SIGNES DE VOCATION À LA VIE RELI- GIEUSE
IL L'Attrait surnaturel.
1 ’est-ce que l'attrait surnaturel Van oH
ser un état plutôt ieu donne à l’âme pelle à la vie religie 2. Comment cet attrait se manifeste-t.il ? Il se manifeste de deux manières : ,
(a) Attrait de sentir ont.
inclination qui attire la volonté nement ait précédé. L ’ê constamment devant 1’
pour le cloître. Dès l’entoutes leurs affections sont vers ia perfection ; elles pour la vie du monde, un
D’autres fois, ce sera une invitation pressante de la grâce qui, tout à cou , entraîne la volonté vers l’état pans et ne lui laisse entrevoir de repos et de bon-
eur que dans cet état.
(b) Attrait de raison. Chez les autres, c’est la raison éclairée d’une lumière divine qui détermine le choix, C’est une inclination réfléchie, fruit de la con-
sidération et d’une mûre délibération, dans laquelle après avoir pesé le pour et le contre, on se détermine pour un parti plutôt que pour un autre, parce qu’il nous semble plus conforme à notre nat ire, à nos goûts, à nos besoins. D'un esprit tranquille, on examine queile vocation serait la meilleure pour assurer son propre salut dans la fuite du péché, étant donné ses dispositions. Le coeur éprouve peut-être une certaine répugnance, mais l’esprit voit de la lumière la plus éclairée que Dieu appelle à la vie parfaite. ar exemple, un jeune homme se retire dans la solitude, à l’heure où il doit choisir une carrière ; jusque-là il n’a ressenti peut-être que peu d’attrait pour la vie religieuse, mais à la lumière des vérités de la foi, il pèse le pour et le contre, les avantages et les inconvénients pour le salut, il voit que pour lui l’état religieux sera le port du salut, il le considère comme moralement nécessaire, ou comme répondant parfaitement aux besoins de son intelligence et de son coeur. Et dans le calme surnaturel, dans la plénitude de sa liberté, il choisit l’état religieux avec une intention droite et saine, en vue de Dieu et de l'éternité. C’est encore e une vocation divine, c’est la grâce qui a inspiré ce choix.
L’attrait est donc toujours cette voix secrète par laquelle Dieu intime à l’âme sa volonté, et lui fait connaître pis distinctement le choix qu’il fait d’elle pour tel genre de vie.
3..Cet attrait est-il nécessaire ? C’est une règle générale, qu’il ne faut jamais s’engager dans une voie pour laquelle on n’a pas d’attrait. Sans goût, sans amour pour l’état qu’il a pris, l’homme ne peut qu’y souffrir et y échouer.
Mais, quand il s’agit de l’état religieux, l’attrait est plus indispensable que pour la vocation au monde. Se lier par des voeux de religion sans un goût surnaturel très prononcé pour cet état, ce serait un irré-
parable malheur, S’il est une vocation, où vous devez être libre, où vous devez suivre la pente de votre Coeur, où vous ne devez subir aucune contrainte, c’est bien la vie religieuse. Quels regrets n’auriez-vous pas un jour, au moment où vous sentiriez le joug d’un devoir austère peser sur vos épaules, si vous ne pouviez pas dire alors : “ Ce fardeau, je l’ai voulu, je l’ai pris de moi-même, personne ne m ’a fait violence pour me l’imposer. Je l’ai pris parce que je l’aimais ; aujourd’hui quoiqu'il pèse, je l’aime encore, et je le veux porter vaillamment.”?
4. Cet attrait doit-il avoir certaines qualités ? Tout attrait n’est pas un signe de l’appel de Dicu. Pour être réputé divin, il lui faut certaines qualités :
Il doit être précis. I] doit embrasser un objet bien déterminé, Une sentimentalité ’ague, produisant dans l'imagination je ne sais quels états chimériques qui s’effacent avec la rêverie, ne serait pas un attrait véritable. Si Dieu vous appelle, il vous dira nettement au fond du coeur ce qu'il veut de Vous, pourquoi il vous veut, et à quelles oeuvres il veut vous employer, soit dans le sacerdoce, soit dans l’enseignement, soit dans les oeuvres de charité.
T1 doit être constant. L'action de Dieu est continue. Si l’idée de la vie religieuse a fait impression depuis un certain temps —si elle se représente à l’esprit comme une pensée, non pas seulement passagère, mais suffisamment persévérante—si elle sollicite le coeur lorsqu'il est Calme, par exemple, dans le recueillement de la réflexion, de la prière, de l’action de
truire l'édifice de la perfection chrétienne, —on peut conclure avec certitude que cet attrait n’est pas le
ga MANUEL PRATIQUE DE VOCATION
fruit d’une ferveur passagère, mais un effet de la grâce auquel on doit correspondre,
‘ Celui, dit Timon-David, ui, depuis sa tendre enfance ou depuis un moment déterminé de sa vie a toujours eu les mêmes idées, les mêmes désirs, en un mot le même attrait, a une marque très évidente de vocation. Si cet attrait diminue ou disparaît dans les moments d’égarement, pour revenir dans les moments de calme et à (res avec Dieu, la has n’en est que
lus certaine. C’est la voix de Dieu qui parle par ’attrait soutenu ”’.
Comprenons bien aussi que les répugnances naturelles, les luttes, les dégoûts ne sont pas toujours une preuve de non-vocation religieuse. Il n’est pas nécessaire d’avoir une constance sensible. I] suffit que l’on demeure ferme dans la volonté, dans la partie supérieure de l’âme. ‘ Le meilleur signe de vocation, dit St-Thomas, est une volonté ferme et constante de vouloir servir Dieu en la manière et au lieu auquel il nous
appelle, tout en ayant connaissance des peines et des épreuves qui sont pros à cette vie”. Il ne
faut pas, dit St-Alphonse juger qu’une personne n’est pas appelée, parce qu’il lui arrive, même avant d’avoir quitté le monde, de ne pas éprouver ces mouvements sensibles, qu’elle éprouvait au commencement ; ni même, parce qu’elle sent des répugnances passagères q'ü la portent parfois jusqu’à vaciller et à s’imaginer que tout est perdu ”’.
Voici du reste, la conduite ordinaire de la divine Providence en ce qui regarde l’attrait vers la vie religieuse. Dès l’origine, Dieu donne à l’âme une idée vague sur la beauté, l’exeellence et la sainteté de la vie religieuse. (Cette idée n’est Le réfléchie dès l’abord. Elle est plus sentimentale que raisonnée, parce que au commencement de la vocation, les inspirations de la grâce sont rares, vagues et faibles. Dans la suite, ces inspirations intérieures deviennent plus
fréquentes , plus fortes, et l'attrait de + Ha Sr éfléchi puissant.
arfois
e, donne
t à l'appel intérieur,
entrer en religion et se met à
la chair, du démon et du monde
pp tance plus ou moins forte selon
les différentes circonstances de temps, de lieu et de
personnes.
Telle est la conduite de Dieu dans les vocations, uels sont les motifs surnaturels
précoce de l’appel de Dieu.
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Si malgré certaines infidélités, fautes, l’inclination pour la vie religieuse persiste, ou revient après disparition temporaire, il y a signe certain de vocation.
2. La vanité des biens de la terre. On sent qu'ils sont incapables de contenter notre coeur et de satisfaire nos désirs. La fascination des esprits, même les meilleurs, pour les faux biens et les faux plaisirs du monde est peut-être le plus grand obstacle que rencontrent la pratique de la vie religieuse et aussi les vocations religieuses.
Que la lumière se fasse dans une âme sur le néant de tout ce qui se passe, qu’elle voie combien les plaisirs, les honneurs, les fortunes sont choses incertaines, fugitives et ne laissant après elles souvent que le vide et l’amertume, et cette âme sentira facilement, sous l'influence du Saint-Esprit, le désir de quitter le siècle et d’aller, dans l’asile d’un monastère, travailler à l’acquisition des biens solides, permanents, divins, éternels.
(a) Parfois cette vue de la fragilité et de l’instabilité des choses terrestres, cet éloignement pour le monde, prennent leur source tout d’abord dans la trempe d’esprit, dans le caractère ; puis, l’éducation, la réflexion, les lectures sérieuses que l’on fait, et la grâce divine qui y vient en aide, développent cette tendance qui aboutit à la vie religieuse,
(b) D’autres fois, c'est une série de peines, de cont: riétés, d'épreuves de tout genre qui donnent ces vues et inspirent ces sentiments, et font tourner insensiblement les regards et les aspirations vers la vie pacifiée et stable du cloître: la ruine de la fortune, une catastrophe dont on est témoin, la vue d’un cadavre, un mécompte d’amour-propre, une calomnie dont on a été l’objet, un mécompte du coeur, l’échec d’un projet d'établissement, la mort prématurée d’un parent, d’un ami, des mauvais traitements que l’on a
subis ou que l’on craint, des chagrins domestiques, etc. Ainsi Dieu détache, ou tout d un coup, ou peu à peu, le coeur de toute affection terrestre avec une vive et saisissante clarté qui fait voir à ces âmes, et la vanité du monde, et le vide des biens et des plaisirs de la terre. Illes conduit ainsi à l'estime et à l’amour de la vie religieuse, Ces vocations sont pures, saintes et
(e) D’autres fois encore, cette vue saisissante du néant des choses humaines et dégoût du monde, viennent d’une grâce spéciale et très puissante que Dieu
la vie. Tout peut servir de véhicule à la grâce : une parole de l’Écriture Sainte, un sermon saisissant, une lecture pieuse, etc.
3. La crainte du péché dans lequel il est si facile de tomber, et dont il est si difficile de se corriger. On a peur de faire comme tant d’autres, un triste naufrage
rmi les écueils sans nombre que l’on rencontre dans
ns la vie religieuse. Vouloir ner le monde et
igi e désir sincère de
sauver son âme avec plus de sécurité : voilà un des
attraits les plus sûrs, même s'il n’était pas accom-
pes de joie spirituelle, et combattu par des appréensions et des dégoûts.
5. Le désir de faire Pénitence pour les fautes que l’on a eu le malheur de commettre. On est frappé de cette parole : ‘ Si vous ne faites pénitence, vous rirez
également” Or, la vie re igieuse, en raison des privations qu’elle impose nécessairement à l'esprit, au Coeur et aux sens est un long martyre, elle ren-
ferme la perfection de la pénitence. ‘Le dévouement à Dieu du Religieux, surpasse, dit St-Thomas, tout genre de satisfaction et même de pénitence publique. ”’
6. L'espérance de gagner le ciei, de s'assurer une mort précieuse aux yeux de Dieu et de se préparer un jugement favorable,
7. La pensée des secours spirituels que fournit avec abondance la vie religieuse dans les exercices de es les règles, la vigilance des supérieurs, l'exemple
es confrères, une direction éclairée, etc.
8. La pensée des mérites nombreux que l’on peut acquérir dans cet état, des grâces qui en sont le partage, de la gloire qui en sera la récompense, On a été frappé de ces paroles : “ Celui qui laisse sa maison, ou ses frères, ou ses soeurs, ou son père ou sa mère, ou ses enfants, ou son champ, à cause de mon nom, rece- Là le centuple en ce monde et possédera la vie éter. nelle.
9. La paix, la sécurité, la joie, le bonheur d’une âme qui est tout à Dieu.
10. Le désir de la perfection qui presse certaines âmes. Il est des âmes privilégiées qui ont peu de fautes à expier, peu de périls à redouter dans le monde, mais elles veulent imiter plus parfaitement les vertus du Sauveur. Or, la pratique des conseils évangéliques est le plus court et plus sûr moyen d’y parvenir.
11. Le désir de vaquer plus librement à ‘a prière, à la contemplation, et de vivre seul avec Dieu dans la solitude. Certaines personnes ont un goût proroncé pour la solitude et le recueillement. Le bruit du monde, l'attrait des plaisirs et des joies mondaines qui captive tant de coeurs ne leur inspire que crainte et dégoût. Le calme du cloître leur paraît embaumé
d’une Le toute céleste, et l’endroit le plus favorable
à la prière, avec Jésus-Christ. Ces ement à Lui, et se dis- . reconnaissance
et porter ses
les mortifications, 1 nature ne comptent pas.
coûte dès qu’il les rapproche
laissent aucun ombre de dou
divines.
13, Le désir de procurer la plus grande gloire de Dieu d’une manière plus sûre, plus excellente, plus efficace, plus parfaite.
14. L’exemp': des saints qui nous ont précédés dans cette belle nirière, et qui nous ont laissé de si magnifiques exer:oies de dévouement pour Dieu et de mépris pour le monde.
15. L'assurance de faire en tout, partout et toujours la sainte volonté de Dieu.
industries ; elle trou
104 MANUEL PRATIQUE DE VOCATION “% sent le désir de faire le même bien en suivant la même voie. A une autre, sourit la pensée d'élever des enfants dans la crainte de Dieu, et de les affermir dans le chemin du salut en leur inspirant la piété ; elle tournera ses regards vers une congrégation enseiante. La lecture des annales de la propagation de a Foi, ou de la vie d’un Saint François-Xavier, la rencontre d’un missionnaire a rempli un jeune homme du feu apostolique, et fait prendre la résolution d’imiter ses exemples.
Les jeunes gens et les jeunes filles que la grâce travaille dans ce sens, comprennent que la voie la plus sûre et souvent la seule possible pour arriver à la réalisation de leurs desseins apostoliques est d’entrer dans un institut religieux ; et dès lors, ils inclinent vers la vie religieuse à laquelle sans cela, ils n’auraient peut-être pas pensé. Dieu se sert souvent de ce moyen pour attirer les âmes à la vie religieuse. D’autrefois, ils comprennent tout ce qu’il y a de vigueur et d’eficacité apostolique dans la prière et les immolations de la vie contemplative, et ils sont poussés intérieurement par là même dans un ordre voué à la contemplation.
18. Un grand amour pour l’un ou l’autre avantage de la vie religieuse ou pour l’une ou l’autre de ses pratiques essentielles.
Il est, par exemple, des caractères bien trempés qui se défient d’eux-mêmes, . parce qu’ils se sentent capables d’agir avec beaucoup d’ardeur et se reconnaissent incapables de se diriger. Ces caractères éprouvent un besoin impérieux de conseil, de soumission, d’obéissance ; ils se rendent à eux-mêmes cette justice que sous le gouvernement d’un bon guide, ils seront contents, se sentiront à l’aise, et pourront accomplir avec bonheur tous leurs devoirs : tandis, qu’abandonnés à leurs propres conseils, ils
iraient se briser contre tous les genres d’obstacles, absolument comme un navire sans boussole, sans voile, sans gouvernail et sans pilote va se briser contre les rochers. Livrés à eux-mêmes, ces jeunes * gens se précipiteront dans mille folies ; soumis à l’obéissance, ils sentiront grandir leurs sentiments, doubler leurs forces et feront des merveilles. On entend dire parfois avec une profonde conviction : “* Moi, pour être bon, j’ai besoin de direction ; je ne puis vivre que sous le régime de l’obéissance ; je ne suis à mon aise que lorsque j'obéis.”” Ces jeunes gens cherchent et trouvent dans la vie religieuse le repos de leur âme.
19. Enfin, une crainte vive, souvent soudaine, des terribles jugements de Dieu et des supplices éternels,
Tous ces motifs sont bons. Il n’est pas nécessaire d’avoir pensé à tous, un seul d’entre eux bien compris suffit pour décider l’âme et lui faire prendre son parti.
Remarque.—Il faut qu’en fin de compte, l’attrait pour la vie religieuse soit raisonné, car, même dans le Cas où le raisonnement n’aurait pas précédé les premières touches de l’attrait divin, la réflexion doit ensuite venir se joindre à l’inclination du coeur. A l’inclination du coeur, il faut joindre le poids des raisons, examinant sérieusement les avantages et les inconvénients de chaque parti; pesant et balançant les uns et les autres. Ces considérations, on le comprend, doivent se faire à la lumière de la foi; les avantages et les inconvénients doivent être tirés de l’ordre surnaturel ; les motifs de l’ordre naturel ne doivent point entrer dans ce parallèle, ou n’y doivent paraître que comme des motifs tout à fait secondaires,
Que dire des motifs naturels ou humains qui peuvent incliner l'âme vers la vie religieuse ?
Une chose temporelle peut contribuer de deux. manières à l’entrée en religion :
1. Comme occasion.—A l’occasion d’un évêrement quelconque, on commence à faire de sérieuses réflexions, et on conçoit le désir de se consacrer au Seigneur. Ainsi une fortune ruinée, un échec dans un projet d'établissement, une amitié rompue, la mort prématurée d’un parent, d’un ami, des mauvais traitements qu’on a subis ou que l’on craint, des chagrins domestiques, etc., telle est quelquefois l’occasion d’un dégoût profond qu’on sent naître en soi pour le monde, et d’une inclination prononcée qui porte à chercher son bonheur en Dieu seul dans la vie religieuse.
Paul, premier ermite, se retira dans un désert pour éviter la persécution sous l’empereur Dèce ; il y vécut et mourut de la mort des justes. Saint-Arsène entra en religion pour échapper aux pièges que lui tendait l’empereur Arcadius, son disciple: en fuyant une mort temporelle, il trouva la vie de l’âme et mérita l’éternelle félicité. Saint-Romuald, fonda-
teur des Camaldules, injustement poursuivi comme
complice d’un homicide, cherche asile dans un monas-
tère : il y est touché de la conversation et de la vie
heureuse des religieux, et se consacre entièrement à
Dieu. C’est ainsi que pt: d’autres ont trouvé e
dans le cloître un refuge contre les dangers du monde, à peu près comme ces navires qu’un coup de vent a poussés pendant la tempête, de la haute mer dans le port d’une île hospitalière.
Dieu se sert assez souvent de ce moyen pour attirer les âmes à lui. Les bons désirs naissent à l’occasion de quelque malheur, mais dans la suite, la fin qui détermine à exécuter ces désirs est bien l’intention de servir Dieu.
2. Comme cause Une chose temporelle peut aussi contribuer à l’entrée en religion Comme cause lus ou moins efficace. Ji peut se faire en effet que ‘humain ne soit pas étranger à la source d’où jaillit
l’attrait vers la vie religieuse, Les peines, les soucis de la vie du monde, de grandes contrariétés, des mécomptes du coeur, des blessures d’amour-propre, la pensée d’une vie plus calme, moins laborieuse, le désir de plaire à ga famille peuvent tourner les idées d’un jeune homme, d’une jeune fille vers le cloître. S'agit-il de décider s’il y a-vocation vraie, c’est-à-dire s’il y a appel divin, on doit voir si ces motifs inci-
ts sont premiers et dominants ou seulement acces-
Si le motif ou la cause principale était un avanta e temporel ou une considération humaine, par exemple, la crainte de déplaire à ses parents, l’envie de s’as- Surer une existence honnête, des projets ambitieux, ete, il est évident que cet attrait ne serait pas l’oeuvre de la grâce.
outre les biens surnaturels, cet état renferme encore d’autres avantages d’un ordre moins élevé, et on peut l’aimer pour EUX, Pourvu qu’ils ne soient pas le motif principal et déterminant qui porte à Ps
Sûreté de la vocation religieuse qui a pour principe un motif vraiment surnaturel.
Sans aucun doute, c’est là une inspiration divine. La raison en est qu’il ne s’y mêle aucune attache aux choses temporelles ; tout y est fondé sur l’amour des biens spirituels. Or, cet amour ne peut venir ni du démon, ni du penchant de la nature ; il vient donc nécessairement de Dieu.
La conclusion est évidente ; car d’après les ensei- &gnements de la théologie, il n’existe que trois sources
de nos pensées et de nos affections intérieures : Dieu, le démon, et nous-même. Si donc nos affections ne
viennent ni du mauvais esprit, ni de notre propre fonds, il cst évident qu’elles ont Dieu pour auteur.
1. Cet amour ne peut Pas venir de notre propre fonds. La nature corrompue nous porte à tout ce qui peut la flatter et lui plaire, à la recherche des honneurs, des richesses et des plaisirs ; mais elle fuit toute humiliation, toute mortification des sens, toute sujétion aux ordres d’autrui.
2. Il ne peut venir du démon. Le mauvais esprit ne saurait être contraire à lui-même, ni vouloir détruire la domination qu’il prétend exercer sur les âmes. Satan ne peut donc être l’auteur du désir sincère qui porte un homme à marcher sur les traces de Jésus-Christ. Le divin Maître est venu nous apprendre à détester et à fuir les usages et les maximes du monde ; il nous invite à suivre les conseils de l'Evangile, il nous exhorte à pratiquer la pauvreté, la chasteté et l’obéissance. Le démon ne pousse jameis à cela.
Qu'on ne dise pas que l’esprit malin se transforme en ange de lumière ; car lorsqu'il agit de la sorte, ses opérations sont accompagnées de signes et de circonstances qui révèlent son action secrète. Iei aucune raison, aucune circonstance ne peut rendre douteuse l’action divine. Celui qui a le désir de quitter tout pour s’attacher à Dieu seul, et qui, avec le secours d’en haut, se sent assez de force pour le réaliser, celuilà peut en toute sécurité prendre cette généreuse détermination. Cette impulsion surnaturelle et l'aptitude convenable, voilà les signes ordinaires de la vocation divine,
On peut donc s’assurer suffisamment si la vocation vient de Dieu. Il ne faut pas attendre une évidence telle, que si un ange venait nous intimer la volonté de Dieu. On ne doit pas désirer de telles révé-
Cu
lations, surtout lorsqu'il s’agit de se consacrer au Seigneur. Il n’y a pas tant de danger à suivre Jésus- Christ de plus près, que, pour ne Pas s’y tromper, on ait besoin d’ordres évidents venus du ciel d’une manière tout extraordinaire. Il est au contraire, trèsvrai, que si l’on devait demander à Dieu des révélations, ce serait bien plutôt pour y être assuré qu’on peut rester dans le monde, que pour savoir si on peut le quitter. Quand on s’embarque sur mer, on ne délibère pas si l’on conficra sa vie à un vaisseau qui menace ruine, lorsqu'on peut en avoir un bien équipé. Faut-il done tant de raison lorsqu’on voyage vers l'éternité, pour embrasser l’état le plus sûr ?
Telle personne se sent une inclination vers la vie religieuse, inclination réelle et persistante, bien que parfois Cependant, la nature Jui fasse éprouver certaines répugnances passagères. Cette personne a prié, réfléchi ; elle Continue à constater dans son âme la même inclination intérieure. Elle n’a d’ailleurs aucun empêchement qui lui rende la vie religieuse
teur consulté par elle la croit appelée à la vie religieuse. Cela étant, nous n’hésitons pas à dire: « la
Pour donner une entière Confiance et toute la certitude qu’il est permis de désirer.
Témoignage de Lessius.
“Si quelqu'un, dit Lessius, prend la détermination d’entrer en religion, bien résolu à en observer les lois et les devoirs, sans aucun doute, cette résolution, cette vocation vient de Dieu, qu’elle qu'ait été d’ailleurs la circonstance qui semble l’avoir fait naître, Un tel acte de vertu, si utile à l’âme, ne peut avoir qu’une cause surnaturelle. ”?