TACHES
les lames profondes qui viennent faire hernie au dehors; comme on le comprend très bien, la maladie est produite ici par le mécanisme opposé ; ce sont les lames superficielles qui sont détruites.
La plus grave de ces deux affections est, sans contredit , la première ; car, dans ces cas , on ne peut avoir recours qu'à une médication générale ou indirecte; tout remède local exposerait à aider la perforation de la cornée. M. "Velpeau n'en a pas encore rencontré d'exemple. La seconde variété réclame le même traitement que celui que nous avons indiqué contre les ulcères de la quatrième espèce; ajoutons toutefois qu'il faut réprimer le petit relief avec la pierre infernale.
Taches.
Les taches de la cornée méritent de la part des chirurgiens une attention toute particulière, eu égard à l'obstacle plus ou moins grand qu'elles mettent le plus souvent à l'accomplissement des fonctions visuelles. Les auteurs en ont admis plusieurs variétés. Elles peuvent toutes être résumées en trois espèces principales. Tantôt en effet la tache a son siège dans la lame superficielle de la cornée; elle est alors désignée sous le nom de nubccule , de néphélion ; tantôt elle occupe les lames moyennes, c'est alors Yalbugo : tantôt enfin toute, l'épaisseur de la cornée est atteinte, c'est le leucoma. Il est une autre espèce de tache dont les auteurs se sont peu occupés, probablement parce qu'elle ne. met pas obstacle à la vision. Je veux parler de l'anneau sénile.
Disons quelques mots sur chacune de ces
variétés, nous indiquerons ensuite les moyens que la thérapeutique possède contre chacune d'elles.
A. Le nubécule ou le néphêlion a son siège dans la lame superficielle de la cornée. Il coïncide assez souvent avec les ulcères superficiels avec lesquels on l'a quelquefois confondu. Je crois pourtant qu'il est facile de les bien distinguer. Le nubécule se présente sous l'aspect d'une plaque blanchâtre , simulant un nuage léger, une fumée j la cornée conserve sur ce point une partie de sa transparence. La vue est troublée ; mais elle n'est point abolie, lors même que le nubécule occupe le devant de la pupille. Je dois même dire que c'est là son siège de prédilection. Les malades rendent parfaitement compte de cet état en disant qu'ils ont un brouillard devant les veux. Quoi qu'en dise Scarpa , M. Velpeau n'a jamais observé le faisceau vascuîaire dont parle ce chirurgien, il est porté à croire qu'on a confondu dans ce cas un ulcère superficiel avec le simple nubécule.
B. L'albugo est une tache qui ne permet plus à la partie de la cornée qui en est atteinte de livrer passage aux rayons lumineux. On l'observe sur tous les points de la cornée. Lorsqu'il en occupe le centre, l'opacité est complète. Ce n'est plus ici un léger brouillard , mais une espèce de plaque d'un blanc jaunâlre et complètement opaque. C'est ordinairement à la suite d'une kératite intense et ancienne , d'un abcès ou d'un ulcère que cette espèce de tache s'observe.
C. Le leucoma ne consiste pas seulement dans une opacité de la cornée. Cette membrane aug-