DES PARALYSIES
qu'elles proviennnent d'une compression , d'une cause mécanique, d'une lésion osseuse, sont justiciables des mêmes eaux, auxquelles il faut joindre Uriage ou des indéterminées très-chaudes, comme Da\ ou le Monl-Dore.
Les paraplégies, comme les hémiplégies, sont tantôt sans lésions et tantôt avec lésions. Suivant leur nature el leur origine, elles s'améliorent ou restent stationnaires par le traitement minérothermal. C'est ainsi que les paralysies duos à des myélites, à des altéra lions de la moelle n'en retireront pas grand bénéfice, tandis que celles qui ont pour point de départ le vice rhumatismal, la paralysie infantile, dans quelques cas La paraplégie hystérique, pour laquelle il faudra de préférence conseiller les eaux sulfurées douces (Saint-Sauveur, Moligt, Olette) ou les indéterminées peu minéralisées et pas très-chaudes (Ussal . se modifieront. On n'obtient pas grande amélioration dans la paraplégie de nature vénérienne, ce qui s'explique du reste, car elle est très-souvent liée à des lésions médullaires.
Dans L'inertie de la vessie el du rectum, on a vanté Les liens effets des douches ascendantes, des injections dans la vessie au moyen d'une sonde, surtoul d'eaux chlorurées sodiques ou sulfatées calciques.
La paralx sie générale, affection à marche fatalement progressive, se trouve quelquefois bien du déplacement, d'un usage modéré des eaux alcalines.
1rs paralysies saturnines, quand l'atrophie musculaire qui les accompagne n'est pas trop avancée, sont
irailécs avec quelque succès aux eaux sulfureuses et chlorurées sodifues.
ANÉMIE ET CHLOROSE
Ces deux étais présentent dans la quantité et dans la qualité du sang des modifications identiques. Ils offrent donc en médecine thermale une foule d'indications analogues ; mais l'élément nerveux ou utérin qui intervient dans la chlorose la rend souvent moins susceptible de céder aux ferrugineux reconstituants simples el oldige à recourir à d'autres moyens.
Que ce soit; par pénurie de globules, par excès de proportion de la partie aqueuse, par diminution de la masse totale du sang que l'anémie existe, qu'il y ait en un mot aglobulie, hydrémie, hypémie, l'anémie est une, et ces variétés sont, d'après M. le professeur Potain, trop peu étudiées pour en faire des groupes à part; elle est lantôt essentielle, existant par ellemême, transitoire, tantôt en rapport avec les états morbides les plus variés, indiquant le premier degré de détérioration de l'organisme dans ces états morbides, la nutrition et la réparation imparfaites. La chlorose, qui est une névrose de la puberté, un phénomène d'évolution de L'adolescence, n'est eu somme si souvent rapprochée de l'anémie dont elle se distingue essentiellement comme pathogénie, que parce que Les modifications dans la masse du sauu- y sont à la fois le symptôme permanent el essentiel. C'est le
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morbus virgineus des anciens, idée à laquelle on revient aujourd'hui, après avoir cherché sa cause dans une foule d'explications localisatrices, au point d'invoquer l'ulcère simple de l'estomac, et l'écoulement lent et insensible du liquide sanguin qu'il occasionne (Lu ton, de Reims). Quoi qu'il en soit, dans ces deux affections, rendre à la masse du sang une partie de sa richesse est évidemment le principal but à atteindre. Dans les anémies les plus simples, ce résultat sera facile à obtenir. Les seules précautions de l'hygiène, le déplacement, une bonne alimentation y suffiront. Il est ainsi des anémies qui guérissent toutes seules ; mais on aidera beaucoup à leur amélioration par l'emploi des eaux ferrugineuses gazeuses, car c'est sous cette forme que le fer est le mieux accepté par l'estomac et le mieux assimilé. Parmi ces eaux, M. le professeur Gubler a surtout mentionné le groupe de l'Aveyron, Andabre, Le Cayla, Cransac, Sylvanès, ferrugineuse arsenicale; d'ailleurs, les eaux de cette, sorte, gazeuses ou non, sont disséminées sur tout le sol de la France, en grand nombre et contenant le Eer sous diverses formes; citons entre autres Orezza, La Bauche (Savoie), Bussang (Vosges), Forges, Cambo, Neyrae, Monlmirail, (Mol, Casteljaloux, etc. Dans bien des localités, il existe encore des sources ferrugineuses, moins connues ou mémo tout à fait ignorées, que la pratique locale a coutume d'utiliser et dont on retire de bons effets. Quoiqu'on ne soit pas complètement d'accord sur la manière dont le fer modifie le sang, nu admet assez généralement qu'il
provoque la formation de nouveaux globules; il serai! donc surtout indiqué dans l'aglobulie, tandis que les eaux protogéiques, les chlorurées sodiques simples ou bicarbonatées sulfatées, celles en un mot qui renferment des sels analogues à ceux du sérum sanguin, auront plus de faisons d'être employées dans l'hydrémie. Telles seraient les sources de l'Allemagne dès longtemps consacrées dans le traitemenl de l'anémie, Nauheim, Kreusnacli, Soden, Ems. Telles seraient encore leurs similaires dans notre pays, Salins, Salies, Balaruc, La Bourboule. ou des eaux polymétalliques, telles que Saint-Nectaire, Vic-sur- Cère, Châteauneuf, etc.
Celle donnée ingénieuse, d'après laquelle ces sel? iraient se substituer à ceux que le sang a perdus, ne doit pas faire oublier que l'anémie n'est pas dans la très grande majorité des cas un symptôme assez simple pour se prêter à celle substitution et l'accueillir normalement.
Les fièvres graves et beaucoup de maladies aiguës laissent après elles des états d'affaiblissement profond qui, en même temps qu'ils se signalent par une diminution dans la richesse du liquide sanguin, sont accompagnés d'une prostration, d'une sidération qu'un peu de fer ou de sérum minéral n'atteindra pas.
Les diathèses préparent l'organisme à leur extension graduelle de la même manière : un organe qui souffre, que ce soit l'estomac, que ce soil l'utérus ou tout autre, aura aussi son retentissement sur l'ensemble circulatoire. Un sujet placé dans de mauvaises
ANÉMIE ET CHLOROSE
conditions hygiéniques et alimentaires, trop longtemps continuées, en sera venu à un point où la simple reconstitution ne lui suffira pas. Un autre au contraire, quoique n'ayant rien à désirer sous le rapport des mêmes conditions, sera frappé d'une anémie profonde contre laquelle les médications habituelles ne pourront rien et dont seule une stimulation énergique parviendra à le tirer. Ce sont là de ces anémies essentielles dont il faut surtout chercher la cause dans l'hérédité. Dans toutes ces circonstances, les ferrugineux deviennent des moyens insuffisants, et c'est ce qui a fait dire avec juste raison à M. Durand-Fardel qu'ils ne devaient intervenir que dans la minorité des ras où l'on rencontre de l'anémie. Aussi les sources alcalines simples ou alcalines ferrugineuses, les sources sulfurées et chlorurées sodiques doivent-elles alors lui <Hre préférées ; les sources alcalines, lorsque l'anémie ii son point de départ dans l'estomac, lorsqu'elle sucmie à des troubles de la digestion; les sources chlorurées sodiques , dans l'anémie chez les scrofuleux, ou bien encore les sources sulfurées fortement excitantes.
On fait aussi en pareil cas un très-grand emploi des bains de mer. Il est naturel que l'indication tirée de la diathèse reprenne ici la prépondérance. Nous avons affaire, en effet, non pas à un mal local, mais à l'expression d'une souffrance générale et qui atteint tout l'organisme. La cause diathésique est en puissance, et, avant qu'elle ait jeté son dévolu sur un organe eu particulier, elle sera mieux combattue par les eaux
qui s'adressent plus directement à elle. C'est d'après le môme principe que M. le professeur Gubler conseille les eaux alcalines pour les anémiques de race goutteuse ; les sulfurées et les chlorurées, Barège*, Ludion, Cauterels, Aix en Savoie, Salies, Salins, Bularuc, dans les chloroses torpides. Les auteurs qui ont étudié la phthisie aux eaux sulfureuses insistent tout spécialement sur les hons effets qu'elles produisent chez ces anémiques que l'hérédité et les caractères mêmes de leur état semblent prédestiner, si l'on n'intervient à courte échéance, à l'éclosion de la phthisie pulmonaire, sans qu'il y ait encore ni symptômes prononcés ni lésions.
Il faut constater dans l'anémie plus que jamais les hons effets des moyens adjuvants dans le traitement par les eaux minérales. C'est ainsi que le changement de climat, l'éloignement pendant quelques semaines d'une vie que les affaires, les préoccupations, les plaisirs et les distractions rendent fatigante et excitante, l'altitude, l'air des montagnes, ou de la mer. les courses, l'exercice, ont déjà, et très-vile, modifié la santé, fait revenir les couleurs et l'appétit.
Les troubles nerveux et utérins de la chlorose rendent celle-ci souvent plus réfractaire au traitement tonique institué contre l'anémie. Le fer sera mal supporté; les fonctions continueront à s'exécuter d'une manière languissante et pénibles; tout montrera en un mot que la cause n'est pas atteinte par une médication reconstituante, mais qu'il faul diriger ses principaux efforls vers l'étal névropathique et les com-
pMeatioiis du côté de l'utérus. C'est à cette indication que Ton répondra en employant de préférence des eaux sédatives de composition et de nature diverses, telles que Bagnères-de-Bigorre, Ussat, Saint-Sauveur, Olette, Plombières, Néris, Bains en Vosges, Lamalou, etc.
MALADIES DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE. — ANGINES CHRONIQUES ET LARYNGITES.
La muqueuse de l'arrière-gorge est le siège d'un grand nombre d'affections de causes et de nature diverses, englobées sous le nom générique d'angines. Comme la peau, avec laquelle les membranes muqueuses ont tant d'analogie, celle membrane peut offrir à sa surface le retentissement des diverses diathèses auxquelles l'organisme est en butte; elle peut de plus, et cela dans des conditions de fréquence relativement plus grandes, s'enflammer ebroniquement à la suite d'une ou de plusieurs inflammations aiguës. Une partie du traitement des angines ebroniques puise ses ressources dans la médecine tbermale ; mais la détermination même des indications est subordonnée au compte que l'on doit tenir de la diatbèsc cl du mal local.
Toutes les diathèses sont en réalité représentées dans les affections de l'arrière-gorge, et rien n'est plus commun surtout que d'entendre invoquer principalemenl comme point de départ Tberpétisme ou bien l'arlbriiisme. Il est incontestable que l'angine berpé-
tique et l'angine arthritique existent dans hou nombre de circonstances ; niais les moyens de les reconnaître et de les différencier restent sou vent indécis. Ce n'esl que dans des formes graves ou dans des cas où les commémoratifs, la présence d'autres manifestations simultanées servent de pierre de touche, qu'on arrive à être fixé. Ce n'est pas que les caractères assignés à Tune et à l'autre n'aient été décrits par quelques auteurs avec beaucoup de précision. C'est ainsi que la forme glanduleuse signalée par Green et si soigneusement analysée après lui par M. Guéncau de Muss} a été regardée comme un des attributs de l'herpétisme. On ne saurait avoir traité un certain nombre d'angines chroniques sans avoir été frappé de ce fait : à savoir que la granulation, qui pour bien des médecins est tout, qui même pour le public est aujourd'hui la caractéristique par excellence des maux de gorge, n'est en réalité qu'un accident souvent insignifiant et ne constitue pas la maladie. La poursuivre donc à coups de cautérisations répétées, attendre la guêrison de sa disparition, c'est faire fausse route. Bien des gens ont des granulations toute leur vie sans avoir jamais souffert de la gorge, et bien des gens en soutirent qui n'ont jamais eu de granulations. « Le follicule qu'on suppose hypertrophié, dit M. le professeur Lasègue, garde la même coloration et les mêmes dimensions, à quelque date qu'on l'observe; il apparaît et disparaît du jour au lendemain : il persiste au même degré pendant des semaines et îles mois, sans que rien soit changé dans ses apparences.
ANGINES CHRONIQUES ET LARYNGITES Soi
La sécrétion de la muqueuse n'est en proportion ni avec la confluence ni avec la grosseur des granules. Des individus, et ils sont nombreux, portent de semblables granulations sans en avoir jamais éprouvé d'incommodités ; d'autres en présentent à peine quelques-unes qui sont déjà atteints de laryngite concomitante, » Ces lignes sont l'expression de la plus exacte vérité; il faut chercher ailleurs la preuve qu'une angine est sous l'influence de la diathèse arthritique ou de la diathèse herpétique ; il faut même renoncer souvent à le déterminer; mais ce n'est pas là que gît la difficulté, car, à part quelques lésions profondes, comme le lupus scrofuleux et le rupia syphilitique, la médication doit être généralement toute locale ou d'organe plutôt qu'antidiathésique,
Un certain nombre de circonstances occasionnelles ont une influence considérable sur la production des angines chroniques. Des prescriptions d'hygiène indispensables devront donc accompagner le traitement thermal. Les professions parlantes et chantantes exposent surtout ceux qui les exercent à contracter ces affections. C'est ce qui arrive aux orateurs, aux chanteurs. Sans qu'il y ait d'habitude un danger direct et immédiat dans le développement de la maladie, il y a des inconvénients très sérieux. Le registre de la voix est sensiblement diminué; souvent les premiers sons sortent rauques, peu perceptibles, et ce n'est qu'en s'échauffant que la voix devient distincte. L'usage immodéré du tabac-, des liqueurs
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fortes, des alcools, produit les munies résultais que l'abus de l'organe. L'enrouement survient en même temps qu'une sensation de sécheresse presque constante et un raclcmcnt insupportable. La physionomie de la muqueuse pharyngienne dans ces cas ne peut être décrite d'une manière uniforme ; elle a en effet, môme dans l'état de santé, autant d'aspects différents qu'il y a d'individus. On la juge par les détails que présente chacune de ses parties, par la comparaison avec les muqueuses voisines. Tantôt pâle, grisâtre et comme anémiée, elle est d'autres fois d'un rouge intense sur toute sa surface et comme suffusée de sang. Il n'est pas rare de voir précisément ces muqueuses très pâles, qui n'offrent de remarquahle que quelques vaisseaux plus ou moins gorgés de sang, être précisément la cause des souffrances les plus persistantes et les plus tenaces. La surface de la membrane est uniformément polie, sans granulations. Souvent, les sujets atteints de ce genre d'angines sont prédisposés à la phthisie, comme M. le professeur Lasègue l'a montré pour certains d'entre eux chez lesquels le développement vasculairc allait jusqu'à produire de véritables varices.
La sécrétion muqueuse est exagérée : îles crachats blanc de riz sont expectorés, surtout le matin; on voit, en faisant ouvrir la. bouche, tout le fond de la gorge tapissé (l'une épaissi' courbe de cette sécrétion ; les principales formes, suivant les sièges qu'elles occupent, seul l'amygdalite chronique, L'an-
gine catarrhale diffuse, la pharyngite chronique, le catarrhe de la luette. Il y a des altérations plus graves dues à la syphilis et à la scrofule et dont nous avons déjà dit un mot. Dans ces dernières, la diathèse reprend ses droits, et on n'arrive à modifier le mal qu'en modifiant le fond de la constitution.
L'amygdalite chronique, bien connue et classée par tous les auteurs comme devant à peu près toujours être attribuée à la scrofule, est fréquente dès la première enfance, ainsi qu'une foule d'affections rattachées à cette diathèse. Les amygdales prennent souvent des dimensions assez fortes pour qu'on soit obligé de recourir à l'excision. Sans entrer dans la discussion de tout ce qui a été dit pour ou contre ce moyen, on s'accorde pour dire qu'il ne doit être mis en usage qu'à la dernière extrémité. Les gargarisâtes d'eau sulfureuse, les douches pharyngiennes appliquées loco iJolenti, ont souvent amené une résolution rapide et très appréciable. — L'angine catarrhale diffuse a son siège sur les parties latérales du voile du palais et s'y limite d'habitude. — La pharyngite chronique, que l'on voit développée quand on fait ouvrir la bouche sur imite la paroi vertébrale du pharynx, s'étend bien au delà, soit en haut vers les fosses nasales, soit en bas vers le larynx, la trachée et même au delà dans des cas exceptionnels. Parmi ses conséquences, on doit signaler la surdité, qui survient quand elle envahit le pourtour de la trompe d'Eiistache. Ce symptôme est dû aussi fréquemment à l'hypertrophie des amygdales. Dans les deux cas, les
moyens dont dispose la médecine thermale peuyenl l'améliorer ou même le faire disparaître totalement.
On traite les angines chroniques dans un certain nombre de stations sulfurées soit sodiques, soil calciques. Caulcrcls et ses sources de la Raillère et d»j César jouissent à cet égard d'une réputation de longue date. Les mêmes maladies sont avantageusement modifiées par L'usage des Eaux-Bonnes, de Ludion. Citons encore Amélie. Le Vernet, Saint-Honoré. Enghien, Allevard, pour nous borner aux plus importantes. Deux stations étrangères à cette classe, le Mont-Dore, rangé parmi les indéterminées, et, parmi les bicarbonatées, Ems, en Allemagne, partagent cette spécialisation et sont égalemenl recommandées.
On emploie l'eau en boisson, en gargarisme en douches pulvérisées ou non pulvérisées, les dernières quand il s'agit des maladies des amygdales. On a également fait usage de l'inhalation, entre autres l\ Allevard et au Mont-Dore, du humage, etc.
Le gargarisme est le procédé le plus simple el celui qui s'applique le mieux à l'immense majorité ou à la pluralité des cas. C'est un véritable bain de gorge, qui donne, quand on emploie l'eau sulfureuse, la sensation de quelque chose de styptique et d'un peu astringent. Quand un malade esl en traitemenl depuis déjà quelques jours, il éprouve fréquemment une recrudescence aiguë , d'habitude modérée el qui cède i'i quelques émollients : c'est l'angine thermale. La pulvérisation rend aussi de grands services, mais ne doit pas être indistinctement conseillée. On trome
quelle réussit mieux quand la gorge n'est pas déjà trop excitée. La percussion, qui fait une partie de son mérite, la rend aussi d'une application délicate quand la muqueuse pharyngienne se congestionne trop facilement, quand il y a des vaisseaux variqueux et parfois de petits crachats sanguinolents. Elle réveille au contraire la vitalité des muqueuses atones et anémiées. — On donne volontiers en même temps des pédiluves à titre de révulsifs.
Le grand point dans la thérapeutique des angines chroniques est d'amender l'état de la muqueuse, de faire disparaître ou du moins de rendre plus légers et plus supportables les symptômes fonctionnels.
Quant aux granulations, nous avons vu qu'on ne devait en tenir qu'un compte très-secondaire, et ce n'est certes pas sur leur disparition qu'on jugera des bons effets d'une cure, pas plus que leur persistance n'indique la persistance du mal. Les effets qui suivent la médication thermale appliquée aux angines chroniques, quand celles-ci ne sont ni trop profondément invétérées, ni entretenues, soit par des habitudes vicieuses, soit par une profession fatigante, sont des plus incontestables. Dans bien des cas, ils permettent l'exercice de la voix ou du chant, malgré la continuation des fatigues qui l'avaient mise en question ; mais la non-suppression de la cause morbide implique la nécessité d'un retour aux agents curatifs. Ce ne serait donc que sa suppression qui pourrait rendre la guérison radicale. Les effets sonl consécutifs; ils sont souvent précédés d'une crise
pendant laquelle se montre un féger redoublement. C'est au bout de quelques semaines qu'ils s'accentuent. 11 ne faut donc pas s'en rapporter à ce que l'on a sous les yeux, mais revoir les malades ou avoir de leurs nouvelles pour bien juger.
Les affections chroniques âu larynx, qui par leur cause diathêsique, leur origine par propagation e1 continuité oui tant de rapporte avec les angines, ont également de grands points de ressemblance avec elles au poinl de vue du traitement numéro thermal. Comme les précédentes, c'est surtoul aux eaux sulfureuses qu'on les adresse. Mais ces eaux agissent de deux manières, soit lopiquemenl, localement, par application de l'eau pulvérisée, des gaz ou des vapeurs, soit à la suite de leur absorption et par action élective sur la muqueuse des voix respiratoires. Isambert, dans ses leçons sur les maladies du larynx, insiste sur celle action élective et considère les eaux sulfureuses comme doublement utiles par ce moyen d'abord, et aussi lorsque, employées en bains, elles produisent une révulsion du côté de la peau. L'herpétisme et l'arthritisme du larynx ne comportent pas d'autres indications que l'herpétisme et l'arthritisme du pharynx, auxquels ils sont unis dans la plupart des cas. La pulvérisation es1 une des principales méthodes de traitement des maladies chroniques du larynx. Cependant son emploi doit être réglé et ne pas être conseillé indistinctement dans toutes les circonstances. Autant la laryngite catarrhale, dans laquelle il y a gonflemenl des a)v<lc> vocales sans
ulcération, aspect bombé, cylindrique de ces cordes avec un degré plus ou moins avancé d'aphonie, se trouvera bien d'un usage modéré et bien proportionné de ce moyen, autant, dans des lésions plus avancées, dans des cas d'ulcération, elle sera impuissante, si même elle n'est pas nuisible. Cette dernière éventualité est à craindre dans la pbthisie laryngée, où la pulvérisation exaspère les douleurs, peut donner un violent coup de fouet à la marche de l'affection et ne sert guère en tout casjîà enrayer les progrès. Le simple gargarisme alors et la boisson de l'eau sulfureuse auront des effets palliatifs et certainement moins irritants.
On trouve un certain nombre d'observations remarquables dans lesquelles, en dehors bien entendu de toute lésion tuberculeuse, l'aphonie même complète, t'épaississement des cordes sans ulcération ont disparu. Ces résultats se produisent quelquefois avec une telle netteté et assez rapidement sous les yeux du médecin traitant, pour qu'il ne soit pas permis de les attribuer à autre chose qu'à l'influence directe des sulfureux, et sans nul doute plus encore à leur élimination spéciale par les organes respiratoires quand ils sont observés, qu'aux effets purement directs. Isambert regarde les sulfureuses des Pyrénées plus fixes, plus stables, comme, très supérieures aux eaux facilement décomposables, srdfliydriqoces, sulfurées calciques. Au premier rang de celle médication sulfureuse se trouvent Cauterets avec ses sources de la Rail 1ère el de César, puis les Eaux-Bonnes, Luchon ; on traite
encore avec succès les maladies chroniques du Larynx à Engliien, Saint-Honoré, Allevard, A.ix-les-Bains, etc.
Le catarrhe chronique des bronches à tous ses degrés peut être modifié par Le traitement thermal. Depuis La simple susceptibilité bronchique, La tendance à s'enrhumer tous les hivers, qui prépare par la répétition des crises qu'elle amène L'entrée en scène d'une affection plus grave, jusqu'à l'emphysème étendu, la broneborrhée, les dilatations, on voit des effets curatifs très nets parfois, ou du moins des effets palliatifs quand la lésion est trop avancée, se produire à l'aide des moyens dont dispose la médecine thermale. La tradition à la fois el L'observation journalière s'accordent pour le prouver. Peu de maladies sont depuis plus longtemps entrées dans le domaine des sulfurées et en dehors d'elles, de quelques bicarbonatés ou indéterminées, comme Le Monl- Dore ct Ems, que celles qui sont caractérisées par la dyspnée et l'exagération des sécrétions de La muqueuse bronchique. Les sources qui réussissent dans la phthisie retrouvent ici leurs applications, moins les restrictions qu'on est forcé de faire pour la première el qui n'existent pas pour les catarrhes; en effet, les catarrhes chroniques permettent, sauf quelques circonstances dont il doit être tenu compte . comme la stase circulatoire qui les accompagne sou-
vent à une période avancée, la gène ou une affection du cœur, un plus large usage des eaux en boisson et des moyens balnéaires. On a moins à craindre ici qu'une excitation trop vive serve de coup de fouet donné au mal et en précipite les progrès. Quand des recrudescences se produisent, elles sont généralement momentanées et sans danger.
Nous n'avons pas l'intention d'énumérer et d'étudier en détail toutes les formes de catarrhe telles qu'elles sont exposées dans les ouvrages spéciaux. 11 faut ici, comme toujours, que l'état aigu ait disparu pour qu'on puisse entreprendre un traitement avec fruit ; dès lors, on doit tenir compte surtout du degré auquel est parvenue la maladie, des lésions qui l'accompagnent, des symptômes prédominants, du plus ou moins d'intensité de la dyspnée, du caractère et de l'abondance des expectorations, enfin des diathèses sous l'influence desquelles le mal local peut se trouver.
Rien n'est plus commun que de voir le catarrhe naitre à la suite de bronebiles répétées et sans prédispositions diatbésiques bien évidentes. Ce sont alors des causes occasionnelles qui ramènent et principalement l'inlluence du froid et des variations brusques de température. Sans doute , le sujet est plus ou moins préparé à l'invasion du mal, et cette influence ne se fera pas sentir de la même manière chez des individus différents. Ainsi le retentissement d'un refroidissement aura lieu chez celui-ci sur la muqueuse bronchique, «'liez celui-hi sur la muqueuse intestinale,
chez un troisième sur la muqueuse vésicale, sans que rien le puisse faire prévoir à l'avance. Il n'y a la en délinilive qu'un l'ail journalier et très-vulgaire de susceptibilité individuelle des organes.
L'âge peut aider la détermination dans un sens plutôt q ae dans an autre ; c'est vers L'âge mûr que s'acccnlnc celte tendance des bronches à s'enflammer chroniquemenl , et chez Les vieillards Le catarrhe chronique devient une des affections les plus fréquentes. Il n'y a au début que des bronchites intermittentes, se manifestant surtout au commencement de l'hiver; la saison chaude se passe bien, sans toux : louifc au plus peut-on constater quelquefois une légère tendance à l'essoufflement. Mais cet élat n'est pas destiné à rester stalionnairc si on le néglige, tandis qu'avec quelques soins on peut le faire disparaître ou en reculer indéfiniment les conséquences. Plus tard , le catarrhe dure tout l'hiver et ne disparaît même pas complètement durant l'été; l'oppression devient plus forte : il y a émission abondante de crachais muqueux, jaunes, épais. Dans le catarrhe pituiteux de Lacnnec, l'expectoration est incolore, filante: rare et presque concrète, dans Le catarrhe perlé.
Les premiers signes de l'emphysème pulmonaire ne lardent pas à paraître, et celui-ci devient vite une complication assez importante pour qu'il soi) nécessaire de lui accorder une attention toute spéciale. L'emphysème est la conséquence naturelle du catarrhe arrivé à un certain point. Il peut aussi succédera d'autres causes, par exemple à des attaques répétées
d'asthme nerveux. Il rend le tissu pulmonaire mal perméable à L'air; il s'entoure, quand il est étendu, d'une stase sanguine qui gagne de proche en proche. C'est dans ces cas que l'on voit les malades en proie de jour comme de nuit à des souffrances intolérables, obligés de rester à demi assis dans leur lit, portant sur leur figure les traces d'une respiration incomplète, d'une demi-cyanose ; les dilatations bronchiques peuvent atteindre des volumes considérables. Elles se vident et se remplissent avec une rapidité surprenante. L'abondance des sécrétions auxquelles elles donnent naissance est parfois vraiment extraordinaire. Les signes qu'elles présentent à l'oreille sont ceux de toutes les cavités pulmonaires, et il n'est pas très-rare de les voir prendre pour des cavernes, tant à cause de ces signes que par suite de l' affaiblissement, de l'émaciation que cette expectoration amène, et grâce auxquels on peut confondre leur inarche avec la marche indolente et torpide de laphlhisie des vieillards.
Les catarrhes bronchiques peuvent se rattacher à une des trois grandes diathèses., l'herpéLisme, l'arthritisme et la scrofule. On regarde surtout le catarrhe pituileux de Laennec comme étant d'origine arthritique. Quant à f lierpétisme dont les attributions sont aujourd'hui Irès-conlestées, étendues par les uns, Limitées par les autres, on lui attribue ces nombreuses affections chroniques de la muqueuse bronchique que l'on voit s'amender on au contraire présenter des recrudescences dans des conditions d'alternance
remarquables avec d'autres affections du côté de la peau. La bronchite scrofuleuse, bien différente de celle qui précède la phthisie chez les scrofuleux, est de beaucoup la mieux tranchée. Elle amène de nombreux crachats muqueux Lrès-épais, an étal humide des bronches, de gros râles souvent disséminés dans un grain I espace.
L'examen des travaux, des monographies publiées au sujet des stations dans lesquelles on traite les catarrhes bronchiques et des formes qui s'y améliorent le mieux conduit très vile à cette conclusion que chacune d'entre elles les revendique sans acception de diathèse, et qu'il serait à peu près impossible de se guider dans les indications d'après leur nature arthritique, herpétique ou scrofuleuse. Ce n'est que lorsque la diathèse joue un rôle prépondérant qu'on doit la prendre en première considération. Mais il ne parait pas suffire qu'une bronchite chronique survienne chez un individu en possession d'une diathèse pour cpie l'on doive plutôt s'occuper de celle-ci que delà déterminalion locale. Au contraire le mode d'action même des eaux minérales, tel qu'il est expliqué soit par Bertrand et ceux qui lui ont succédé au Mont-Dore, soit par les auteurs qui ont écrit sur les eaux des Pyrénées, montre bien que la grande préoccupation de ions a toujours été d'agir sur la muqueuse bronchique, el cela soil par une méthode directe, soit par une méthode indirecte, soit par une combinaison des deux. Dans un travail de M. Château sur le traitemenl des catarrhes chroniques parles eaux de La Bourboule, travail
qui renferme des résultats très - intéressants , nous Irouvons : une malade tille d'un père goutteux, des bronchites herpétiques, une bronchite avec lymphatisme , enfin un catarrhe accidentel , sans diathèse apparente. Des améliorations se produisent dans ces divers cas, qui renferment toute la série des causes auxquelles on peut attribuer le catarrhe.
Nous avons vu que c'est à la muqueuse surtout que doivent s'adresser les moyens de traitement. On doit se demander naturellement en quoi diffèrent sous le rapport de leurs effets des sources aussi disparates <[ue celles qui sont conseillées, si l'on peut toutes les utiliser indistinctement, ou si chacune d'entre elles trouve des cas spéciaux. Ces sources diffèrent à la fois par leurs effets généraux et sur l'organisme , et par la façon dont elles agissent contre la localisation du mal. En ne sortant pas d'une seule et même classe, les sulfurées, nous rencontrons à la fois des sulfurées fortes, des sulfurées moyennes et des sulfurées faibles ; nous passons en revue tous les degrés de l'excitation, depuis Barèges, qui la porte à son summum, jusqu'aux dégénérées à excitation très-faible et que l'on a même regardées comme byposthénisantes. On se guidera donc sur les idiosyncrasies ; on verra quels sont les malades que l'on peut exciter impunément, ceux au contraire vis-à-vis desquels à ce point de vue il faut garder de grands ménagements. Les diathèses • •Iles-mêmes seront dans ce sens une source d'indications; certaines, comme la scrofule, ont pour compagne presque obligée l'atonie, d'autres au contraire
l'éréthismc, ainsi qu'il arrive chez tes arthritiques. Dans les éludes cliniques sur les effets généraux el consliluLionnels des eaux du Mont-Bore, M. le docteur Richelol a observé chez tous ses malades une diminution graduelle de la fréquence du pouls, dénotant un effet sédatif très-digne de remarque. Dans un cas, les battements artériels étaient tombés de 120 ù 64, ce qui fait une différence à peu près de moitié. Quant au sommeil, sur 124 malades, il n'a été troublé que chez 19 d'une manière notable. Tous ces faits s'éloignent d'une manière sensible de ce que l'on constate par la médication sulfureuse, d'après Andrieux, Camus, MM. Pidoux, Lambron. et, quoiqu'on ait voulu admettre une certaine diminution du pouls, nous avons vu , d'après les recherches de M. Grimaud, que cette diminution était loin d'être la règle. L'excitation pathologique est certainement on rapport avec l'excitation physiologique, et Ton aura moins à La craindre auprès des sulfurées dégénérées ou des indéterminées qu'auprès des sulfurées fortes, comme Les Eaux-Bonnes, Cauterets (César), Ludion (Pré n° 1). On saura donc les cas où l'on doit se défier des réactions exagérées, ceux où toute impulsion trop vive donnée à la circulation pourrait être dangereuse, el ces cas ou les éloignera des sources trop énergiques. Un médecin de Cauterets, Cyprien Camus, cite plusieurs faits dans lesquels des vomiques se sont ouvertes avec des accidents très-graves après quelques jours d'administration des eaux.
11 y a île plus deux méthodes opposées, l'une di-
recle, l'autre indirecte, clans la curation des catarrhes chroniques, et Ton peut avoir intérêt à préférer l'une à l'autre. On peut agir directement sur la muqueuse bronchique, et cela de l'intérieur à l'extérieur, c'està-dire à l'aide de l'eau en boisson, ou de l'extérieur à l'intérieur, c'est-à-dire par l'inhalation. Dans les deux cas, c'est l'hydrogène sulfuré qui est l'agent le plus actif de la médication. Par l'inhalation, il arrive directement; par l'ingestion, le composé sulfureux esl décomposé dans l'organisme, et l'hydrogène s'exhale par les poumons. L'inhalation se fait surtout à Allevard, Saint-Honoré, Enghien; le humage, à Cauterets, à Luchon; l'inhalation de vapeurs non sulfureuses, au Mont-Dore et à La Bourboule. On a quelquefois prétendu que c'était là le moyen le plus directement el en même temps le plus profondément agissant dans la cure des catarrhes cbroniques. Ses bons effets sont des plus évidents : le premier et le plus constant est une sédation notable, un calme très- grand, même au milieu des crises d'oppression les plus vives. Ce résultat s'observe aussi bien par le humage.
Les malades atteints de catarrhe bronchique sont souvent éprouvés au début de leur séjour dans une ville d'eaux. L'oppression reparait plus intense ; il y a des crises pénibles qui durent même quelques jours, et cette première impression fâcheuse les engagerait à renoncer au bénéfice de la cure, si d'un côté on ne remontait leur moraL, si de i'anatee on n'avait un moyen immédiat pour lutter contre ces crises. Ce moyen, c'est à la fois l'inhalation el le timaage. Mais leur action,
r'~ DE LA MÉDECINE THERMALE
quelque précieuse qu'elle soit, et précisément parce qu'elle s'exerce d'une manière immédiate, ne modifie pas aussi profondément les conditions de vitalité de la muqueuse pulmonaire, sa circulation et ses «'Tirlions, que l'eau administrée en boisson. Elle n'a pas non plus les mêmes résultats à longue portée et se faisant sentir longtemps après la cure. C'est donc de celle-ci surtout que Ton doit espérer un sucrés durable. Non seulement l'eau sulfureuse, mais encore toute eau minérale chaude prise en excès trouve une voie d'élimination toute prête par la surface pulmonaire, et ainsi peut avoir elle aussi une sorte d'action élective. Enfin, l'arsenic, que l'on trouve dans les eaux du Mont-Dore, contribue à leurs effets spéciaux sur le catarrhe bronchique; jusqu'ici, ce que nous savons au sujet de ce médicament et de sa présence dans les sources thermales ne va pas au delà de la connaissance des effets thérapeutiques qu'on lui accorde même en dehors des eaux. Comme on n'en fait usage en posologie qu'à des doses très minimes, ces doses se retrouvent presque dans les mêmes proportions en médecine thermale, surtout à La Bourboule, qui représente la médication arsenicale beaucoup mieux que toutes les autres stations similaires.
Peu de choses sont aussi bien établies que la corrélation qui existe tant au point de vue physiologique qu'au point de vue pathologique entre les fonctions du système cutané et celles du système des muqueuses. Comme tous les organes, la peau, même en dehors de toute diathèse, présente une sensibilité aux im-
pressions morbides ou autres, que les idiosyncrasies toul comme l'âge ou toute autre cause font varier. Il n'est pas douteux quelle ne soit chez beaucoup d'individus qui ne sont ni arthritiques, ni herpétiques, ni scrofuleux, le théâtre de manifestations qui tiennent à ce que chez eux l'organe est prédisposé à s'affecter sous les influences les plus diverses, tandis que chez d'autres cet organe sera lamuqueuse pulmonaire, intestinale ou pharyngienne , etc. On la voit par exemple, à la suite de l'ingestion d'aliments qui sont toujours les mêmes pour un même sujet, offrir des érupLions fugaces, durant quelquefois tout au plus une demi-journée. On la voit dans bien des maladies perdre sa souplesse, son élasticité, contracter une sécheresse, une viscosité particulière, et cette atonie qu'elle présente n'est pas sans amener de nombreuses perturbations, car la bonne exécution des fonctions de la peau est une condition nécessaire de L'équilibre dans l'organisme. Les dangers graves que fait courir leur suppression brusque, les dangers non moins sérieux, mais plus dissimulés que cause leur suppression lente, font voir l'intérêt que l'on a à les rappeler tant dans les maladies aiguës que dans les maladies chroniques. Les avantages d'une méthode indirecte, basée sur ces principes dans la curafion du catarrhe bronchique, font comprendre l'intérêt que l'on doit avoir à porter l'excitation et la révulsion de ce côté. Ce sont en somme des moyens différents pour arriver à un but identique et, comme on le disait sous l'empire de la doctrine des crises, pour détourner la
lluxion. Ces faits n'avaient pas échappé à l'attention de Michel Bertrand, le grand législateur du Mont- Dore. Il voyait ainsi que ces eaux ramenaient la sueur vers une peau dont l'aridité était exagérée, et changeaient des sueurs morbides et partielles en une douce moiteur.
Parmi les symptômes du catarrhe bronchique, nous voyons l'expectoration se modifier assez rapidemenl à l'aide du traitement ; c'est ainsi que tout d'abord elle est augmentée ; mais on n'a pas à craindre . comme dans la phthisie pulmonaire, que celte augmentation aille trop loin. Quand il y a dos cavités, des dilatations, celles-ci se vident à profusion au commencement, puis se sèchent. Le malade tout le premier accuse ce phénomène qui l'a frappé. Les gros râles muqueux que produit dans ces cavités l'introduction de l'air disparaissent souvent en totalité et font place à de la sécheresse dans le souffle. A la dyspnée, après la première exacerbalion, due au changement d'attitude, succède une respiration plus calme. L'emphysème , quand il est prononcé, ne disparaît pas, môme consécutivement. On le retrouve longtemps après la cure, mais il peut cependant s'amender. M. Boudant a montré, ce qui paraît eu effet naturel, que le traitement sera d'autant plus facile que l'emphysème ne sera pas encore enté sur la bronchite. Cependant , quand celui-ci n'occupe qu'un espace limité, il a vu des vésicules emphysémateuses reprendre leur élasticité et les signes d'une respiration normale reparaître.
Quand le catarrhe bronchique a atteint ce degré de développement où l'emphysème est lui-môme cause d'une congestion, d'une stase sanguine étendue, où chacun de ces éléments joue tour à tour vis-à-vis des autres le rôle de cause et d'effet, on ne peut guère compter avoir grande prise sur la lésion, mais on obtient de bons effets de l'inhalation des vapeurs. On doit aussi, quand le mal en est arrivé à ce point, administrer l'eau avec plus de ménagements. La stase sanguine peut gagner de proche en proche; le catarrhe parvenu à ce point est accompagné d'une gêne secondaire dans les fonctions du cœur; cette gêne redouble à son tour la congestion, et l'on ne pourrai! sans inconvénient porter une excitation trop vive sur la circulation pulmonaire. Le Dr Senae-Lagrange, dans une étude consciencieuse sur Cauterets au poinl de \ue médical et géologique. , a donné quelques bonnes observations des effets des sulfureux sur ces stases sanguines secondaires, sous la réserve qu'elles seront administrées avec un grand tact et beaucoup de ménagements.