TUMEURS SOLIDES
chronique, les caustiques, la ligature, le bistouri, constituent les seules médications. Parmi les caustiques, dit M. Velpeau , il n'y a guère que le nitrate d'argent ou le nitrate de mercure dont on puisse faire usage sans danger. La potasse, le beurre d'antimoine , la pâte de zinc , exposeraient trop, en effet, à léser le sac lacrymal ou l'extrémité nasale des paupières. Quant à la ligature, elle ne serait applicable que pour les cas où la tumeur offrirait un pédicule assez prononcé., et encore faut-il ajouter que l'extirpation est toujours préférable.
L'extirpation de la tumeur constitue une opération assez délicate, eu égard aux parties voisines qu'il importe de ménager. Voici le procédé opératoire décrit par M. Velpeau : « Le malade doit être couché sur un lit de hauteur convenable ou assis sur une chaise; un aide , placé derrière, lui fixe la tête et se charge d'écarter les paupières; accrochant la tumeur avec une érigne dont il charge aussitôt un second aide , le chirurgien , armé d'un bistouri droit, isole la masse morbide d'abord par en bas, ensuite par en haut, puis en dedans, afin de !a disséquer en dernier lieu d'arrière en avant et de dedans eu dehors , en ménageant avec soin le globe de l'œil. L'artère palpébrale , ajoute M. Velpeau. ordinairement divisée par cette manœuvre, donne lieu à une sorte d'hémorrhagie dont le simple tamponnement triomphe, en général, sans difficulté; on remplit donc la plaie de boulettes de charpie; un lin^e fin, criblé de trous et enduit de cérat , puis un plumasseau , sont mis par dessus pour couvrir le grand angle. Il ne s'agit plus après cela que d'envelopper le tout d'une compressé et de quelques tours
548 MALADIES DES POINTS LACRYMAUX, de bande en forme de monocle, pour maintenul'appareil. Après le premier pansement on diminue chaque jour le volume ou le nombre des boulettes de charpie, et la plaie se cicatrise généralement dans l'espace de quinze à vingt jours. »
Il arrive quelquefois que le repli des téguments qui de la racine du nez s'avance sur la caroncule lacrymale prend une trop grande extension et gène le mouvement des paupières. Cette difformité a reçu le nom d'èpicanthus. On en débarrasse facilement les malades à l'aide d'une petite opération. Pour cela, soulevant avec une bonne pince la peau de la racine du nez, on en excise un lambeau elliptique vertical assez large pour que le rapprochement des lèvres de la plaie par la suture fasse disparaître sur le champ les deux croissants angulaires. Pour rendre l'opération plus méthodique, on pourrait avant de pratiquer l'excision passer les épingles ou les fils à travers la base du repli cutané..
C» Maladies des points et des conduits lacrymaux.
1° Oblitération des points et des conduits lacrymaux. — Cette altération peut être produite par différentes causes. On l'a observée à la suite de la variole, de l'ophlhalmie purulente, d'une blépharite ancienne, à la suite de plaies et de douleurs de la partie interne des paupières. Elle peut dépendre en outre de l'introduction de corps étrangers ; Anel et Mejean en citent des exemples remarquables. Cette maladie se reconnaît aux symptômes suivants : les larmes
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ne pouvant plus suivre leur cours naturel, tombent sur la joue; le devant de l'œil est abondamment mouillé, tandis que les malades se plaignent de sécheresse dans la narine correspondante. Le bord libre de la paupière est déformé, atrophié ou hypertrophié. Il n'existe dans le grand angle aucune tumeur, aucun état pathologique auquel on puisse attribuer ces phénomènes.
Les moyens qu'on a proposés contre l'oblitération des points et des conduits lacrymaux sont plus ingénieux qu'efficaces. Je n'entrerai pas dans de grands détails à ce sujet; je me bornerai à transcrire les idées de M. Velpeau : Ce genre d'altération , dit ce chirurgien , mérite de nouvelles recherches. J.-L. Petit et Vellier , qui prétendent avoir refait un conduit lacrymal oblitéré en passant un stylet aigu à la place qu'il devait occuper, ont certainement été trompés par quelques circonstances ; quel que soit l'instrument dont on se serve, en effet, pour creuser un conduit aussi fin que le conduit lacrymal, et quel que soit le genre de séton qu'on tienne ensuite dans ce conduit pour eu solliciter la permanence, ou peut être convaincu que les larmes ne s'y arrêteront pas , et qu'il se fermera aussitôt après la suppression du corps dilatant. Ce sont donc des opérations complètement inutiles ; mieux vaudrait alors imiter Bosche (Malgaigne, thèse de concours , 1835), et cau^ tériser les points lacrymaux, s'il en reste quelque trace, pour les fermer définitivement. Tout ce qu'on pourrait tenter serait de les« désobstruer à l'aide du stylet ou des injections d'Anei , s'ils étaient simplement rétrécis ou seulement engoués par quelque matière épaissie. A, Petit et