Il en a le devoir
(a) Lui seul connaît parfaitement notre nature, l’aptitude, la capacité, les inclinations et les besoins,
MANUEL PRATIQUE DE VOCATION il
les talents et les forces, toutes les dispositions pré-
sentes et futures de chacun de nous, tout ce qui nous
est avantageux et salutaire, tout ce qui nous serait
nuisible et pernicieux. Qui done mieux que lui
peut tracer à chacun la bonne et vraie route à suivre
EE ? Sa Bonté exige qu’il le fasse pour notre jen.
(b) Nous savons qu’il y a une Providence, et non pas seulement une Providence générale, mais aussi une Providence spéciale, personnelle, qui porte sa sollicitude sur chacune de nos têtes, desquelles un cheveu ne tombe sans la permission de notre Père céleste—L’Evangile nous dit aussi ‘ qu'un petit oiseau ne tombe pes sur la terre sans la volonté et la permission de Dieu. S’il en est ainsi, comment croire
æ Dieu n’étende pas aussi sa sollicitude au choix
’un état de vie, alors qu’il y va de nos plus grands intérêts ici-bas, et même de notre salut éternel ? Eh quoi ! Dieu pourvoit si libéralement à nos besoins re ame il maintient avec tant d’exactitude l’ordre et l'harmonie dans l’ensemble des êtres crées pour notre service, il nous prodigue avec tant de libéralité les biens de la nature et les dons incomparablement plus excellents de la grâce ; et nous lui attribuerions, {° ne sais quelle insouciance pour ce qui nous intéresse e plus vivement ! Ce serait renverser toutes les idées
ue nous avons de Dieu et de sa providence paternelle.
de Dieu exige donc aussi qu’il nous indique lui-même notre place sur la terre, c’est-à-dire, l’état de vie que nous devons embrasser.
IL. Le Témoignage. Dieu décrète, dit Suarès, d’ouvrir à chacun telle ou telle voie. I1 donne à chaque âme une grâce non seulement extérieure, mais intérieure par laquelle l'intelligence est persuadée, tandis que la volonté, mue peu à peu, est attirée afin qu’elle veuille,
Saint-Alphonse.—‘ Dieu veut que tous les hommes parviennent au salut, mais non par les mêmes
voies. Comme il a distingué dans le ciel divers degrés de gloire, de même sur la terre, il a établi divers états de vie, comme autant de route pour aller au ciel.” (Selva E 2).
Le choix n’est point arbitraire. ‘ Pour entrer dans un état de vie quel qu'il soit, il faut nécessairement y être appelé de Dieu ; car, sans cette vocation, il est, sinon impossible, du moins très diffcile de satisfaire aux obligations de cet état et de se sauver. La raison en est évidente ; c’est Dieu qui, dans l’ordre de sa Providence, assigne à chacun de nous un état de vie, et nous prépare ensuite les grâces et les secours propres à l’état auquel il nous appelle.”
Guibert.—: Nous croyons’ à la Providence, et par là, nous savons que Dieu trace à chaque homme sa voie sur la terre.
Non pas qu’une révélation expresse dise à chaque omme ce à quoi Dieu le destine, mais par les inclinations que Dieu met dans son âme, et par les conditions extérieures dont il l'entoure, il fait sentir dans quel chemin chacun de nous doit diriger ses pas. C’est l’ensemble de ces attraits intérieurs et de ces circonstances extérieures qui constitue et manifeste la vocation. ’?
III. L’'Ecriture.—1. Je sais, Seigneur, dit Jérémie, qu’il n'appartient.pas à l'homme de choisir sa voie et de diriger ses pas ” ? (Jér. 10, 23).
—C’est donc à Dieu que cela appartient.