‹ Manuel pratique des maladies des yeuxChapitre 22 sur 74 · TUMEURS · texte numérisé non relu

TUMEURS

non par une déperdition de substance. Au total, ce sont là des aphthes et non des abcès ni des ulcères. C'est surtout aux extrémités du diamètre transversal de l'œil qu'on les rencontre ordinairement. La sclérotique présente là, cbez un grand nombre de sujets, une sorte de tubercule peu développé, qui semblerait prédisposer à la maladie. Toutefois, on les observe assez souvent sur une autre région de la cornée; M. Velpeau en a observé sur tous les points du contour de cette membrane. Moi-même, dans l'espace de quatre ans , j'en ai observé un assez grand nombre d'exemples à l'hôpital de la Charité; et je serais porté à penser qu'il n'y a rien de bien précis à ce sujet. Je ne sache pas non plus qu'où puisse déterminer d'une manière rigoureuse quels sout les sujets qui sont le plus prédisposés à cette maladie. Les jeunes sujets des deux sexes, les personnes blondes scrofuleuses, semblent, il est vrai , en être plus fréquemment atteintes ; mais on l'observe aussi chez ceux qui se trouvent dans des conditions opposées. Je crois pouvoir le dire, de pareilles questions dans l'état actuel de la science, ne peuvent point être résolues d'une manière définitive.

Quoiqu'il en soit, cette espèce de tumeur n'offre aucun danger; des collyres astringents, secs ou liquides, suffisent dans la plupart des cas pour la faire disparaître. Mais si elle est tant soit peu volumineuse , cet ordre de moyens ne suffit pas, il faut alors avoir recours à la cautérisation avec le nitrate d'argent.

B. Végétations. — La cornée devient quelquefois le siège de végétations qui se présentent sous différents aspects. Tantôt elles occupent le pourtour de cette membrane; tantôt on les ob-

serve sur son plein. Dans le premier cas, elles occupent toute la circonférence de la cornée ; ou bien, ce qui est le plus fréquent, elles ne se montrent que sur un segment de cercle. Quoi qu'il en soit d'ailleurs, ces productions morbides offrent une couleur grise ou rougeâtre; elles sont aplaties, granulées à la manière des papules de la langue ; elles sont indolentes , d'un volume variable et s'avancent plus ou moins sur la cornée.

Lorsqu'elles ont leur siège sur le plein de la cornée, elles offrent un plus petit volume que dans le cas précédent ; les granulations sont aussi moins rouges ; quelquefois même elles sont bjancbâtres , surtout à leur sommet. On les observe aussi quelquefois sous forme de plaques.

La seule médication rationnelle contre les végétations de la cornée consiste dans l'excision ou la cautérisation. Il convient même de faire usage de ces deux moyens à la fois, lorsque les végétations sont dures et volumineuses. Alors, immédiatement après l'excision , on pratique une cautérisation avec la pierre infernale. Je dois ajouter qu'attaquées au début, on pourrait en triompher à l'aide de simples collyres astringents.

C. Kéralocèle. — On distingue deux espèces principales de kératocèle. Dans l'une, la tumeur se développe, comme l'a dit M. Velpeau, par un mécanisme analogue à celui de l'anévrisme mixte externe , c'est-à-dire que la cornée détruite dans ses lames profondes, cède, se dilate dans ses lames superficielles plus ou moins affaiblies. M. Jùngken a le premier décrit avec soin cette variété qui est heureusement très rare. Dans l'autre , beaucoup plus commune , ce sont

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