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sioncr de la douleur; mais elle finit par amener une inflammation violente. En 1837, j'ai observé dans le service de M. Velpeau , à l'hôpital de la Charité, un malade qui avait au devant de la cornée, depuis quinze mois environ, une écaille de fer, et il s'en occupait si peu, que c'était pour une autre maladie qu'il était entré à l'hôpital.
Les signes qui caractérisent cette affection sont faciles à deviner. On a dit, avec raison, qu'une douleur fixe et pongitive, répondant au milieu de la paupière supérieure, indique la présence d'un corps étranger sur la cornée j de même qu'une douleur gravative qui correspond au bord supérieur du cartilage tarse , doit faire 5upposer l'existence d'un corps étranger dans le repli oculo-palpébral de la conjonctive. Toutefois, et ceci ne doit point être oublié , il arrive que des corps étrangers, d'un certain volume même, ivstent pendant un temps plus ou moins long, implantés dans les paupures ou sur le devant de l'œil, sans y être aperçus, quoique d'ailleurs , d'après tous les symptômes que l'on observe , on soit en quelque sorte certain de leur existence. Willius dit qu'une tige, longue de plus d'uu pouce , et qui était entrée dans l'orbite à travers la paupière, y resta très longtemps sans être reconnue , quoiqu'il en résultât des accidents très graves, du délire et des convulsions. Dans le mois d'avril 1837, j'ai observé à l'hôpital de la Charité , dans le service de M. Velpeau, le fait suivant : Un jeune homme, couché au N° 3a de la salle Sainte-Vierge, était affecté d'une ophthalmie sub-aiguë. La cornée conservait sa transparence; un chémosis grisâtre, avec boursoufflement érysipélateux de la
ii 8 MALADIES DES PAUPIÈRES,
paupière supérieure, plus marqué vers l'angle externe de l'œil que du côté interne, fixa l'attention de M. Velpeau. Le malade qui souffrait peu, ne savait à quoi attribuer sa maladie qui datait de quinze jours. Les premières recherches de M. Velpeau furent vaines, et, malgré le traitement, la maladie n'en persistait pas moins. Enfin , après un examen minutieux et répété à différentes reprises, le chirurgien finit par apercevoir, dans ia rainure oculo-palpébrale supérieure, l'extrémité jaunâtre d'un corps qu'il saisit aussitôt avec des pinces, et qui avait près d'un pouce de long, sur une ligne et demie de diamètre. C'était une tige de graminée qui avait pénétré dans l'orbite, pendant que le malade dormait sur une charrette chargée de paille.
Les corps étrangers ne sont pas toujours implantés dans les tissus; ils sont quelquefois mobiles entre l'œil et les paupières. Mais dans ces cas , il est ordinairement facile d'en constater la présence , et un anneau d'or ou d'argent , la tête d'une longue épingle , un petit rouleau de papier, un cure-oreille, ou tout autre objet lisse et arrondi, suffit pour les entraîner au dehors.
Lorsqu'on est bien convaincu de l'existence d'un corps étranger implanté dans les tissus , il faut immédiatement procéder à son extraction. Pour cela, on a imaginé plusieurs procédés. S'il s'agit d'extraire une parcelle de métal, de pierre, de bois, etc. , et qu'on ne craigne pas de la briser , on peut se servir avec avantage du bec d'une plume taillée en cure-dent, ou de quelque autre instrument analogue. Si l'on a affaire à un petit corps ferrugineux, à peine adhérent aux tissus, l'aimant, conseillé par F. deHilden, pourrait être utilement employé. Des parcelles
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de paille pourraient être attirées au dehors à l'aide d'un rouleau de cire d'Espagne.
Mais lorsque le corps étranger a un certain volume, et qu'il est profondément implanté dans les tissus, sans laisser à l'extérieur assez de surface pour donner prise aux instruments , il faut alors avoir recours à une opération. Pour cela, un aide maintient les paupières écartées; l'opérateur portant la pointe d'une lancette ou d'un bistouri très aigu à la circonférence du corps étranger, l'isole jusqu'à une certaine profondeur, le saisit ensuite avec une bonne pince, et le tire avec beaucoup de précaution. Cette opération exige une certaine adresse et une grande précision dans les mouvements. Pour les suites, on se comporte comme si le sujet était atteint d'une conjonctivite simple. Cette opération exige surtout de grandes précautions lorsque le corps étranger est situé dans l'épaisseur de la cornée.
Lorsque le corps à extraire offre à l'extérieur assez de prise aux instruments, toute opération devient inutile ; on le saisit avec une bonne pince, et on l'extrait en prenant toutes les précautions convenables pour ne pas le briser.
On a observé différentes sortes de vers soit dans le bord ulcéré des paupières , soit au fond de la rainure oculo-palpébrale, soit au grand angle de l'œil. J'ai vu à l'hôpital de la Charité dans le service de M. Yelpeau, un malade, naturellement malpropre et affecté depuis longtemps d'une biépharite ciliaire qui avait six énormes asticots au grand angle de l'œil entre l'extrémité interne de la paupière supérieure et la caroncule lacrymale. M. Jules Cloquet a publié l'histoire d'un malade qui eut l'œil et l'or-
bite profondémentjexcavés par cette espèce de
ver.
Le bord ciliaire des paupières est quelquefois envahi par des insectes. M. Velpeau a rapporté dans ses leçons cliniques le fait suivant qui lui a été communiqué par M. Champion. Il s'agit d'une jeune paysanne qui portait sur le bord ciliaire des paupières une telle quantité de pediculi pubis que M. Champion n'aurait jamais cru qu'il pût s'en attacher autant sur un organe aussi étroit. Cette partie des paupières était transformée en un bourrelet brunâtre; et le malade souffrait considérablement. Quelques frictions avec l'onguent mercuriel sur la partie affectée suffirent pour amener la guérison en quelques jours. On obtiendrait le même résultat avec la pommade au précipité blanc , ou avec la pommade de Désault. L'existence des asticots réclame d'ailleurs le même traitement. Il est du reste probable que le camphre, tant vanté par M. Raspail , étant associé aux topiques mercuriels, augmenterait l'etficacité de cette médication.
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