DE FORME
SON TRANSITOIRE — ASSIMILATION ET DISSIMULATION — ÉLISION — ADDITION — LIAISON.
Son TRANSITOIRE.
Quand deux sons de production très différente se suivent immédiatement, il y a de toute nécessité un son intermédiaire entre les deux : c'est un son transitoire. Ainsi, pour dire ba, b se prononce avec les lèvres fermées et a avec la bouche grande ouverte ; par conséquent, il arrive un moment où, en passant de b k a, les lèvres sont entr'ouvertes, dans la position qui correspond à v.
Pour indiquer les sons transitoires, ce qui n'est pas indispensable, on les met entre crochets. Ex. : bât (b[n]a), pas (p[n]a), tard(t[n]a:r).
Lorsque deux sons se forment à la même place, le son transitoire est réduit ou supprimé. Ainsi, dans : hanneton (anto), il n'y a pas de son entre n et t.
Lorsque deux sons se forment à des places différentes, il y a entre eux un son transitoire. Ex. : Bagdad (bag[n]dad), acteur (ak[h]tœ:r).
Parfois, le son transitoire devient un son indépendant. Ainsi, des personnes prononcent: renje pour rep[j]e ; inversement, pap[j]e pour panje ; — srn£st[9] ronâ pour ernsst ronâ, feliks[9] fo:r pour feliks fo:r ; — je l'ai vu^ elle Fa pris, etc., avec un l double.
Assimilation et Dissimilation.
66. Assimilation. — Deux sons consécutifs influent toujours l'un sur l'autre plus ou moins ; ils tendent à s'assimiler, c'est-à-dire à devenir semblables, pour éviter un changement de la position des organes.
Le mot assimilation est lui-même un exemple de ce phénomène, puisqu'il vient de ad et de similis ; le d s'est assimilé en s.
Lorsque le son assimilateur est avant le son assimilé, on dit que l'assimilation est progressive. Ex. : syb^iste pour sybsiste.
Lorsque le son assimilateur est ajprhs le son assimilé, on dit que l'assimilation est régressive. Ex. : sybsiste pour syôsiste. Lorsque le son assimilé est placé entre deux sons dont il subit l'influence, l'assimilation est à la fois progressive et régressive. Ex. : ma • ma pour mamS.
Entre les voyelles^ il y a peu de cas d'assimilation : a en 0 Ex, : sobnsl ^ pour solansl (solennel) ; 8 en 6 Ex. : mwa ms:m^ pour mwa me: m (moi-même) ; 0 en œ Ex. : sceli ^ pour 5oli (joli) ; u en 0 Ex. : o-s^rdyi^ pour o-3wrdyi (aujourd'hui) ; q en w Ex. : t^ws ^ pour 5qs.
L'assimilation des consonnes est beaucoup plus ordinaire ; en voici quelques exemples :
V en f. Ex. : \of suri pour \ov suri (chauve-souris) ;
s en z. Ex. : rymati^sm pour rymatism (rhumatisme) ;
3 en \. Ex. : Jte pour 5te (jeter) ;
b en p. Ex. : observe pour o6ssrve (observer) ; cf. obscène,
obsèques, obscur, etc.
b en n. Ex.: yn to:m^ nœ:v pour ynt5:b nœ:v (une tombe
neuve) ^ prononciation à éviter.
LES SONS COMBINES 117
p en b. Ex. : h kaè ve:r pour la ka^ vs:r (le Cap vert) ; dent. Ex.: rne^ss pour mechê (médecin): œ ^me t is:r
pour œ Jms d f s : r (un chemin de fer) ; etc. d en n. Ex. : pa-Tid ^ pour ipo-dà (pendant); d0 z œ:r e Timi^
pour d0 œ:r e c^mi (deux heures et demie); k en g. Ex.: glo:di pour Mo:d (Claude); ane^dot pour
ansMot (anecdote) ; s9^o pour sdko (second) ;
sagrs 1 pour sdkrs (secret), etc.
67. Dissimilation. — On dit qu'il y a dissimilation lorsqu'un son devient plus ou moins différent d'un son voisin qui lui était identique ou qui possédait quelques caractères communs avec lui. Ainsi, r se dissimile en l dans colidor pour corridor, célébrai pour cérébral; n en l dans liméro pour numéro ; l en n dans caneçon pour caleçon ; k en t dans cintième pour cinquième, etc.
On peut aussi rattacher à la dissimilation d'autres exemples de prononciation défectueuse qui s'expliquent par la transposition d'un ou de plusieurs sons. Ex. : précepteur ^ pour percepteur; Saint Suplice'^ pour Saint Sulpice; Malthide'^ pour Mathilde ; Félisk ^ pour Félix ; une eursource ^ pour une ressource, etc.