MACHINES A GREFFER
aviver les plaies, faire la fente sur les jeunes souches et, en outre, préparer les greffons.
B, Outil spécial pour la greffe dite à la Pontoise. — Pour pratiquer cette greffe, on emploie souvent une gouge à lame angulaire, qui permet d'ouvrir la rainure aiguë dans laquelle on loge le greffon.
C. Machines pour l'exécntion de la greffe en fente anglaise et de la greffe Ghampin. — L'emploi des machines est venu beaucoup faciliter l'application du greffage à la reconstitution de nos vignobles ; il permet d'utiliser pour ce travail, jusqu'ici réservé à des ouvriers spéciaux, des journaliers quelconques ou même des femmes; aussi comprend-on l'empressement avec lequel quelques-unes d'entpe elles ont été accueillies par les viticulteurs.
La plus estimée et la plus répandue jusqu'ici, parmi les machines à greffer, est celle de M. Petit ; voici comment s'exprime à son sujet M. Bréheret, préparateur à la Station viticole de Montpellier, dans son Rapport sur le concours des outils et machines propres au greffage de la VignCy organisé à V École Nationale d* Agriculture de Montpellier y par la Société centrale d^Agri" culture de V Hérault ^ les 8, 9 et 10 mars 1880 :
tl6 VIfiNES AMÉRICAINES.
« La machine à greffer de M. l'ingénieur Petit, de Langon (Gironde), est sans contredit la première qui, depuis quelque temps déjà, a attiré l'attention des viticulteurs, et elle commence à être assez connue du public agricole qui se tient au courant des progrès de l'art mécanique, pour qu'il ne soit pas nécessaire de nous arrêter aux plus petits détails de sa construction et de sa manœuvre (/îjr. 16).
Fig. 16. — Machiae Petit pour exécuter la greffe en fente anglaise à l'atelier,
» L'appareil Petit comprend deux lames : une cpourla coupe en biseau du sarment, l'autre f pour la fente, portées par un levier horizontal oscillant autour d'un axe fixe a et guide par uno glissière qui passe dans une coulisse m n. Le tout est iixé sur une planchette en fonte qui sert de bâti, et que l'on assujétit sur le bord d'une table au moyen de vis. Le levier, et par suite les lames, ont un mouvement horizontal de va-
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et-vient. Une poignée j», que l'ouvrier actionne avec la main droite, sert à mettre le levier et les lames en mouvement.
B La lame c, qui fait la coupe et qui est placée sur la droite de la machine, est une sorte de plane de charron, tandis que celle f, qui fait ia fente, se rapproche beaucoup de la portion droite d'une serpette ordinaire, sauf les dimensions.
Pig. 17. — Tablette de la Machine Pbtit.
» Sous la première lame c se trouve une petite tablette t qui supporte le sarment pendant la coupe. Elle se compose d'une partie verticale B (Jig. 17) servant de buttoir pour le sarment, et d'une surface gauche ab cd, inclinée d'arrière en avant, de gauche à dÂite, servant h, donner au sujet, par rapport à l'outil, une inclinaison convenable.
» C'est dans cette pièceque réside l'idée-mère de la machine, elle est la plus importante; aussi l'application du même principe a-t-ellc trouvé depuis un certain nombre d'imitateurs.
» La tablette est maintenue par deux petits boulons glissant dans des rainures pratiquées à la table qui sert de bâti, et elle est soutenue par quatre vis qui permettent de régler son niveau; elle doit être disposée de façon que lorsque le levier est au bout de sa course, le taillant de la lame vient l'affleurer au niveau de la partie supérieure du plan gauche suivant la ligne a 6.
» Pour faire la coupe, T ouvrier ramène le levier à lui, et, tenant le sarment de la main gauche, il Tappuie sur la tablette perpendiculairement au buttoir; de la main droite, il pousse le levier, et la lame vient trancher nettement le sarment avec la pente voulue. Plus le sarment sera porté vers la gauche, plus la coupe sera longue, de sorte que les bois d'un faible diamètre devront être portés vers ce côté de la tablette, et les gros, au contraire, vers la droite. On peut donc donner à la coupe la pente que Ton veut, et deux sarments de même grosseur, placés l'un après l'autre au même point de la tablette, seront coupés avec la même pente, ce qui est Tessentiel.
» Sous la lame de gauche f est un support s analogue à la tablette dont il vient d'être question, c'est-à-dire que sa partie supérieure présente une pente d'arrière en avant et de