GREFFAGE EN PLACE OU A L ATELIER
par suite à toutes les chances d'affranchissement ultérieur. Cette manière de procéder devra donc être adoptée toutes les fois que la plantation sera faite dans des terres argileuses ou caillouteuses, où les greffes risquent de souffrir de l'excès d'humidité ou de la dessiccation résultant de la pénétration de l'air entre les mottes ou les cailloux, et, lorsque l'on opérera dans un milieu plus favorable, on trouvera encore souvent avantage à l'employer, par suite de la possibilité d'opérer à l'atelier et au moyen de machines. Dans les conditions ordinaires au contraire, on aura intérêt à greffer en place, le développement du plant étant généralement plus prompt et meilleur dans cette dernière condition.
La préparation en pépinière des plants gref fés peut se faire de diverses manières ; on peut : 1° Greffer en fente anglaise, sans les déplacer, des plants d'un an que Ton transplante Tannée suivante en plein champ ; 2° Arracher des plants ou des mérithalles enracinés, les greffer à l'atelier et les mettre en pépinière pendant un an ; 3° Greffer les boutures et les faire enraciner et souder en pépinière.
A. Greffage en pépinière. — Le premier de ces procédés est évidemment celui qui offre les
chances de succès les plus considérables, mais c'est en même temps le plus coûteux et le plus difficile à exécuter. Il est nécessaire, pour que les greffes ainsi faites en place prennent pendant Tannée un développement suffisant, que les plants soient plus écartés que ne le sont généralement ceux des pépinières ; aussi éclairciton habituellement les lignes avant le greffage en enlevant un plant sur deux, ou deux sur trois ; les barbées arrachées sont alors greffées à l'atelier, conformément au second procédé indiqué.
B. Greffage des pieds enracinés à l'atelier. — Ce dernier système présente l'avantage de permettre l'emploi des machines, avec lesquelles on peut exécuter la greffe à très bas prix et pourtant avec une grande perfection. La proportion de reprise est évidemment un peu moins considérable que si Ton greffait en place; mais si Ton tient compte du prix actuel, relativement peu élevé, des porte-greffes, on comprend que l'on a intérêt à sacrifier quelques pieds pour bénéficier de la promptitude et de l'économie qui résultent de ce mode d'opérer. On peut estimer que, dans une pépinière bien soignée et arrosée, le déchet dépasse rarement 10 à 15 *>/ , et il se réduit souvent à un chiffre insignifiant. Les plants greffés ainsi obtenus
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sont ordinairement très bien soudés et remarquablement vigoureux, si on les compare à ceux qui proviennent des greffes sur boutures.
C. Greffage sur boutures. — Les greffes sur bouture semblent présenter l'avantage de gagner du temps, puisque, en un an de pépinière, on obtient à la fois l'enracinement de la bouture et la soudure de la greffe ; l'opération peut en outre s'effectuer à l'atelier et à la machine. Malheureusement elles offrent l'inconvénient de réussir dans des proportions moins considérables que les précédentes et de donner lieu, en outre, à beaucoup de plants mal soudés et d'une végétation médiocre, que l'on doit renoncer, sans hésitation, à utiliser.
En somme, le deuxième procédé, qui consiste à greffer et à remettre ensuite en pépinière des plants ou des mérilhalles enracinés, semble devoir être préféré, en pratique,aux deux autres. Il tend à remplacer, chez certains viticulteurs, le greffage en plein champ, et il permettra de refaire rapidement, à peu de frais et sûrement, de grandes surfaces que la greffe est appelée à repeupler et où elle réussit difficilement.
9° Variétés européennes a choisir pour greffer sur pied américain.
L'occasion qui s'offre en ce moment pour les
viticulteurs de refaire en entier leurs vignobles, donne une importance considérable au choix des variétés à greffer sur pied américain. En effet, si c'est par l'emploi des porte-greffes convenables que l'on obtiendra la résistance au Phylloxéra et une végétation vigoureuse, c'est du choix des cépages que l'on greffera sur ces derniers que dépendront l'abondance et la qualité de la récolte et Timpressionnabilité plus ou moins grande des nouvelles vignes à l'action des intempéries et des maladies cryptogamiques qui exercent leur ravage sur la partie aérienne des plantes .
Ces considérations nous amèneront à jeter un coup d'œil rapide sur la valeur de nos anciens cépages méridionaux à ces divers points de vue et sur celle de quelques autres qui ont été récemment proposés et introduits.
Si nous considérons en premier lieu les vignes destinées à la production du vin, les cépages méridionaux les plus dignes de fixer l'attention sont les suivants :
Aramon,
A licante-Bouschet,
Carignane,
Espar,
Grenache,