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CHAPITRE VI

§ I. — Anatomie et physiologie.

La trompe d’Eustache est un canal situé dans l’angle compris entre la portion écailleuse et la portion pierreuse du temporal, immédiatement au-dessous du conduit qui renferme le muscle du marteau. Elle aboutit, d’un côté, à la caisse du tympan, de l’autre, à l’arrière-cavité des fosses nasales; elle se dirige en avant, en dedans et un peu en bas. Comme le conduit auditif externe, elle est composée d’une portion osseuse et d’une portion ûbro-catilagineuse. Mais, tandis que dans le conduit auditif les deux portions ont à peu près la même longueur, dans la trompe la portion osseuse ne mesure que le tiers (ll mm ) de la longueur totale du canal, qui est de 35 millimètres environ. Les deux portions de la trompe s’unissent directement l’une à l’autre et forment entre elles un angle obtus ouvert en bas et en avant. C’est tout près de leur point de jonction que se trouve la partie la plus rétrécie (2 m “ de hauteur sur l mm de largeur), l’isthme de la trompe. A partir de ce rétrécissement, les deux portions vont s’évasant dans des directions opposées. La portion osseuse aboutit à la partie supérieure de la paroi antérieure de la caisse, en face du canal mastoïdien, par un orifice (orifice tympa-

MALADIES DE LA TROMPE D’EUSTACHE. 305 nique), dont la hauteur est de 5 à 6 millimètres et la largeur de 3 à 4 millimères. La partie fibro-cartilagineuse se termine à l’arrière cavité des fosses nasales par une ouverture, munie d’un bourrelet, (pavillon de la trompe) qui a 8 à 10 millimètres de hauteur.

Chez l’enfant, la trompe d’Eustache est plus courte et plus large que chez l’adulte ; l’isthme est moins étroit; l’orifice tympanique, plus grand, est placé plus bas; l’orifice pharyngien, plus étroit, a la forme d’une fente, le cartilage y est peu développé.

Le tissu cartilagineux n’entre pas seul dans la constitution de la portion dite cartilagineuse. Il ne forme qu’une gouttière, à laquelle s’attache un tissu membraneux destiné à la compléter.

La gouttière cartilagineuse, dont la concavité regarde en bas et en dehors, se compose de deux lames, une médiane et une latérale. La lame médiane est beaucoup plus longue et plus large que la lame latérale. Elle ressemble à un triangle plus ou moins équilatéral dont les angles sont arrondis. La lame latérale continue en haut et en dehors la lame médiane, elle s’arrondit sous forme d’un crochet, dans lequel le canal tubaire et sa muqueuse se prolongent vers le haut ; ce crochet regarde en dehors et en bas. Le cartilage est intimement uni avec le sommet du rocher d’une part, et avec la grande aile de sphénoïde de l’autre.

La portion fibreuse complète le demi-canal cartilagineux. Elle occupe la partie inférieure de la paroi externe de la trompe, s’insère à la portion recourbée de la lame latérale où elle est très mince, et va se renforçant au fur et à mesure qu’elle s’en éloigne.

La membrane muqueuse qui tapisse la trompe d’Eustache'àdhère d’une manière intime à ses parties osseuse, cartilagineuse et fibreuse. Elle est la continuation de la muqueuse du cavum pharyngo-nasal, dont elle a l’aspect dans sa portion cartilagineuse, mais elle est plus mince dans la portion osseuse, où elle ressemble au revêtement de la caisse. Elle renferme un nombre considérable de glandes muqueuses, très serrées près de l’orifice pharyngien, de plus en plus rares à mesure qu’on se rapproche de la portion osseuse. L’épithélium qui la recouvre est muni de cils vibratils, qui se meuvent de la caisse vers le pharynx ; ils ont pour but d’empêcher l’accolement des parois de la trompe et d’expulser les produits de sécrétion. Près de l’oriQce guttural et dans la portion cartilagineuse, elle est sillonnée par un réseau lymphatique très abondant qui se continue avec celui du voile du palais et de la muqueuse pharyngo-nasaîe. C’est par cette voie sans doute que se propagent si rapidement à l’oreille les inflammations du nez et du pharynx, et que se développent les abcès rétro-pharyngiens qui, chez les petits enfants, succèdent fréquemment à l’otite moyenne.

Les artères de la caisse fournissent des branches à la portion osseuse et les artères pharyngiennes à la portion cartilagineuse.

Les veines se jettent dans la faciale et dans la jugulaire interne.

Le nerf ptérygoidien interne (trijumeau) fournit des rameaux au muscle péristaphylin interne (abducteur de la trompe); l’orifice pharyngien reçoit des filet? du Rerf pharyngé supérieur (deuxième branche du triju-

MALADIES DE LA TROMPE D’EUSTACHE. 307 meau); la portion osseuse en reçoit du plexus tympanique; le pneumo-gastrique innerve le muscle péristaphylin externe (tenseur du voile du palais et dilatateur de la trompe).

La trompe d’Eustache a pour fonction d’établir une communication constante entre l’air extérieur et l’air renfermé dans la caisse du tympan, communication qui est indispensable à l’exercice régulier de l’ouïe. Elle ne saurait être chargée de porter au dehors, à l’état physiologique, les sécrétions de la caisse, puisque son orifice est placé bien au-dessus du plancher de cette cavité. Mais, lorsqu’un liquide morbide s’accumule dans l’oreille moyenne, au point de la remplir, il peut s’écouler enpartie dans le pharynx, surtout lorsque le malade incline la tête en avant.

La communication de la caisse avec l’air extérieur fait que les deux faces du tympan sont constamment soumises à la même pression, à la pression atmosphérique. Toutefois cette communication reste très imparfaite tant que la trompe est au repos, car les parois du canal sont alors plus ou moins accolées. Mais, sous l’action des muscles qui s’y insèrent, elles s’écartent, de temps à autre, et l’air extérieur, un peu chauffé pendant son passage à travers les fosses nasales, pénètre jusque dans la cavité tympanique.

Les muscles dilatateurs de la trompe au nombre de deux sont : l’élévateur et le tenseur du voile du palais.

L’élévateur du voile du palais (péristaphylin interne) part de la face inférieure du rocher qui avoisine le canal carotidien, et suit une direction parallèle à celle de la trompe dont il est séparé par une couche de

tissu cellulaire. Arrivé à la partie inférieure de la fente tubaire, il s’étend vers le voile du palais où il s’attache. En se contractant il soulève ce voile, et tire la partie inférieure de la trompe en haut et en dehors, de façon à diminuer son diamètre vertical, et à augmenter son diamètre horizontal.

Le tenseur du voile du palais (péristaphylin externe) s’insère à la face interne du sphénoïde, aux surfaces externe et inférieure du crochet cartilagineux latéral de la trompe, et à la partie supérieure de la portion membraneuse qui s’y adosse. Il se dirige en bas, le long de la paroi latérale membraneuse, à laquelle il est fixé assez solidement. Son tendon s’enroule autour du crochet de l’apophyse ptérygoïde et s’irradie dans le prolongement fibreux du palais (Henlé). Ses fibres forment un angle aigu avec la direction générale de la trompe cartilagineuse. L’insertion du tendon à l’apophyse ptérygoïde est tellement solide, que la contraction des fibres musculaires se fait sentir, beaucoup plus sur la trompe que sur le voile du palais. Sous l’influence de cette contraction, le crochet cartilagineux se déroule légèrement, la portion membraneuse s’éloigne de la portion cartilagineuse et la trompe s’ouvre (de Troeltsch).

§ II. — Anomalies et vices de conformation de la trompe d’Eustaclie.

L’absence totale de la trompe d’Eustache a été observée par Gruber sur un sujet qui n’avait ni conduit auditif externe, ni osselets, et dont la caisse ainsi que le labyrinhe étaient rudimentaires.

L’oblitération et la sténose congénitales sont rares, aussi bien que la dilatation excessive. Mais on rencontre souvent des anomalies de courbure, des défauts d’ossification à la paroi carotidienne, des différences de niveau entre les deux orifices pharyngiens.

L’orifice tympanique a été trouvé divisé en deux par une lamelle osseuse (Yoltolini), son absence a été constatée une fois par Wreden.

L’orifice pharyngien est quelquefois très petit et ses lèvres rudimentaires ; il peut faire complètement défaut (Lucæ).

§ III. — Lésions traumatiques de la trompe d’Eustache.

La situation profonde de la trompe d’Eustache la met à l’abri des lésions traumatiques. Elle peut cependant être intéressée dans les fractures de la base du crâne. Mais en présence de la gravité des accidents qui accompagnent cette fracture, la lésion tubaire passe presque toujours inaperçue, et il ne saurait être question de lui opposer aucun traitement.

§ IV. — Corps étrangers de la trompe d’Eustaché.

Des parcelles de matières alimentaires ont pu pé-* nétrer dans la trompe au moment d’un vomissement (Moos, Wolf). Cet accident ne réclame pas de traitement spécial; le corps étranger est généralement entraîné dans le pharynx par le mucus dont il provoque la sécrétion.

3i0 MANUEL PRATIQUE DES MALADIES DE L’OREILLE.

Fleischmann [Unîtes Sammlung , t. II, p. 183) a eu l’occasion de faire l’autopsie d’un homme dont la trompe d’Eustache était obstruée par une barbe d’orge, qui occupait toute la longueur de la portion osseuse, et faisait saillie à l’embouchure pharyngienne. Le sujet s’était plaint, depuis plusieurs années de bourdonnements, et avait accusé la sensation que donnerait la présence d’un cheveu dans le pharynx.

On a vu des bougies de laminaria introduites dans la trompe se briser et un fragment détaché rester dans le canal (Mayer, Hinton). Si le corps étranger dépasse l’orifice pharyngien, on le retire en pratiquant la rhinoscopie. Dans quelques cas observés par Wendt, la laminaria a été expulsée spontanément au milieu d’efforts de vomissements. On a rencontré aussi des aiguilles, des lombrics, des caillots sanguins des bouchons de mucus concret, des polypes venus de la caisse et des cristaux de chlorure de sodium. (Pappenheim.)

§V. — Inflammation de la trompe d’Ëustache, salpingite, catarrhe tubaire.

Genèse et étiologie. — Placée entre le pharynx nasal d’un côté, et la caisse du tympan de l’autre, la trompe d’Eustache prend le plus souvent part aux inflammations de ces deux cavités.

L’inflammation primitive est rare.

Lorqu’une inflammation aiguë ou chronique s’étend du pharynx au canal tubaire, elle peut rester localisée près de son embouchure ou se propager progressivement jusqu’à la caisse du tympan. La marche inverse a

MALADIES DE LA TROMPE D’EUSTACHE. 311 lieu lorsque l’oreille moyenne est primitivement affectée.

Anatomie pathologique. — La muqueuse qui tapisse la trompe d’Eustache s’hypérémie, se gonfle, fournit une quantité assez considérable de mucus plus ou moins concret qui, mélangé à des débris d’épithélium, obstrue souvent complètement le canal ; ce mucus apparaît quelquefois à l’orifice pharyngien, sous forme de bouchon visible au rhinoscope. La tuméfaction de la muqueuse est produite par l’hypérémie, par une infiltration séreuse et une hyperplasie du tissu sous-muqueux, qui, plus fortes au pourtour des follicules glandulaires, donnent à sa surface un aspect granuleux.

Le gonflement est parfois assez prononcé pour ne laisser subsister qu’une simple fente à l’entrée du pavillon.

Symptômes et diagnostic. — La salpingite aiguë s’accompagne d’une douleur plus ou moins vive, qui siège entre l’oreille et la trompe d’Eustache, s’irradie le long du bord antérieur du sterno-mastoïdien, et augmente par les mouvements de déglutition. Dans quelques cas, la région laryngée devient également douloureuse.

Le catarrhe chronique donne lieu de temps à autre à des élancements, mais le plus souvent il ne provoque aucune douleur. Sous l’influence de l’obslruction de la trompe, il se produit une sensation de plénitude de l’oreille, une tension pariétale, une surdité plus ou moins prononcée, des bruits subjectifs, quelquefois des nausées, des vomissements, des éblouissements, des troubles d’équilibre. Beaucoup de malades se plaignent d’entendre leur propre voix avec une résonnance par-

312 MANUEL PRATIQUE DES MALADIES DE L’OREILLE, ticulière, comme s’ils parlaient dans un tonneau, et de ne plus percevoir le bruit de leurs pas ; il leur semble qu’ils marchent sur du coton.

La plupart de ces phénomènes sont le résultat d’un défaut d’aération de la caisse du tympan et de l’excès de pression qu’exerce l’air extérieur sur le liquide labyrinthique, par l’intermédiaire de la membrane du tympan et des osselets.

Lorsque l’obstruction tubaire est récente, la membrane n’offre dans son aspect rien de particulier ; mais, pour peu qu’elle se prolonge, on remarque une exagération de sa concavité, une déviation et un raccourcissement apparent du manche du marteau, une saillie excessive delà courte apophyse, une modification dans la forme et l’étendue du triangle lumineux. Elle reste brillante et conserve toute sa transparence aussi longtemps que la caisse n’est pas enflammée ; mais, dans les cas anciens où cette cavité prend toujours plus ou moins part au processus morbide, le segment antéro-inférieur est déprimé en forme de niche ; on remarque, entre sa partie périphérique plus résistante, et sa partie centrale plus faible, une ligne de démarcation très nette, accusée par un reflet lumineux linéaire en arc de cercle parallèle à l’anneau tympanique, et produit par l’inflexion de la partie centrale (Politzer.)

Lorsque, par suite de maladies antérieures, la membrane du tympan est épaissie, la dépression qu’elle subit sous l’influence de l’obstruction de la trompe est faible ou nulle.

Nous avons fait connaître au chapitre I er les résultats fournis par l’auscultation de l’oreille, au moment où

MALADIES DE LA TROMPE D’EUSTACHE. 313 l’on fait passer dans la trompe d’Eustache, saine ou malade, une douche d’air à travers une sonde ; nous n’y reviendrons pas ici. Notons seulement que souvent ce mode d’examen ne fournit aucune indication, quoique le canal ne soit ni rétréci, ni oblitéré, si ses parois affaiblies et relâchées à la suite d’un catarrhe nasopharyngien ancien sont accolées l’une à l’autre. Avant de conclure à l’existence d’une oblitération, si l’otoscope reste muet, il faut donner une douche d’air en faisant exécuter au malade un mouvement de déglutition. Si les parois tubaires sont simplement accolées, elles se sépareront sous l’influence d’une contraction énergique des muscles dilatateurs, et l’auscultation se fera avec fruit.

L’air arrive quelquefois de la trompe dans la caisse d’une façon intermittente et par saccades. Quelques auteurs ont pensé que, dans ces cas, il y avait un rétrécissement valvulaire. J’ai souvent observé ce phénomène et n’ai jamais pu constater, en explorant le canal avec une bougie, autre chose qu’un rétrécissement simple.

Hartmann a cherché a déterminer le degré et même le siège des rétrécissements en adaptant un manomètre à l’appareil à insufflation. A l’état normal, la pression nécessaire pour faire pénétrer de l’air dans l’oreille moyenne est, d’après cet auteur, l’équivalente de celle d’une colonne mercurielle de 60 millimètres par le procédé de Yalsalva, et de 20 millimètres par celui de Politzer. Lorsque la trompe est rétrécie, celte pression peut s’élever suivant le degré du rétrécissement à 100 et 220 millimètres. Dans certains cas, l’air Lévi. 18

314 MANUEL PRATIQUE DES MALADIES DE L’OREILLE, ne passe qu’à l’aide du cathéter : si alors l’effort nécessité est minime, on doit admettre que l’obstacle se trouve près de l’orifice pharyngien, et que le bec de la soude l’a dépassé ; si au contraire il faut encore une pression élevée, c’est que le rétrécissement existe aussi dans la portion périphérique de la trompe.

A ce procédé je préfère de beaucoup l’emploi de la bougie graduée, qui permet de déterminer de la façon la plus exacte le degré du rétrécissement, son siège et son étendue.

Pronostic. — Les phénomènes morbides provoqués par le catarrhe de la trompe d’Eustache peuvent disparaître assez rapidement, si l’affection est aiguë. Lorsque l’inflammation est en voie de décroissance, le canal se débouche souvent sous l’influence d’un mouvement de déglutition, d’un bâillement, d’un éternuement ou d’une expiration forcée par le nez, et l’ouïe se rétablit brusquement à la suite d’un craquement qui se produit dans l’oreille. Mais le plus souvent cette amélioration est passagère, et la guérison n’a lieu que lorsque la muqueuse s’est entièrement dégonflée sous l’action d’un traitement approprié.

Dans les cas chroniques, la guérison s’obtient également complète s’il n’y a pas encore dans la caisse de lésion susceptible d’entraver la fonction.

Traitement. — Des gargarismes émollients et quelques insufflations d’air suffisent en général pour guérir la salpingite aiguë. Le traitement de la forme chronique se confond presque toujours avec celui du catarrhe simple chronique de la caisse. Il sera appliqué à la fois au cavum pharyngo-nasal et au canal tubaire.

La douche d’air, les injections astringentes ou caustiques, l’introduction de bougies dilatatrices simples ou médicamenteuses, les douches nasales, les gargarismes salins ou astringents seront employés suivant les circonstances et d’après les procédés que nous avons déjà fait connaître.

§ VI, — Rétrécissement et oblitération de la trompe d’Eustaclie.

La trompe d’Eustache peut être rétrécie et même obturée par suite de la tuméfaction inflammatoire de sa muqueuse. Nous avons indiqué les symptômes subjectifs et objectifs qui permettent de reconnaître ces états pathologiques et les moyens de les combattre. Mais on rencontre aussi des rétrécissements qui sont dus à d’autres causes siégeant soit en dehors du canal, soit dans son intérieur. Les parois tubaires sont quelquefois comprimées et accolées l’une à l’autre par les plexus veineux qui les avoisinent (de Troeltsch, Zukerkandel), ou par un néoplasme du pharynx ; le calibre du conduit se trouve rétréci, et même complètement effacé par une exostose simple ou spécifique, par une cicatrice consécutive à une ulcération scrofuleuse, diphtéritique, syphilitique.

L’ablation des tumeurs qui se trouvent dans le voisinage du pavillon, ou leur destruction par le galvanocautère suffira, en général, pour rendre sa perméabilité à la trompe dans les cas de compression simple.

L’électrolyse a été employée par Mercié et Garrigou Désarènes contre les rétrécissements cicatriciels ; l’ef-

316 MANUEL PRATIQUE DES MALADIES DE L’OREILLE, ficacité de cette méthode dans les rétrécissements produits par une bride ou par une exostose reste à démontrer.

Afin de remédier à l’obturation complète, assez rare d’ailleurs, on pratiquera la myringectomie (Itard, Bonnafont).

§ VII. — Dilatation de la trompe d’Eustache.

La dilatation de la trompe s’observe quelquefois chez les vieillards et dans la forme atrophique du catarrhe naso-pharyngien. Le canal largement ouvert laisse pénétrer l’air à chaque inspiration ; la voix du malade et sa respiration même lui paraissent extrêmement sonores; il y a une véritable autophonie ou tympanophonie (Poorten Brunner), qui disparaît chaque fois qu’on introduit une bougie dans l’orifice tubaire. Pour remédier aux symptômes pénibles de la dilatation on a conseillé de cautériser énergiquement de façon à provoquer un rétrécissement cicatriciel.

§ VIII. — Maladies de l’appareil musculaire de la trompe d’Eustache.

A. — Parésie et paralvsie.

Certaines affections générales, notamment la diphtérie et la scarlatine, sont suivies quelquefois d’une paralysie des muscles dilatateurs de la trompe. Leur simple parésie est très fréquente à la suite d’un état catarrhal prolongé delà muqueuse pharyngienne, en raison delà

MALADIES DE LA TROMPE D’EUSTACHE. 317 dégénérescence graisseuse plus ou moins complète des fibres musculaires qui se produit alors. Les névroses du trijumeau, du grand sympathique, duglosso-pharyngien et du spinal peuvent donner lieu à la même altération.

Les malades atteints de parésie des muscles tubaires se fatiguent très vite quand ils chantent ou quand ils parlent ; ils font difficilement plusieurs mouvements de déglutition consécutifs à sec ; ils avalent souvent de travers, supportent mal les injections nasales et la douche d’air par le procédé de Politzer; ils sont atteints de surdité et de bourdonnements comme lorsqu’il y a obstruction de la trompe, mais ils améliorent leur ouïe en faisant une forte inspiration par le nez légèrement comprimé.

Après avoir traité l’état général et l’inflammation pharyngée qui a provoqué la parésie, on électrisera les muscles affaiblis en appliquant l’un des pôles sur la région latérale du cou et l’autre au pourtour du pavillon de la trompe.

B. — Spasme.

Les muscles de la trompe sont parfois le siège de contractions spasmodiques. Ce phénomène s’observe principalement sur le tenseur du voile du palais; il est accompagné d’un bruit de claquement dans l’oreille perçu par le malade et par le médecin, et d’un mouvement du tympan isochrone aux contractions, mouvement provoqué par un spasme concomitant de son muscle tenseur. Les courants continus ont été employés avec succès contre ces troubles pathologiques.

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