‹ Manuel pratique de médecine thermaleChapitre 21 sur 49 · DE L'ARTHRITISME -D · texte numérisé non relu

DE L'ARTHRITISME -D

qu'expression de la diathèse. Nous voyons encore des névralgies de sièges différents, sciatiques, faciales, la forme articulaire avec ses deux grandes divisions, depuis les premières déterminations sur les jointures jusqu'aux déformations les plus avancées, les dyspepsies, à tournure plutôt gastralgique dans le rhumatisme, et dyspeptiques à proprement parler dans la goutte, selon M. Durand-Fardel, pouvant aussi bien affecter l'une et l'autre manière dans les deux cas, selon M. Pidoux. L'arthritis viscérale comprend dans son domaine des lésions variées, du côté du cœur, des organes annexes du tube digestif et principalement du foie (on sait que ce dernier est rarement indemne dans la goutte avancée), la gravclle, l'asthme, le catarrhe arthritique. Beaucoup de médecins admettent également une phthisie arthritique, à laquelle on a assigné comme caractère une marche plus lente, relativement bénigne, plus d'alternances dans le processus pathologique et plus de chances de guérison. Le cancer enfin serait aussi dans quelques cas un des résultats ultimes de la diathèse arthritique. L'arthritisme ainsi considéré aurait son médicament diathésique, el ce médicament serait, d'après Bazin, le bicarbonate de soude. Il était donc important d'avoir une vue d'ensemble de ce qui le constitue, puisque cette, vue d'ensemble avait son retentissement immédiat en thérapeutique minérothermale. On trouve même à chaque pas, dans des travaux spéciaux, l'indication que les maladies subordonnées à l'élément arthritique trouveronl leur médication à peu près exclusive aux

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eaux alcalines, quel fue soiL le faible degré de détermination de col élément. Cette simplilh-aiion excessive ne: répond pas à tous les faits tirés de la pratique, puisque d'autres eaux, les sulfatées, les sulfurées faillies, quelques chlorurées sodiques ou les indéterminées, sont aussi conseillées dans des cas que nous pourrons préciser.

Cependant le bicarbonate de soude el les alcalins conviennent ici plus fréquemment el dans les formes les plus essentielles. M. Durand-Fardel, à propos de la goutte, après l'avoir surtout reconnu utile par ses propriétés antidyspeptiques et les modifications favorables qu'il apporte dans le travail de la nutrition et de l'assimilation, croit aujourd'hui qu'il y a quelque chose de plus. Ce quelque chose de plus serait une action altérante, grâce à. laquelle la diathèse, sans être vaincue, serait atténuée, la tendance à la production de l'acide inique moins prononcée, par suite les manifestations goutteuses affaiblies et éloignées. Bazin revendique le mérite d'avoir le premier proclamé la spécificité du bicarbonate alcalin, de l'avoir le premier appliqué sans restriction à toutes les manifestations de la diathèse arthritique. Celle universalité d'appropriationsesl pour lui le cache! du véritable médicament anli-dia.Miésiqiie. En somme, le bicarbonate de soude tient, sans contredit, la première place dans la médication qui nous occupe; mais, de là à généraliser ainsi son emploi, il y a plusieurs pas à faire; dès lors, nu supprimerai l toul ce que l'expérience, la clinique peuvent avoir démontré dans tel ou tel cas particulier;

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on réduirait la science des indications en médecine thermale à bpo&s ou cpatre grandes notions dogmatiques, inextensibles, à la mesure desquelles il faudrait exactement conformer les faits si nombreux, si variés de la pratique de tous les temps et de tous 1rs pays. La diatliése arthritique, admise dans son ensemble, a cela de particulier ([n'en dehors des affections plus ou moins variées qui la composent, alïections dont la marche et les périodes ont été, nous Pavons vu, assimilées à celles des autres diallièses, elle nous présente deux grandes divisions , deux branches divergentes du même ironc, suivant l'expression deBarthez de Montpellier. Ces deux branches divergentes parties d'un même point commun s'étendraient ensuite en deux sens opposés, différant l'une de l'autre de plus eu plus. Leurs distinctions sont si apparentes, si saillantes, que pour bien des médecins elles constituent une séparatiom complète, La question de l'identité et de la non ideulilé de la, goutte et du rhumatisme, encore controversée aujourd'hui, a été successivement résolue dans les deux sens.

Les non iileutisles se demandent si l'on peut bien assimiler deux affections (huit l'êtiologie diffère aussi sensiblement; l'une plus impressionnée par la circonstance extérieure , plus occasionnelle souvent dans ses manifestations; l'autre ne devant rien ou presque rien à ces mêmes circonstances, mais éclatant d'une manière spontanée, liée en revanche au travail de la. nutrition, à des anomalies du mouvement d'assimilation et de désassiinilalion, caractérisée

par des produits spéciaux. Ne doit-on pas être frappé de cette opposition qui a fait du rhumatisme La maladie des gens pauvres, plus exposés aux intempéries, plus impressionnés par l'air froid el liumide, el de la goutte, la maladie des gens riches, à régime trop substantiel, à trop forte plasticité sanguine? Enfin l'acide urique, en excès dans le sang des goutteux sans qu'on retrouve rien d'analogue à aucune des périodes ni dans aucune dos formes du rhumatisme, n'établit-il pas entre les deu\ une limite infranchissable? Ne permet-il pas de séparer le rhumatisme noueux de la goutte, tandis que jusqu'ici on l'avait considéré comme un point de transition entre les deux? C'est pour bien exprimer celle divergence qu'a été créé le mot de diathèse inique, fort employé aujourd'hui. Enfin M. Durand-Fardel voit un dernier caractère distinctif et non des moins importants dans le traitement par les eaux minérales, de la goutte el du rhumatisme, l'un interne, modificateur des tissus et de leurs produits, l'autre externe, révulsif et dérivatif. Gigot Suard avait créé dans un sens d'une extension beaucoup plus grande le mot uricémie et s'était efforcé de démontrer qu'une foule d'affections cutanées el viscérales, éruptions, dyspepsies, névroses, avaient égalemenl pour point de départ la présence d'un excès d'acide urique dans le sang. Ilavail cherché à fonder celte vue de l'espril sur des expériences dont on ne peut accepter les conclusions.

Les partisans de l'identité ne voient dans la présence de l'acide urique qu'un caractère évidemment

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