la scrofule. Les bains chauffés, les douches en pluie, l'emploi sur une large échelle de l ucide carbonique complètent le système mis en usage à Kissingen. Comme la plupart du temps en Allemagne, les bains se prennent dans les hôtels ou les maisons particulières; il \ a cependant un établissement de l'Etat à la Soolensprudel. Voici l'analyse du Rakocsj d'après Liebig :

Chlorure de sodium 5,2713

potassium 0,5021

lithium 0,0207

magnésium 0,3777

Bromure de sodium 0,0029

Azotate de sodium 0,0032

Sulfate de magnésie 0,8968

A reporter : 770750

km;

Hep art: 7, 2750

Sulfate de chaux 0,5705

Carbonate de magnésie 0,0340

- chaux 1,3926

fer 0,0580

Phosphate de chaux 0,0802

Silice »><>!95

Total 9,4*87

<iaz acide carbonique : 2,282 c. c. 58.

Bocklet et Eruckenau sont, après Kissiugen, les seules stations un peu frécpientées de la Bavière. Elles sont toutes les deux dans le voisinage de Kissingen. Ce sont des sources surtout ferrugineuses dont les eaux peuvent servir de complément au traitement l'ail dans la station voisine. Bien d'autres sources de moindre notoriété se rencontrent dans la partie méridionale du royaume de Ratière, dans la presqu'île formée par Fkm et le Danube; mais elles n'ont pas l'importance de celles que nous avons citées plus haut el qui forment au nord des montagnes de la Franconie, non loin de la Hesse, que nous verrons tout à l'heure si riche en eaux de foute espèce et surtout en eaux salines, un groupe véritablement spécial. Le Wurtemberg a deux stations principales, l'une de la classe des ^déterminées, Wildbad Gastein, sur la lisière du grand-duché de Bade, el sur le torrent de l'Enz, affluent du Necker, au pied même des montagnes de la Forêt- Noire. Ses sources, de température moyenne (33° à 35°), sont susceptibles, grâce à des aménagements remarquâmes, de se prêter à toutes les applications de

la médication indéterminée, névroses, hystérie,, hypocondrie, rhumatisme chronique, arthritis et vieilles blessures. Caustatt, sur la ligne de Stuttgard à Ulm, chlorurée sodique moyenne ; trenle-deux sources thermales, toutes au-dessous de vingt degrés, avec un peu plus d'un gramme et demi de chlorure de sodium. On porte par le chauffage la température de ces sources au degré soit de Plombières, soit de Vichy, soit de Karlsbad, etc. M. Rotureau se demande avec raison quelle est la portée d'une pareille imitation.

Citons encore Hall, au nord, à 190 mètres audessus du niveau de la mer, chlorurée sodique (Valenliner) ; Liebenzell , indéterminée, avec trois sources, de 23° à 25°.

Dans le grand-duché de Bade. Baden-Baden, aussi célèbre autrefois comme lieu de plaisir que comme cité thermale, à 36k.de Strasbourg, au nord de Kehl. Bade se trouve dans la vallée de l'Oos, abritée des vents à peu près de tons côtés. — La source principale est la Hauptquelle ou L'Ursprung ; sa température s'élè\e à 67°.

Valentiner lui donne 2 grammes de .-hlorure de sodium. — Appareils balnéaires dans presque toutes les maisons ou hôtels. — Les eaux île Bade sont surtout conseillées dans la dyspepsie, dans les étals d'atonie et de faiblesse des convalescents.

La partie centrale de l'Allemagne nous offre sans conteste, réuni autour de la chaîne du Taunus et de ses ramifications, le' groupe minéral le plus remarquable parmi lous ceux que possède celle conlrée.

G'esl dans le Nassau et la Hesse ou leur voisinage que l'on trouve Hombourg, Kronthal, Nauheim, Smalkalde, Soden et Wiesbaden chlorurées sodiques ; Fachingen, Geilnau,Ems, parmi les alcalines; Schwalbach (ferrugineuse); Mondorf et Weilbach (sulfureuses); Schlangenbach, parmi les indéterminées.

Hombourg (Hcsse-Hombourg). — A 14 k. au nord de Francfort-sur-le-Mein. On y compte cinq source> : L'Elisabethbrunnen , Ludwigsbrunnen, Kaiserbrunnen, Stahlbrunnen, Louisenbrunnen, qui toutes contiennent du chlorure de sodium en forte quantité, la source d'Elisabeth 9,86, et celle de l'Empereur, d'après Frésénius, 7,17. Hombourg est une petite ville élégante, jouissant d'un climat Irès-sain ; ses sources sont froides. La Stahlbrunnen est sensiblement ferrugineuse. On boit surtout Veau de l'Elisabeth et de la fontaine ferrugineuse ; on eu lait usage aussi en bains, douches, bains de vapeur. On additionne les bains d'eaux mères. C'est surtout dans les indications que présente la diathèse scrofuleuse que les eaux de Hombourg sont employées.

Soden. — Chlorurée sodique, est aussi célèbre en Allemagne par son climat que par la vertu bienfaisante de ses eaux. - On les a de longue date vantées el on les vante encore dans la phthisie, quoiqu'il Taille sans doute aujourd'hui beaucoup eu rabattre de cet enthousiasme el réduire son emploi ■i quelques cas de phthisie scrofuleuse. C'est une petite ville voisine de Francfort-sur-le-Mein, au milieu dn la vallée du Taunus, dans un site 1res-

agréable. La moyenne de la température y est pour l'été de 18°, 75, pour l'année de 10°. L'air y est à peu près constamment calme. Vingt-quatre sources, dont six surtout sont utilisées, ont une chloruration qui va de 1 à 10 grammes; leur température esl faible. On boit surtout la Milenbrunnen ou source île la Santé, et la Warmbrunnen. Certaines de ces sources renferment le fer associé en proportions notables au chlorure de sodium, ce qui ajoute à leurs qualités reconstituantes.

Nauheim. - ■ A portée d'une vaste exploitation de salines, sur la ligne du Mein-Weser et à 24 k. nord de Francfort, la station thermale de Nauheim se compose d'un certain nombre de sources thermales qui ont paru et ont été exploitées à diverses reprises. Les deux principales datent, La Kurbrunnen de 1849 et la Karlsbrunnen de 1870 ; elles contiennent : la Karhrunnen 18,68 de principes fixes, dont 15,42 de chlorure de sodium; la Karlsbrunnen, un peu moins chargée, 12,11 de principes fixes, dont 9,86 de chlorure de sodium. L'effet de beau en boisson est purgatif; on boit un ou deux verres ou quelquefois plus. Les bains du Grossersprude] produisent de fortes démangeaisons et des poussées vers la peau. L'action physiologique consécutive a tous les caractères d'une réaction intense La scro fuie sous toutes ses formes, osseuse, ganglionnaire cutanée et muqueuse, est traitée à Nauheim et ces -aux sont universellement réputées pour leur spécialisation d'action dans celte diathèse.

Kronthal. — Au pied des monts Taunus et toul près de Francforl-sur-le-Mein, avec (Jeux sources, La Slahlquelle cl la Wilhemsquelle, el 3,82 pour l'une, 4,65 pour l'autre de principes fixes.

Smalkalde. — -Dans la Hesse, également chlorurée moyenne. Ses eaux sont à une température de 18°,75.

Pour terminer enlin La série justement renommée des chlorurées sodiques de la Hesse et du Nassau, il nous reste à parler de Wiesbaden, sur La Ligne de Paris à Mayence, à 20 k. de cette dernière ville et à une heure de Francfort. On y compte vingttrois sources, dont les principales sont la Kochhrunnen, 68°, 7, matières fixes 8,26, chlorure de sodium 6,83, et la Faulhrunnen, matières iixes 4,31, chlorure de sodium 3,40. On boit surtout l'eau de la source du Kochbrunncn à la dose de un à six verres, comme antidyspeptique, tonique, reconstituante. Les effets des eaux de Wiesbaden dans la gravelle ont aussi été signalés; elles font rendre assez souvent des graviers et des calculs rénaux. Elles jouissent enfin d'une réputation universelle contre la goutte.

La seule station alcaline dont la réputation puisse aller de pair avec les sources chlorurées sodiques du duché de Nassau est celle d'Ems : elle est située au delà du Rhin, par le chemin de 1er de Coblentz à Mayence. Les sources sont disposées, les unes suc la rive droite, les autres sur la rive gauche de la Lahn. On rencontre trois sources principales sur la rive droite; ce sont : le Kesselbrunnen, 46°,2o; le Krolin-

chenbrunnen (source du Petit-Robinet), 38° ; le Furstenbrumien, 39° (Lebret). La fameuse Bubenquelle, source aux Garçons, utilisée en douches directes contre la stérilité, est aussi sur la rive droite. Il faut encore signaler la source Victoria (27°, 9), la Neuquelle, la Felsenquelle, et la source, de l'hôtel du prince de Galles. Nous donnons, d'après Valentiner, le tableau comparatif des quantités de chlorure et de bicarbonate qui existent dans les eaux d'Ems et dans celles de Royat :

Bicarb. sod...

Chlor. de sod.

Romerquelle.

Fresenius.

Victoriaquelle.

Fresenius.

Augustaquelle.

Fresenius.

Sources Eugénie.

Lefort.

Les analogies de ces deux stations ont été souvent invoquées. On voit que Royat est plus chlorurée, Ems plus bicarbonatée. Les eaux d'Ems sont employées dans les affections des voies respiratoires (catarrhes, phthisie) et en général dans les affections catarrhales des muqueuses.

Geilnau et Fachingen, dans la vallée de la Lahn et au nord des montagnes du Taunus, sont loin d'avoir la notoriété d'Ems.

Deux stations sulfureuses : Neundorf , dans la Hesse, sulfurée calcique, sur la ligne de Cologne à Hanovre ; Weilbach, au sud du Taunus, à 107 m. 8 d'altitude, entre Cologne et Mayence, et à vingt minutes de la station de Flossheim. Weilbach est la seule source sulfure use importante de toute la région que nous venons de parcourir. 11 n'y a qu'une source

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froide (sulfurée calcique). L'eau de Weilbach s'emploie à L'intérieur, en bains et en douches : cette eau est présente à très-faible dose au début, comme la plupart des sulfureuses; elle est indiquée dans les catarrhes des voies respiratoires et La phthisie; elle esL déconseillée dans la scrofule el l'anémie.

Schwalbach . également dans la province de Nassau, est une station dont Les diverses sources présentent une forte proportion de fer associé à de l'acide .arbonique. Elles sont froides, et L'on en fait surtout un grand usage connue eaux transportées.

La Stahlbrmmen contient 0,083 de fer et 1 ,570 c. c. ac. carb.

La Paulinenbrunnen — 0,067 — 1,250

La Weinbrunnen — 0,057 — 1,425

La Neubrunuen — 0,077 — 1,428

L'Ehbnmnen 0,049 - 1.208 -

L'Adelberdbrunnen 0,042 1,081 —

La Lindenbrunnen — 0,009 — 1,080

Schlangenbach. — A trois heures de Wiesbaden, indéterminée, avec des installations hydrothérapiques très-complètes, nombreuses piscines, cures de petit lait et de raisin, maladies de la peau, névroses.

Nous ne pouvons, dans celle, ênumération, que signaler parmi les sources allemandes celles sur Lesquelles il est de quelque intérêt d'être renseigné: nous mentionnerons donc rapidemcntPyrmonl ou Waldeck- Pyrmonl (sources nombreuses, ferrugineuses et chlorurées sodiques), de longue date renommées pour le confort el le luxe qu'on j trouve, au nord de Hanovre el dans la principauté de Waldeck. Nous ne nous arrête-

rons pas davantage, malgré leur nombre assez considérable, aux sources de la Prusse orientale, telles que celles delaSilésie, du comté de Glatz, du Brandebourg sinon pour faire remarquer que la plupart sont atbermales, que beaucoup sont chlorurées sodiques, ferrugineuses, quelques-unes sulfureuses. La Silésie nous présente Chariot tenhrunn, Gudowa, Landeck; mais aucune de ces stations n'occupe comme vogue un rang analogue à celui des stations du Nassau, de la Hesse et de la Prusse rhénane. Cette province est d'ailleurs surtout célèbre en ce qu'elle a donné son, essor à l'hydrothérapie, dont le paysan Priessnitz fut l'initiateur. — La partie occidentale de la Prusse, oui portion rhénane, nous offre deux villes d'eau de premier ordre, sans compter un certain nombre d'autressecondaires : ce sont Kreusnach et Aix-la-Chapelle, et, à côté d'elles, Malmédy, Roisdorf, Borcette, Heilstein, etc., etc.

Kreusnach. — Cblorurée sodique, dans la romantique vallée de la Nabe, ligne de Metz-Saarbruck, à, 106 mètres au-dessus du niveau de la mer. Climat modéré avec une moyenne de température pour Tannée de 10*1 et pour Pété de 18°,± Des quatre sources de Kreusnach, une seule, FElisenquelle, est froide; elle sert pour la boisson; les autres ont de 23 à 30°. Voici les proportions de chlorure de sodium et de matières fixes qu'elles renferment :

Eljsenquelle mat. fixes 11,7, chlor. sod. 9,49 (Valentiner)

Oramenquelle, i7,G, 14'9 ^aiemilU1;-

Theodorsquelle, — u,/,., __ 9''10

Carlsquelle, - 13,5. Hy

Kreusnach renferme de magnifiques hôtels, un salon de conversation; elle est au premier rang en Allemagne pour tontes les applications de la médication chlorurée sodique. Le traitement externe est surtoui employé. L'indication principale esl la scrofule à ses diverses périodes et avec ses déterminations sur les divers systèmes, scrofule osseuse, cutanée, ganglionnaire.

Aix-la-Chapelle. — Chlorurées sulfureuses. V Me populeuse de plus de 60,000 âmes, avec des sources thermales (45° à 55°) anciennement renommées. Il 5 a huit établissements principaux . Les sources de l'Empereur, de Saint-Quirin (Quirinsquelle), les bains de la Rose sont les pins usités. Les bains de l'Empereur, élevés en 1865, forment une magnifique construction où, comme à Aix-les-Bains, on emploie la douche sous toutes ses tonnes, le massage, le frottage, l'hydrothérapie chaude, Vingt mille baigneurs environ fréquentent ces sources chaque année. On les utilise pour le traitement des diverses formes du rhumatisme, des arthrites chroniques, de la syphilis, de la cachexie saturnine, etc.

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