DEPLACEMENT ME L'IBIS
prèles qui disparaissent ainsi le plus promptement. J'ai cautérisé plusieurs malades qui avaient une procidence de la moitié ou des deux tiers de l'iris, et chez lesquels une seule cautérisation a suffi pour produire un affaissement complet de la tumeur dans l'espace de vingt-quatre heures. C'est le plus ou moins de mollesse ou d'épaisseur du tissu faisant hernie, qui est cause qu'on est obligé ou non de revenir plusieurs fois à la cautérisation. La grande difficulté, dans cette pratique, est de tenir les paupières convenablement écartées, et de forcer le malade à maintenir son œil immobile, puis de ne toucher absolument que la procidence et de la bien toucher partout. Lorsque le caustique ne se trouve en contact avec aucun autre tissu, il ne cause en effet presque aucune douleur, et le chirurgien peut agir sans trop de peine sur toute la surface noirâtre; tandis que si la conjonctive, soit palpébrale, soit oculaire, si la cornée, se trouvent atteintes, il en résulte une douleur excessive qui met le malade dans l'impossibilité de se prêter plus longtemps à l'opération. Le beurre d'antimoine, le sublimé et autres substances employées jadis dans les mêmes cas, offrent trop de dangers et sont trop avantageusement remplacés aujourd'hui par le nitrate d'argent pour qu'd soit nécessaire d'en parler en détail.
« L'excision des hernies de l'iris serait dangereuse toutes les fois que l'intérieur du prolapsus se continue encore avec la cavité de l'œil ; comme elle est , au reste, complètement inutile quand on se sert du nitrate d'argent, et que le nitrate d'argent n'en doit pas moins venir à son secours quand on l'a mise en pratique, il n'y a aucune raison de l'essayer en pareil cas. Mais il
n'en est plus de même lorsque la hernie de l'iris, ayant pris l'aspect d'une tête de clou, s'est transformée à la longue eu une espèce de champipnou ou de petit polype, plus ou moins aplati. Ei semblable circonstance, la tumeur est comme étranglée par son pédicule ou sa racine dans l'ulcération de la cornée. Comme cette racine n'est plus creuse, comme elle est ordinairement confondue avec le contour de l'ulcération, il n'y a plus de dangers, d'une part, à enlever brusquement la tumeur, tandis que, d'autre part, on pourrait éprouver de la difficulté à détruire celle-ci au moyen du nitrate d'argent seul. Ces végétations, dites charnues, de l'iris sur la cornée ont été observées plusieurs fois; Maître-Jan en cite une qu'il parvint à détruire à l'aide d'un caustique fort actif. Un fait semblable a été relaté par M. Lawrence.
« J'ai vu , ajoute M. Velpeau , en 1836 à l'hôpital de la Charité, un homme qui portait ainsi à l'œil droit une tumeur rouge, assez dense, large de trois lignes , qui couvrait les deux tiers externes de la cornée. Quelques faits, mal détaillés il est vrai , permettraient même de penser que de pareilles végétations peuvent acquérir un volume considérable et se transformer en de véritables tumeurs cancéreuses. Quoi qu'il en soit, on se servira pour les détruire, ou de l'excision, ou du nitrate d'argent, selon qu'elles offriront ou non un étranglement, un pédicule dans la cornée. Avec la tête d'un stylet qui tend à soulever la circonférence de la hernie , on sait bientôt à quoi s'en tenir sous ce dernier point de vue. En cas que ce fut une tumeur aplatie et partout adhérente, on cautériserait comme précédemment ? mais avec beaucoup plus de force
ADHERENCES DE L'IBIS. 'A I
et plus fréquemment. Dans les tumeurs pédiculées, on glisse au-dessous les lames à pointe* émoussées de petits ciseaux courbes sur le plat; ou soutient eu outre la partie supérieur»; de la végétation avec la tête d'uu stylet pour l'empêcher de glisser au moment même de la section. L'opération étant faite, il est utile encore de cautériser sur le champ la petite plaie, puis de recourir avec une certaine énergie au traitement autiphlogistique. Il est bon desavoir, au reste, qu'après la destruction de ces tumeurs, la cornée a une grande tendance à se fondre, et que l'œil entre fréquemment en suppuration, soit qu'on ait préféré l'excision, soit qu'on ait employé la cautérisation. »
Adhérences de l'iris.
Les adhérences de l'iris sont, comme la synéchie de cette membrane, de deux ordres, les unes antérieures, les autres postérieures.
Les adhérences antérieures ont lieu dans les cas de procidenceou de hernie de l'iris, et sont en conséquence une suite presque nécessaire des ulcérations perforantes de la cornée et des blessures de cette membrane. Elles peuvent en outre avoir lieu à la suite d'une kératite profonde compliquée d'inflammation de l'iris. M. Velpeau en a cité plusieurs exemples. Il est inutile d'ajouter qu'elles peuvent s'établir sur tous les points de la face profonde de la cornée. Je dois dire toutefois que , le plus ordinairement, on les observe près de la circonférence de cette membrane.
Le diagnostic de ce genre de lésion est ordinairement facile; il surfit pour cela de regarder
MU.xDILS DF L'IMS.
l'œil par le côté. Mais, hàtons-nous de le dire, assez souveDt l'humeur aqueuse a perdu de sa transparence . des taches plus ou moins opaques existent sur la cornée, et alors il est a-sez difficile de reconnaître ia maladie.
Le> adhérences postérieures de l'iris ont lieu, tantôt sur la capsule du cristallin , tantôt sur le contour antérieur du corps vitré. J'ai déjà dit, en traitant de l'iritis et de la synécliie postérieure, quelles sont les causes de cette affection. Quant au diagnostic, il est quelquefois assez difficile; mais il est un mo\en qui reste rarement sans effet, je veux parler des préparations de belladone. En effet, à l'aide de l'extrait de cette substance, qui. comme on le sait, a la propriété de dilater la pupille, il est facile de se convaincre si quelques points de l'iris restent fixés en arrière. On voit alors l'ouverture naturelle de cette membrane prendre une forme anormale quelconque, et dès cet instant il ne peut plus rester de doute.
Je dois ajouter que les adhérences postérieures de l'iris sont assez souveDt compliquées de cataracte, ou d'amaui ose. ou d'une autre lésion plus ou moins grave de l'œil.
Quoi qu'il en soit , que l'adhérence soit antérieure ou postérieure, qu'il existe ou non quelque complication, il n'en est {.as moins \rai qu'a file seule elle constitue un obstacle toujours plus eu moins grand à l'accomplissement des fonctions visuelles, par la forme irrégulière et par ia direction vicieuse que prend la pupille. Aussi on ne doit pas être surpris que beaucoup de chirurgiens se soient oc< upés avec le plus grand soin d'en débarrasser les malad ;.