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PRODUCTEURS DIRECTS OU PORTE-GREFFES

Ainsi, sauf dans les cas spéciaux où, par suite de la production de types de vins bien caractérisés et ayant une valeur commerciale supérieure, on ne saurait faire autre chose que de greffer les anciens cépages usités sur pied Américain, il semble difficile d' adopter un système unique : la greffe prédominera vraisemblablement de beaucoup, mais sera accompagnée presque toujours, dans des proportions variées, par la production directe du Jacques.

Si le Jacquez semble indiqué, dans la plupart des cas, comme le producteur direct que Ton doit préférer, on se trouve au contraire en présence d'un choix plus étendu lorsqu'il s'agit de porte-greffes. Les qualités que l'on doit rechercher chez eux, indépendamment d'une adaptation convenable au milieu duquel on les destine, sont les suivantes : i° Reprise facile de bouture ; 2° Bon marché relatif ; 3° Vigueur suffisante.

Nous allons voir dans quelle mesure les divers types que nous avons étudiés précédemment réalisent ces conditions.

Au point de vue de la facilité à prendre de bouture, on peut les classer de la manière suivante : i° Clinton et Taylor (très facile) ; 2° V. Riparia sauvages , Franklin, Vialla et Elvira

(facile) ; 3° Yor k-Madeira (assez facile) ; 4° Solonis et V. Rupestris (demandent quelques précau tions que nous avons indiquées).

Les variations de prix d'une année à l'autre et les conditions diverses dans lesquelles se font les marchés, empêchent d'indiquer d'une manière bien précise la relation qui existe entre la valeur vénale des divers cépages ; on peut considérer néanmoins qu'ils se classent généralement ainsi, à ce point de vue : 1° Clinton, Taylor et V. Riparia sauvages (les moins chers) ; 2° Vialla, Franklin et V. Rupestris (plus chers); 3° York-Madeira , Solonis et Elvira (les plus chers).

Pour ce qui est de la vigueur des cépages qui nous préoccupent, il est à considérer qu'elle varie beaucoup suivant que le milieu où on les place leur est plus favorable ; mais en les supposant tous dans les meilleures conditions de réussite, on pourrait les ranger approximativement dans Tordre suivant: l ô Taylor, Elvira et Solonis ; 2* V. Riparia sauvages, Clinton et Vialla ; 3° V. Rupestris et York.

Enfin resterait encore à examiner un point important, savoir : l'aptitude que possède le porte-greffe à bien faire prospérer telle ou telle variété française en vue de laquelle on Ta planté; malheureusement cette question, qui

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est à l'étude actuellement, est encore insuffisamment résolue pour que Ton puisse donner sur ce point des indications précises et définitives.

Néanmoins on a déjà observé de belles greffes iïAramon, de Carignan, de Petit-Bouschet, de Terret noir, de Cinsaut f de Morrastel, etc., sur Clinton.

On a remarqué que, quoique YAramon se développât suffisamment sur le Taylor, il y prospérait moins que sur le Clinton ; mais les cépages français ci-dessus mentionnés, et, en plus, le Terrel-Bourret, les Chasselas, les Muscats , l'Olivette, l&Syrah, le Cabernet, le Pinot *, etc..., réussissent fort bien sur lui.

Le Solonis, rarement greffe jusqu'ici, nourrit très bien le Petit-Bouschet et YAramon.

On a obtenu sur le V. Riparia sauvage d'excellents résultats avec YAramon, la Carignane YAspiran % et le Cinsaut.

Mais, quelle que soit l'importanoe des élé-

1 L'idée émise par quelques personnes que les cépages rouges ne peuvent se greffer que sur des variétés portant des fruits de môme couleur, est complètement erronée ; elle est contraire, non-seulement aux analogies qui pourraient être cherchées dans l'arboriculture générale, mais encore aux faits les mieux constatés. L'École d'Agriculture de Montpellier, par exemple, possède en parfait état de développement et de fructification toute la collection des hybrides à jus rouge de M. Bouschet, greffée sur Taylor.

ments que nous venons de considérer, le choix des variétés à cultiver ne saurait dépendre seulement de leur réunion plus ou moins complète dans certaines d'entre elles ; il est nécessairement subordonné à la possibilité d'adaptation de ces cépages au sol et au climat dans lesquels ils devront être placés. C'est cette dernière question que nous allons actuellement examiner.

2o Adaptation au sol.

Nos connaissances sur ce point important sont encore bien incomplètes : ce n'est, on le comprend, qu'à la suite d'expériences longues et multipliées que l'on peut arriver à bien se rendre compte de l'ensemble des conditions de sol nécessaires à chaque variété, et il y a trop peu d'années que nous cultivons un peu en grand les vignes Américaines pour que les études commencées sur ces matières soient achevées. Nous nous bornerons donc à donner ici ce que l'on sait sur ce sujet, sans avoir la prétention de le traiter complètement.

Un premier fait sur lequel M. L. Vialla, président de la Société d'Agriculture de l'Hérault, a attiré l'attention et sur lequel aujourd'hui tous les viticulteurs sont d'accord, c'est que

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