CONTUSIONS
cornée varient d'ailleurs, suivant plusieurs circonstances qu'il est facile de prévoir : suivant qu'elles dépendent d'un instrument contondant ou tranchant ; suivant qu'elles pénètrent ou ne pénètrent pas dans les chambres oculaires; suivant qu'elles se réunissent ou qu'elles ne se réunissent pas immédiatement; suivant qu'elles comprennent ou ne comprennent pas l'iris ou les parties profondes de l'œil; enfin, suivant leur étendue et selon qu'elles siègent ou ne siègent pas vis-à-vis delà pupille.
Contusions de la cornée» -— Quelque grave que soit cette affection dans un grand nombre de cas, il est vrai de dire pourtant qu'elle peut avoir une terminaison heureuse. Les annales de la science renferment plusieurs exemples de ce genre. Guérin cite un cas où la cornée, rompue par un coup de poing , donna d'abord d'assez vives inquiétudes; cependant la guéiison ne se fit pas longtemps attendre; elle fut complète. M. Velpeau a cité dans ses leçons les deux faits suivants : le premier malade était un garçon d'environ douze ans. Pendant qu'il jouait avec des fusées, une capsule lui blessa la cornée du côté gauche dans la partie externe. La plaie empiétait un peu sur la sclérotique qui était comme mâchée; elle avait environ deux lignes de diamètre. Pendant plusieurs jours les humeurs de l'œil s'écoulèrent par cette ouverture. Le malade éprouva pendant deux semaines des douleurs assez vives dans tout le côté gauche de la tête; cette région présentait une rougeur assez intense, à tel point qu'on craignait le développement d'un éiTsipèlc. On fit usage de compresses d'eau froide et du régime auti-phlogislique. Cependant peu à peu tous les symptômes se calmèrent
et la guérison radicale survint sans compromettre en aucune manière les fonctions visuelles. Dans le second cas, il s'agit d'un jeune homme, âgé de vingt ans, dont la cornée fut blessée par une tête de clou. La plaie ne comprenait pas toute l'épaisseur delà cornée. La pupille dilatée comme dans l'amaurose, figurait un ovale dont la pointe, fort anguleuse, correspondait à la plaie. On observait derrière la chambre antérieure une suffusion assez prononcée, de telle sorte qu'on aurait pu croire à une cataracte commençante. Néanmoins, les fonctions visuelles n'étaient point troublées. On eut recours aux mêmes moyens thérapeutiques que dans le cas précédent, et la guérison fut complète au bput de huit jours. Nous devons ajouter néanmoins que la déformation de l'iris a persisté.
Mais, hâtons-nous de le dire, ces cas sont rares; la vision est toujours plus ou moins compromise par ce genre de lésion.
Piqûres de la cornée. — Il s'en faut que les piqûres de la cornée soient aussi dangereuses que les contusions de cette membrane. La kératonvxie en fournit tous les jours la preuve. Sans parler des laits qui ont trait a cette opération, la science en possède plusieurs autres. Je me bornerai à citer les deux cas suivants, dont parle Guérin : Une jeune fille a l'œil percé par les piquants d'un marron d'Inde ; trois de ces pointes restent fixées dans le tissu de la cornée. On les retire, et la malade est guérie en peu de temps. La même terminaison eut lieu chez une demoiselle qui eut la cornée blessée par une pointe de ciseaux. M. Velpeau a observé deux cas du même genre, qui se sont terminés si heureuse*