C’est là seulement qu’on est heureux
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se route, marchant du chemin frayé qui devait le conduire à sa patrie. Considérons, par Ropis l’état du sacerdoce : c’est le plus saint et le plus heureux des états ; mais entrez-y sans vocation, Vous serez malheureux, parce que vous n’y êtes pas
Le MANUEL PRATIQUE DE VOCATION 17
dispose tout pour l’accomplissement de ses desseins, a préparé d’avance dans ses décrets éternels, les secours dont chacun de nous aura besoin pour se sanctifier, et les a attachés à la ondition pour laquelle il nous a créés : à l’un, il destine les dons de sainteté, de zèle et de lumière pour remplir les devoirs sacrés et les fonctions saintes du sacerdoce ; à l’autre, il réserve l'esprit d’ordre, de régularité, et de conduite parce qu’il l'appelle à fonder un nouvelle famille, qu’il devra Fra #54 par ses conseils et édifier par ses exemples ; à celui-ci il a préparé des grâces de piété, de méditation et de silence, parce qu’il doit vivre loin des dangers du monde : à celui-là, au contraire,le don de la force et du courage chrétien, parce qu’il sera exposé au milieu du siècle, à la séduction des plaisirs, et à la tentation du respect humain. Mais pour recueillir ces dons précieux, ces grâces spéciales, fruits de sa miséricorde, il faut occuper le poste qu’il nous a marqué, remplir les fonctions pour lesquelles il nous a choisis, vivre enfin dans l’état auquel il nous a luimême appelés.
Est-il engagé à nous accorder son secours pour remplir les obligations que nous avons contractées malgré lui ? Nous doit-il sa protection et son appui dans une voie qu’il nous avait interdite, et peut-il, sans violer ses propres lois, nous récompenser @: notre infidélité et de notre révolte, en transportant à une position qui n’est que l’effet de notre choix téméraire, les faveurs, que, dans sa bonté, il avait attachées à une position légitime ?
Développons un moment ces pensées. Les devoirs que nous aurons à remplir, quel que soit l’état de vie que nous ayons choisi, les dangers que nous y rencontrerons, les peines qui nous y attendent, tout se réunit Pour nous faire une loi sacrée, une obligation imdis-
pensable d'entrer dans l’état de vie où Dieu nous veut.
de vie; en effet, que profession à ses obligations ; or à ui appar-
q tient de nou donner l'aptitude, ? les ta
; nous ne uvons
si nous nous écartons de cette VOle—que nous Supposons certaine et clairement connue,
+ Je dis, en second lieu, les dangers
à courir ; gers de tout genre “our Tâme : tentations nombreuses, attaques du démon :
côté du monde, du côté de l’emploi et des o du côté des ersonnes avec lesquelles no
sera-ce . jeté hors de la voie ee. abondance de secours dont il aurait tant esoin
Je dis, en troisième lieu, les pei du genre de vie que l’on embrasse :
partout ; les états les plus parfait exem ts, Mais ces peines qu’il ne
nes inséparables il y a des peines S n’en sont pas faut pas pt
à éviter, puisqu’elles sont inséparables de la vie chrétienne ; ces peines qui, avec le secours de la grâce, deviennent douces et agréables lorsqu'on se trouve à sa place, et que l’on recoit tous les secours destinés à les faire supporter courageusement ; ces peines enfin, ces sacrifices qui doivent avoir une si grande influence sur l'affaire du salut, comment les supportera-t-on, si, par une infidélité bien coupable, on s’est rendu indigne du secours d’en haut, sion se les est attirés par sa faute, si contre la volonté de Dieu on s’est
gé de ce fardeau intolérable ? De quel côté se tournera-t-on lorsque, accablés d’affictions pressantes et d’amers chagrins, on ne Pourra pas, pour se consoler et se fortifier, s’appuyer sur la volonté de Dieu, toujours sainte, toujours aimable, toujours miséricordieuse, alors même que son bras s’appesantit sur sa créature ? Quelle ressource restera au mal-
heur ? et où l’ame puisera-t-elle le courage, la résignation, la constance nécessaire ?
Je ne veux rien exagérer: je sais qu’il n’est aucune circonstance, aucune sition, s’y trouva-t-on
engagé contre la volonté de Dieu clairement connue, où l’on ne puisse éviter le péché et faire son salut ; mais je dis, et je répète que, s’il faut livrer bien des combats, et se faire violence pour opérer son salut quand on est dans l’état où Dieu appelle, et qu’on peut compter sur le secours particulier de sa grâce, la chose devient incomparablement plus difficile et plus critique lorsque, par sa faute, on se trouve engagé dans un état où Dieu ne nous voulait pas, et dans lequel on est privé de ces grâces abondantes qui ne sont promises qu’à la fidélité.
Et afin de mieux comprendre encore comment un mauvais choix produit souvent une mauvaise vie, cette mauvaise vie, une mort malheureuse, et cette mort, la réprobation, rappelons-nous une vérité enseignée par la théologie.
différents caractères, différentes qualités d'esprit et
a à tous les hommes, et Dieu n’a pas destiné à tous e
8 états la plénitude des extraordinaires et . es qu’il tient préparées pour l’état auquel il appelle.
Si done vous embrassez un autre état de vie que
celui auquel Dieu a attaché inséparablement ces
en un moment un trésor très précieux de grâces innombrables qui vous auraient rendu victorieux dans les tentations. Vous perdrez en grande partie les trois espèces de grâces que les Théologiens appellent, de protection, d'encouragement, de direction.
suaves impulsions. Par la troisième, Dieu nous dirige au milieu des ténèbres et des erreurs, afin que nous
ais Dieu a voulu attacher à l’état auquel il nous appelle l'abondance de ces trois grâces. Saint-Paul nous dit : ‘‘ Divisiones gratiarum sunt ”. «I] y a des différences de grâces ”, (1 Cor. 12, 4), ce qui signifie que Dieu a destiné à chaque homme des grâces particulières selon sa vocation, selon ces autres paroles de l’apôtre : Chacun reçoit de Dieu un don particulier, l'un ainsi, et l’autre autrement. (1 Cor. 7. 1e)
Plusieurs interprètes appliquent en effet ce passage à la grâce de vocation qu’on a pour un état et non pour un autre, car nous ne pouvons faire passer à notre gré les faveurs divines d’un état à un autre.
Voilà comment, en n’embrassant pas l’état auquel Dieu vous appelle, vous vous rendez indigne des bienfaits les plus précieux. Privé de la protection particulière du Ciel, vos tentations finiront par des péchés, les dangers par des chutes, les chutes par la ruine éternelle. Destitué des vifs mouvements de la grâce excitante, vous n’aurez aucun désir d’embrasser les vertus chrétiennes ; abandonné, et sans la direction spéciale du ciel, comment jp ‘2ndrezvous au port du sslut ? Vous risquerez de vous livrer aux passions sans remords, de contracter des mauvaises habitudes sans espérance de les quitter, de vous Lin dans les vices, et de rester en cet état jusqu’à a mort.