Acide acétique , 2 gros
Eau de fontaine, 1,2 once.
Sur-acétate de plomb, 1 scrupule.
Teinture d'opium , 1 gros.
Mêlez.
La compression a/ été aussi conseillée contre la conjonctivite d'Egypte, et il paraît que les indigènes de l'Orient se trouvent très bien de l'emploi de ce moyen pendant huit jours j après quoi ils font usage de poudres astringentes et de collyres de même nature. On sait en outre que M. Piorry s'est plusieurs fois très bien trouvé de la compression pendant l'épidémie de la maison de Refuge.
En Europe, les diaphorétiques ont toujours paru avantageux. Sous ce rapport la poudre de Dowcr à haute dose , l'acétate d'ammoniaque , l'opium à doses très élevées produisent de bons résultats.
Quant aux complications de l'ophthaimie d'Egypte telles que l'ulcération de la cornée, le prolapsus de l'iris, etc. , nous n'en dirons rienki, elles seront étudiées plus tard.
Lorsque la maladie est passée à l'état chronique, on a conseillé de faire dans l'œil des instillations de vin, d'opium, ou de teinture thébaïque. On peut aussi, à cette période de la maladie et surtout lorsqu'il existe des granulations, retirer de grands avantages de l'application de vésicatoires sur les paupières.
Modifications organiques de la conjonctive, suite de son inflammation.
Nous avons à nous occuper ici du ptérygion, du' pannus de la conjonctive et de laxérophthulmie.
PTERYGION. i57
Ptérygion.
Les auteurs désignent ainsi une excroissance un épaississement de la conjonctive, déforme triangulaire , à base tournée du côté de l'orbite et dont le sommet est dirigé du côté de la cornée. Cette forme triangulaire constitue le caractère distinctif du ptérygion. On a cru pendant longtemps qu'il y avait, dans cette maladie, des tissus de nouvelle formation. C'est là une erreur dont les chirurgiens modernes ont fait justice. Le ptérygion dépend uniquement d'un développement plus ou moins considérable des tissus de la conjonctive. C'est ainsi que le chémosis inflammatoire, dont j'ai déjà parlé, est un ptérygion aigu. Quant à la forme triangulaire que prend ici la maladie, il est assez facile d'en expliquer le mécanisme, d'un côté par le plus grand nombre de vaisseaux placés dans le point qu'ils occupent, de l'autre par la laxité très prononcée de la conjonctive du côté de l'orbite et par son adhérence à la sclérotique, adhérence qui est d'autant plus prononcée qu'on approche plus près de la cornée.
Dans la plupart des cas, on n'observe qu'un seul ptérygion sur le même œil, Il n'est pas rare pourtant tVen observer deux et même trois. Chez deux malades observés, l'un par le docteur Cunier et l'autre par Wardrop , il en existait quatre, qui, par la manière dont ils étaient disposés formaient sur l'œil une croix de Malte.
On distingue quatre espèces de ptérygion, le simple, le charnu, le graisseux et le phébectasique. Le ptérygion simple est constitué par un léger épaississement de la conjonctive, qui s'é-
tend jusqu'à la cornée, sans jamais envahir cette membrane. C'est là la variété la plus fréquente, et aussi la plus facile à faire disparaître. J'en ai observé un grand nombre d'exemples dans le service de M. Velpeau, à l'hôpital de la Charité. Dans ces cas, les malades n'éprouvent aucune douleur, et il n'en résulte aucun inconvénient. Lorsqu'il est un peu développé, il offre alors un aspect charnu et de grandes analogies avec le muscle pectine. C'est là la seconde variété. On comprend qu'alors les malades doivent éprouver quelques douleurs à cause du frottement opéré par cette espèce de tumeur. J'en ai observé un cas remarquable en 1837, chez une malade qui se présenta à la consultation de M. Velpeau. Il était survenu à la suite de l'introduction d'un corps étranger entre les paupières et le globe oculaire. Il datait déplus de six mois, et la malade nous dit qu'elle n'en était que légèrement incommodée, et cela surtout dans les changements de température. Si cette variété du ptérygion est combinée avec une agglomération de pinguecula, elle constitue Je ptérygion graisseux. M. Yelpeau en a observé plusieurs exemples, un entre autres à l'hôpital de la Charité, chez un jeune garçon d'un tempérament lymphatique. Le ptérygion phébectasique est constitué par un plus ou moins grand nombre de vaisseaux qui serpentent dans la conjonctive, et qui, se prolongeant sur la cornée, obscurcissent plus ou moins la vue.
Les causes du ptérygion sont les mêmes que celles qui donnent lieu aux ophthalmiesj et parmi ceiles-ci les causes traumatiques doivent être placées en première ligne. On conçoit aussi que la persistance d'une conjonctivite soit une
PTERYCION. JM
cause fréquente de la maladie qui nous occupe. C'est surtout chez les individus d'un certain âge qu'on l'observe; néanmoins, les enfants n'en BOnt point exempts. Outre le cas de ce nouveauné, dont parle Wardrop, M. Velpeau nous a dit en avoir observé deux cas chez des enfants audessous de huit ans.
Le pronostic du ptérygion n'offre dans la plupart des cas aucune espèce de gravité? En l'attaquant convenablement à son début, on en triomphe quelquefois* et, s'il persiste, son excision est très facile. Toutefois il convient de dire que lorsqu'il s'avance sur la cornée, et surtout lorsqu'il est en face de la pupile, les fonctions visuelles peuvent être plus ou moins compromises. M. Velpeau pense que, dans ces cas, après l'opération, il est rare que la cornée reprenne sa transparence primitive: c'est ce qui porte ce chirurgien à conseiller de ne pas prolonger la dissection du ptérygion jusque vers le centre de la cornée. On sait que c'est là aussi le précepte de Boyer. Cependant M. Carron du Villards professe une opinion toute opposée; suivant lui, la cornée reprend sa transparence, et l'opération n'y met que rarement obstacle. Ce chirurgien dit avoir obtenu lui-même plusieurs succès de ce genre.
Quoi qu'il en soit, il convient, avant d'avoir recours à une opération , et surtout lorsque le plérvgion n'est ni très prononcé ni d'une date ancienne, de faire usage de collyres légèrement astringents; on doit même toucher la tumeur avec un petit pinceau imbibé d'une solution de nitrate d'argent. Il importe toutefois de ne pas trop insister sur ces moyens; dès qu'on s'aperçoit
que la maladie résiste, il faut recourir à une
opération.
La science possède plusieurs procédés opératoires pour le traitement du ptérygion. C'est ainsi qu'on a conseillé la section des vaisseaux qui s'y rendent, et l'étranglement de l'excroissance à l'aide d'un fil passé entre la conjonctive et la sclérotique; il paraîtrait même que ces procédés auraient procuré quelques succès j mais ils sont très souvent infidèles, et d'un emploi plus difficile que l'excision. Aussi y a-t-on généralement renoncé.
Yoici le procédé que j'ai vu employer plusieurs fois par M. Veîpeau : On saisit avec une bonne pince le ptérygion à une ou deux lignes de sa pointe; on le tire un peu à soi comme poulie détacher* on en opère ensuite l'excision avec de bons ciseaux , ou bien avec le bistouri à l'aide d'une dissection convenable. Lorsque la pointe du ptérygion est très rapprochée de Ja pupile, M. Velpeau ne prolonge pas la dissection jusque là, il se borne à en exciser les quatre cinquièmes postérieurs. Le traitement consécutif consiste en des lotions émollientes, puis en des applications résolutives. M. Velpeau dit que ce procédé ne lui a jamais offert de difficultés sérieuses, et qu'il ne comprend ni les dangers que quelques personnes lui attribuent, ni l'importance des méthodes qu'on a voulu lui substituer.
Lorsque le ptérygion n'est pas très épais, ni très étendu, on a proposé de se borner à en exciser un lambeau. M. Velpeau a tenté trois fois ce moyen, et il dit qu'il ne lui a jamais réussi. On a dit encore que, pour éviter une cicatrice relevée en bourrelet, il fallait détacher d'abord
PANNUS DE \A CONJONCTIVE. ifA
le ptérygioo à sou sommet, puis à sa base , et de
terminer la section par la partie moyenne. C'est là une précaution dont on ne comprend guère l'importance.
Piwmin de l<< conio native.
On appelle ainsi le gonflement de la muqueuse kërato-conjonctivale produit par les vaisseaux sanguins qui la parcourent .Lorsque cette affection est légère, elle consiste dans le développement et le prolongement de quelques vaisseaux sanguins de la conjonctive scléroticale, qui, en s'étendant sur la membrane superficiel le de la cornée, s' v perdent en devenant de plus en plus étroits. Lorsqu'elle est portée à un haut degré d'intensité, on voit sur tout le devant du globe de l'œil une foule innombrable de vaisseaux qui s'entre-croisant entre eux, donnent à l'organe l'aspect d'une végétation rougeâtre, d'une espèce de luxuriation. Les larmes coulent alors en abondance; la conjonctive des paupières devient rouge, revêt un aspect presque fougueux en se couvrant de granulations.
Le pannus, peu considérable, n'altère pas la vue en totalité; mais il l'affaiblit toujours, car, outre les vaisseaux qui serpentent à la surface de la cornée, cette membrane est le plus souvent troublée ou tachetée. Si la maladie est intense, on conçoit qu'elle puisse devenir souvent funeste aux fonctions visuelles. M. Velpeau en a cité plusieurs exemples.
Le pannus peut se développer sur la cornée et rester complètement indépendant de la conjoncture. La membrane transparente de l'œil est
m MALADIES DU GLOBE DE L'ŒIL.
alors couverte d'une espèce de végétation grise ou rougeâtre, granulée comme le dos de la langue, indolente et d'une épaisseur plus ou moins considérable. M. Velpeau en a observé un exemple remarquable chez un forgeron, âgé de quarante-cinq ans. La plaque épaisse d'une demiligne, longue de plus de trois lignes, large d'une ligne et demie, placée en travers, un peu concave par en haut , existait au-dessous de la pupille, et laissait un liseré très reconnaissable et parfaitement sain de la cornée, entre son bord inférieur et la. sclérotique. M. Velpeau détruisit à trois reprises différentes cette plaque, et tout permettait d'en espérer la résolution définitive lorsque le malade, impatient de reprendre son travail , sortit de l'hôpital sans être complètement guéri. Nous ne l'avons plus revu.
On a cherché à expliquer le mécanisme de la production du pannus par le frottement longtemps répété des granulations de la conjonctive palpébrale sur la cornée. Mais il est évident que ce ne doit pas être là la cause unique, puisqu'il n'est pas très rare d'observer cette maladie chez des malades dont la face interne des paupières ne présentait aucune espèce de granulations. Dans ces cas, comme le dit fort bien Scarpa, la maladie n'est due qu'au soulèvement de la muqueuse cornéenne par des vaisseaux sanguins.
Le pannus est une affection qui réclame toute l'attention des chirurgiens. Les dérivatifs externes et internes sonl d'un grand secours dans le traitement de cette affection • mais ils doivent être employés conjointement avec les movens locaux pour produire une guérison radicale.