‹ Manuel pratique de pronunciation et de lecture françaisesChapitre 5 sur 50 · ORGANES DE LA PAROLE · texte numérisé non relu

ORGANES DE LA PAROLE

I 7 Palais mou.

8 Palais dur ou osseux.

9 Gencives supéri-

eures.

10 Dents.

11 Lèvres.

12 Devant de la lanA'ue.

13 Milieu de la langue.

14 Fond de la langue.

15 Cavité buccale

(bouche).

16 Cavité nasale

(fosse).

Puis le diaphragme remonte, la poitrine et l'abdomen retombent, les poumons sont comprimés, l'air est chassé au dehors. Ce mouvement de l'air du dedans au dehors s'appelle exjnration.

L'inspiration et l'expiration sont les deux temps, les deux phases de la respiration.

5. Lorsque l'air s'échappe du dedans au dehors, il passe dans la trachée-artère, puis à travers une sorte de cartilage appelé larynx \ où il rencontre deux cordes vocales tendues horizontalement, d'avant en arrière. L'espace compris entre les deux cordes vocales est la glotte. On peut comparer les cordes vocales à deux lèvres élastiques et la glotte à une fente qui les sépare.

A la partie supérieure du larynx est fixée l'épiglotte, sorte .de soupape cartilagineuse qui reste ouverte pendant la respiration, mais se ferme pendant la déglutition pour empêcher les aliments de pénétrer dans le larynx, ce qui arrive lorsqu'on «avale de travers».

6. La bouche est une cavité placée au-dessus et en avant du larynx.

L'arrière-bouche, ou pharynx, communique par en bas avec l'œsophage, par en haut avec le nez, par devant avec la bouche proprement dite.

Le dessus de la bouche est divisé en deux parties : le palais mou en arrière, le palais dur en avant; le palais dur est immobile, le palais mou est mobile : son prolongement, le voile du palais, encore appelé uvule ou luette, est un appendice mou qui laisse passer l'air par le nez lorsqu'il est baissé, mais qui ferme le passage du nez lorsqu'il est complètement relevé. Le devant du palais dur forme les gencives ou alvéoles supérieures.

^ Jje*larynx, ou partie supérieure cartilagineuse de la trachée-artère, n'a pas été représenté à dessein dans la figure ci-contre (p. 18) ; il aurait nui à sa clarté.

20 Pr.ONONCIATION FKANÇAISE

Au bas de ]a bouche est fixée la langue, muscle aplati et allongé, dont les différentes parties sont disposées ainsi quand la langue est au repos : le fond (ou dos) en face le palais mou, le milieu en face le palais dur, le devant en face les gencives supérieures, et la pointe à l'extrémité antérieure.

Observation. — Les phonéticiens emploient encore d'autres expressions pour désigner les différentes parties de la langue en allant d'a\ ant en arrière : la pointe, la couronne, le dos et la racine.

7. Quand les deux cordes vocales, semblables à des lèvres, se rapprochent et que l'air est expulsé entre elles, elles vibrent et produisent un son connu sous le nom de voix. Quand elles sont en repos, c'est-à-dire écartées (la glotte est alors ouverte), l'air, en sortant, ne produit qu'un léger frottement appelé souffle.

La voix, en sortant du gosier, passe dans la bouche. Comme la forme et le volume de la bouche varient suivant qu'on l'ouvre plus ou moins, suivant aussi la position de la langue et des lèvres, la voix se modifie. Les diverses modifications de la voix sont les voyelles.

D'autre part, le souffle, en passant dans la bouche, peut être aussi modifié par la position et le fonctionnement de l'uvule, du palais, de la langue, des dents, des lèvres. Les diverses modifications du sovffle sont les consonnes.

Observations. — «La grande distinction entre les voyelles et les consonnes, c'est que dans les premières la position de la bouche modifie seulement un son produit dans le larynx, tandis que dans les dernières la position de la bouche est le facteur essentiel, produisant un son fricatif spécial.» — B. Uumville, Eléments of French Pronunciation and Diction, London, 1904, p. 11.

« Tous les sons simples qui se composent entièrement de bruit, ou d'une combinaison de bruit et de son dans laquelle le bruit prédomine, sont appelés conBonnes. Le son de la voix, qui sort de la bouche sans addition d'aucun bruit perceptible, constitue une voyelle.» — D. Jones, The Pronunciation of English, Cambridge, 1909, p. 6.

« Une voyelle chantée ou parlée est un son musical : elle résulte de

vibratious régulières. Une consonne sourde, telle que p, t, k,f, est un bruit ; une consonne sonore telle que b, d, g, v, z, est un son mêlé à un bruit.» — L. Roudet, Éléments de phonétique générale, Paris, 1910, p. 22.

Quand les voyelles sont produites exclusivement dans la bouche, elle sont appelées voyelles buccales ou m'aies. Quand elles sont renforcées par les vibrations de l'air du nez, mis en communication avec l'air de la bouche par l'abaissement du voile du palais, elles sont nasalisées et reçoivent le nom de voyelles nasalisées.

Il se produit de la même manière des consonnes buccales et des consonnes nasalisées.

8. Certaines voyelles (^ ou u), prononcées comme des consonnes, c'est-a-dire avec la langue et les lèvres un peu .plus tendues, deviennent des sons intermédiaires entre les voyelles et les consonnes, ou semi-voyelles.

Observation. — « Une semi-voyelle est un son pendant la production duquel les organes forment un canal encore plus rétréci que dans les voyelles fermées, de telle sorte que l'oreille perçoit à la fois le timbre d'une voyelle et le bruit produit par l'air qui s'échappe à travers le canal vocal.» — L, Roudet, Elémtnti<, p. 105.

9. La science qui étudie la formation des sons d'une langue, les combinaisons de ces sons dans les mots et dans les phrases, ainsi que leur représentation à l'aide de symboles, c'est la phonétique.

Dans cet ouvrage, les symboles employés sont ceux de V Association phonétique internationale.

Observations. — La cotisation annuelle de l'Association phonétique internationale est de 3 fr. 50. Les Membres reçoivent franco chaque mois le Maître Phonétique, organe officiel de l'Association (Directeur : P. Passy, Bourg-la-Reine, Seine, France ; Sous-Directeur, D. Jones, University Collège, London, W.C.). Numéro spécimen contre envoi d'un timbre de 0 fr. 10 à l'adresse Fonetik, Bourla-Eeine — On consultera avec profit le Dictionnaire phonétique de la langue française, de H. Michaelis et P. Passy, Paris, Berlin, etc., 1897.

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