‹ Manuel pratique des maladies des yeuxChapitre 14 sur 74 · INFLAMMATION DK LA CORN LE. 1W · texte numérisé non relu

INFLAMMATION DK LA CORN LE. 1W

montre qu'il est toujours l'indice d'une affection plus ou moins proronde de la cornée. C'est ici le tissu propre de cette membrane qui se trouve affecté. Cette couleur jaune s'observe d'abord à la circonférence, et représente tantôt un cercle complet, tantôt un arc de cercle plus ou moins grand. Dans ce dernier cas, c'est ordinairement à la partie inférieure de la cornée qu'on aperçoit ce phénomène. Il est important de bien se familiariser avec ce symptôme; car, à son début, on pourrait facilement le prendre pour un phénomène naturel dû à la réunion de la cornée avec la sclérotique. Si la maladie n'est pas arrêtée dans sa marche, on voit cette couleur jaune s'avancer progressivement vers le centre de la cornée et envahir bientôt toute cette membrane. Il est rare alors que la vision ne soit pas plus ou moins compromise.

Quatrième nuance. — Teinte roussâtre.

— Cette épithète n'exprime pas très bien l'état de la cornée que l'on veut définir. En ce sens, M. Wardrop a été plus heureux en le désignant par la dénomination de teinte de pierre à fusil. Ceux qui ont observé avec soin des maladies de la cornée, et qui ont été à même de constater la couleur dont je parle, sentiront facilement combien est juste cette dernière dénomination. L'observation démontre que cette nuance débute ordinairement par le centre de la cornée, et qu'elle s'étend peu à peu vers la circonférence de cette membrane. C'est encore, comme la nuance précédente, le symptôme d'une affection profonde de la cornée.

Outre les changements de couleur que présente la cornée lorsqu'elle est le siège de l'inflammation y on a noté aussi des suffusioas ; des

espèces de images. Il n'est pas rare, en effet, d'observer au début d'une kératite aiguë quelque chose d'analogue à ce que présente une glace très propre et sèche sur laquelle on vient de souffler. Cette suffusion, cette espèce de nuage est ordinairement diffuse; quelquefois cependant elle affecte une forme déterminée analogue à celle de la cataracte à trois branches. J'ai observé deux cas de ce genre à l'hôpital de la Charité, dans le service de M. Velpeau. La vision est plus ou moins troublée ; crest ce que les malades expriment en disant qu'ils ont un brouillard , un nuage devant leurs yeux. Ce phénomène est évidemment dû à un épanchement léger de matière plastique entre les lames de la cornée. L'état de suffusion dan9 ces cas, pourrait aussi dépendre d'un trouble dans l'humeur aqueuse.

D'après ce que j'ai dit dans l'introduction de ce livre, sur la vascularisation de l'œil en général, il est facile de deviner sous quelle forme ce phénomène se présente dans la kératite. Des généralités sur ce point seraient donc inutiles; d'ailleurs, nous aurons à nous occuper d'une manière spéciale du genre de vascularisation que présente chacune des variétés de la kératite.

Mais il n'en est pas de même de deux phénomènes généraux dont je vous ai déjà dit quelques mots, et qui doivent fixer un instant mon attention, puisqu'ils accompagnent toujours à des degrés différents, il est vrai, toutes les nuances de la kératite : je veux parler de la photophobie et du larmoiement. Ceci sera dit, d'ailleurs, par anticipation pour l'iritis qui présente aussi, comme nous le verrons, ces deux phénomènes.

Si l'on parcourt les différents traitésd'ophthal-

Page 1