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C. — Tumeurs fibreuses

Les tumeurs fibreuses du corps du pavillon sont rares. Triquet (Traité des maladies de l'oreille , p. 447) a observé une tumeur fibreuse grosse comme une moitié d’œuf sur la face postérieure du pavillon d’un homme de trente-cinq ans; elle s’était développée lentement §ans causer aucune douleur au malade.

Les tumeurs fibreuses du lobule, beaucoup plus fréquentes que les précédentes, se développent également sans douleurs, et le plus souvent sous l’influence de la traction produite par des boucles d’oreilles trop lourdes. Elles sont moins rares chez les négresses que chez les femmes de couleur blanche (St. vel., Knapp). La face postérieure du lobule en est le siège le plus ordinaire. Elles existent sur une oreille ou sur les deux à la fois. Leur volume qui ne dépasse guère celui d’une noisette, atteint dans certains cas les dimensions d’un œuf de poule. Elles sont dures au toucher et ne sauraient être confondues avec des tumeurs sébacées. Pour

peu quelles prennent d’accroissement elles constituent une difformité disgracieuse, et les malades en réclament l’ablation. L’opération se fait avec le bistouri. Les récidives sont rares si tout le néoplasme a été enlevé.

D. — Cancers.

a) Cancroïde. —• Les cancroïdes du pavillon de l’oreille ne sont pas très rares; Yelpeau, Demarquay, Sédillot, Bouisson et Terrier en ont observé dans leur pratique. Tantôt le néoplasme se développe sans cause précise, tantôt il succède à une autre affection. Il débute par une pustule, par une engelure ou par une plaque d’eczéma; plus tard, il présente la forme ulcéreuse ou la forme végétante.

La dégénérescence s’étend aux régions voisines, envahit les ganglions périauriculaires, et s’accompagne de douleurs plus ou moins vives. Elle donne lieu à une infection générale et amène assez rapidement la mort par cachexie. Pour éviter une issue fatale, il faut enlever la tumeur le plus tôt possible et cautériser son point d’implantation au fer rouge ou à l’acide acétique pur.

b) Sarcomes. — Les sarcomes du pavillon sont rares. On n’en possède qu’un petit nombre d’observations (J. Roosa, Nicaise, Dubrueil). Ils se développent au niveau du tragus, du lobule ou sur le pavillon luimême, se présentent sous forme d’une tumeur arrondie, de consistance variable, indolente, qui peut rester longtemps stationnaire, mais qui, un peu plus tôt, un peu plus tard, finit par s’ulcérer. Elle provoque alors

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L’ablation largement faite est le seul traitement applicable à ce genre de néoplasie.

c) Lymphadénomes. — Il existe une seule observation de lymphadénome; elle est due à M. le D' Témoin (.Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales ). Ces tumeurs ordinairement malignes récidivent sur place et se généralisent; elles doivent être enlevées sans retard.

E. — Tumeurs crétacées.

Le pavillon de l’oreille est un siège de prédilection pour les dépôts d’urates chez les goutteux (Garrod, Tood, Charcot); c’est le plus souvent au bord supérieur de l’hélix qu’on rencontre les tophus. Leur grosseur varie entre le volume d’une tête d’épingle et celui d’un petit pois. En général indolents, ils deviennent quelquefois douloureux au moment d’une attaque. J’en ai vu disparaître entièrement sous l’influence d’un traitement prolongé au salicylate de soude.

Si une tumeur devenait assez volumineuse pour irriter les parties voisines et gêner le malade, il ne faudrait pas hésiter à l’en débarrasser à l’aide du bistouri.

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