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MOYENS EMPLOYÉS POUR LE TRAITEMENT THERMAL

L'eau minérale appliquée sur la totalité ou une partie de la surface cutanée, sur une quelconque des surfaces muqueuses qui lui sont accessibles, sous forme de liquides ou sous forme de vapeurs, agit par

simple contact, par percussion, ou bien par absorption d'un ou de plusieurs de ses principes. C'est à multiplier ces divers modes d'application que servent les nombreux procédés dont rémunération va suivre. Il faut considérer à la fois la température et la composition de l'eau. Suivant que l'eau est au-dessous ou au-dessus du degré isotherme, c'est-à-dire en harmonie avec la température du corps humain, degré que l'on lixe entre 34° et 35°, son action, soil primitive soit consécutive, n'est pas la même. En effet pour l'eau ordinaire et non chargée de principes particuliers, ce degré isotherme est celui où l'indifférence s'établit, où l'on n'éprouve d'habitude ni sensation de froid ni sensation de chaud. Au-dessus, et à mesure que les degrés augmentent, il y a tendance de plus en plus grande à l'accroissement de la calorification de la peau; au-dessous, au contraire, plus on descend, plus la peau tend à se refroidir Ainsi, selon la loi formulée par Duriau, la température du corps tend à se mettre en harmonie avec la température du bain. Mais ce n'est là qu'un premier effet, et les résultats qui se produisent ensuite sont subordonnés à des conditions de durée et d'application nombreuses, de telle sorte que, après celte première période, une seconde de réaction en s,,,, inverse apparaît dans la majorité des cas. C'est sur celle période de réaction, sur la connaissance de son mode «le production selon les procédés employés jn esl basé, la plus grande partie des effets obtenus sou en hydrothérapie, soit en thérapeutique thermale

par l'influence de la température seule; mais un second facteur intervient ici : c'est La composition môme de Tcau. Celle-ci en effet, chargée de sels minéraux, surtout quand ceux-ci y existent naturellement, a une action que l'on doit dès l'abord Lien séparer de toul ce que Ton obtient par le bain d'eau naturelle à un degré quelconque. Est-ce par le simple contact, estce par le fait d'une absorption réelle, que la chose se produit? La question, longtemps controversée, paraîl avoir reçu une solution définitive et vient bien a sa place à propos du bain thermal.

Bain thermal. - Le bain thermal est tempère a 340 et 35° ; au-dessous, il est tiède : au-dessus, il devient chaud; très-chaud, quand on le pousse au delà de 40° et vers 4S°; il contient en général de m à 300 litres d'eau et peut être donné soit a eau courante, ce qui est fort rare eu égard à 1 énorme dépense qui en résulterait, soit à eau dormante, ce qui est le cas le plus fréquent. L'eau courante est généralement réservée pour les bains partiels. Le premier phénomène éprouvé dans le bain thermal l température moyenne, le plus fréquemment employé est une sêdation, un abaissement delà chaleur et du pouls; en cela, il ne diffère pas du bain simple; mais là où il s'en distingue bien nettement, c est dans les résultats qu'il amène. Tandis que le bain à eau ordinaire à 34°, surtout quand il est prolonge est constamment débilitant, le bain thermal est suivi dans beaucoup de stations, et spécialement dans celles

où la minéralisation joue un rôle prépondérant.

d'une excitation sensible. Cette excitation peut même être portée à un degré tel qu'au bout de peu de jours les bains doivent être momentanément suspendus : cette différence tient sans conteste à la nature des éléments que l'eau renferme : mais comment ces éléments agissent-ils? y a-t-il simple contact? y a-t-il absorption dans le bain ?

Absorption dans le bain. — Les opinions ont été longtemps partagées à ce sujet. Les facultés absorbantes de la peau, pour les liquides, pour les sels, pour les substances végétales, paraissaient démontrées à une foule de médecins comme l'explication la plus simple et la plus satisfaisante de l'action de certains topiques, de certains bains dont il semblait peu logique d'attribuer à une simple application locale l'effet sur la constitution générale. Les bains de mer, bains sulfureux, bains alcalins se trouvaient dans ce cas. Ce sujet avait été étudié avec des conclusions contradictoires par Cruicksband , Bertbol, Collard de Martigny, par Pouteau, Séguin et Currie. Il a été repris par bon nombre d'expérimentateurs dans ces vingt dernières années, et longtemps encore les conclusions ont été opposées. Deux eboses avant tout devaient être constatées : si le poids du corps augmentait ou diminuait après l'immersion, et dans quelles circonstances; si les substances contenues dans les bains se retrouvaient, plus tard, dans l'urine ou dans quelque autre sécrétion. Dùriau, dans son mémoire, établit que l'absorption de l'eau qui dès le début est restée indiscutable, que le besoin de mic-

lion fréquemment ressenti dans le bain suffirait presque à démontrer, que celle absorption en un mol changeait de proportions suivant la température. Le corps perdait d'autant plus de son poids que le bain ètail plus chaud; il absorbait d'autant plus qu le bain était plus froid. En d'autres termes, suivant le degré thermométrique, il s'établissait soit un courant de l'intérieur à l'extérieur, soit un courant de l'extérieur à l'intérieur, et une augmentation ou une déperdition. La densité de l'urine se trouvait diminuée, enfin la réaction naturellement acide devenait alcaline. L'eau, chargée d'une certaine quantité de sels, facilement reconnaissantes par les réactifs, tels que l'iodure de potassium et le ferro-cyanure de potassium, ne paraissait pas les entraîner avec elle, car on n'en retrouvait pas trace dans l'urine et dans la salive. Ces expériences furent répétées et modifiées en sens divers. M. le professeur Gubler, après avoir injecté sur la peau d'un genou entouré d'un appareil imperméable une solution d'iode, retrouva dans les urines la réaction caractéristique des iodures. M. le docteur Willemin démontra par la méthode dos pesées et a Vaide d'une balance très-sensible l'augmentation de poids el l'absorption de Venu: il avança également que, toutes 1rs précautions étant pris,- contre des causes d'erreur, l'iodure de potassium se retrouvait manifestement dans la sécrétion urinaire . Enfin, comme Duriau," il trouvait l'urine alcaline après te bain simple: mais, contrairement à ce qui avait été soutenu avanl lui, il ajoutait que ce même liqmdi

restait acide après un bain d'eau de Vichy. Dans deux rapports successifs, Réveil et M. Grandeau ont contrôlé les résultats obtenus par les divers expérimente urs.

Il résulte des vérifications auxquelles ils se sont livrés, et c'est l'opinion à peu près universellement admise aujourd'hui : que l'eau, pour pénétrer à travers les pores de la peau, a besoin de dissocier le vernis naturel dont elle est recouverte, sorte d'enduit protecteur qui s'oppose à tout phénomène d'absorption ; que l'eau elle-même est un obstacle à la dissociation de cet enduit, que ce n'est que par la peau sèche, et grâce au séjour des principes médjcamentaux, surtout quand ils sont pulvérulents, ou grâce àunfrictionnement, qu'une pénétration toujours trèsimparfaite a lieu. M. Grandeau croit que les expériences après lesquelles on a retrouvé quelque substance, l'iodure de potassium par exemple, qui avait été mise en dissolution dans le bain, ne sont pas probantes, soient qu'elles aient été imparfaites dans leur exécution, soit que quelque condition du sujet — excoriation inaperçue, contact avec la muqueuse — en ait infirmé la valeur. - La peau à l'état normal n'absorbe donc pas autre chose .pie l'eau. Ce point de physiologie paraît désormais acquis à la science. Elle est une barrière réelle opposée aux agents venus de l'extérieur. Il faut donc chercher ailleurs l'explication des effets particuliers, tout à fait indiscutables, que 1 on obtient par les bains minéraux. C'est le simple contact qui les amène : ce contact, s exerçant sur une

aussi Large surface, n'est certainement pas sans influence sur les innombrables ramifications nerveuses, sur les vaisseaux capillaires qu'elle renferme. C'< de la dérivation exercée sur une grande échelle; cette dérivation a pour elle d'agir doucement, d'une manière prolongée, bien différente en cela de celle qu'on emprunte à d'autres moyens, la percussion par exemple. La durée du bain se plie aux exigences de la maladie. Rarement elle dépasse une heure. Dans quelques stations on donne des bains très-prolongés, dans d'autres des bains très-chauds, et jusqu'à 44°. Alors, la durée est beaucoup moindre. Cinq, dix minutes au plus suffisent: au bout de ce temps, on emporte le malade enveloppé dans une couverture de laine, et pendant le repos qui suit une diaphorese abondante s'établit. Il n'est pas besoin d insister sur les inconvénients qu'aurait le bain très-chaud plus prolongé. Après le premier moment d'excitation, d se ferait comme un retour offensif vers l'intérieur; des congestions, des hémorrhagies se produiraient.

Les demi-bains, bains de janib'es, pédiluves, bains locaux de toute espèce, sont des agents ,1e révulsion avant tout.

Cependant ils peuvent être ègalemenl des agents d'excitation locale, c'est-à-dire qu'employés sur une partie atteinte de pblegmasie chronique, «1, gonflement profond, ils peuvent servir par la révulsion énergique opérée su,- la peau au dégorgement de celle partie.

Demi-bain. - Pour le demi-bain, on est ou a moitié

couché dans une baignoire à demi pleine, ou bien assis sur un escabeau, la partie inférieure du corps plongeant dans l'eau, la partie supérieure suffisamment recouverte. On trouve, dans la pratique des anciens médecins, le demi-bain beaucoup plus usité que de nos jours : ils s'en servaient surtout pour combattre avec succès les accidents de congestion du côté des organes thoraciques, remployaient dans les bronchites , dans l'affection tuberculeuse. La durée du demi-bain n'excède guère quinze minutes ; sa température est plus élevée que celle du bain thermal et va d'habitude de 37° à 40°.

Bain de pieds. — Le bain de pieds au contraire a conservé toute sa vogue. Il est à eau courante, à 42°-4o° et même davantage et dure de quatre à huit minutes. Les pieds et la partie inférieure des jambes sont plongés dans une cuvette où l'eau arrive par la partie latérale et s'écoule constamment par la partie inférieure. Suivant le plus ou moins de sensibilité du sujet, il y a au début une impression plus ou moins pénible : quelquefois le premier bain de pieds est intolérable; mais l'habitude vient vite. A la sortie, la rougeur de la peau est intense, et l'on sent une chaleur très-vive aux pieds. Quelquefois, mais par exception, la tête, au lieu d'être dégagée, paraît momentanément embarrassée, ce qui peut tenir plutôt au dégagement abondant de vapeurs qui a lieu dans des cabines étroites qu'à •toute autre cause. En général, au contraire, c'est une sensation de bien-être que l'on éprouve; mais, au bout de quelques jours, la peau esi

parfois amollie et s'excorie un peu. C'est Là un excellent moyen, tout mécanique il esl vrai, car on ne saurait s'arrêter aux phénomènes d'absorption plantaire dont on a quelquefois parlé. Une forme particulière de bains de pieds, le bain de pieds en pluie, n'esl crue la douche en arrosoir donnée sur les jambes et les pieds. Dans une Foule de stations, le bain de pieds est l'accompagnement obligé de tout traitement : il sert à la lois comme dérivatif et comme tempérant ce que la médication interne, ce que l'eau en boisson pourrait avoir de trop excitant. D'autres parties du corps peuvent être localement plongées dans le bain : c'est ainsi qu'on a le bain de bras, le bain de siège, moyens beaucoup moins mis en usage que les précédents. Le dernier est surtout employé conjointement

avec la douche.

Gargarisme. — Nous mentionnerons également à cette place le gargarisme, qui n'est que la mise au contact de l'eau minérale avec la muqueuse des premières voies et que l'on a quelquefois désigné sous le nom de bain de gorge. Trœlscb recommande dans les angines, de bien laisser le liquide en rapport avec le pharynx, et pour cela, an lien de produire de- 1 début ce mouvement bruyant, celte agitation de l'eau dans la bouche, que tout le monde connaît, de faire comme un mouvement de déglutition incomplet et de rejeter ensuite l'eau en gargarisant, à proprement parler. Les verres qui servent aux gar'garisnies sont revêtus d'un couvercle pour conserver l'eau dans toute son intégrité, pour empêcher la perle, soit eu chaleur,

soit en substances , quand celles-ci sont facilement évaporables. La façon la plus simple de procéder pour le gargarisme est la meilleure, et l'idée en est fort bien définie par l'expression qui le caractérise comme un bain de gorge. On connaît encore d'autres pratiques : le gargarisme laryngien, qui amène le liquide sur les cordes vocales, et le gargarisme laryngo-nasal, qui fait rendre l'eau par le nez comme la fumée de tabac chez quelques fumeurs. M. Krisbaber a qualifié ces pratiques de véritables tours de force.

Piscines. — Le bain à plusieurs se prend dans les piscines, et celles-ci n'ont pas seulement pour avantage de pouvoir réunir un nombre plus ou moins considérable de baigneurs, mais aussi de permettre au bain de se prolonger pour ainsi dire à volonté. La minéralisation des piscines esl inférieure à colle de l'eau des baignoires, par suite de la grande surface d'évaporation qu'elles offrent. Mais, aussi, l'air esl imprégné de ces produits évaporés, de telle sorte qu'on fait de l'inhalation en même temps (pie de la balnéation. On a aussi dans la piscine la faculté de se mouvoir, et, dans les plus grandes d'entre elles, l'exercice de la natation est possible. L'eau se renouvelle constamment, car elles sont à eau courante ; la température y esl plus égale; aussi est-on moins exposé aux causes de refroidissement et, en tout cas, peut-on y remédier par le mouvement que l'on se donne. Ces diverses conditions font que l'on peut séjourner dans un bain de piscine beaucoup plus qu'on ne le ferait dans un bain de baignoire ; aussi y reste-t-on

parfoftpjusqu'à cinq cl six heures. A Louèche, station justement célèbre, à cause de ses bains prolongés el des succès que Ton obtient grâce à eux, on commence par une heure el môme moins [tour aller jusqu'à cinq el six heures. Cette immersion prolongée esl trèsfavorable dans les maladies de la peau, et peut-être pourrait-on s'en servir plus qu'on ne le fait dans quelques autres stations. On a fait plusieurs objections à cette pratique du bain en commun. On a d'abord cru qu'il pourrait en résulter des inconvénients graves au point de vue de la transmission des maladies, de la propagation des virus. L'expérience n'est en rien ■venue justifier ces craintes; des médecins exerçanl depuis longues années dans des villes d'eaux ont déclaré que jamais rien de pareil ne s'était passé sous leurs yeux. Il n'y a donc sous ce rapport aucun intérêt à empêcher le mélange; tout au plus faut-il veiller ii ce que les gens qui sont, porteurs de quelque maladie repoussante trop apparente ne viennent pas se mêler aux autres. La décence prescrit une vigilance particulière, par suite de la réunion des sexes dans un même bain, ainsi que cela se passe encore dans beaucoup de localités.

La piscine est petite, et alors clic est dite bain de famille, ou de grandes dimensions, c'est la piscine de natation. Dans le premier cas, elle peut contenir de huit à dix personnes; mais la grande piscine, telle qu'elle existe à Aix en Savoie. Dax, Cauterets, Ludion, en contient un bien plus grand nombre. La ventilation des piscines doit être l'objet d'une

grande attention. Un travail de Bfe Lefort démontrait que,, par suite d'une aération insuffisante, dans certaines d'entre elles l'acide carbonique prenait des proportions dangereuses. Il avait opéré sur les bains que renferme la station de Ghâteauneuf et avait trouvé pour la piscine Julie jusqu'à 14 pour 100, pour celles du Bain-Chaud et des Galeux 10 cent, cubes pour 100, enfin pour la piscine de la Rotonde 8 pour 100. Les quantités étaient toujours moindres le soir, ce qu'il faut attribuer à l'introduction d'un air nouveau par suite des allées et venues continuelles. Il n'en est pas moins certain que des étourdissements, de la céphalalgie, des vertiges et même des accidents plus sérieux devaient survenir chez des gens qui passaient une ou plusieurs heures dans un tel milieu. Ces observations de M. Lefort, qu remontent déjà à plusieurs années, montraient très-bien les dangers de ces espaces confinés où se prenaient certains bains de piscine; elles ont eu pour conséquence leur surveillance plus grande exercée sur tout ce qui touche à leur ventilation et l'amélioration des installations défectueuses.

Percussion. — Lorsque l'eau est projetée avec une certaine force, aux effets que sa température peut produire selon qu'elle est moyenne, élevée ou basse, il s'enjoint d'autres qui sont liés à la méthode même dont on se sert pour administrer l'eau. En d'autres termes, un élément nouveau intervient : c'est la permission qui joue vis-à-vis de la peau le rôle d'excitanl énergique. Cette énergie est en rapport avec la pression de Peau, la quantité de mètres dont elle est

élevée au-dessus des appareils. Huit et dix mètres donnent déjà une impulsion très-forte; mais cette irapulsion est modifiée à l'infini par le doucheur luimême suivant les organes vers lesquels on dirige le jet, et aussi suivant les sujets.

Douche. — La douche a cet avantage que, toutes choses égales d'ailleurs, elle permet de supporter des températures plus élevées que le bain. Elle entoure le malade d'une buée de vapeur au milieu de laquelle il respire et qui est chargée de principes minéraux. C'est la seule circonstance qui donne à la douche aux eaux thermales quelque caractère spécial, car par tous ses autres côtés elle s'assimile totalement à celle qui est en usage dans les établissements hydrothérapiques. Il est naturel que l'impression du premier moment soit beaucoup plus saisissante dans la douche que dans le bain, surtout s'il arrive que l'on débute par le froid. Aussi une préparation, un exercice préalable sont-ils parfois nécessaires dans ce dernier cas.

La douche est un moyen qui se prèle à une foule de circonstances variées, qui change de signification suivant la température de l'eau, suivant la durée de l'opération, et peut répondre avec une merveilleuse souplesse aux indications les plus variées: de même, entre des mains inexpérimentées, elle peut constituer un véritable danger.

La douche tiède ou tempérée, plus ou moins prolongée, est essentiellement calmante. Dans la douche chaude, il y a une réaction primitive dont on peu!

faire bénéficier le malade en limitant sa durée à un espace très-court. Quand elle est1 poussée plus loin, cette réaction s'éteint, la sudation se montre; dans certains cas, celte seconde période peut être utilisée. La douche froide amène au début une contraction vive de la peau, un resserrement des vaisseaux de la périphérie et un refoulement du sang vers les parties internes ; mais bientôt ce refoulement est suivi d'un retour, d'un excès de chaleur, de rougeur, sur toute la surface, d'une réaction franche en un mot. Le prolongement de la douche froide pourrait donner à cette réaction des proportions inquiétantes. Les idiosyncrasies ne doivent pas être négligées ici ; chez les sujets faibles, réagissant mal, le retour de la circulation peut ne s'effectuer qu'imparfaitement. Aussi doit-on soit prescrire un peu d'exercice au préalable, soit les préparer par un peu d'eau chaude ou tempérée à l'impression du froid. En résumé, appel à la peau sous toutes les formes, soit primitif, soit consécutif, suivant les températures. Réaction provoquée soit au début, soit à la fin de la douche, et entretenue immédiatement après par une promenade d'un quart; d'heure à une demi-heure. Révulsion produite localement par la percussion soit sur les membres inférieurs, soit sur un point déterminé d'après la nature même de l'affection. Quand on arrive jusqu'à la sudation, le malade est emmaillotté dans une ou plusieurs couvertures de laine, puis couché dans son lit pour que là la diapliorèse s'établisse abondamment ; qu'il s'agisse de traiter spécialement les affections arlicu-

Laires ou de donner de la souplesse aux membres, ou joint à la douche la pratique du massage.

Massage. — Celle pratique esl ici moins compliquée que dans les établissements hydrothérapiques où l'on a implanté tous les procédés empruntés aux Arabes et aux peuples de l'Orient. Elle consiste en frictions méthodiques faites sur la partie que l'on veut traiter par un mouvement alternatif de va-etvient et en extension modérée des articulations. Toul cela se fait sous le jet d'eau minérale.

Beaucoup de stations thermales ont le très-grand avantage de posséder en même temps de l'eau à température élevée et très-basse. Aussi sont-elles par là même Irès-hien disposées pour l'administration des douches de toute nature. La douche peut être donnée isolément ou bien dans la baignoire et alors précéder ou suivre le bain. Elle est générale ou locale.

La douche générale est soit en jet, soit en arrosoir, soit en lames. La première est de beaucoup la plus employée : on peut la donner à demi-jet, à jet plein, à jet brisé, et varier à l'infini à l'aide du doigt les degrés de la percussion. Elle est à température uniforme du début à. la fin, ou bien à températures diverses, cl alors tantôt c'est la douche alternante, quand on promène alternativement un jet chaud et un jet froid sur le corps, ou bien c'est la douche écossaise, commençant par le chaud, finissant par une demi-minute ou une minute de froid et à la suite de laquelle, par mesure de précaution, on lance pour terminer un léger jel d'eau chaude sur les pieds. L'arro-

soir est de grande, moyenne ou petite dimension. Il peut se combiner ou non avec la douche en jet, dont il n'a pas la flexibilité. La douche en lames est la moins usitée.

Douches locales. — Tout établissement un peu complet doit posséder en sus la douche en cercle et l'ensemble des doucbes locales, que l'on réunit dans un même appareil et qui sont au nombre de cinq :

Bains de siège à épingles,

Douche périnéale,

Douche hypogastrique,

Douche lombaire,

Douche dorsale à épingles.

Celles-ci sont données communément à une température peu élevée, de 28° à 33°. Usitées surtout dans les affections des organes contenus dans le petit bassin, elles servent aussi comme révulsifs.

La douche vaginale se prend soit dans le bain, soit hors du bain. On fait usage d'un appareil spécial ou, dans le bain, d'un tuyau que l'on adapte au robinet d'écoulement. Mais la difficulté qu'il y a, dans ce dernier cas, à modérer la projection de l'eau, fait que l'on se défie beaucoup de ce dernier moyen. On accuse en effet la violence du jet de pouvoir amener certains désordres et raviver des inflammations chroniques. Ce reproche, très-réel, tient surtout au peu de discernement avec lequel les malades agissent souvent, car on doil pouvoir modérer le jet à volonté : on donne souvent la préférence à l'irrigateur simple pour faire des injections dans la baignoire.

La douche ascendante peut servir à vaincre les constipations opiniâtres, certains états d'atonie du tube digestif.

Parmi les douches locales, il faut encore signaler, comme ayant donné lieu à des applications intéressantes, les douches oculaire, auriculaire, nasale, pharyngienne.

La douche oculaire avait été préconisée par Bricheleau pour la thérapeutique ordinaire, en même temps que les applications de glace. 11 s'en servait dans les inflammations aiguës et chroniques de l'œil, mais il employait de préférence la glace pour les étals aigus et la douche pour les étals chroniques. C'est cette dernière donnée qui est passée dans la médecine thermale. Les lavages de l'œil étaient de longue date à l'état de tradition populaire dans beaucoup de stations et auprès de sources déterminées; les douches sont aujourd'hui utilisées dans des villes d'eau, telles qu'Uriage, Saint-Christau, Bourbon-l'Archambault, etc., contre les blépharites, les conjonctivites chroniques principalement, soit simples, soit se reliant à un état diatliésique.

La douche nasale, qui se donne à l'aide d'un embout renflé pouvant boucher complètement une narine, conduit l'eau jusque dans l'arrière-gorge et lui fait faire un circuit complet ; elle rend de grands services dans l'ozèneet les inflammations chroniques de la pituitaire.

La douche auriculaire, en vertu de la constitution anatomique des parties, ne peul guère servir qu'à désobstruer le conduit auditif externe, qu'il y ait accu-

mutation de cérumen ou introduction d'un corps étranger. Il faut qu'elle soit donnée très-doucement, pour éviter toute action trop violente contre la muqueuse du tympan. Le vrai moyen de faire pénétrer l'eau minérale dans la caisse serait le cathétérisme de la trompe et l'injection par ce canal. La douche pharyngienne se rattache directement à la pulvérisation.

Inhalation. — Certaines parties qui se dégagent de l'eau minérale, soit naturellement, soit artificiellement, entraînent avec elles une plus ou moins grande quantité de leurs éléments constituants. Ce sont des vapeurs, des gaz, tels que l'oxygène, l'azote, le gaz hydrogène sulfuré, l'acide carbonique ; des particules minérales, comme le chlorure de sodium, l'arsenic, etc. En vertu de leur force d'expansion ou de l'impulsion qui leur est donnée, ces vapeurs, ces gaz, ces substances peuvent pénétrer dans les voies respiratoires, agir sur elles topiquement ou par absorption, et Làdessus s'appuie toute une série de moyens qui se rattachent à l'inhalation et à la pulvérisation.

Par ordre de date, Y inhalation est la première ; elle utilisé les vapeurs qui se dégagent des sources. Ces vapeurs sont de deux sortes : vapeurs spontanées et vapeurs forcées, c'est l'inhalation à une température élevée. Ou bien à l'aide d'une extrême division de l'eau, on répand celle-ci en poussière ténue dans une salle où se trouvent un certain nombre de malades. C'est Y inhalation froide qui a donné la première idée de la pulvérisation. Les salles d'inhalation chaude sont des ôtuves humides où, comme au Monl-Dore, les

iH DE LA MÉDECINE THERMALE

malades sont entièrement plongés dans la vapeur d'eau et en sont imprégnés, de telle sorte qu'il n'\ a pas seulement respiration d'une atmosphère chargée, mais action générale sur tout l'organisme, sudation, etc. Des gradins sont disposés de bas en haut, cl la température, qui est dans les parties inférieures de 25° seulement, s'élève aux parties supérieures jusqu'à 45° ; il est alors possible de graduer la chaleur pour chacun, de maintenir aux degrés inférieurs les gens sujets à des affections des voies respiratoires, que des vapeurs trop irritantes exposeraient à de sérieux inconvénients. Des analyses exactes ont prouvé que l'on retrouvait dans les vapeurs les parties qui entrent dans la composition de l'eau. Saint-Honoré, Lamotte, Allevard offrent des installations d'un autre genre. A Allevard (24°), l'eau sulfureuse arrive en jet jusqu'au plafond et là elle se brise contre une sphère creuse; à Saint-Honoré (18° à 20°), venue des parties supérieures, l'eau se divise en une foule de petits filets; à Lamotte, en 1845, M. Buissard lit installer un disque d'où l'eau jaillissait par une multitude de petits trous et se répandait dans la salle ; c'était là un acheminement vers la pulvérisation.

C'est principalement dans les stations pyrénéennes que l'on s'est servi des vapeurs spontanées. A Améheles-Bains, l'établissement Pujade est construit sur le griffon de la source Amélie ; la vapeur d'eau et les gaz qui s'en échappent pénètrent dans la salle au moyen de quatre bouches métalliques munies de couvercles mobiles qui permettent d'en graduer l'entrée ; dans

la salle d'inhalation des thermes romains, on trouve deux appareils destinés au dégagement des vapeurs sulfureuses : l'un consiste dans une grande vasque contenant une nappe d'eau qui se renouvelle constamment ; l'autre se compose de deux bassins superposés qui reçoivent l'eau projetée par un tuyau placé à la partie supérieure (Ach. Bouyer). La première sensation que l'on éprouve dans la salle d'inhalation et dès que l'on est habitué à cette atmosphère épaisse est une sédation générale. La respiration est plus libre, le pouls a diminué de fréquence, il y a un bienêtre réel; cette première phase est suivie d'une réaction qui se montre tantôt au bout d'une demi-heure, tantôt beaucoup plus tôt ou beaucoup plus tard. En effet, suivant le plus ou moins d'habitude du malade, on voit la réaction se déterminer très-vite ou très-lentement ; aussi est-il prudent de donner aux séances une durée qui ira toujours en croissant et de prescrire de faire au début un très-court séjour dans les salles. Trois périodes sont admises : 1° de sédation, 2° de réaction, 3° d'excitation (Niepce). Parmi les désavantages qu'offre l'inhalation à haute température, le plus grand est d'exposer les malades à des sudations abondantes qui font que leur sortie de la salle où règne une atmosphère artificielle n'est pas sans dangers. La vapeur d'eau mélangée aux autres vapeurs et aux particules minérales est la cause de cet inconvénient, que l'on évite par l'inhalation froide. Dans celle-ci, au moyen de procédés mécaniques, on répand dans l'air l'eau indéfiniment divisée ; cette

eau entraîne avec elle les principes qui la constituent, sans qu'il soit besoin pour cela d'une volatilité particulière. Aussi a-t-on fait l'application de ce système à des eaux de minéralisation variée, aussi bien chlorurées sodiques et arsenicales que sulfureuses el sulfhydriquées. On a encore remplacé l'inhalation par aspiration directe des vapeurs spontanées ou des vapeurs forcées à une température élevée, par le li limage.

Humage. — Celui-ci est, à proprement parler, l'aspiration par un tube des vapeurs d'eau minérale qui par là pénètrent directement jusqu'à la muqueuse pulmonaire. Le humage est aujourd'hui usité dans beaucoup de villes d'eaux; il y a longtemps que M. Lambron a donné la description de celui qui existe à Lucbon, près des griffons mêmes de la source. Cauterets également a remplacé l'inhalation générale par cette inhalation partielle. Il existe à Panlicosa (Aragon) un système de humage qui se rapproche beaucoup de l'inhalation froide. L'eau, qui est à 24°, esl divisée et pulvérisée par un appareil, et l'on aspire par un tube en forme de conque les produits de cette pulvérisalion; nous ne connaissons rien d'analogue en France. Il est probable que ce procédé de humage a quelques avantages sur celui qui est généralement employé. L'eau que l'on aspire n'a sans doute pas ici les propriétés excitantes qui font du humage ordinaire un moyen délicat à employer, très-utile dans les ras de bronchites chroniques, de catarrhes avec emphysème et dyspnée, mais dont la plupart des médecins des

DES MOYENS QU'ELLE MET EN USAGE bl

eaux s'abstiennent aujourd'hui dans des affections qui demandent plus de ménagements, entre autres dans la phthisie pulmonaire.

De l'inhalation à la pulvérisation, il n'y a qu'un pas. C'est la même idée, le procédé seul diffère. Déjà l'inhalation froide était un acheminement vers le procédé actuel de pulvérisation des liquides.

Pulvérisation. — Les bains à l'hydrofère de Mathieu de la Drôme reposaient sur ce même principe. C'est le Dr Sales-Girons, mort tout récemment, qui, de concert avec- M. de Flubé, propriétaire des bains de Pierrefonds, construisit le premier pulvérisateur. Quelques lignes d'historique montreront bien la différence qui existe entre les espérances que cette invention fit concevoir à sa naissance et la place fort belle, mais plus restreinte, qui lui est assignée aujourd'hui. Les salles de pulvérisation sont nombreuses et bien installées en France ; parmi les plus connues, citons Enghien, Luchon, Cauterets, le Mont-Dorc, Allevard, Saint-Honoré. L'eau arrive dans les appareils avec une pression déterminée (à domicile et avec les appareils portatifs, on fait usage d'une petite pompe). Cette eau s'écoule par un jet mince qui vient frapper soit une toile, soit une surface métallique. Les trois procédés dont on se sert pour la pulvérisation sont le tamis, la palette et le tambour. Le tamis est un disque qui entoure une toile de métal fin à travers laquelle l'eau se divise. La palette est une plaque concave d'un côté, convexe de l'autre, avec un bord tranchant en haut, cl c'est sur ce bord que vient se briser l'eau. Le tara-

bour est une petite caisse avec une ouverture Latérale à travers laquelle passe le jet pour aller dans l'intérieur rencontrer un disque qui le rompt.

Dans son premier mémoire, lu devant la Société d'hydrologie le 8 octobre 1886, Sales-Girons donna surtout la description de l'appareil et de l'idée qui avait présidé à sa construction. À la fin de l'année suivante il communiqua une série d'observations d'où il résultait que la nouvelle méthode produisait de trèsbons effets chez les tuberculeux; la pénétration jusqu'aux ramifications les plus extrêmes des bronches ne faisait pas pour lui un doute, et il avança même que ce moyen avait une supériorité réelle sur l'absorption de l'eau en boisson, « les organes respiratoires étant des organes généralisateurs, et la médication qu'on y fait n'étant pas de la médication locale. » Ce fut cependant sur ces deux points, pénétration de l'eau et action dans la phthisie pulmonaire, que portèrent tout d'abord les contestations. Successivement, Briau, Delorc, Dcmarquay, M. Piétra-Sanla firent des expériences ace sujet. Briau, ayant fait inhaler du ferrocyanurc de potassium, en reconnut la présence dans le larynx, la trachée et les voies bronchiques à l'aide du perchlorure de fer, et, renversant l'expérience, il obtint le même résultat chez le lapin. Mais, chez le cheval et le chien, il ne les retrouva plus. Après lui. Delore de Lyon, M. Piétra-Sanla, nièrent la pénétration. Celle-ci fut prouvée par Demarquay et par les expériences que fit ensuite Réveil. Demarquay, plaçant une femme trachéotomisée dans une atmosphère d'eau

pulvérisée dans laquelle on avait fait dissoudre du tannin, constata au bout de quelques minutes que du papier imbibé de percblorure de fer et introduit par l'orifice de la canule dans la trachée-artère se colorait en noir. Réveil démontra la présence de l'iodure de potassium dans les urines au bout d'un quart d'heure de pulvérisation de 6 grammes de cette substance dissous dans 280 grammes d'eau distillée. Tout en établissant la pénétration, il lit dans son rapport cette restriction qu'elle n'était pas assez complète pour constituer un moyen thérapeutique bien puissant. Restait la question de décomposition et de perle des principes de l'eau que l'on disait arriver très-rapidement par cette dispersion. Ici encore, Réveil donna la solution. Il prouva, en faisant ses essais successivement sur l'eau de Bonnes et sur celles de Cauterets, de Gazost (Hautes-Pyrénées), d'Enghien, de Gamardc (Landes), que les eaux sulfurées calciques, sulfurées sodo-calciques perdent une grande partie de leur principe sulfuré ; que les sulfurées sodiques proprement dites conservent un degré sulfbydrométrique presque égal.

Relativement à une dernière objection que ce poudroiement de l'eau soulevait, à savoir qu'il se produisait un abaissement de température considérable, qui pouvait être nuisible à certains malades, surtout à ceux qui étaient atteints d'affections des voies respiratoires, il établit que cet abaissement était moindre qu'on ne le croyait et que la poussière d'eau se mettait bientôt en équilibre avec l'air ambiant. L'admission du fait pbysiologique de la pénétration des liquides dans les

bronches n'a pas m p(jur rnjiséipienres l'extension de l'emploi de ce moyen ;iu\ maladies de poitrine. Cette application première esl au contraire à peu près complètement abandonnée. Cliniquement, on restreint l'emploi de l'eau pulvérisée aux maladif? du larynx el de l'arrière-gorge. Il ne faut pas oublier que L'on doit faire entrer en ligne de compte la percussion en même temps que la composition des liquides. Celle percussion est un danger dans certaines laryngites douteuses; elle devient en revanche un adjuvant précieux dans d'autres cas pour réveiller les muqueuses et provoquer de vives réactions.

Acide carbonique. — L'acide carbonique que laissent dégager à l'état libre et en grande quantité certaines sources surtout bicarbonatées est employé en bains, en douches, en inhalation. Le premier. M. Goin en fit l'application en France à la station de Saint-Alban. M. Willcmin a obtenu de bons eiïets des douches de ce gaz dans quelques affections de l'utérus. L'action en est excitante et à ce titre recommandable contre certains états torpides; mais il faul également en graduer Irès-mélhodiquemeni l'administration de crainte de produire des vertiges, des êblouissements, dos congestions. L'acide carbonique inhalé doit être mélangé d'une grande quantité d'air; sans cela, il amènerait très-vite les phénomènes bien connu- de l'asphyxie, désoxydation des globules rouges, coloration noirâtre et fluidiflcation du sang. La proportion la plus convenable pour le mélange d'air et de gaz destiné à l'inhalation varie de u2 à '<■ nu S parties

d'acide carbonique pour 95 à 98 parties d'air respirable. On peut quelquefois pousser jusqu'à 8 et 10 pour 100; mais, au delà de ces limites, il y aurait de graves accidents à encourir (Lebret).

Boues minérales. — Les boucs dont on fait usage dans quelques stations contre les paralysies, les rhumatismes à forme torpide, sont des boues minérales et des boues végétales; les premières sont les plus usitées. Des sources chaudes détrempent un terrain tourbeux (Barbolan, Saint-Àmand) ou un limon fluviatile (Dax); il en résulte une matière épaisse, de peu de consistance et dans laquelle on enfonce facilement, Tantôt les bains de boues se prennent sur place ; l'espace est alors divisé en une série de compartiments ; les malades restent un temps variable plongés dans le sol boueux dans lequel ils se maintiennent à laide de simples cordes dans les installations primitives ou par des appareils plus perfectionnés; d'autres fois, la boue est recueillie et placée dans des baignoires. Ces boues sont récentes ou anciennes; en Allemagne (Franzensbad), ce sont des boues que l'on a fait dessécher l'année précédente que l'on emploie ; on peut, en dehors de l'immersion complète, avoir recours aussi aux applications locales, surtout des boues à limon végétal (Dax, Néris, Luchon).

L'explication rationnelle de l'usage déjà fort ancien des boues médicamenteuses se trouve dans leur mode de contact particulier et prolongé avec la surface tégumentaire. Il en résulte une action excitante et consécutivement une action résolutive dont les effets

ont été depuis longtemps vantés et sont établis sur nombre de preuves cliniques très-précises.

Topiques. — Les conferves, les algues, les plantes microscopiques de toute espèce, recueillies dans les bassins, dans les conduits ou bien aux griffons, ont servi à la confection de topiques que l'on conseille quelquefois, sans qu'on puisse leur assigner des propriétés remarquables autres que celles de l'eau minérale qu'ils onL retenue.

Arénation. — L'arénation ou bain de sable est un procédé très-usité de longue date dans l'île d'Iscbia et que Ton a adopté maintenant sur quelques plages françaises, comme Arcacbon (Pereira). Echauffé par les rayons du soleil, le sable garde très longtemps sa chaleur; grâce à cela, le corps étant plongé dans un terrain sablonneux, il se fait une réaction du côté de la surface tégumentaire ; ce n'est en somme qu'un mode nouveau d'utiliser une température élevée et assez constante.

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