Comme dans le corps humain, dit St-Paul
il y a un grand nombre de membres dont chacun a sa lace et sa fonction propre, ainsi dans l’Eglise, qui est e corps de Jésus-Christ, il y a des états divers, et Ar membre, c’est-à-dire, chaque fidèle, a aussi sa place et sa fonction propre. L’Esprit-Saint fait ce partage, il distribue les rôles et les dons célestes comme il lui plaît.”?
3. ‘ Chacun a son don particulier qu'il reçoit de Dieu ; l’un d’une manière et l’autre d’une autre.” ( Cor. 7, 7.)
4. “ Que chacun reste dans la vocation que Dieu lui a départie.”” (1 Cor. 7.)
Il n’y a donc aucun état, aucun genre de vie auquel ne s’étende la divine Providence. Dieu a marqué à chacun sa place et l’usage à faire de sa vie. Mariage, célibat, vie religieuse et vie sacerdotale sont des états trop importants, et le choix entre deux alternatives opposées intéresse trop la fin dernière pour que Dieu ne détermine pas à chacun le parti qu’il devra embrasser.
Explication—(a). La vocation, c’est la carrière, l’état de vie et comme la place propre a la Providence destine à tout homme ici-bas nomme cela vocation, c’est-à-dire appel, parce que Dieu appelle en quelque sorte, chacun par son nom, pour lui assigner une place en ce monde. Gouvernant l’univers avec une sagesse infinie et toute paternelle, Dieu voit les divers états, les divers degrés, les diverses places de la société humaine, et il crée pour les de Le des hommes auxquels il donne les qualités et les grâces propres à cette fin; en sorte que chacun dans les vues de Dieu est destiné à un état qui constitue sa vocation.
Dieu se conduit comme un père de famille qui assigne à chacun de ses enfants, le travail, l’emploi qu’il sait être proportionné à ses forces et à son aptitude ; il se eonduit comme un habile jardinier qui met chaoue plante, chaque arbre dans le terrain qui lui ecavient ; comme un architecte qui taille chaque pierrre selon sa destination ; comme un horloger qui ajuste chaque rouage à la place où il doit fonctionner.
Aïnsi agit la Providence, elle destine à chacun un état, une vocation ; en sorte que la vocation ne dépend
S proprement de nous-mêmes, ni du choix arbitraire
€ nos parents ; mais des conseils de Dieu, qu’il faut suivre.
(b) Ces quatre états également établis de Dieu,
sont tous bons en eux-mêmes, tous n mais
non tous d'égale dignité. Ainsi les divers membres,
pieds, les yeux, sans être également nobles, sont
autres.
(ec) Toutefois si ces états constituent différents
degrés, il ne s’ensuit pas que les sujets occupant les
Ainsi sur la scène, le mérite des acteurs dépend moins de leur rôle, que de la manière dont chacun remplit son rôle. Ainsi encore, une scuipture travaillée en bois peut avoir plus de valeur que celle qui est exécutée en marbre, en ivoire ou en or.
(d) Si nous considérons les états d’une manière relative, c’est-à-dire, Par rapport aux hommes qui les doivent occuper, le meilleur Pour chacun est évidemment celui auquel il est appelé. La raison en est que, c’est là l’état qui lui convient, qui est fait pour lui, pour lequel il est fait, et pour lequel il a reçu de Dieu des talents et des grâces proportionnés.
L'état le plus saint n’est donc pas le meilleur pour tous, pas plus que la matière la lus précierse n’est la meilleure pour tout ouvrier. Fagitil par exemple d’un ouvrier en bois ? La meilleure matière, celle qu’il
.travaillera le mieux, c’est le bois ; pour l’ouvrier en
marbre, c’est le marbre ; pour l’orfèvre, c’est l'or.
(e) Par le choix que chacun doit faire de son état, nous entendons le soin qu’il doit prendre, et l'obligation qu’il a, de consulter la volonté de Dieu sur ce point, afin de se conformer aux ordres de la Providence, et de seconder les desseins qu’elle a sur lui en
particulier.
Choisir sa vocation, c’est donc : lo. Employer tous les moyens pour connaître celle que Dieu a voulue Dour nous ; 20. Après l’avoir connue, s’y engager avec la conscience des devoirs qu'on y rencontrera, et la résolution de les accomplir, comme étant l’expression de la volonté de Dieu.
5. Combien il est important de choisir l’état que Dieu nous destine, on le prouve :
I. Par la raison.—L’homme qui suit sa vocation, qui est dans sa vocation, est à sa place : c’est là seulement qu’il est heureux, qu’il a du succès, qu’il fait bien son salut.