‹ Manuel pratique des maladies des yeuxChapitre 55 sur 74 · TUMEUR LACRYMALE · texte numérisé non relu

TUMEUR LACRYMALE

d'après M. Velpeau, une fistule lacrymale borgne interne. Dans la troisième variété, le cas lacrvmal semble être complètement transformé en kyste, et les matières contenues dans la tumeur ne refluent ni par les points lacrymaux , ni par le canal nasal , lorsqu'on la comprime. M. Wcller la désigne sous le nom d'/y--dropisie du sac. Quoiqu'on n'en trouve que peu d'exemples dans les livres, M. Velpeau pense qu'elle est assez fréquente. Ce chirurgien a observé plusieurs malades qui portaient ainsi une tumeur, ayant le volume d'une petite noix, qui augmentait et diminuait alternativement de volume sans cause a] préciable, mais qu'il était impossible d'aplatir ou de vider par la pression, 11 n'est pas rare d'observer chez les vieillards , au-dessus du tendon direct et quelquefois au-dessous , une sorte de relief en forme d'amande , qui occupe exactement la place du sac lacrymal, qu'on ne peut point vider, qui ne cause aucune douleur, et qui offre cependant tous les autres caractères de la tumeur lacrymale. M. Velpeau a eu occasion de disséquer le cadavre d'un de ces sujets, et il s'est convaincu que le canal nasal et les conduits lacrymaux étaient complètement oblitérés , et que la tumeur était formée par le sac lacrymal rempli de mucosités filantes. La tumeur lacrymale est caractérisée par les svmptômes suivants : au début , la maladie n'est annoncée que par un léger épiphora , et, dans quelques cas, par un peu <^e chaleur, de démangeaison ou d'engourdissement au grand angle de l'œil. Plus tard , il s'y joint un peu d'empâtement ou de tuméfaction. En pressant la partie affectée , on fait sortir par les points lacrymaux, tantôt un liquide clair, transparent, des

larmes pures enfin j tantôt une matière floconneuse , purulente ou muqueuse , mêlée à une plus ou moins grande proportion de larmes. Quelquefois, au lieu de refluer parles points lacrymaux , ces matières s'écoulent par le nez lorsqu'on comprime la tumeur. Il est inutile d'ajouter que cette extravasion de matières contenues dans le sac lacrymal n'a pas lieu dans la troisième variété que j'ai mentionnée plus haut. A une période plus avancée de la maladie, le grand angle de l'œil est occupé par une bosselure, de forme demi-sphérique , plus ou moins aplatie , ordinairement indolente, tantôt molle, tantôt tendue. Une opinion qui est généralement admise par les auteurs, c'est que la tumeur lacrymale se distend et augmente de volume pendant la nuit; tandis que, pendant le jour, les larmes sont absorbées par l'atmosphère, sans être obligées de traverser les voies lacrymales. On a donné pour preuve, que la tumeur formée par le sac est plus volumineuse le matin, aussitôt après le réveil , qu'à toute autre période de la journée. Cette opinion qui, de prime abord, semble tout à fait conforme aux lois de la physiologie et de la stricte observation , a été combattue autrefois par Saint-Yves , et de nos jours par Demours. Ces auteurs soutiennent, en effet, que la tumeur lacrymale se vide pendant la nuit et se remplit pendant le jour. Ce qui a dû tromper sur ce point, ditDemours, c'est, d'une part, l'habitude où sont les malades de presser le grand angle dès qu'ils le sentent distendu pendant la veille, et, d'autre part, le temps qui s'écoule entre le moment du réveil et celui où, l'on vient observer la tumeur. Toujours est-il, ajoute M. Yelpeau, qu'ayant examiné; au moment

Page 1