‹ Manuel pratique des maladies des yeuxChapitre 17 sur 74 · COUPURES · texte numérisé non relu

COUPURES

ment qu'il n'est pas resté la moindre trace de la lésion.

Coupures de la cornce. — Dans un grand nombre de cas, ce genre de blessures de la cornée n'offre aucune espèce de gravité. Cette assertion est suffisamment justifiée par l'opération de la pupille artificielle et de la cataracte par extraction. Sans parler des faits qui se rapportent à ces deux opérations, les annales de la science en renferment d'autres qui prouvent qu'on aurait tort de trop s'effrayer des plaies de la cornée produites par un instrument tranchant. C'estainsi que Tulpius et Guérin parlent d'un coup de flèche qui vida toute l'humeur aqueuse chez un malade qui fut complètement guéri en quelques jours. Un fait semblable est cité par F. de Hilden, et M. Velpeau en a mentionné dans ses leçons plusieurs autres qu'il avait observés lui-même, ou qui lui avaient été communiqués par d'autres chirurgiens. Les suivants sont dignes d'être rapportés ici : Le beau- fils d'un des premiers chirurgiens de Lyon, se livrant à des expériences chimiques, reçoit dans l'œil un fragment de fiole que venait de briser une violente détonation. La cornée est largement ouverte de bas en haut et de dehors en dedans; on crut que l'œil s'était entièrement vidé. Cependant le lambeau se réapplique de lui-même; on fait usage de saignées répétées,, et de l'eau à la glace tenue constamment sur le devant de l'orbite. Aucun accident ne survint du côté de la plaie; mais dès le vingtième jour, on s'aperçut qu'une cataracte offrant tous les caractères de la cataracte membraneuse était établie. Un cordonnier, blessé de la même façon par la pointe d'un tranchet, qui divisa en même temps la paupière et l'iris,

guérit en dix jours sous Finfluence des topiques froids, et de quelques émissions sanguines. Un cas plus intéressant encore s'est offert à l'observation de M. Velpeau, en septembre 1834. Un ressort tranchant saute , en se détendant , dans l'œil d'un malade; la cornée est incisée un peu obliquement de dehors en dedans dans presque toute l'étendue de son diamètre vertical. On se borne pour tout traitement à pratiquer une saignée du bras et à faire des lotions d'eau froide sur l'œil. Il ne survint aucune inflammation, et la réunion était si complète au bout de huit jours, que la vision n'en souffrait nullement, quoique la cicatrice passât directement sur la pupille. Je borne là ces citations , elles seront suffisantes pour engager les chirurgiens à ne pas se presser de porter un pronostic trop désavantageux dans les plaies de la cornée. Mais liâtonsnous de le dire, dans les cas d'évacuation presque entière du corps vitré , il n'est plus permis d'espérer le succès; l'œil est perdu sans ressource.

Quoi qu'il en soit, les blessures de la cornée exigent des précautions qui varient suivant le genre de lésion. C'est ainsi que, quand la plaie est large et qu'elle comprend toute l'épaisseur de la membrane, on doit recommander au malade de se tenir sur le dos pendant plusieurs jours et cela sans se livrera des mouvements. Si, au contraire, le corps vulnérant n'a pas intéressé toute l'épaisseur de la cornée, rien ne s'oppose à ce que le malade prenne une autre position. On devine sans peine toute l'utilité de ce précepte.

Quant au traitement proprement dit, il est tout entier renfermé dans des émissions sanguines plus ou moins abondantes, plus ou moins

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