MACHINES A GREFFER
gauche à droite. Pour exécuter la fente , l'ouvrier repousse le levier à bout de course, pose le sarment sur le support, le coupe en dessus, de façon que le tranchant de la lame vienne affleurer le biseau au point où doit commencer la fente, et tire le levier à lui jusqu'à ce qu'elle soit terminée.
» Dans la greffe Ghampin, il reste un onglet épais; lorsqu'on veut le faire, il suffit de régler la position de la tablette en l'abaissant jusqu'à ce que la lame vienne affleurer le buttoir un peu au-dessus de sa ligne de rencontre avec la surface inclinée.
» Après quelques heures de pratique, un ouvrier arrive rapidement à faire des greffes d'une exécution parfaite.
» Construite dans le but de greffer des boutures ou des plants enracinés et arrachés , la machine Petit, tout en fournissant un excellent travail dont les succès ont déjà été signalés pendant la campagne de 1879, a l'avantage de réunir plusieurs qualités indispensables à tout instrument agricole : simplicité d'agencement et de manœuvre, solidité et bas prix relatif, puisqu'il n'est que de 35 francs, et qu'il s'abaissera encore. Cette machine, parfaitement appropriée; aux fonctions qu'elle est appelée à rempUr, est un outil rustique, dans toute l'acception du mot.»
Oû emploie également assez celle de M. Berdaguer, qui est certainement moins parfaite que la précédente, mais qui donne pourtant encore des résultats satisfaisants et que son prix peu élevé rend accessible aux bourses les plus modestes. Dans le rapport cité précédemment, M. Bréheret la décrit et l'apprécie de la manière suivante :
« Une autre machine qui a fait son apparition dans nos contrées lors du Congrès vîtîcole de Nimes, en septembre 1879, est celle de M.
«, constructeur, rue Childeber', iX, à
Fig 18, — Machine Bbrdagotr pour exécuter la gïrtfe en fente anglaise à l'ateLer.
Lyon [fig. 18). Elle se compose essentiellement de deux lames à tranchant inverse, faisant corps avec un levier horizontal qui pivote autour d'uu axe central, lequel est fixé sur une plaque en fonte où sont creusées six rainures de diverses grandeurs.
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» La lame de droite sert à faire la coupe biaise, celle de gauche à pratiquer la fente, et toutes les deux sont alternativement actionnées par le mouvement de va-et-vient imprimé au bras de levier qui forme le prolongement de cette dernière lame.
» Un buttoir placé sur le bord postérieur de la moitié droite de l'instrument est destiné à servir de point d'appui au sarment que l'on coupe.
«Au-dessous delà première lame, celle de droite, se trouvent trois cavités représentant en creux le biseau d'une greffe anglaise et servant à protéger la partie du bois qui doit être respectée. Sous la lame de gauche sont encore trois sillons inégaux et dans lesquels on place, suivant grosseur, le sarment coupé que Ton doit fendre. Enfin, dans l'épaisseur de la plaque de fonte, il existe une encoche qui fait fonction d'un crochet de sécateur et qui permet au greffoir de couper un sarment dans une direction perpendiculaire à celle de ses fibres.
» Pour se servir de l'appareil Berdaguer , il faut le fixer solidement tout à fait sur le bord antérieur d'une table, au moyen de vis que Ton place dans des gorges pratiquées à cet effet. Gela fait, l'ouvrier saisit la petite poignée de la main gauche; il la pousse en avant, et, tenant le sarment de la main libre, il l'introduit dans
une des cavités de droite; puis, attirant le bras de levier vers lui, la lame opposée s'avance en exécutant le biseau.
» Pour obtenir la fente, le greffeur pousse une seconde fois le bras de levier et pose le sarment taillé dans une des rainures de gauche, en le tenant solidement ; à son retour, la lame fend le sujet et s'arrête quand le levier vient rencontrer une petite vis buttante qui limite son mouvement d'avant en arrière.
» Lorsque le sarment est de faible diamètre, le biseau est fait en une seule fois ; s'il est gros, on a tout d'abord le biseau partiel de la greffe tlhampin ; mais, si l'on veut avoir celui de la greffe anglaise, on n'a qu'à enfoncer le sarment plus près du buttoir, et une seconde coupe suflftt pour l'obtenir.
y> Beaucoup moins complet que la machine Petit, mais aussi beaucoup moins coûteux, puisque son prix n'est que de 12 francs, cet instrument convient surtout pour le greffage des boutures. L'enlèvement des lames est trèsfacile, car toute la machine est d'une grande simplicité. »
Enfin, M. François Sabatier, membre de la Société d'Agriculture de l'Hérault, a inventé une machine nouvelle destinée à exécuter le même travail que les précédentes {fig. 19); cet
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appareil, qui parait fort bien conçu, n'est malbeureusemeot pas eocore dans le cominerce et .
Fip. 19. — Machiue François SABiiiEtt pour eséciiier la grelle en feate anglaise à l'atelier.
n'a, par conséquent, pas été jusqu'ici expérimenté pratiquement.
D. Maohines spéciales pour l'exécntioii do la greffe Champin. — Une seule machine a été construite, jusqu'ici, spécialement en vue de l'exécution de ia greffe Champin : c'est celle de M. Leydier (à Leucieux-Vaucluse), dont voici la description, extraite encore du rapport de M. Bréheret :
« Les orgjines principaux de l'appareil Leydier sont {/ig. 20) : une lame médiane, mobile à volonté en faisant bascule au-dessus d'un axe transversal qui se trouve au milieu de sa Ion-
gueur ; 2®. une plaque qui se meut par son extrémité postérieure dans le même sens que la
Fig. V). — Machine Lbydier pour exéomur la greffé
Ghampin à l'atelier.
lame et lui sert de plancher inférieur ; 3® un régulateur; et enfin 4o un rabot mobile d'avant en arrière, qui fait en même temps fonction de plancher supérieur de la lame médiane.
»Les distances qui séparent la lame de ses deux planchers sont réglées de telle sorte qu'il y a toujours entre elles et le-rabot un intervalle double de celui qui la sépare du plancher inférieur, quelle que soit la grosseur du sarment employé.
»Le régulateur se compose d'un petit levier et de deux pièces ayant une forme assez semblable à celle des pistolets dont se servent les dessinateurs. Ces deux pièces sont solidaires, Tune avec la lame, l'autre avec le plancher inférieur, et, comme le petit levier passe entre elles à frottement dur, son mouvement de vaet-vient détermine des ouvertures proportionnellement invariables de 2 à 1 .
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»Le rabot est une grande pièce horizontale mobile qui se trouve à la partie supérieure de l'instrument et dont la lame, fixée par une vis, peut être enlevée à volonté pour l'aiguisage. Il a pour mission de faire le biseau, et sa lame, rendue à bout de course, vient toujours affleurer l'axe rotatoire de la lame médiane, de sorte que, si variable que soit le diamètre du sarment, la longueur du biseau reste la même»
))Dans son mouvement de recul, le rabot est guidé par deux coulisses, l'une externe, l'autre interne. A l'avant de cette dernière, une lanière se fixe sur lui el vient passer sur une poulie située à la partie postérieure de l'instrument pour se terminer à une. pédale de remouleur.
Au-dessus de la courroie, un ressort, qui se tend dans l'action, permet à l'outil de retourner dans sa position primitive une fois la coupe achevée.
» Toutes ces pièces sont montées sur un bâti. CA fonte qui peut être solidement fixé sur, le bord d'une table, dont l'une des planches est traversée par la courroie (fig. 21).
3!>Pour se servir de cette machine, l'ouvrier prend im sarment et cherche à l'introduire dans l'ouverture où se trouve la lame dont nous avons parlé. Si le diamètre du sujet est trop gros ou trop petit par rapport à cette ou-
verture, il actionne de la main gauche la manette du régulateur pour donner l'écartement
Fi'j- îl . — Machine Lbybibti ciooWe sur une table avec sa pédale.
voulu. Cela fait, il pousse le sarraeut, qui, rencontrant la lame, se fend exactement à l'endroit diisigné par le rapport de 2 à 1 , et, appuyant
LIGATURES ET ENGLUEMENTS. 127
ensuite sur la pédale, le rabot recule en formant un biseau parfaitement régulier.
»L'appareil Leydier, bien que ne coûtant que 25 fr., est une machine à grand travail que tout ouvrier peut faire fonctionner sans aucun apprentissage.»
Les diverses machines que nous venons d'examiner ne permettent d'exécuter les greffes qu'à Tatelier ; bien que plusieurs appareils aient été proposés pour le travail en plein champ et sur souche plantée, aucun d'entre eux, jusqu'à présent, ne semble assez parfait pour passer dans la pratique.
6*" Ligatures et engluements.
Les greffes faites sur des pieds de petit diamètre demandent à être solidement assujéties par des ligatures qui les maintiennent serrées jusqu'au moment où leur consolidation par la soudure est suffisante. On emploie plus spécialement dans ce but la ficelle ordinaire, ou celle provenant de l'effilage des vieilles cordes goudronnées de la marine, ou bien encore le raphia du Japon. Cette dernière matière, qui est plus économique que la ficelle et qui possède une très-grande solidité, a le défaut de pourrir un peu vite dans les années pluvieuses. On peut parer à cet inconvénient en la trempant,
quelque temps avant de l'employer, dans un bain de sulfate de cuivre, ainsi que l'a proposé M. Ghampin.
Il n'est nécessaire d'avoir recours à des engluements que dans le cas où l'on a affaire à des greffes laissant à découvert de larges plaies, ainsi que cela a lieu lorsque Ton fait la grefiFe en fente ou à talon sur de vieux pieds; les greffes anglaise, Ghampin, achevai, etc., pratiquées sur des boutures ou sur de jeunes pieds, peuvent s'en passer au besoin, à la condition d'être enveloppées dans une ligature de raphia ou de ficelle goudronnée soigneusement exécutée. Quoi qu'il en soit, l'engluement qui a donné jusqu'ici les meilleurs résultats dans la pratique, est l'argile pétrie. On l'applique en petite quantité sur les plaies, afin de les protéger du contact de Tair et de la pénétration des eaux. Elle doit être parfaitement purgée de pierres et former une pâte bien liée, ne coulant pas et ne se fendant pas quand on la façonne.
Les mastics résineux , tels que celui de L'Homme-Lefort, etc., n'ont pas réussi: ils s'altèrent trop promptement sous terre.
V Soins a donner aux greffes.
À, Bnttage. — Une fois la greffe achevée, elle doit être fortement buttée, afin de la sous-