‹ Manuel pratique des maladies des yeuxChapitre 54 sur 74 · MALADIES DES POINTS LACRYMAUX · texte numérisé non relu

MALADIES DES POINTS LACRYMAUX

Léveillé pensent qu'on devrait alors établir une ouverture au sac lacrymal avec déperdition de substance entre la caroncule et la paupière , à l'endroit qu'avait choisi Pouteau. Mais il n'est pas probable qu'une pareille ouverture se maintînt longtemps, ni qu'elle fût d'un grand secours. Une ouverture accidentelle par excision au conduit même, en dedans du point oblitéré, vaudrait mieux. Elle s'est maintenue, ajoute M. Velpeau, chez deux malades que j'avais opérés dans un autre but. »

Cependant je ne puis passer outre sans ajouter qu'à l'aide d'une simple dilatation on est parvenu a guérir des rétrécissements , des oblitérations des conduits lacrymaux. M. Carron du Yillards a obtenu plusieurs succès de ce genre, en plaçant quelques jours, pendant une heure ou deux, dans le conduit un petit clou métallique ou une soie de sanglier. On pourrait en conséquence avoir recours à ce moyen en pareilles circonstances.

2. Kystes. — Quelques praticiens disent avoir observé les points lacrymaux se développer en forme de kyste. Lorsque la tumeur est petite et qu'elle n'occasionne que peu de gène, on pourrait se borner à la traiter par les résolutifs, si les malades ne voulaient pas se soumettre à une petite opération. Mais, dans la plupart des cas , ce ne serait là qu'un moyen palliatif. Pour la guérir radicalement, il ne serait pas nécessaire de procéder à son extirpation ; on y parviendrait aussi sûrement en l'ouvrant et en cautérisant l'intérieur. II est vrai de dire qu'on s'exposerait par là à produire une oblitération du conduit lacrymal et par suite un épiphora incurable. Mais M. Velpeau a mentionné quelques faits qui

BLENNORRIIÊE DES VOIES LACRYMALES. 551 tendent à diminuer les craintes des chirurgiens à ce sujet.

3. Polypes. — Les points lacrymaux sont en outre sujets à de petites végétations, à des espèces de polypes. Les exemples de ce genre sont très rares, il est vrai; on en trouve cependant un exemple dans l'ouvrage de Demours. Dans ces cas , il faudrait exciser la petite végétation et pratiquer ensuite la cautérisation.

C'est ainsi que Demours guérit un petit fongus qui sortait du point lacrymal inférieur. On comprend d'ailleurs que ce sont là des affections trop rares pour que nous nous y arrêtions plus longuement.

4. Fistules du conduit. — Si quelque ulcère, ou toute autre lésion, venait à perforer le conduit lacrymal du côté de i'œil , il en résulterait une fistule d'un genre particulier des plus difficiles à guérir. Un fil d'or ou de soie, ou bien une petite corde à boyau, portés comme un selon à travers le conduit blessé, depuis le point jusqu'au sac lacrymal, est le seul remède que l'art possède contre une semblable infirmité, à moins qu'on ait recours à l'ouverture du canal nasal des paupières. Je dois ajouter cependant que M. "Velpeau a vu sur deux sujets les larmes s'engager par la voie nouvelle, c'est-à-dire par l'ouverture accidentelle du conduit, comme par le point naturel ; et cela sans qu'il en résultat d'inconvénients.

5. Blennoirlite des voies lacrymales. -r Quelques oculistes modernes ont donné ce nom à l'écoulement muqueirx ou purulent dont les voies lacrymales sont quelquefois le siège. Mais

une pareille distinction n'a aucun fondement. Il est vrai , dit M. Veipeaa , que l'inflammation de l'appareil excréteur des larmes est souvent accompagnée d'un écoulement analogue à celui de l'urètre et des autres canaux muqueux , en général; mais il n'en résulte pas qu'on doive faire de ce symptôme une maladie particulière. La blennorrhée, dans ce cas, est le signe d'un état phlegmasique ou pathologique du sac lacrymal ; mais elle ne nécessite par elle-même aucun traitement particulier.

D. Maladies du sac lacrymal et du canal nasal.

Tumeur lacrymale,

Où désigne sous ce nom une tumeur formée par le sac lacrymal plus ou moins dilaté. Cette maladie a été aussi décrite par quelques auteurs sous le titre de hernie , d'hydropisie du sac lacrvmal.

La tumeur lacrymale offre trois nuances principales, qu'il est bon de ne point confondre. Tantôt, en effet, la maladie est due à la distension du sac par les larmes, soit pures, soit mêlées à des mucosités purulentes; les conduits lacrymaux sont alors libres, et le canal tnasal est plus ou moins resserré; cette première variété constitue la tumeur lacrymale -proprement dite. Tantôt , le sac est éraillé ou ulcéré dans sa paroi antérieure, et les matières lacrymales sont accumulées entre la tunique fibreuse et les téguments extérieurs , autant que dans le sac lui-même; cet état constituerait,

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