‹ Manuel pratique de médecine thermaleChapitre 18 sur 49 · EAUX MINÉRALES DES PYRÉNÉES · texte numérisé non relu

EAUX MINÉRALES DES PYRÉNÉES

Cambo (Basses-Pyrénées). — A 20 kilomètres de Bayonne, sur un plateau qui domine la jolie vallée de la Nive, en plein pays basque, Cambo est dans un site charmant; le village a à. ses pieds les prairies qui bordent la rivière; le climat est doux et tempéré. Il y a deux sources. L'une, ferrugineuse, ne sert qu'en boisson ; l'autre, sulfurée calci que, est administrée en bains dans un petit établissement. 22° à 23°.

Indications principales. — Hyposthénisante ; étal nerveux, chlorose, rhumatismes.

Saint-Boès (Basses-Pyrénées). — A cinq kilomètres d'Orthez. Sulfurée calcique et bicarbonatée. L'eau de Saint-Boès est froide. On l'emploie surtout connue eau transportée dans les affections des voies respiratoires.

Salies-de-Béarn. — Petite ville, chef-lieu de canton de l'arrondissement d'Orthez. On s'arrête à la station de Puyoo, sur la ligne de Dax à Pau ; il y a de là 6 kilomètres jusqu'à Salies. Cblorurée sodique forte.

La source de la Fontaine salée contient une énorme quantité de chlorure de sodium. Voici son analyse, d'après M. Ossiau Henry :

Chlorure de .sodium 21(jsr.02(r

— de potassium ± ,080

— de magnésium \

— de calcium J

*e soudu traces

— de potasse (

— de magnésie \

— de chaux j

lodures alcalins traces

Bromures alcalius 1 ,050

Phosphates, silice, alumine ) .

Sesquioxyde de fer )

Matière organique 5 ,50

Bicarbonate de chaux )

i , • traces — de magnésie j

Total 224»,65

L'eau mère renferme 223,335 de chlorure de sodium, 158,205 de chlorure de magnésium, 10,000 de bromure de magnésium: mais, avec celte richesse dans la source principale, il est peu de circonstances où Ton soit obligé d'avoir recours aux eaux mères. La température est de 15°. La densité est très-supérieure à celle de l'eau distillée, et dans le bain on plonge le malade et on le fixe à l'aide de courroies.

L'eau de Salies en boisson se donne à très-petite dose, souvenl coupée, un cpiarl de verre, un demiverre au plus. Son absence de Lhermalité, sa haute densité la rendraient bien vite fatigante pour l'estomac. Il \ a un établissement avec bains partiels el bains généraux, douches el buvette.

Indications spéciales. — Toutes les maladies qui se rattachent à la diathèse scrofùleuse sonl traitées avec succès à Salies, niais surtout l'état constilu-

Itonnel lui-même, les scrofules ganglionnaire et osseuse, et aussi les maladies de la peau.

Saint-Christau. — A huit kilomètres d'Oloron- Sainte-Marie, dans une jolie vallée des Pyrénées: froides, 17° à 18°, rangées parmi les eaux sulfurées par le Dictionnaire des eaux minérales, les eaux de Saint-Christau sont faiblement minéralisées; mais, d'après l'analyse de M. le professeur Filhol, elles contiendraient (source des Arceaux) 0,0040 de bicarbonate de fer, 0,00035 de sulfate de cuivre ; aussi mériteraient -elles d'être désignées, grâce à cette minime quantité de l'une et de l'autre substance, sous le nom de ferro-cuivreuses.

Indications particulières. — Les eaux de Saint- Christau sont surtout utilisées dans les affections de la peau, qu'elles dépendent de l'herpétisme, de l'a i thritisme ou de la scrofule. M. Tillot a retiré des avantages de leur emploi en pulvérisation dans les ophthalmies chroniques et certaines affections cutanées de la face.

Eaux- Bonnes. — Anciennes eaux d'Arquebusade ; furent jadis employées pour guérir les soldais béarnais blessés à la bataille de Pavie. On en faisail donc surtout à celte époque-là usage en bains ci pour les affections externes. Ce n'est que beaucoup plus tard, au xvme siècle, qu'on les employa pour les maladies internes. Bordeu le père le dit expressément : « On ne s'en servait presque pas pour l'intérieur avant moi. » Le village des Eaux-Bonnes esl situé dans la pittoresque vallée d'Ossau, à 4 kilomè-

1res de Laruns el à 44 kilomètres de Pau, à 790 mètres au-dessus du niveau de la nier. Abrité de tous côtés, le village esl assez bien protégé contre les grands vents; mais la température, quoique assez douce, y est soumise à certaines vicissitudes le malin et le soir, presque inévitables dans les climats de montagne. Ces vicissitudes, que nous retrouverons dans toutes les stations situées d'une manière analogue, soit en Auvergne, soit dans les Pyrénées, ne nuisent en rien à la cure, mais imposent quelques précautions d'hygiène spéciales. Des hôtels spacieux, deux promenades plantées de grands arbres, donl l'une, la Promenade horizontale, longue de deux kilomètres, permet aux malades de circuler sans avoir les fatigues de l'ascension, donnent un grand agrément au séjour des Eaux-Bonnes. — On y trouve quatre sources sulfureuses , dont trois recueillies dans rétablissement thermal : la source vieille, la source d'en bas et la source nom elle. Elles ont : la source vieille 33°, nom elle 31°, d'en bas 28Li. Deux autres sources moins importantes portent les noms de source d'Ortech (2°2°) et source froide. La source vieille, la plus importante, esl celle que l'on boit : en voici l'analyse, d'après M. Ossian Henry :

Azote

Acide carbonique lts',00G4

— sulfhydrique

Chlorure de sodium

— de magnésium

— de potassium.

0 ,00oa 0 ,3423 0 ,0044

traces

A reporter... Oor,3oSG

Report... 0sr,338G

Sulfate de chaux , 0 ,1180

— de magnésie 0 ,0125

Carbonate de chaux 0 ,0048

Silice et oxyde de fer 0 ,0160

.Matière organique contenant du soufre. 0 ,1065

Total 0 ,6164

donc six décigrammes et demi de principes fixes, parmi lesquels il y a à distinguer une forte proportion de chlorure de sodium et de sulfate de chaux. M. Filliol ne serait pas éloigné de croire que leur faible alcalinité, la moindre quantité de silice et la proportion au contraire plus grande de sulfate de chaux en font un groupe à part parmi les eaux sulfureuses, et qu'elles sont minéralisées, ainsi que les Eaux-Chaudes, par le sulfure de calcium.

Les Eaux-Bonnes sont surtout employées en boisson; on les donne à dose graduellement croissante, une, ou deux cuillerées, un quart de verre, un demiverre, pures ou coupées, suivant le plus ou moins de tolérance et l'état des malades. Les bains sont moins employés. On fait aussi usage de bains de pieds et de douches pulvérisées pour les affections du larynx et de la gorge, ainsi que de gargarisme* ; mais le traitement interne domine tout.

Indications particulières. — Les Eaux -Bonnes jouissent d'une célébrité européenne dans la thérapeutique de la phthisie pulmonaire. La première et la deuxième période, même la troisième quand il s'agit de la forme torpide, voient souvent leurs symptômes s'amender à la suite d'une saison thermale.

Comme tous les remèdes énergiques, elles demandent à être maniées avec nue grande prudence et des précautions sur lesquelles nous reviendrons dans le chapitre de la tuberculose. On traite aussi aux Eaux-Bonnes la plupart des formes de catarrhe pulmonaire, ceux surtout à sécrétions abondantes, les angines et les laryngites chroniques.

Eaux-Chaudes. — Aussi anciennemenl connue que sa voisine, la station des Eaux-Chaudes, quoique bien appréciée, n'a pas eu la même fortune qu'elle. Le Aillage de ce nom, situé à 673 mètres au-dessus du niveau de la mer, est composé d'une trentaine de maisons assises au fond d'une gorge étroite et profonde. Des omnibus vont des Eaux-Bonnes aux Eaux- Chaudes en suivant une route tracée le long du flanc de la montagne. La distance est de 8 kilomètres. Les six sources des Eaux-Chaudes sont : le Clol, 34°,10 ; le Bey, 34°,80 ; l'Esquirette, 33°,40; Baudol. 27°,20; Larresecq, 25°,20; Minvielle, 25°. M. Filhol a donné la composition suivante de la source Baudot :

Sulfure de sodium.

Chlorure de sodium Sulfate de chaux.. .

Silicate de chaux . .

— de magnésie

— d'alumine .

Sulfate de soude. . .

Carbonate de soude [ode

Voici le degré de sulfuration de chacune d'elles; on trouve pour un litre d'eau prise au Grillon :

J traces

0,0420 0.0350 trace sensible

Sulfure de sodium.

L'Esquirette

Le Rey

Baudot

Larresecq . .

Minvielle. . .

Le Clot.

Le sulfate de chaux et le chlorure île sodium sont, comme aux Eaux-Bonnes, plus abondants que dans les sources analogues des Pyrénées.

Indications spéciales. — On a assigné à chacune des six sources des Eaux-Chaudes un degré d'excitation différent. Le Clot passe pour la plus excitante. Leur usage rentre dans les données de la médication sulfureuse en général. Leurs propriétés résolutives •des vieilles plaies sont depuis longtemps connues. On les emploie contre le tempérament lymphatique et la constitution scrofuleuse. On les conseille aussi et d'une manière particulière dans les affections utérines. Ces dernières font une bonne pari de la clientèle des Eaux-Chaudes.

Barèges (Hautes-Pyrénées . — À trois heures de la gare de Pierreiitle. Ce village, composé d'une longue rue d'aspect assez triste, os! situé sur la rive gauche du gave de Bastan, à 1,244 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le climat est dur et rigoureux, avec de nombreuses variations. C'est lapins élevée des stations dos Pyrénées. Les huit sources de Barèges, réunies dans doux établissements situés en l'ace l'un de. l'autre, l'un militaire et l'antre civil, sont :

Temp. Sulfiiralion.

La Chapelle.. .

Polard

Le Tambour. .

L'Entrée

Buiu neuf

Dassieu

Gency

Le Fond

38 o,02:uj (

Filliol et fiintrac .

Une neuvième source, Barznn, est aménagée clans an établissement à pari, à 500 mètres de là : elle est à 30° et renferme 0,0330 de sulfure de sodium. Le traitement se, compose (Féaux en boisson, de bains, douches. On emploie, aussi très-fréquemmeni les bains de piscine. Les piscines de Barèges reçoivenl beau qui s'écoule des baignoires; elles sonl voûtées, de dimension moyenne; l'air s'y renouvelle assez difficilement. Malgré ces désavantages, elles sonl très-usitées, et la pratique de cette station leur assigne une efficacité réelle et très-spéciale.

La température des sources de Barèges va de 35° à 45°, c'est-à-dire dans des limites où elle est applicable sans mélange. La sulfiiralion est d'une grande stabilité; aussi ces eaux sont-elles reconnues comme le plus énergiquemenl excitantes de toute la chaîne des Pyrénées.

Indications spéciales. — Les eaux de Barèges. que Ton doit soigneusement proscrire toutes les fois que L'on craint d'allumer une réaction trop vive, dans les tonnes éréthiquos des maladies, trouvent au contraire leur indication toute naturelle quand il s'agil

de réveiller et de stimuler l'organisme et dans toutes les formes de la torpidité. Une pratique ancienne a sanctionné leur emploi dans une foule d'affections scrofuleuses, dans les maladies de la peau, les ostéites, caries, nécroses, qui doivent leur origine à cette diathèse, pourvu qu'on soit éloigné de l'état aigu, dans les rhumatismes invétérés, les coxalgies, dans les plaies d'armes à feu, etc.

Saint-Sauveur. — Dans la vallée et à 1 kilomètre de Luz, à 20 kilomètres de la gare de Pierrefitte. On trouve deux établissements : l'un, dans l'intérieur même du village ; l'autre, dit de la Hontalade, à 600 mètres de là. L'eau de Saint-Sauveur renferme, d'après M. Longchamps, pour un litre d'eau, 0,025360 de sulfate de sodium ; elle a 34°-20°. L'eau de Hontalade n'a que 22a et 0,0198 de sulfure de sodium. On boit surtout l'eau de Hontalade, et l'on emploie également en boisson les sources ferrugineuses voisines de Yisos et de Saligos, comme adjuvants du traitement. Il est à remarquer que l'eau de Saint-Sauveur renferme dans le bain une quantité de sulfure supérieure ii celle de plusieurs autres sources. Ainsi l'eau de la Reine à Luchon, qu'on est obligé de mitiger, est moins sulfureuse qu'elle.

Indications spéciales. — Cependant les propriétés, les usages thérapeutiques de l'eau de Saint-Sauveur n'ont rien de commun avec cette excitation vive que l'on remarque dans d'autres stations et qui fait la base des applications médicales. L'eau de Saint-Sauveur est plutôt calmante. On y adresse des dyspep-

tiques, des névropathes, et surtout une grande quantité de femmes atteintes «le cliloi-o.se et d'affections utérines. Les maladies de l'utérus sont en effet de longue (laie la spécialité la plus incontestée de Sainl- Sauveur, à tel point qu'on a cru pouvoir assigner à ses sources une action spéciale, pathogénétique, sur cet organe.

Cauterets (Hautes-Pyrénées). — A 10 kilomètres de la station de PicrrcliLte, 932 mètres d'altitude. Climat pyrénéen, variations le matin et le soir. Les sources de Cauterets sont nombreuses et toutes sulfurées sodiques. Elles sont aussi toutes thermales. On les divise en sources du Sud et de l'Est.

Sources du Sud. — Toutes situées à quelque distance de la ville, 1,500 à 2,000 mètres; ce sont, sur la rive droite du gave : le Bois, source chaud»' (42°,5 source), tempérée (32°); Mahourat, 49°,5 à La iuivelle d'en haut, 47°, 5 à la buvette d'en bas : les Yeux, 23°; les Œufs, à la buvette 53°, à l'établissement 45° ; le Petit-Saint-Sauveur, 34° ; le Pré, 43° ; — sur la rive gauche du gave : la Raillère, 39°, 4.

Les sources de l'Est. — Vieux-César, 47°. 1 ; thermes de César, 45° ; Pause-Vieux, 38°,8 ; les Espagnols, 43°, 45 ; le Rocher, 35°, 2 (Dubourcau).

Toutes ces sources sont exploitées dans divers établissements qui sont hors ville :

Au Sud. — Le Bois, le Pré, le Petit-Saint-Sauveur, la Raillère, buvettes de Mahourat et des Œufs.

A l'Est. — Vieux César et Pause- Vieux.

En cille. — Sur la rive droite du gave : thermes

de César et des Espagnols (un seul bâtiment), du Rocher et Rieumiset (un seul bâtiment) ; sur la rive ..■anche : thermes des Œufs ou nouveaux thermes.

Dans tous les bâtiments, on trouve des cabinets de bains et de douches, soit générales, soit locales. Mahourat seul ne s'emploie qu'en boisson, Salle de tannage, pulvérisation, pêdiluves aux thermes de César et des Œufs. Grandes douches, douches locales vaste piscine de natation aux thermes des Œufs.

L'établissement du Rocher vient de s'enrichir tout récemment d'une nouvelle installation de pulvérisation et de pêdiluves faite au moyen de l'eau de César. Il y a des gargarisoirs à la Raillère et aux

thermes de César.

Les buvettes les plus connues sont celles de la Raillère, Mahourat et César. On boit aussi les eaux du Rocher et «les Œufs, les autres plus rarement. Voici les analyses de la Raillère et de César :

'César. La Raillère.

Sulfure de sodium 0^,0239 0«',0177

•Sulfure de fer 0 ,0004 »

Chlorure de sodium 0 ,0718 0 ,0o98

•Sulfate de soude 0 ,0080 0 ,0467

Silicate de soude 0 ,06o6 0 ,008

de chaux 0 ,0451 0 ,0324

de magnésie 0 ,0007 »

Matière organique 0 ,0450 0 ,0350

■Silice » 0 >0195

Sulfure de fer, chlorure de potassium, silicate de magnésie, borate de soude, iodurede sodium, fluorure de calcium, phosphate

de chaux et magnésie. . » traces

Total 0 ,2005 0 ,2192

et la sulfuration proportionnelle de la plupart d'entre elles, d'après M. le docteur Duhourcau :

Les Espagnols. Pause-Vieux. Le Rocher. Le Pfclit-Sl-Sauveur. 0,0200 0,0130 0,0146 0,01056

Le Pré. Maliourat. Les Olùifs. Le Bois. 0,0128 0,0105 0,0101 0,0105

D'après ces chiffres, on peut voir que les sources de Gauterets sont douées d'une sulfuration moyenne ; mais une remarquable stabilité de composition fait qu'elles perdent peu de leur principe, ce qu'il faut considérer au point de vue de remploi. La quantité de sulfure de sodium va de 1 centigramme ii 2 centigrammes 6. La Raillère est très renommée pour les affections des voies respiratoires et dn larynx; il en est de môme de César, ({ni est considéré comme beaucoup plus stimulant et que l'on conseille-rarement aux tuberculeux et toujours avec une extrême prudence. Maliourat est nue source à part, plus alcaline, très modérément sulfureuse; on la conseille surtout dans les affections de l'estomac, le Bois dans les rhumatismes, le Petit-Saint-Sauuveur dans les maladies utérines. Le groupe de l'Est, regardé comme plus énergique (César, Pause-Vieux. Espagnols), est utilisé dans les dermatoses, les affections osseuses traumatiques et dépendant de la scrofule. Les sources de Cauterets sont parmi les sulfureuses des plus riches en sels alcalins et particulièrement en silicates (Louis Byasson el Henri Byasson .

EAUX MINÉRALES DE LA FRANCE l'M

On boit l'eau de Cauterets à la dose de un quart ou un demi-verre au début, puis deux fois par jour, et on porte la dose à deux et même trois et quatre verres dans la journée, suivant la maladie traitée et La susceptibilité des sujets. La spécialisation de ces sources dans les maladies des organes respiratoires est aujourd'hui acceptée de tous, et en outre, par la multiplicité de ses ressources, par sa tliermalité, Cauterets répond à la plupart des indications de la médication sulfureuse.

Capvern. — Station sur la ligne de Tarbes à Toulouse; dans un bas-fond, à quelque distance de la gare, se trouve l'établissement thermal, nouvellement aménagé et parfaitement installé, avec baignoires, douches générales et douches locales. La source de la Houn-Caoude, qui alimente cet établissement, est à 24°; elle contient 1 gr. 096 de sulfate de chaux, 0,464 de sulfate de magnésie, 0,024 de carbonate de fer (Latour et Rosière). La source du Bouridé, à une demi-heure de distance de la précédente, est regardée comme sédative, comme très appropriée aux névroses et pouvant calmer l'excitation produite par l'usage de la Houn-Caoude.

Les eaux de Capvern, qui ont à la fois des analogies de composition et d'emploi avec celles de Conirexéville, sont depuis longtemps en possession d'une juste notoriété pour le traitement de la cystite, de la gravelle, de l'albuminurie, de la dyspepsie, de la diathèse hémorrhoïdaire et de la pléthore abdominale (docteur Delfau).

l'Ji DE LA MÉDECINE THERMALE

Bagnères-de-Bigorre. — Chef-lieu d'arrondissement des Hautes-Pyrénées, sur l'Adour, à 20 kilomètres en amont de Tarbes. AMtude 527 mètres. Bigorre renferme nue foule de sources et une foule d'établissements. Ses sources sont sulfatées calciques simples avec plus de 2 grammes de sulfate de chaux pour les plus chargées, une très petite proportion pour d'autres, que l'on peut considérer comme indéterminées, sulfatées calciques et ferrugineuses, ferrugineuses simples, faiblement arsenicales (Salies). Une source sulfureuse, celle de Labassère, est située à 8 kilomètres de là; mais son eau est portée en sille, chauffée et utilisée dans un établissement spécial.

Elles sont chaudes , tempérées , froides , de 12° à 50".

On compte jusqu'à treize établissements, don! bjs principaux sont : les thermes de la Aille, alimentés par plusieurs sources : la Reine (38°, 6), le Dauphin (39°), Roc de Lannes (36°), le Foulon (28°), qui renferment des cabinets de bains et de douches, des piscines, des salles de pulvérisation et d'inhalation, des étuves; leur installation est très complète et très belle; — les Bains de Salut, dont on fait un grand usage, chauffés préalablement, leur température native étant de 25 et 27°. On trouve dans les établissements particuliers de Daignoux et Théas des appareils de pulvérisation et de douches filiformes. Citons encore la Gui bière, Pinac, Lasserre, dont le nom revient souvent dans les observations de Bordeu. Les

sources les plus excitantes sont la Reine et le Dauphin, les plus ferrugineuses la Reine, Cazaux, le Dauphin. Salut est éminemment sédatif, le Foulon également. Lahassère renferme 0,0464 de sulfure de sodium. Elle est froide et se conserve bien par F exportation. La source d'Angoulème est purement ferrugineuse (Filhol). H résulte de cette rapide énumération que les eaux de Bagnères-de-Bigorre tiennent une place à part dans l'hydrologie pyrénéenne. En dehors de l'excitation provoquée par une haute température et des procédés balnéothérapiques spéciaux, elles sont plutôt calmantes, légèrement diurétiques et Ioniques, grâce à la présence du fer. Comme telles, elles conviennent surtout dans la chlorose, l'anémie, la dyspepsie, certains étals non encore très prononcés de* congestion du foie et des viscères, les né\ roses, quelques formes de dermatoses et de rhumatismes.

Labassère est réservée aux affections des voies respiratoires.

Cadéac. — Dans la vallée d'Àure, à trois heures de la station de Lannemezan. Petit village sur les bords de la Neste, renfermant cinq sources et deux établissements avec bains, douches, étuves, inhalation. Les sources sont sulfurées sodiques froides. Les eaux de Cadéac sont fort riches en principes sulfureux; la source principale a 0,07o0 de sulfure de sodium. On les conseille clans les maladies des voies respiratoires et les affections cutanées.

Gazost. — Près de Lourdes ; renferme deux

sources sulfurées sodiques froides, les plus riches en chlorure de sodium de toute la chaîne, d'après M. Filhol.

Bagnères-de-Luchon. — Petite ville de l'arrondissement de Saint- Gaudens, dans une très jolie vallée, sur les bords du torrent de la Pique: altitude 618. Climat de montagne assez doux. La station de Ludion, par le luxe de ses constructions, ses allées d'Eligny et de la Pique, ses promenades el le pittoresque de ses environs, est aussi bien un séjour renommé pour ses agréments qu'une ville de première importance par ses ressources thermales. Ses sources sont réunies dans un seul, très vaste et très complet établissement, avec bains, douches générales et locales, piscine de natation, petites piscines, étuves, inhalation, humage, pulvérisation. Ses source sont au nombre d'environ quarante. Voici la température des principales : Reine, o7° ; Bayen, 68° : Azémar, 54°; Richard supérieure, 51°; Grotte supérieure, 56°; Ferras supérieure n° 2, 34°: Bordeu n° 1 , 3o° ; Pré n° 1 , 61° ; Grotte inférieure, 56°.

Parles variétés de leur composition aussi bien que par celles de leur température, les sources deLuchon offrent tous les tons de ce que ses médecins oui ingénieusement appelé la gamine sulfureuse. Grâce à celte disposition, ainsi que Fontan l'avait forl bien mis en lumière, on peut descendre ou remonter à volonté fous les degrés de l'échelle de l'excitation et de la sédation. Certaines de ces eaux sonl sujettes

à l'altération particulière que l'on nomme le blanchiment. Voici, d'après M. Filhol, les proportions de sulfure de sodium et de sels alcalins des principales sources :

La plus excitante parmi les sources de Ludion est la source de la Reine. Après elle viennent Grotte supérieure et Grotte inférieure. Parmi les sources douces ou à réaction légère, il faut indiquer Ferras, Bordeu, Blanche. Cette dernière, comme son nom l'indique, blanchit dans la baignoire par la précipitalion du soufre : on peut, suivant les indications, mélanger entre elles des sources d'action physiologique différente, tempérer l'une par l'autre, faire passer successivement le malade des sources faibles aux

Sulfure de Carbonates sodium. et silicates alcalins.

Bayen

Reine

Crotte supérieure

Grotte inférieure

Azéiuar

Richard supérieure

Richard inférieure

Blanche

Ferras ancienne

Ferras nouvelle

Lachapelle

Bosquet n" 1

Sentez nu 1

Bordeu n° 1

Pré n" 1

Etigny n" 1

Romain

sources moyennes, pour de là Le conduire aux sources fortes. Les ressources de la pratique de Luchon sons •ce rapport sont très grandes : nous ne pouvons et ne devons en donner ici qu'une idée tout à fait succincte. La buvette du Pré, à quelque distance du grand •établissement, est conseillée dans les affections des voies respiratoires, en gargarisme dans les angines. M. Lambron l'a rapprochée pour ses attributions de la. source Vieille d'Eaux-Bonnes cl de la Raillère de Cauterets. Cependant Ludion est plus spécialemenl réservé aux maladies de la peau, pourvu que Ton n'en fasse usage qu'aune certaine dislance de la période d'acuité. M. Lambron a d'ailleurs clairement démontré que l'idée de Bazin, qui voulait cantonner les applications du soufre dans le domaine beaucoup trop restreint de quelques scrofulides, était beaucoup trop exclusive. On conseille encore Luchon dans la syphilis. Ses eaux sont regardées comme ravivant li s manifestations anciennes ou en ramenant d'autres, comme servant de pierre de touche dans les maladies scrofuleuses des os, les blessures, les plaies, les névroses, les rhumatismes chroniques, certaines formes de cystites, de métrites, liées à des étals généraux, les paralysies et les paraplégies.

Luchon, outre ses sources sulfureuses, possède quelques sources ferrugineuse

Dans li' voisinage de la grande station de la Hauic- Garonno, on rencontre quelques autres sources hien plus humbles qu'elle, mais toutefois dignes de mention. Ce sont Siradan et Sainte-Marie, à une li és

petite distance l'une de l'autre, dans la vallée qui va de Montrejeau à Ludion (station de Saléchan), sulfatées calciques l'une et l'autre (Sainte-Marie, sulfate de chaux 1,430; Siradan, sulfate de chaux 1,400, froide) : elles ont les mêmes usages et s'emploient dans les maladies de la peau, quelques catarrhes vésicaux, les dyspepsies; Encausse, sur la roule de Saint-Gaudens à Âspel, trois sources, 22n,20 temp., sulfate de chaux 2,1390, avec un bon établissement thermal, eaux très réputées dans le pays contre la gravelle, la cystite, les lièvres intermittentes rebelles ; on les boit à doses élevées; elles sont diurétiques et purgatives; Ganties, faiblement minéralisée par le sulfate de chaux, légèrement ferrugineuse : névroses, et Labarthe-Rivière, 21°, sulfatée calcique, l'une et l'autre ;\ une petite distance de Saint- Gaudens.

Barbazan. — Près de Montrejeau ; possède un établissement de bains et trois sources à 19° et sulfate de chaux 1,504. On ne trouve plus après cela dans la Haute-Garonne que Sainte-Madeleine-de-Flourens, près de Toulouse, ferrugineuse bicarbonatée froide; Montégut, près de Muret, ferrugineuse bicarbonatée froide; Bourrasol, près de Toulouse, ferrugineuse bicarbonatée froide. Ces trois stations ont chacune un petit établissement qui reçoit quelques malades pendant la saison.

Ax (Ariôge). — Les eaux d'Ax ont été étudiées par Mibert, par M. Filhol, et en dernier lieu par M. Garrigou. D'après M. Filhol, la station thermale d'Ax

ne compte pas moins de 53 sources, représentant tous les degrés de la sulfuration. A\ esl un chef-lieu de canton dans l'arrondissement et est à 43 kilomètres de Foix, à 700 mètres d'altitude. Les sources apparaissent en trois endroits différents, du Couloubret, du Breil et du Teich. Elles alimentent trois établissements, dans chacun desquels elles sont divisées en tempérées, moyennes et fortes. Leur température est comprise entre 28° et 78°. Voici La sulfuration de trois d'entre elles, d'après M. Garrigou :

Bain fort. Les Canons. Yiguerie.

Sulfure de sodium. 0,0148 0,0210 0,0200

On observe aux eaux d'Ax, comme à celles de Luchon, avec lesquelles elles ont beaucoup d'analogie tant par leur composition que par la nature des terrains d'où elles sortent, le phénomène du blanchiment par la précipitation du soufre très divisé.

Les maladies traitées à Ax sont surtout les affections de la peau, la syphilis, certaines formes de rhumatismes, des états morbides qui sont sous la dépendance de la diathèse scrofuleuse, les altérations osseuses.

Ussat. — A 12 kilomètres d'Ax. Ces eaux, sulfatées calciques, sodiques, magnèsiques, carbonatées, mais à des quantités qui ne donnent en tout que 1,270 de matières fixes, ce qui permet de les considérer comme indéterminées faiblement minéralisées, onl une température d'environ 40°; mais la chaleur des

EAUX MINÉRALES DE LA FRANCE Mi

bains va en décroissant du sud au nord de rétablissement (Dieulafoy). On trouve à Ussat toutes les installations hydrothérapiques en rapport avec l'appropriation spéciale très connue de ces eaux aux névropathies et aux affections utérines. Cabinets de bains, piscines, douches générales et locales. Gymnase.

Audinac. — À 10 kilomètres de Saint-Girons. Deux sources : froide ou source Louise, 22°, avec près d'un gramme de sulfate de chaux ; la source des bains a 22°,75 et 1,117 de sulfate calcique, des traces de sulfure de calcium et une odeur sulfureuse. La source Louise est ferrugineuse. Les eaux d'Audinac sont légèrement diurétiques et purgatives. On les emploie dans les engorgements chroniques, la leucorrhée.

Aulus. — Arrondissement et à 33 kilomètres de Saint-Girons. La découverte de L'eau d' Aulus a été faite en 1823 et est due purement au hasard. Les trois sources, sulfatées caleiques. ont une température de 18°. Ce sont les sources d'Armagnac, Bacque et des trois Césars, dont la composition chimique est à peu près semblable. Deux établissements bien installés renferment des cabinets de bains et de douches. L'eau d' Aulus est diurétique et un peu purgative. On l'emploie contre la gravelle, les cystites, les engorgements des annexes de l'appareil digestif. Son usage contre la syphilis est tellement accepté, qu'on a voulu lui attribuer des propriétés spéciales antivénériennes.

Carcanières. — Sulfurée sodique; sources nombreuses, de 25° ù 59°; sulfure de sodium, de 13 à 27 millig. Celle station, située sur la lisière de l'Aude, non loin du village d'Escouloubre, est d'un accès très difficile.

On ne rencontre dans les Pyrénées-Orientales que des sulfurées et en particulier des sulfurées allénuées, dégénérées, une chlorurée sodique, une bicarbonatée sodique.

Les sulfurées sont :

Amélie-les-Bains. — A la fois station d'hiver el station thermale, dans une vallée très-abritée, jouissant d'une température exceptionnellement doue mais surtout d'une grande égalité, et avec très-peu de variations brusques; altitude 226 mètres. Les sources, au nombre de 22 et d'une température de 40 à 70°, sont aménagées dans deux établissements particuliers, les thermes Pujadc et les thermes Romains, où l'on trouve cabinets de bains, cabinets de douches, bains de vapeur, salles d'inhalation el de pulvérisation. La sulfuration va de 0,020 (Grand Escaldadou) à 0,012 (source du Gourgnègre).

Il y a un établissement militaire. Les sources d'Amélie ont cet avantage de pouvoir être utilisées pendant l'hiver dans les affections des voies respiratoires. Leur hanle thermalité el leurs propriétés chimiques les rendenl en sus aptes au traitement des rhumatismes, des blessures, etc. Amélie esl dans l'arrondissement de Céret, à .'!(> kilomètres de Perpignan.

Le Vernet. — A quelque distance de Prades ; village bien abrité, au pied du Canigou ; également station d'hiver et station d'été; à 626 mètres d'altitude. Les sources du Vernet sont en général chaudes, de 33 à 86°, avec une sulfuration moyenne de 0,041 à 0,0105. La source de la Comtesse est froide. Il y a deux établissements, des Commandants et Mercader, complètement installés, surtout pour la tbérapeutique des affections respiratoires. La salle d'inhalation du Vernet n'a pas cessé d'être très-fréquentée depuis l'époque où Lallemand la mit en vogue. On traite encore au Vernet les rhumatismes et les affections herpétiques.

Olette. — Arrondissement et à 16 kilomètres de Prades. Les sources d'Olette sont au nombre de 31 et divisées en trois groupes, qui portent les noms de groupe Saint- André, groupe de l'Exalada et groupe de la Cascade ; elles ont une température de 37 à 78o et sont excessivement abondantes, au point que quelques-unes d'entre elles forment de véritables torrents d'eau sulfureuse; leur sulfuration est en moyenne de 0,028 à 0,030. Il y a un établissement avéfc bains, douebes, pulvérisation, inhalation. On y traite les catarrhes des voies respiratoires et urinaires, les rhumatismes el la syphilis, les maladies de la peau, les affections osseuses et les vieilles blessures.

La Preste. — A 30 kilomètres d'Amélie. Sulfurée sodique faible. La principale source contient 0,0127 de sulfure de sodium; la température est de 40<> à 44°. Il > a un établissement. Les eaux de la Preste sont un

Wk DE LA MÉDECINE ÏHEliMALE

des types des sulfureuses douces dégénérées, et elles en oui toutes les applications médicales. On les conseille surtout dans les catarrhes des voies urinaires, et elles sont aussi très recommandées dans la gravelle et quelques accidents de la goutte.

Moligt. — À 8 kilomètres dePrades. On \ compte deux établissements, les bains Massia et les bains Llupia. La température est de 21° à 37°. la sulfuration la plus élevée de 0,436; elles sont don beaucoup plus énergiques que les précédentes el très spécialement affectées aux maladies de la peau, au point que Baumes, de Lyon, insiste tout particulièrement sur leurs vertus dans ce genre de maladies. Un les emploie aussi dans les catarrhes de la vessie e( des voies respiratoires.

Escaldas. — Trois sources sulfurées sodiques; 0,033 de sulfure de sodium; température, 19° à 43°; à 7 kilomètres de la station de Bouleternère, sur la ligne de Perpignan à Prades. Deux établissements, Les bains Colomer et les bains Merlat. Toutes les applications de la médication sulfureuse.

Vinda. — A 10 kilomètres de Prades. Sulfurée sodique; température 24°. Sulfure de sodium, 0,025. Un établissement. Maladies de la peau.

Le Boulou. — Est une exception dans la classe des eaux pyrénéennes. C'est une bicarbonatée ferrugineuse arsenicale qui se rapproche de Vichy, peul être appliquée au même ordre de maladies, el est en même temps, d'après M. le professeur Gubler, mieux indiquée dans les ras qui demandent à être traités avec

EAUX MINÉRALES DE LA FRANCE 20o

ménagements, pour lesquels on redoute l'excitation, une minéralisation trop forte. Quatre sources entre 15o et 20°, dont deux seulement bicarbonatées sodiques. Bicarbonate de soude, 3,720 à 6,470. Chlorure de sodium, environ 1 gramme. Bicarbonate de protoxyde de fer, 0,015 à 0,025. Le Boulou est sur la route de Perpignan à Barcelone, à 22 kilomètres de la première de ces deux villes.

Salces. — C'est une eau chlorurée sodique faible (1 gr. 724), température 20°; à 8 kilomètres de Perpignan.

Dans l'Aube, nous trouvons : les deux sources indéterminées, minéralisées faiblement et à thermalité moyenne, de Campagne, 29° à 31 °, 50 kilomètres de Carcassonne, au delà de Limoux, médication sédative, névroses, leucorrhée, avec 0,346 seulement de carbonate de chaux, et d'Alet, 35 kilomètres de Carcassonne, sources de même nature, 20 à 28°, et de plus des eaux ferrugineuses, 0,0210 de sesquioxyde de fer ; les eaux beaucoup plus intéressantes de Rennes-les-Bains, ferrugineuses thermales, cinq sources, d'une température de 12° à 51°, un établissement bien installé, et toutes les ressources de la médication ferrugineuse, avec l'avantage d'une thermalité élevée que l'on ne rencontre pas fréquemment dans cette classe d'eaux. Aussi fait-on grand usage de ces sources contre les états anémiques, chlorotiques, les cachexies paludéennes et autres, quelques formes de dyspepsies. La petite rivière de Salz, avec plus d'un gramme de sulfate de soude et de

magnésie, plus de deux grammes de chlorure de sodium, est utilisée dans le traitement des scrofules. Remues est à 24 kilomètres de Carcassonne.

Dans le Gers, outre Lavardens, faiblement minéralisé, 19°, à 8 kilomètres d'Auch, employée dans les dyspepsies et les lièvres intermittentes, Gastéra- Verdusan, deux sources sulfurées calciques à 23°, une ferrugineuse froide, où l'on traite les affections cut'anées, les catarrhes des bronches et de la vessie, A 18 kilomètres de Condom, il faut surtout mentionner les boues de Barbotan, qui jouissent dès longtemps d'une assez grande notoriété dans le traitement des paralysies et des rhumatismes chronique.-. Barbotan est à 50 kilomètres de Condom. De ses sources, au nombre de sept, de 21° à 38<>, les unes sont utilisées en bains, douches, boisson, les autres détrempent un sol tourbeux divisé en compartiments dans lesquels le malade reste plongé une demi-heure ou davantage. Ces sources sont notablement ferrugineuses et, en dehors de cela, peu chargées en principes minéraux.

Dans les Landes, Dax est le centre d'un groupe en dehors duquel on ne trouve que Saint-Loubouer ou Eugônie-les-Bains, à 8 kilomètres de la station de Grenade-sur-Adour, avec trois sources sulfurées calciques, à 19°; un établissement confortable el complet. Catarrhes respiratoires et vêsicaux, dyspepsies, scrofule.

Dax. — Sur la ligne de Bordeaux à Bayonne; esl aujourd'hui dotée de toutes les installations balnéo-

thêrapiques. Ses eaux, qui jaillissent sur la rive gauche de l'Àdour à des points d'émergence divers (sources Sainte-Marguerite, des Baignots, du Bastion, de la Fontaine-Chaude), sont d'une extrême abondance el d'une température élevée. Leur composition chimique \ arie peu : elles sont uniformément peu minéralisées et ont une température de 59° ; leur sel le plus caractéristique est le sulfate de chaux, qui n'y existe qu'à la dose de 0,359. Les sources de Dax, composées de limon végétal et de limon minéral, constituent, d'après M. Hector Serres, une espèce particulière qu'on ne retrouve nulle part en France. Ces houes représentent comme de véritables condenseurs des éléments minéralisalcurs des eaux qui les traversent.

En dehors île rétablissement principal des thermes de Dax, on compte encore un certain nombre d'établissements particuliers. On traite à Dax les rhumatismes, les paralysies, les sciatiques, les contractures, certains ulcères graves dus soit à la syphilis, soit à la scrofule, les plaies osseuses, les blessures, etc.

Dax est vanté pour la douceur de son climat, el depuis quelque temps relie Ville est devenue une station d'hiver. Autour de Dax, riions : Prechacq, avec deux sources, l'une sulfureuse froide, l'autre indéterminée, à 60°, avec un petit établissement ; Gamarde, sulfureuse ; Tercis, chlorurée sodique, à 33°, 2,124 de chlorure de sodium; Pouillon, à 20o, chlorurée sodique, 1,359; Saubusse, à 33°, indéterminée, 1res faible minéralisation.

Dans la Gironde, la station ferrugineuse de Cours.

près de Bazas, cl colle (Je Casteljaloux dans le Loir el-Garonnc, à 25 kilomètres de Marmande, ont de petits établissements.

Casteljaloux, a près de 5 centigrammes de carbonate et de crénate de fer. On emploie ces eaux contre -la chlorose, l'aném ie, les fièvres intermittentes rebelles.

Les groupes du Nord et de l'Ouest ne renferment qu'un petit nombre de stations très disséminées, eu égard aux régions que nous venons de parcourir , et quatre ou cinq seulement d'une réelle notoriété.

Paris compte une source sulfurée à Batignolles,

dont on ne fait usage qu'en boisson ; une autre sulfurée à Belleville, à laquelle on a construit des thermes récents ; mais surtout les eaux, ferrugineuses de Passy, qui sont en même temps fortement sulfatées et froides.

Dans Scine-et-Oise, nous rencontrons Forges-sur- Briis et Engbien.

Forges-sur-Briis. — Froides, indéterminées. 1rs eaux de Forges sont depuis lontemps réputées dans le traitement de la scrofule. Gillette a surtout attiré l'attention sur elles. On y trouve un hôpital pour les enfants qui dépend de l'assistance publique. Forges esl à nue petite distance de Limours.

Enghien. — La ville d'eau la plus remarquable de cette région, soil par la composition de ses sources, soif par la perfection de ses aménagements, est sur la ligne du Nord el à 15 kilomètres de Paris. C'est

donc un véritable avantage que de trouver aux portes même de Paris une station où l'on peut remplir une bonne partie des indications de la médication sulfureuse. Les sources, au nombre de cinq, sont froides. Ce sont : les sources Cotte, Deyeux, Péligot, Bouland et de la Pêcherie; leur sel minéralisateur est le sulfure de calcium, et elles laissent dégager de l'acide sulfhydrique en assez grande quantité ; on trouve : acide sulfhydrique libre 0,0462, sulfate de chaux0,319, carbonate de chaux 0,217, sulfate de magnésie 0,090.

Les sources du Roi, Péligot et des Dames servent surtout à l'usage interne. On trouve dans les deux établissements d'Engbien, soit aux thermes, soit au nouvel établissement, des cabinets de bains, des douches de toute nature, locales et générales, des salles de pulvérisation et d'inhalation.

Les eaux d'Engbien sont surtout connues par l'usage qu'on en fait dans les maladies de la gorge, du larynx et des organes respiratoires. Le catarrhe bronchique, la tuberculose au début de la 2e période surtout (de Puisaye), sont par elles avantageusement modifiés ; on traite aussi à Enghien les métrites, le lymphatisme ; ces sources, et les moyens hydrothérapiques qu'on adjoint à leur emploi à l'intérieur sont des agents de reconstitution générale dans une foule d'états d'anémie et d'affaiblissement.

Provins (Seine-et-Marne). — A une source ferrugineuse bicarbonatée froide que l'on boit seulement.

Pierrefonds (Oise). — À 14 kilomètres de Compiègne. La principale source de Pierrefonds est sul-

furée calcique el froide : elle contient 0,0156 de sulfure de calcium, 0,0022 d'acide sulfhydrique libre, du sulfate de chaux, du bicarbonate de chaux, du chlorure de sodium et d'autres sels en petite quantité. Il existe encore une, nuire source ferrugineuse.

L'établissement de Pierrefonds, qui a vu naître et se développer la pulvérisation, es1 encore fréquenté par les malades atteints de laryngite, d'angine, de catarrhes, de phthisie. On y donne des douches, des bains ; on y traite aussi les maladies de la peau.

Forges-les-Eaux (Seine-Inférieure). — Sur la ligne de Paris à Dieppe, par Ponloi.se et Gisors. Les eaux de Forges sont ferrugineuses crênatées froides. Il n'y a qu'un établissement et trois sources, la R.einelte, la Royale cl la Cardinale, d'une composition analogue. M. Ossian Henry assigne à la Cardinale 0,0980 de crénate de protoxyde de fer, ce qui est une proportion très forte et la range parmi les eaux les plus ferrugineuses. On suit une progression graduelle dans l'administration des eaux : on boit d'abord la Reinette, la Royale et enfin la Cardinale. Digesth es, Ioniques, diurétiques, les eaux de Forges s'appliquent surtout au traitement de l'anémie, de la chlorose et de la dyspepsie.

Saint-Amand (Nord). — A 12 kilomètres de Valenciennes, renferme quatre sources sulfatées calciques minéralisées faiblement, à 21°, mais est surtout connu pour ses boues. Les quatre sources uni nom : Fontaine Bouillon, Pavidon-Ruiné, Petite-Fontaine, Fontaine d'Arras. « Dans l'espace compris

entre les fontaines intérieures et celte dernière s'élève la rotonde des boues, immense serre circulaire, renfermant au centre les cases des boues, et à la circonférence des cabinets de bains ou lavoirs. C'est la mixtion des eaux minérales avec des matières ulmiqucs qui compose le vaste bassin de bain limoneux. » (Lebret.) Il se produit quelquefois au bout de plusieurs jours d'usage des boues une légère poussée. On traite à Sain t-Am and les rhumatismes, les paralysies, les ostéites scrofuleuses ou traumaliques, les névralgies invétérées.

Bagnoles (Orne). — A 4 kilomètres de La Fertê- Macé. Ces eaux, d'une température de 28°, sont peu minéralisées, sulfureuses accidentellement, très légèrement chlorurées sodiques. On y compte trois sources, la source thermale ou Grande Source, les sources des Dames et du jardin, froides.

L'établissement a des salles de bains, des piscines, des douches de toutes sortes. Les eaux de Bagnoles s'emploient dans la dyspepsie, dans l'anémie; elles sont sédatives dans les névroses et utilisées aussi dans les maladies de l'appareil utérin.

Xous signalerons encore, d'après l'Annuaire, Château-Gontier , dans la Mayenne , faiblement bicarbonatées calciques , ferrugineuses ; Cherbourg (Manche), une source ferrugineuse froide; Dinan (Côtes-du-Nord) , ferrugineuse froide également; Bilazai (Deux-Sèvres), près de Brcssuire, sulfurée calcique; Saint-Deuys-lès-Blois, ferrugineuse bicarbonatée et crénatée, à 6 Kilomètres de Blois, et

La Roche-Posay (Vienne), par Châtelleraull, deux sources, l'une sulfureuse, l'autre ferrugineuse, el une partie des applications de la médication sulfurée : laryngites, catarrhes, maladies de la peau.

La Corse renferme des sources sulfurées et ferrugineuses.

Parmi les premières, Guagno, sulfurée sodique forte, thermale, 37° à 52° et 0.106 de sulfure de sodium, possède un hôpital militaire et est douée nécessairement d'une énergie d'action en rapport avec sa thermalité et sa qualité sulfureuse, à 54 kilomètres d'Ajaccio; Guitera, à 53 kilomètres à l'est d'Ajaccio; Pietrapola, à 24 kilomètres de Corte, des sources chaudes très abondantes, sulfure de sodium 0,024 : Caldaniccia, à 12 kilomètres au nord-est d'Ajaccio.

Parmi les ferrugineuses, Orezza, au sud et y 30 kilomètres de Bastia, près de la côte est de l'île. Ces eaux sont ferrugineuses bicarbonatées. L'analyse de M. Poggiale leur donne 0,128 de bicarbonate de protoxyde de 1er. On boit l'eau à la source, mais elle s'exporte surtout en quantités très considérables.

Les richesses minérolhermales de l'Algérie son! très imparfaitement exploitées; cependant plusieurs de ces sources ont des établissements et des hôpitaux militaires. Dans la province d'Oran, outre les sources sulfureuses d'Oran même, les eaux de Hamman-bou-Adjir (31°), de Oued-el-Amman 53° ,de Amman-bou-G'hara, nous trouvons lesbains de la Reine, ou Sidi-Dedeyop, eaux analysées par Tripier, Chlorurées sodiques tories, chaudes (54°). à 2 kilo-

mètres seulement de la ville cTOran. Il y a un hôpital militaire. Ces sources ont joui d'un très grand renom sous la domination arabe.

Dans la province d'Alger : Ben-Haroun, chlorurée sodique; Hammam-Melouane, chlorurée sodique, 40°, à 32 kilomètres d'Alger; Hammam-R'ira, hôpital militaire, sulfatée calcique, à 40°-46° ; on y traite les blessures, les rhumatismes, les névralgies ; à 26 kilomètres de Milianah, Mouzaïa-les-Mines. eau de table, digestive, près de Médéah. Dans la province de Constantine : Hamman-mès-Koutin, où Tripier a signalé pour la première fois l'arsenic ; 98° ; hôpital militaire; à 20 kilomètres de Guelma; ces bains sont les plus connus, grâce aux recherches dont ils ont été l'objet et au travail déjà ancien du docteur Grellois dans les Mémoires de médecine, chirurgie et pharmacie militaires. L'Annuaire signale encore : Oloun-Sekhakna (province d'Alger), la source des Cèdres (province d'Alger), Salah-Bey et le Hamraa (province de Constantine), et ce n'est là certainement qu'une faible partie des richesses que renferme ce vaste territoire.

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