‹ Manuel pratique de viticulture pour la reconstitution des vignobles (volume 2)Chapitre 37 sur 71 · ACIDE AZOTE · texte numérisé non relu

ACIDE AZOTE

pbosph.

pour cent.

Colza d'Europe 4.92 2.83

Colzas exotiques (panach. de Bombay) 5 . 53 1 . 98

Moutarde noire 5.15 1 . 67

Moutarde sauvage 4.46 1 .83

Pavot de l'Inde 5.81 2.88

Ravison 4.99 1 .02

Ricin brut 3.67 1 .62

Ricin décortiqué 7.42 2.26

Sésame noir 6.34 2.03

Sésame blanc 5.81 2.07

Sésame panaché * 5.51 1 .94

On les emploie à la dose de 2,000 kilos environ par hectare; ils sont entièrement absorbés ordinairement dans l'année qui suit leur emploi. Leur faible teneur en potasse rend utile d'appliquer en même temps aux vignes que l'on fume par leur moyen, de 400 à 500 kil. de chlorure de

^ Ces chiffres sont extraits de i'excelleat ouvrage de M. Décugis sur les Tourteaux des Graines oUagineusesit , 1876. — Toulon, chez l'auteur, place d'Armes.

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potassiurrhy de sulfure de potassium ou de suU fate dépotasse. Ce supplément est également utile lorsque l'on fait usage des chiffons, de la cornaille, etc.

Les marcs de raisins renferment 1,71 p. 0/0 d'azote et 0,5 p. 0/0 environ de potasse; on doit les employer à cause de leur acidité, soit dans les terres calcaires, soit après les avoir mélangés avec de la chaux en poudre qui les neutralise, ou avec de la cendre qui augmente en outre leur richesse en phosphates.

Les roseaux y les plantes marines , les rameaux de buiSy de cistes, de lentisques, etc., peuvent être appliquées dans les terres fortes après avoir été grossièrement hachés, ou dans des terres plus légères après qu'on les a fait préalablement décomposer. Ces divers engrais contiennent les quantités d'azote suivantes : buis 1,17 p. 0/0; roseaux, 0,43 p. 0/0; les plantes marines, de 0,40 à 0,55 p, 0/0.

La 5^6 renferme 1,15 p. 0/0 d'azote et une assez forte proportion de phosphate de chaux et de sels de potasse ; aussi produit-elle des effets très-remarquables sur la vigne, dans les terres calcaires surtout. On la répand à la dose de 2,000 à 3,000 kil. par hectare ; son action est annuelle ou à peu près.

Les divers engrais chimiques où l'on trouve

Vazote^ Va&ide phosphorique ou la potasse peuvent être employés, soit comme compléments d'autres engrais incomplets, soit réunis^ i>n proportions convenables pour suffire à eux seuls aux besoins de la vigne. Dans ce dernier cas, on peut faire usage de la formule suivante, due à M. Georges Ville, laquelle a donné de bons résultats :

Superphosphate de chaux. 600 kil. par hectare.

Nitrate de potasse 200 —

— de soude 100 —

Sulfate de chaux 300 —

On a encore employé utilement un mélange de :

Sulfate d'ammoniaque. . . 300 kil. par hectare. Sels alcalins de Berre. . . 400 — Superphosphate de chaux. 500 —

Au reste, bien d'autres compositions de ce genre sont possibles, suivant que l'on peut se procurer plus facilement, ou à meilleur compte, tel ou tel produit renfermant l'un des éléments recherchés. On peut trouver V azote ^ par exemple, dans les sulfates et les nitrates d'ammo^ niaquej et dans les nitrates de potasse ou de soude ; V acide phosphorique^ dans les phosphates minéraux ordinaires, les os, le noir animal y les superphosphates; enfin la potasse ^ dans les

sels alcalins ou sulfatisés de Berre, le sulfate de potasse, le chlorure de potassium, le sulfure de potassium et les carbonates de potasse divers {salins de betteraves, potasse de suint, etc.).

Bien que, comme nous venons de l'indiquer, on se laisse généralement guider par le prix de revient de Télément que Ton désire , sous les diverses formes que nous venons d'iodiquer, pourtant quelques-unes d'entre elles agissent mieux que d'autres sur la vigne ou dans certaines conditions de sol. Le chlorure, le sulfure depotassiu/metlenitrate dépotasse, par exemple, semblent donner de meilleurs résultats que les autres sels de potasse, et l'on ne doit employer, pour introduire l'acide phosphorique dans les terres calcaires, que les superphosphates, les phosphates neutres ne produisant pas d'effets sensibles dans ce milieu.

Les engrais chimiques sont généralement absorbés dès la première année ; il est bon d'en alterner l'emploi avec celui des fumiers de ferme .

B. Amendements. — Les amendements que Ton a le plus souvent occasion d'employer pour la vigne sont, dans les terres manquant de calcaire, la chaux et la marne, et dans les terres fortes, Vécobiiage, et quelquefois le mdcliefer et autres déchets analogues.

La ch<iux et la marne ne contribuent pas seulement à modifier les propriétés physiques du sol, elles semblent entraîner une amélioration dans les qualités du vin au point de vue du corps et de la couleur. Vécobuage^ d'après des expériences dues à M. Pagezy, augmenterait le rendement et la richesse en sucre des moûts. Enfin le mâchefer renferme la plupart du temps des pyrites de fer, qui par leur oxydation se transforment en sulfate de fer^ sel qui exerce dans certains cas une action utile sur la végétation.

C, Époqne à laquelle doivent être appliquées les fumures. — L'époque qui semble la plus convenable pour l'application des engrais et des amendements est presque toujours la fin de rhiver (janvier ou février) ; les plus actifs d'entre eux doivent être employés les derniers. Enfouis trop tôt, une grande partie des matières solubles qu'ils renferment est entraînée en pure perte avant l'entrée en végétation de la vigne ; trop tard, ils risquent de manquer de l'humidité nécessaire pour que ces éléments puissent agir.

Z>. Répartition des engrais. — Les engrais sont distribués dans les vignes de trois manières différentes : 1® dans les petites fosses coniques

du déchaussement en godet; 2* dans des fossés creusés dans Tintervalle des lignes; S*' sur toute la surface du champ.

Le premier système offre l'inconvénient d'accumuler l'engrais dans la région où il a le moins de chance d'être absorbé; c'est surtout vers la périphérie du cercle qu'occupe chaque souche que se trouvent en plus grand nombre les jeunes racines par lesquelles se fait l'assimilation la plus active. Par le second procédé, on pénètre, sans doute, dans une partie de la région riche en chevelu, mais l'établissement même de la tranchée entraîne la destruction des radicelles, que Ton est obligé de répéter toutes les fois que l'on recommence l'opération. L'épandage des matières fertilisantes sur toute la surface du sol offre , au contraire , l'avantage de les porter partout où peut se trouver une racine; de plus, l'enfouissement se fait alors à la charrue dans la couche supérieure aux racines, que l'on ne touche pas et vers lesquelles les eaux les entraînent bientôt. Du reste, l'expérience a démontré d'une manière évidente la supériorité de ce dernier moyen.

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