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venir sur ce sujet en traitant des adhérente- de l'iris.
3° Procidences. — Le genre de déplacement que les pathologisles ont décrit sous les noms de prolapsus y liernie, procidenec de l'iris, constitue un état pathologique digne de fixer toute l'attention des praticiens. Toutes les plaies pénétrantes de la cornée peuvent en être la cause. C'est ainsi qu'on observe la procidenec de l'iris, à la suite de certaines ulcérations de la membrane transparente de l'œil , après les opérations de cataracte par extraction , ou de pupille artificielle. Quoi qu'il en soit, l'iris vient se présenter à l'ouverture artificielle de la cornée, et la maladie prend différents noms , suivant la forme ou le volume de la petite tumeur qu'elle présente. C'est ainsi qu'on l'appelle miocéphalon, quand la tumeur est petite, arrondie et noirâtre ; clou ou hylon , quand elle est plus grosse et de forme aplatie ; et staphylome rameux ou raisinière , lorsqu'elle est formée de plusieurs grains. Ce sont là les variétés principales, auxquelles on peut rapporter toutes celles qui ont été mentionnées par les observateurs.
Les symptômes qui caractérisent la procidenec de l'iris sont, une tumeur de couleur brune ou noirâtre et de volume variable, entourée d'un anneau blanchâtre à la surface de la cornée; un allongement et un rétrécissement manifeste de la pupille; et une synéchie antérieure. On observe, en outre , une photophobie intense et un larmoiement considérable. Il existe d'ailleurs sous ces points de vues des différences que je ne puis point décrire ici, mais auxquelles le lecteur suppléera facilement d'après la nature du mal. La procideucc de l'iris ne pourrait d'ailleurs
être confondue qu'avec une hernie, formée par ia membrane de l'humeur aqueuse; et si on sair que cette dernière affection est toujours caractérisée par une couleur pâle et diaphane, toute méprise à ce sujet devient difficile.
Abandonnée à elle-même, la procidence de l'iris se comporte de différentes manières : tantôt , en effet , la tumeur se déprime , s'affaisse entre les lèvres de la cornée, se couvre d'une pellicule, et l'inflammation se dissipe peu à peu; tantôt il se fait là un travail particulier : la tumeur s'engorge , se vascularise et revêt l'aspect d'un champignon. J'en ai observé un exemple, en 1838, à l'hôpital de la Charité ; la tumeur offrait le volume d'un petit pois , et ressemblait en petit à une partie de l'épiploon que Ton laisse quelquefois hors de la cavité abdominale après l'opération de la hernie; d'autres fois aussi la solution de continuité de la cornée s'agrandit, la tumeur se déchire; alors l'oeil se vide, ou, ce qui est pire, il entre en fonte purulente. Je dois ajouter pourtant qu'il n'est pas très rare de voir la pupille se resserrer fortement, s'oblitérer même , et alors l'iris fermant la perforation de la cornée, n'empêche point, il est vrai , l'évacuation de l'humeur aqueuse, mais il s'oppose à ce que les autres humeurs de l'œil s'échappent au dehors.
M. Velpeau a exposé si clairement le traitetement qu'il convient d'opposer à la maladie qui nous occupe , que je ne crois pas pouvoir mieux faire que de citer ici ses propres paroles :
« S'il s'agit d'un prolapsus par lésion traumatique , au moment de l'opération de la cataracte, par exemple, et que l'inflammation ne s'y soit
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point encore ajoutée, on peut en essayer sut' le champ la réduction à l'aide d'un stylet mousse. Une solution d'extrait de belladone est conseillée en pareil cas par M. Mackensie et par une foule d'autres praticiens. On aurait tort cependant d'accorder une grande valeur à un pareil moven. Après les premières heures, la réduction mécanique des hernies de l'iris est à peu près impossible à cause du travail phlegmasique qui s'établit bientôt. Les préparations de belladone ne semblent pas non plus pouvoir être d'un grand secours , puisqu'elles ont pour but de rapprocher la pupille du cercle ciliaire, tandis qu'il faudrait éloigner la grande circonférence de l'iris des environs de la plaie : ce n'est en définitive que pour les procidences qui se font assez loin de la sclérotique qu'on pourrait emplover fructueusement ce moyen : alors il aurait effectivement quelque chance de retirer l'iris en arrière, en dilatant forcément la pupille.
« Lorsque la procidence se fait à travers un ulcère de la cornée, le seul moyen préventif efficace à proposer serait la cautérisation de toute la surface ulcéreuse avec le nitrate d'argent. Aussitôt que la hernie est opérée, il faut songer à d'autres ressources. Dans les premières vingtquatre heures de l'accident, le traitement autiphlogistique et narcotique est le seul convenable; c'est à la saignée générale ou locale , aux collyres opiacés ou purement émollients, qu'il faut s'adresser en pareil cas; plus tard, la médication sera différente, selon le degré de la procidence. En général, il est inutile d'exciser, de repousser la petite tumeur et même de la cautériser, si elle ne fait qu'un léger relief sur la cornée. Les antiphlogistiques , puis l'instillation dans l'œil
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de collyres résolutifs, de la solution légère de nitrate d'argent entre autres , suffisent presque toujours pour calmer les accidents et réduire le prolapsus à une sorte de tache noire qui se perd bientôt dans la cicatrice de la coince. Aussi voit-on plusieurs praticens, Demaurs en particulier, repousser comme inutiles ou dangereux toutes les espèces d'irritants locaux dans le traitement des hernies de l'iris.
« Toutefois, si la procidence de cette membrane fait une saillie de plus d'une ligne, ou offre une certaine étendue en surface , les moyens locaux sont généralement de rigueur. A part les collyres , ces moyens se réduisent au total à deux principaux ^ la cautérisation et l'excision.
« La cautérisation avec le nitrate d'argent fondu est à peu près la seule qu'on emploie maintenant. Un aide tient la paupière supérieure relevée , soit avec les doigts, soit avec un élévateur. Le chirurgien , abaissant la paupière inférieure d'une main, engage le malade à regarder un point fixe qui puisse mettre la hernie en évidence, pendant que, de l'autre, il touche légèrement toute la petite tumeur avec le crayon ordinaire de nitrate d'argent, en ayant soin de n'atteindre ni la cornée, ni aucun point de la conjonctive. De l'eau froide est aussitôt instillée dans l'œil pour éteindre les restes du caustique ; la douleur, vive d'abord, se calme généralement vers la fin du jour. On recommence cette petite opération tous les trois ou quatre jours, jusqu'à ce que la tumeur soit affaissée. Quand elle a été faite convenablement, il est rare qu'on soit obligé d'y revenir plus de deux ou trois fois. Le chirurgien doit d'ailleurs savoir que ce ne sont pas les procidences les plus étroites ou les plus