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NOTIONS GÉNÉRALES SIMPLIFIÉES

Prononciation normale — Sons, bruits — Organes de la respiration et de la parole — Voyelles, consonnes, semi-voyelles — Alphabet phonétique (Association Phonétique Internationale).

1. La prononciation française n'est pas la même à Paris et dans un village champenois, normand, gascon ou provençal. Il n'y a pas, en vérité, deux Français qui prononcent exactement de la même manière. Il est donc indispensable de reconnaître une prononciation normale.

A notre avis, cette prononciation normale est celle de la bonne société, c'est-à-dire l'usage général des personnes instruites des difîérentes régions de la France, mais plus particulièrement de la région parisienne, pour des raisons qu'il est inutile de rappeler ici. C'est pourquoi un éminent phonétiste, M. Rousselot, exige d'un professeur de phonétique française ces deux conditions : être Parisien, de souche parisienne ^

D'autre part, la prononciation normale varie encore, selon qu'elle est rapide et familière comme dans la conversation, soutenue et oratoire comme dans un discours, ou qu'elle oscille entre ces deux extrêmes.

Il doit donc être bien entendu que, sauf indication spéciale,

^ L'auteur du présent ouvrage est né à Paris, d'une mère parisienne.

c'est la prononciation normale de la conversation soignée qui sera représentée dans les pages suivantes.

Enfin, comme cette prononciation hésite parfois entre deux sons voisins \ nous considérerons de notre devoir, non pas de dogmatiser contre l'usage, mais de constater ces deux «phonies», en indiquant, si possible, celle qui est la plus répandue.

2. Lorsqu'on frappe sur une note de piano, on produit un son. Lorsqu'on frappe sur une table, on produit un bruit. Les sons diffèrent des bruits de plusieurs manières :

1^*. Quand un corps est animé de vibrations, c'est-à-dire d'oscillations très rapides, qui se succèdent régulièrement ou à des intervalles égaux, il produit un son. Quand un corps vibre sans remplir cette condition, il produit un bruit.

2^. Tout son composé, comme ceux des instruments de musique ou de la voix, est un ensemble de sons simples : le son le plus grave et le plus intense porte le nom de son fondamental ; les autres sont appelés sons accessoires. Il peut y avoir, entre le nombre de vibrations du son fondamental et celui des sons accessoires toutes sortes de rapports. S'ils sont entre eux dans un rapport simple, c'est-à-dire s'ils sont proportionnels aux nombres 2, 3, 4 . . ., on dit que les sons accessoires sont des harmoniques du son fondamental. Quand les sons accessoires ne sont pas harmoniques du son fondamental, on n'a pas un son musical, mais un simple bruit.

3°. Avec des sons, on compose des mélodies, des harmonies ou des symphonies ; en combinant des bruits, on obtient seulement des rythmes.

Observation. — « En général, il suffit d'un peu d'attention pour que

^ Ainsi, 'amen se prononce amen ou a :men ; Jeanne, 5an ou 3a :n ; Jacques, 5ak ou 5a :k; amazone, amazon ou amazo:n; atome, aton; ou ato:m; médecine, metsin ou metsin ; monsieur, m9sj0, mœsj0, m0sj0, msj0.

l'oreille discerne un son d'un bruit. Tout bruit de durée assez longue, et n'ayant pas un caractère musical, peut se décomposer en un grand nombre d'impressions acoustiques successives, difîérentes et irrégulières. Par exemple, dans le bruit total produit par le passage d'une voiture sur le pavé, l'oreille peut saisir le bruit des roues, le pas des chevaux, le cliquetis des objets dans la voiture, etc. Au contraire, un son proprement dit donne une sensation de continuité et de tenue ...» A. Paulsen, NaturTcrcyf terne, Copenhague, 1895, p. 844, cité par K. Nyrop, Manuel phonétique du français parlé, Paris, 1902, p. 7.

Toutes les langues humaines parlées sont composées de sons et de bruits.

3. Pour parler, les hommes se servent d'organes de respiration et d'organes de la parole.

Les organes de la respiration sont : le diaphragme, les côtes, les poumons, la trachée-artère.

Les organes de la parole sont : le larynx, la bouche et le nez.

Le diaphragme est un muscle mince, large, en forme de calotte, — comme le sommet d'un ballon, — qui sépare les organes contenus dans la poitrine de ceux qui sont renfermés dans l'abdomen.

Les côtes sont des os plats et recourbés qui s'attachent en arrière à la colonne vertébrale et contribuent à former la cavité de la poitrine. Les côtes supérieures sont fixes, les côtes inférieures sont mobiles.

Les poumons sont deux espèces de sacs situés dans la poitrine, à droite et à gauche, et appuyés sur le diaphragme.

La trachée-artère est un tuyau qui met en communication les poumons et l'air extérieur.

4. Quand le diaphragme se contracte, il s'aplatit, refoule en bas efc en avant les organes de l'abdomen ; en même temps, les côtes mobiles se soulèvent, l'air entre et les poumons se dilatent. Ce mouvement de l'air du dehors au dedans s'appelle inspiration.

1 Trachée-artère.

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