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MALADIES DES SYSTÈMES, DES APPAREILS ET DES ORGANES

DERMATOSES

Les maladies de la peau doivent être rattachées aux alïections générales constitutionnelles, ainsi que l'ont péremptoirement démontré les travaux de Bazin, ainsi que l'admettent aujourd'hui tous les auteurs de pathologie cutanée, à quelque doctrine qu'ils se rattachent. Mais là où les divergences commencent, c'est quand il s'agit de savoir si les classifications introduites par Bazin et dans lesquelles il a interprété en faveur de son système les caractères les plus divers des affections cutanées doivent être conservées telles qu'il 1rs a créées, s'il faut encore accepter ces classifications dans toutes leurs déductions thérapeutiques. Déjà M. le professeur Hardy a fortement mis en question un certain nombre d'arthritides ; le professeur Hôbra, de Vienne.a également donné le signal d'une réaction en un sens inverse de ces tendances

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généràlisalrices. Sans nier l'influence des maladies générales sur la production des maladies de la peau, étendant même cette influence Lien au delà des quatre diathèses, puisqu'il admet que les affections les plus variées, les affections siégeant dans les organes, ont leur retentissement sur l'enveloppe cutanée, qui réagit à sa manière suivant son impressionnabilité, mais non en rapport inflexible avec l'affection de la peau et sous sa dépendance spéciale, le professeur Hébra revient aux idées antérieures à Bazin et détrônées par lui, les idées de Willan et de Biett. Il a posé en principe : que toute cause étrangère à la peau devant être tenue en ligne de compte, la lésion cutanée n'en devait pas moins être étudiée isolément, traitée isolément; il a introduit l'emploi des topiques sur une large échelle, les bains prolongés de quelques minutes à plusieurs heures , l'usage des substances irritantes, les caustiques dans des proportions beaucoup plus considérables qu'on ne l'avait fait avant lui, le soufre, la potasse, le savon, le chlorure de sodium, la potasse, le sublimé corrosif. On peut dire qu'il a rétabli les droits du traitement local, trop négligé parfois avant lui. Nous retrouvons donc ici, comme partout, l'antagonisme entre les deux indications : celles de l'élément local et de l'élément diatliésiquc. Bazin avait fait presque exclusivement la part du second; le professeur Hébra accorde toute son attention au premier. En médecine hydrothermale, ainsi que M. le professeur Guider l'a formulé, il faut savoir établir une balance égale entre les deux. Mais nulle part, autant qu'en pathologie

cutanée, on ne voit combien L'indication immédiate saillante, Urée du ma) local, prime L'indication générale.

Un certain nombre de médecins des eaux avaient déjà protesté contre la systématisation excessive de Bazin, qui assigne les herpétides aux eaux arsenicales : les scrofulides, sauf quelques-unes de leurs formes, destinées aux sulfureuses, aux chlorurées sodiques; les artliritides, aux eaux alcalines; cependant ces idées ont encore leurs partisans, qui professent ainsi que, dès qu'on découvre une arthritide, c'est à une source bicarbonatée sodique qu'il faut s'adresser. Mais dans la discussion qui a eu lieu à ce sujet à la Société d'hydrologie, à peu près tout le monde est tombé d'accord sur ce fait-: qu'il fallait avant tout s'occuper de la forme de la lésion, de son degré, de son état d'humidité ou de sécheresse; qu'il fallait ensuite tenir compte de la constitution du sujet, de son tempérament, de sa plus ou moins de facilité à réagir. M. Lebret a cité comme ayant trouvé soit la guérison, soit L'amélioration à Barôges aussi bien des eczémas arthritiques qu'herpétiques et scrofuleux. Il en a été de même pour Saint-Gervais, pour Luchon, pour Uriage, et l'on a pu constater que les circonstances sur lesquelles il était spécialement important d'insister étui eut non pas toujours la présence de L'arthritisme ou de la scrofule, que cependant il ne faut pas négliger, mais Le plus ou moins d'ancienneté de la lésion el ses caractères.

On ne traite pas les maladies de la peau aux eaux

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minérales dans leur période d'acuité; tout au plus commence-t-on à avoir recours à elles dans la seconde période ou de subacuité. Encore faut-il s'abstenir à ce moment-là d'adresser aux sources trop excitantes, sulfureuses fortes, ou chlorurées sodiques fortes, mais se borner à faire usage des sulfureuses faibles, soit à base de sulfure de calcium, soit à base de sulfure de sodium (Saint-Gervais , Saint-Honoré, Allevard), ou des chlorurées et des chlorurées sulfureuses (Uriage), ou bien encore des indéterminées faiblement minéralisées, comme Néris et Plombières, Schlangenbach en Allemagne, enfin des eaux dans lesquelles le mode de balnéation, la durée de bain soit de baignoire, soit de piscine, acquiert une signification particulière. Quand au contraire les dermatoses sont anciennes, sèches, rebelles, on aura recours à des sources de qualités plus excitantes, Luchon, Oaulerels, Barèges parmi les sulfureuses, Salins ou Salies -de-Béarn, Bourbonne parmi les chlorurées sodiques, etc. Si des troubles de l'appareil digestif, une constitution arthritique franche permettent de croire qu'on aura plus de chance de modifier la maladie en s'adressant à la diathèse ou à la maladie d'organe, on aura la ressource des bicarbonatées sodiques, telles que Royat, Le Boulon, Vichy, etc.

Le traitement des maladies de la peau par les eaux minérales amène assez souvent une recrudescence momentanée de l'affection. D'après M. Durand-Fardel, '••■lie recrudescence ne se produirait pas de la même manière ni aux mêmes époques, suivant la nature des

sources auxquelles on s'est adressé. Assez rapide auprès des sources sulfurées faibles, elle serail tardive pour les sources sulfureuses fortes et manquerait souvent de se produire aux eaux chlorurées SOdiqiK's.

Les eaux minérales onl l'avantage de souvent montrer bien nettement la relation qui existe entre une affection de cause interne et une éruption, la première s'atténuant lorsque l'antre apparaît ou s'accentue. Faut-il craindre également que la diminution de l'affection cutanée puisse donner lieu à une répercussion fâcheuse? Sans nier le fait, quand il y a par hasard suppression brusque, puisque ce fait est mis hors de doute par des cliniciens tels que Baumès entre autres, on peut dire qu'en général on n'a pas à craindre les conséquences de ces dispositions.

Des maladies de la peau, très-rebelles de leur nature aux diverses sortes de traitement, les unes récidivent avec une ténacité désespérante après avoir été momentanément blanchies; d'autres, plus heureusement, peuvent s'amender el même trouver la guérison; un certain nombre n'a rien à attendre des eaux minérales : c'est aux reloues éruptifs, aux récidives que s'attaque surtoul l'action antidiathésique , c'esl à l'élômenl local que s'adresse el doit s'adresser principalement le traitemenl immédiat.

Nous envisagerons successivement les principales de ces affections génériques, l'eczéma, l'impétigo, le psoriasis, le pityriasis, diverses formes d'acné: nous ajouterons quelques mois au sujel d'affections plus

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exceptionnelles qui se sont quelquefois Lien trouvées de l'usage des eaux.

De l'eczéma. — Il est à la même période tantôt à forme humide, tantôt à forme sèche : la seconde, plus rebelle, demande à être excitée plus vivement, réclame des bains plus prolongés : sur la forme humide il faut plutôt, surtout quand elle n'est pas invétérée , chercher à exercer une action sédative, ou du moins à modérer prudemment l'irritation. C'est ce qu'on fera à l'aide de bains plus courts et de sources d'une sulfuration moyenne, sulfurées calciques, surtout lorsque, comme Saint-Gervais , prises en boisson, elles procurent de légères purgations et ont ainsi en même temps un effet de dérivai ion sur le tube digestif. A ce moment encore, des chlorurées sulfureuses telles qu'Uriage, des chlorurées sodiques qui ne soient pas trop fortement minéralisées (Lamotte), des sulfurées dégénérées, comme celles des Pyrénées-Orientales et parmi elles Moligt, sont encore indiquées. Toutes ces sources conviendront encore, en dehors des considérations tirées de la nature de l'eczéma, quand le sujet, atteint d'une affection cutanée, sera un individu l»;n liculièrement nerveux, irritable. Quand au contraire il y aura chez lui de la torpidité, de l'atonie, il faudra s'adresser aux chlorurées sodiques énergiques et aux sulfureuses fortes. Par conséquent, les scrofuleux , généralement torpides . et leurs dermatoses appartiennent surtout à ces dernières (Barèges, Ludion, Gauterets)'; les arthritiques, généralement excitables, serrai plutôt d'habitude dirigés vers les pre-

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iniôres et vers les eaux alcalines, bicarbonatées sodiques moyennes.

L'étendue de la lésion dans l'eczéma ne le rend pas plus rebelle au traitement. Il se trouve au contraire que ce sont des eczémas limités, cantonnés dans une région restreinte qui résistent le plus. M. Lebret a vu des eczémas du sein ne s'amender nullement, malgré un traitement prolongé. M. Lambron signale encore, parmi les plus rebelles, les eczémas des mains el ceux qui se trouvent aux orifices naturels, là où la peau se continue avec la muqueuse , comme par exemple l'eczéma vulvaire ou de l'anus.

Tandis que l'eczéma impétigineux, après avoir reçu un premier coup de fouet, se dépouille plus facilement, les formes sèches atones, celles où il est besoin de provoquer un réveil des fonctions de la peau, cèdent bien moins; aussi a-t-on insisté depuis longtemps sur l'utilité qu'il y aurait en pareil cas à prolonger les traitements, à allonger la durée de la saison thermale.

La récidive est toujours à craindre: niais l'eczéma est, de toutes les maladies cutanées, celle qui est le mieux modifiée par les eaux. M. Lambron assure que les eaux sulfureuses empêchent ou retardenl le retour des poussées et diminuent les chances de transmission de l'eczéma des parents aux enfants. Cependant, pour être plus sûr d'obtenir ce résultai ou quelque chose d'approchanl, l'arsenic est préférai de. ''I c'est alors qu'apparaît la nécessité de combattre la diathèse. Ces formes plus rebelles, plus récidivantes,

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gagneront à être traitées par les eaux arsenicales (La Bonrboule).

Quand l'eczéma qui a séjourné longtemps dans une région ou y est revenu à de nombreuses reprises a produit des dilatations vasculaires dans cette région, quand il est devenu variqueux, il faudra recourir aux eaux sulfureuses fortes, revivifiantes des fonctions cutanées. L'herpès préputialis, qui est une affection sans signification grave, mais fort incommode, se trouvera également bien de l'action locale des chlorurées, des sulfureuses; mais il s'agira aussi souvent de combattre la disposition qu'il a si fréquemment à reparaître : c'est pour cela sans doute que les eaux arsenicales, ou l'arsenic employé soit conjointement avec les eaux minérales, soit après elles, vaudront mieux. L'eczéma vulvaire s'accompagne souvent de prurit et d'une byperesthôsie intolérable : les sources douces, dégénérées, les indifférentes, réussiront davantage en pareil cas, parce qu'il est préférable d'avoir un effet sédatif qu'un effet trop franchement excitant; mais, en dehors de cette circonstance du prurit et de l'hyperesthésie, le caractère de ténacité de l'eczéma vulvaire, sa résistance aux traitements antérieurs réclament encore les sources fortes.

Après l'eczéma, nous trouvons d'autres affections cutanées pour lesquelles la thérapeutique soit ordinaire, soit minérothermale est bien plus impuissante. Ici de simples atténuations du mal, une sorte de blanchiment sont des résultats déjà fort enviables. La guérison est un résultai exceptionnel. De ce nombre

sont les différentes formes d'acnés : l'acné juvénile, qui s'améliore par les progrès de l'âge, que les eaux sulfureuses modifienl assez habituellement (Lambron) ; l'acné sébacée, qui .unôril aussi assez fréquemment (Uriage, Doyon) ; l'acné indurée, la moins attaquable de toutes ces formes; la couperose, pour laquelle on n'obtient que difficilement quelques modifications.

Dans le lichen, le prurit, qui est le symptôme le plus intolérable, est soulagé par les sulfurées faibles, calciques, dégénérées; il risquerait d'être exagéré par l'emploi de sources trop excitantes ; mais celles-ci serviront à lui rendre un peu d'acuité, à opérer une substitution qui pourra devenir favorable. Cependant le lichen résiste beaucoup. Le pityriasis, de nature sèche également, guérit difficilement; le plus tenace est le pityriasis capitis; le pityriasis versicolor disparaît quelquefois, mais revient avec une grande facilité. L'érythème induré guérit dans quelques cas (Lambron); Férythème intertrigo se modifie.

Le psoriasis est certainement pour le médecin une des formes les plus décourageantes des affections cutanées. On a successivement fait usage contre lui des eaux les plus diverses, et la plupart, du temps sans résultat ou avec un résultat insignifiant : pendant sept années de pratique à Barèges, 31. Lebret n'a relevé qu'un seul cas heureux. M. Lambron montre, ce qu'on pouvait préjuger à l'avance, que le psoriasis guttata peut s'améliorer, mais qu'il n'est pas permis d'espérer grand'chose centre le psoriasis inveterata. On voit très-bien, au bout de quelques bains, les

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plaques pâlir; quelques-unes ménie disparaîtront parfois, mais ce n'est là qu'un effet passager, et le psoriasis reprendra sa marche.

On vient difficilement à bout du prurigo généralisé. Le prurigo localisé est au contraire quelquefois assez bien modifié.

Le lupus est traité souvent par des applications topiques, par des pulvérisations dirigées sur la partie malade ; dans quelques stations chlorurées sodiques, on fait à l'aide d'une petite seringue des injections d'eau salée dont on retire quelques avantages. L'ecthyma est assez bien modifié par les eaux minérales. Leur action reconstituante sur l'organisme aide sans nul doute à sa disparition. Le pemphigus, maladie cachectique, ne peut également aux eaux minérales bénéficier que de quelques effets reconstituants et dans des proportions qui ne sont pas bien grandes.

Nous ne mentionnerons ici l'ichtyose, le vitiligo que pour constater qu'ils sont au-dessus de nos moyens de traitement : cependant les inconvénients dus à l'ichtyose peuvent être atténués ; nous ne parlerons de L'éléphantiasis des Grecs, que pour dire un mol des quelques très-rares observations où l'on a noté une guérison momentanée ou du moins une amélioration de la maladie, sans préjudice des progrès ultérieurs. Nous ne parlerons pas des maladies parasitaires, qui cèdent aux moyens pharmaceutiques, au soufre parasiticide à haute dose, et non aux principes dilués et en petite quantité des eaux minérales; cependant celles-ci, contre les affections artificielles

créées par les parasites ou les affections qu'a laissées derrière elle une irritation mécanique et factice quelconque, agiront efficacement.

En résumé, il ne faul voir dans les eaux minérales appliquées aux maladies de la peau que très-rarement des modificateurs de La diathèse, niais dis agents irritants substitutifs , bien capables de réveiller la vitalité de l'enveloppe cutanée, procédant . pour en revenir encore à l'idée de Bordeu, par la substitution d'une inflammation artificielle, momentanément aiguë, à une inflammation chronique. Il suffit de se reporter aux travaux des médecins les plus consciencieux et les plus autorisés, dans des stations de nature diverse, pour juger vite qu'en dehors de l'irritation ou de l'atonie, qui sont plus ou moins l'accompagnement de telle ou telle diathèse , l'élément diathêsique n'intervient que secondairement dans les résultats obtenus. Plusieurs, et leur expérience doit faire loi. ont prouvé que Ton pouvait ainsi obtenir des résultats favorables, en laissant de côté la cause primordiale du mal et ne s'occupant que de ses déterminations, des portions de maladies (Lcbret). L'eczéma, la plus commune, la plus générale parmi les affections cutanées, est aussi celle contre laquelle on réussit le plus habituellement, et rida d'autant mieux qu'il est plus humide, moins invétéré; après cela, le psoriasis, le lichen, le pityriasis voient quelques-uns de leurs symptômes s'amender, mais trop souvent pour reparaître. Cependant on cite des cas complètement heureux. Parmi les autres lésions dont la peau est le siège, certaines,

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telles que quelques formes d'acnés, la couperose parfois, les affections artificielles, etc., réclament les mêmes moyens et s'en trouvent bien. Trop avancées, accompagnées de débilitation générale, tendant à la cachexie, les affections cutanées graves seront tout au plus momentanément arrêtées dans leur travail de décomposition.

L'eau en boisson, toutes les pratiques balnéaires et Irydrothérapiques , suivant les "indications , le bain ou très-chaud et court, ou tempéré, plus long, tiède, le séjour prolongé dans les piscines, les douches révulsives, divers procédés d'application locale, les pommades renfermant des conferves, les lotions, les injections d'eau minérale, la pulvérisation sur un point déterminé de la surface cutanée, des moyens multiples en un mot et des plus variés tant pour la durée que pour le mode opératoire sont mis en usage dans le traitement des maladies de la peau auprès des stations minéro thermales.

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L'état nerveux est généralement lié à une foule de circonstances dont il faut tenir compte : c'est ainsi que souvent la cblorose, les affections utérines s'accompagnent de pbénomènes névropathiques dont on ne viendra à bout qu'en s'attaquant à la cause dont ils dépendent. Mais, en dehors de cela, un état nerveux idiopathique n'esl pas chose rare a rencontrer et ré-

Blâme avant toul les médications les plus douces, les médications sédatives. Que ce soit une suractivité excessive des fondions intellectuelles, l'abus de certains plaisirs ou de certaines distractions, une mauvaise hygiène morale, toujours est-il que le grand nombre de névropathies que l'on est exposé à traiter dans les grandes villes se trouvera surtout bien du déplacement, d'un changement de milieu aussi complet que possible. Voira pourquoi les stations qui se trouveront joindre aux ressources d'une bainéothérapie calmante un climat plus sain, un air plus pur et plus vif que celui qu'on respire dans les villes, devront être préférées pour toute cette classe intéressante de névropathes, que Sandras a si bien décrite dans son chapitre sur l'état nerveux.

Ce sont là des indications purement hygiéniques : mais celles-ci, en médecine thermale, s'allient constamment aux indications médicales, et ici en particulier passent souvent avant elles. Quant au traitement proprement dit, il se résume en ceci: Calmer le plus possible et éviter toute surexcitation. Aux névropathes, on conseillera les eaux faiblement minéralisées, indifférentes, sulfureuses dégénérées, en se guidant pour faire un choix sur les causes mêmes de leur étal névropathique. On prescrira des douches longues, tempérées, des bains également d'une certaine longueur et à une température douce. Toul ce qui se rapproche des moyens hydrothérapiques trop violents el trop énergiques sera soigneusement proscrit dans le névrosisme pur. (Via posé, on pourra, suivant les con-

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venances, suivant une foule de considérations tirées du sujet et dont le médecin sera le meilleur juge, choisir parmi une foule de villes d'eaux, telles que Bagnèrcs-de-Bigorre, Ussat dans l'Ariège , Saint-Sauveur, les Eaux-Chaudes, Lamalou dans l'Hérault, Néris dans le Centre, Plombières, Bains, Luxeuil dans les Vosges, Pougues dans la Nièvre, Forges-les- Eaux, etc., etc., Bagatz-pfâfer en Suissel etc.

C'est là un état nerveux acquis, factice et qui est le produit de causes diverses. Il est un autre état névropathique dont le point de départ est dans l'hérédité qui existe chez les sujets dits à tempérament nerveoB et dont Baumes de Lyon et après lui M. Durand- Fardel ont fait une diathèse. Cette dialhèse névrosique consiste en ce que, sans aucun symptôme de maladie organique, sans trace de phlegmasie, les individus qui en sont atteints sont affectés, selon Baumes, de douleurs aiguës, successivement, alternativement, d'une manière intermittente, spontanément ou à propos de la cause la plus légère, la plus insignifiante, dans divers viscères, dans diverses régions du corps, à la surface ou dans l'épaisseur des lissas. Cette dialhèse nôvrosique se montre dans les deux sexes, mais elle est plus commune chez les femmes que chez les hommes. Elle est la plupart du temps héréditaire, quelquefois acquise ; on la traite par les mêmes moyens que l'élat nerveux simple, par les eaux sédatives indéterminées ou minéralisées faibles, Ussat, Saint-Sauveur, Foneaude, Néris, etc., etc.

Son existence n'est pas toujours indépendante, car

on peut fréquemment trouver des points de contact entre elle et d'autres diathèses, surtout l'arthritisme, et quelquefois l'herpétisme.

Ainsi donc, état nerveux acquis, état nerveux héréditaire existant par lui-même, ou sous l'influence d'une cause étrangère, comme une maladie des organes utérins, la dyspepsie, l'anémie, diathèse rattachée ou non à la diathèse rhumatismale, ces divers degrés el ces diverses formes réclament uniformément l'emploi des moyens doux, sédatifs et des eaux non excitantes.

Quant aux névroses proprement dites, l'usage des eaux avec toutes les circonstances accessoires qui l'accompagnent peut quelquefois produire d'heureuses modifications chez les malades qui en sont atteints. C'est ainsi que M. le D1 Dupré, de Montpellier, a cité deux cas d'épilepsie améliorés par les eaux de Lamalou. De tels faits, assez étranges au premier abord, sont corroborés par la grande autorité du professeur Lallemand, qui a fait les mômes observations.

Les choréiques se trouveront bien du séjour aux bords de la mer, des bains de mer ou des eaux chlorurées sodiques ; les hystériques, des sources hyposthénisantes faiblement excitantes, de la balnéation tempérée et prolongée. Contre les contractures on a employé avec succès les bains sulfureux.

La névralgie scialique, si souvent rattachée à L'arthritisme, ou bien née accidentellement sons l'impression des influences extérieures, réclame les eaux à haute thermalité, peu minéralisées, quand elle est récente et très-douloureuse ; plus ancienne, plus rebelle,

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on emploie contre elle au contraire des eaux fortement excitantes, des moyens hydrothérapiques el révulsifs énergiques. On conseille alors Aix-les-Bains, Ludion, Barèges, Cauterets.

Valentiner croit que la migraine, suivant sa cause, peut être améliorée par les eaux ferrugineuses et reconstituantes quand elle est liée à l'anémie, par les eaux sulfatées sodiques ou chlorurées sodiques quand elle se rattache à la goutte. Il conseille aussi contre elle les bains de mer. Nous ne dirons rien des névralgies partielles, telles que la névralgie du trijumeau, des membres, de la névralgie, de l'hyperesthésie généralisées; nous nous contenterons de signaler ces diverses affections comme mentionnées par divers auteurs a propos de la thérapeutique hydrominérale. Dans les cas de modification, on ne doit compter que sur des effets palliatifs obtenus à l'aide de la sédation exercée sur tout l'organisme.

Les douleurs si intenses qui accompagnent la première période de l'ataxie locomotrice sont quelquefois adoucies par l'emploi de la médication indéterminée. C'est ce que M. Ranse a observé à Néris, et ce que l'on paraît assez disposé à adopter avec les plus grandes restrictions sur la portée d'une pareille amélioration; mais n'est-il pas toujours utile, môme pour des résultats Irès-incomplets, d'obtenir quelque répit, quelque calme, dans des affections douloureuses de cette nature?

UES IWUALYSIES

Les eaux indéterminées thermales, chlorurées sodiques thermales, sulfureuses thermales, se partagent le traitement des paralysies. Celles-ci doivent ôtre envisagées suivant leur siège, suivant leurs causes, et suivant le temps plus ou moins long qui les sépare du moment où elles se sont produites.

L'hémiplégie est tantôt due à une lésion cérébrale, et Lantôt sine materia. Abstraction faite de la cause qui Ta produite, il est certain qu'elle cédera d*autanl mieux aux modes de la médication thermale qu'elle sera plus récente, moins invétérée ; mais on ne peut poser la question aussi simplement, et une contre-indication tirée de la lésion apparaît immédiatement. Tout le monde voit combien une excitation vive est à redouter chez des sujets qui ont eu une attaque d'apoplexie, et combien il est fréquent de voir le travail inflammatoire, qui non enrayé se continue sourdement, ôtre ravivé par l'usage de moyens trop énergiques. M. de Laurès a cité le cas d'un ecclésiastique qui à la fin d'un traitement thermal, au moment où il se croyait mieux, fut ainsi frappé d'une attaque; ces faits n'avaient pas échappé à la sagacité deBordeu, qui formulait que dans toutes les paralysies d'origine cérébrale il élaii plus prudent de s'abstenir des eaux. La pratique de certaines stations, surtout des chlorurées sodiques moyennes ci des indéterminées, a

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