‹ Manuel pratique des maladies des yeuxChapitre 18 sur 74 · COUPURES · texte numérisé non relu

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répétées suivant les cas, et dans des applications continues d'eau froide sur l'œil.

Mais il est une circonstance que je ne dois point passer sous silence.

Lorsque les plaies de la cornée ne se réunissent pas par première intention, et qu'elles ont leur siège vis-à-vis de la pupille, les fonctions visuelles sont fortement compromises. Les lèvres de la plaie deviennent alors le siège d'un travail, sur lequel M. \elpeau a fixé l'attention d'une manière toute particulière dans l'article Cornée, du Dictionnaire de Médecine. Je ne crois pas pouvoir mieux faire que de citer ses propres paroles :

« Les lèvres de la plaie s'épaississent considérablement et se ramollissent en même proportion. Perdant de leur transparence, et se renversant en dehors, elles donnent bientôt naissance à un relief, une sorte de bourrelet qui en impose facilement pour une hernie de l'iris. Cette proéminence, d'abord noirâtre ou roussâtre, ne tarde pas à prendre une teinte jaune ou même blanchâtre. Un pareil état gagne ensuite plus ou moins vers le centre de la cornée qui entre dès lors en pleine suppuration. Toutefois, comme c'est moins du pus que de la lymphe plastique, qu'une matière adhérente, demi-fluide qui s'est accumulée entre les lambeaux de la plaie ou infîllréedansleurépaisseur,laguérisoun'estpastoujours rendue impossible par cette sorte de suppuration. Les parties finissent assez souvent par se déterger insensiblement. Quand il doit en être ainsi , on voit au bout de huit à quinze jours la plaque jaune ou purulente se resserrer, puis perdre de son opacité et laisser paraître la teinte noirâtre primitive des tissus jusque dans le point

saillant de la blessure. Lorsque les produits épanchés sont en grande partie résorbés, la cicatrisation commence à s'opérer par seconde intention ; mais elle n'est en général complète qu'après quatre ou six semaines. Un leucoma quelquefois très large, presque linéaire dans certains cas, en est du reste une suite presque inévitable. »

Le meilleur traitement pour prévenir la suppuration des plaies de la cornée, est le même que celui que je viens d'indiquer plus haut. Une précaution qu'il importe de ne point négliger, consiste à maintenir les lèvres de la plaie dans un contact aussi exact que possible. Pour cela, M. Velpeau pense que les matelas de charpie doivent être rejetés de la pratique, et qu'on doit se borner ici à placer le malade dans une position convenable, et à appliquer sur le devant de l'œil un bandeau qui agisse plutôt à la manière d'un voile que d'un bandage compressif.

Dès que la suppuration de la plaie est établie, il faut se comporter comme pour toute ophthalmie intense. Dans ces cas, M. Velpeau fait usage des saignées générales et locales, des dérivatifs soit internes, soit externes. Quant au bourrelet •dont j'ai parlé plus haut, le meilleur moyen de le faire disparaître consiste dans une cautérisalion adroite, avec le crayon de nitrate d'argent. Mais le moyen auquel M. Velpeau a le plus de confiance, c'est le vésicatoire volant appliqué sur le devant des paupières. Il est important aussi de faire des onctions avec la pommade de belladone sur les paupières ou à la base de l'orbite, afin d'empêcher le resserrement de la pupille et une hernie de l'iris.

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