‹ Manuel pratique des maladies des yeuxChapitre 52 sur 74 · TUMEURS SOLIDES · texte numérisé non relu

TUMEURS SOLIDES

ulcérations nombreuses. Il convient donc de le traiter avec assez d'énergie à son début. On en triomphe ordinairement par une application de douze à quinze sangsues, que l'on répète le surlendemain, en même temps qu'on fait trois fois le jours sur la tumeur des onctions mercurielles, ou qu'on la couvre de cataplasmes émollients. Si ces moyens ne suffisent pas pour juguler l'inflammation ; et que la suppuration soit établie et manifeste, il n'y a plus à balancer, l'abcès doit être ouvert avec le bistouri ou la lancette; on évite par là les accidents dont je viens de parler.

2. OEgjlops. — Ou a donné ce nom à un ulcère de la peau du grand angle de l'œil. Tantôt cet ulcère communique avec le sac lacrymal, tantôt il lui est étranger. Il peut d'ailleurs être de nature svphiliîique, de nature cancéreuse; j'en ai observé quelques exemples dans le service de M. Velpeau. Lorsqu'il n'a aucune communication avec le sac lacrymal, cet ulcère ne réclame pas d'autre traitement que sur les autres parties des paupières. Dans le cas contraire, c'est à la fistule lacrymale elle-même qu'il faut adresser les moyens thérapeutiques, car alors il n'en est évidemment qu'une complication. Eu conséquence, il serait inutile d'insister plus longuement sur ce point.

3. Tumeurs solides. — Les tumeurs solides du grand angle de l'œil peuvent être divisées en deux grandes classes : les unes ayant pour siège la caroncule lacrymale, les autres étant situées entre les téguments et le tendon direct. M. Yelpeau ne connaît qu'une observation de ce dernier genre; elle a été publiée par M. Besson dans la Revue Médicale (t. iv, p. 171). La

tumeur existait des deux côtés; elle offrait le volume et la forme d'une amande. L'extirpatioti en fut faite, et le malade guérit.

On donne le nom à? encanthis h une tumeur plus ou moins volumineuse, développée dans le tissu même de la caroncule lacrymale, ou formée par une dégénérescence de ce corps glanduleux. Les auteurs distinguent plusieurs espèces d'encanthis. M. Carron du Yiilards admet un encauthis inflammatoire, un encan this hydatideux, ou encanthis hypertrophique, un encanthis squirrheux, ou encanthis fongueux et un encauthis mélanique. Je ne m'arrêterai point à décrire chacune de ces variétés; je me bornerai à dire, avec M. Yelpeau, qu'en général l'encanthis se présente sous l'aspect d'une petite masse rouge, granulée, peu douloureuse, qui semble se prolonger dans l'orbite, et qui proémine plus ou moins entre les paupières vers leur commissure interne. Lorsque l'encanthis est simplement inflammatoire, et que la maladie est encore à son début, on peut juguler la phlegmasie à l'aide des irrigations d'eau noide; mais il ne faut pas insister sur ce movcn. Lorsqu'il ne réussit pas , M. Canon du Yiilards conseille de placer quelques sangsues dans la narine correspondante et sur la tempe. Si la maladie est déjà un peu avancée, les résolutifs doivent être employés. Mais ces différentes ressources ne réussissent pas toujours; la tumeur entre alors en suppuration. 11 importe, dans ces cas, d'employer tous les moyens appropriés pour s'opposer à la formation de fongosités qui pourraient revêtir un mauvais aspect.

Lorsque la tumeur ne cède pas au traitement dont je viens de parler, qu'elle revêt une forme

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