‹ Manuel pratique de vocation [microforme]Chapitre 13 sur 95 · I. Sa nécessité · texte numérisé non relu

I. Sa nécessité

1. Le choix d’un état de vie n’est pas une affaire temporelle dans laquelle la seule prudence humaine puisse plus ou moins nous diriger avec sagesse, mais une affaire d'intérêt spiritue surnaturel, éternel, et d’une importance telle qu’il faut employer, pour éviter le risque de se tromper, tous les moyens surnaturels que la Providence daigne mettre à notre dis- 0sition. La prière est le premier de ces moyens.

lle doit done précéder, accompagner et suivre toutes nos démarches dans une affaire si importante.

2. Dieu seul peut nous dire avec certitude le genre de vie qui nous convient. Il s’agit de surprendre le secret de Dieu sur nous. Ce secret, il le porte dans le fond de son coeur ; il ne le livre qu’à ceux qui le lui demandent.

3. Dieu nous a choisi éternellement un état de vie, et il veut que nous lui demandions la grâce de connaître ce choix, et la grâce non moins nécessaire d’exécuter en ce point sa volonté, malgré le monde et nos passions, qui souvent y opposent de grands obstacles. Il nous re lui-même à faire cette demande. Notam fac mihi viam in qua ambulem.

Faites-moi connaître le chemin que je dois suivre. (Ps. 142, v. 8). Malgré l’inclination de son coeur à nous combler de bienfaits, le souverain Dispensateur

et :

des dons célestes exige que nous lui demandions ceuxlà même dont il veut nous enrichir. Si Leur de vous à besoin de sagesse, dit-il ailleurs, qu’il la demande à Dieu qui donne à tous avec abondance ; et la la sagesse lui sera donnée. (Jac. 1.5). Cette sagesse n’est autre que la connaissance de notre fin dernière et des moyens de j’atteindre. Or, qui a un plus pressant besoin de cette sagesse que les jeunes gens sans expérience de la vie, qui doivent se choisir un état ? Personne plus qu’eux n’a à redouter les illusions, les préjugés du monde, les entraînements des passions et d’une imagination fougueuse, et cette fascination de la bagatelle qui obscurcit les vrais biens. Qu'ils prient donc ! Certes, si la prière est toujours la consolation, la force, la lumière du chrétien dans chacune de ses principales actions, ne doit-elle pas être là pour le guider, le soutenir et le consoler dans la détermination la plus grave et la plus décisive de la vie, le choix d’un état ?

4. Aussi, tous les auteurs qui ont traité ce sujet recommandent-ils de recourir, avant de prendre une décision, à la prière, et à une prière ardente.

‘Il faut, dit St-Ignace, conjurer la clémence divine d’éclairer notre esprit, et d’incliner notre volonté du côté vers lequel nous devons tendre de préférence ”. ‘‘Il faut prier instamment le Seigneur,”” écrivait St-Alphonse à un jeune homme, de vous faire connaître sa volonté, quel que soit l’état auquel il vous destine ?”?.

La grande faveur à demander après la première communion, c’est de connaître le genre de vie dans lequel on fera plus facilement son salut. Quand les vents, accumulant les sables du désert, ont caché au voyageur la route qu’il doit suivre, il n’a plus qu’à interroger, pour se conduire, la lumière des astres du ciel. Lorsque nous ignorons ce que nous devons faire,

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il ne nous reste d'autre ressource que de ‘ourzcr non regards vers le Seigneur. (2 Parab. 20, 22).

N'oubliez jamais que, quoique d: son côté l’homme ne doive rien négliger pour réussir dans l’af. faire de sa vocation, comme si tout dépendait de lui seul,il doit cependant avouer sa misère et son insuffisance, reconnaître qu’il ne peut rien sans le secours du ciel, et s’appuyant uniquement sur la grâce de Dieu, il doit chercher à l’attirer sur lui par une fervente prière.

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