‹ Manuel pratique des maladies des yeuxChapitre 64 sur 74 · VENTOUSES. - BAINS DE PIEDS · texte numérisé non relu

VENTOUSES. - BAINS DE PIEDS

mander d'appliquer, dans certains cas , les sangsues aussi près que possible de l'organe enflammé. Je l'ai vu plusieurs fois les faire placer au grand angle de l'œil.

Appliquées sur la conjonctive palpébrale, les sangsues sont aussi très utiles dans les cas de conjonctivite et de kératite superficielle. Néanmoins, comme les topiques' astringents et d'autres moyens d'un emploi facile sont alors suffisants, et que, d'ailleurs, cette manière d'appliquer les sangsues est assez délicate, et qu'elle contrarie les malades, M. Velpeau n'a pas trouvé d'avantages réels à en recommander l'usage autant que par le passé.

Ventouses scarifiées. — Cette saignée locale est rarement employée par M. Velpeau. Ce chirurgien préfère les sangsues; je l'ai entendu cependant conseiller, dans plusieurs cas, de légères scarifications dans les narines, d'après la méthode de M. Carron du Yillards.

Bain de pieds. — C'est là une précaution que les praticiens se dispensent rarement de prescrire, et qui offre des avantages réels dans un grand nombre de cas; cependant, quand la maladie est fixe, ce moyen ne jouit pas d'une grande efficacité. M. Velpcau pense qu'en y ajoutant, à l'instar de Bemours, une ligature de la jambe au-dessus des malléoles on en augmenterait réellement les avantages. Du reste, il est bien reconnu aujourd'hui que les pédiluves avec un verre de vinaigre et une poignée de sel de cuisine conviennent mieux ici que les bains de pied sinapisés, à cause des vapeurs excitantes qu'exhale la moutarde.

Vésicaloires. — Cormne tous les autres pra-

VESICATOIBES. 65/

Ltcicus, M. Velpeau fait un fréquent usage des

vésicatoircs dans le traitement des ophthalmies. Sans revenir ici sur ce que nous avons déjà dit, je crois devoir expliquer en peu de mots l'opinion de M. Velpeau sur la manière de se servir de ce moven. Ce chirurgien n'emploie le vésicatoife, à titre d'exutoire, que dans les ophthalmies chroniques ou déjà anciennes et d'une certaine gravité; alors c'est aux bras et aux jambes qu'il les fait placer. Autour de la tête, les vésicatoires, dont on entretient la suppuration, ne sont, à son avis, ni toujours inutiles, ni toujours nuisibles; mais le.< avantages qui résultent de leur application dans ces régions sont plus que balancés par l'irritation qu'ils déterminent souvent dans les ganglions lymphatiques circonvoisins, et même par les érysipèles dont ils deviennent quelquefois la cause.

A titre de vésicatoire volant, M. Velpeau en fait un usage très étendu et très varié. Ce chirurgien pense que sous cette forme les vésicatoircs sont moins utiles à la nuque, derrière lesoreilles, qu'aux tempes ou sur le front. Sur les apophyses mastoïdes, ils ont à peu près le même effet révulsif qu'à la partie postérieure du cou; toutefois, le retentissement qu'ils causent dans le système lymphatique est manifestement moindre. Aux tempes, ils ont l'avantage d'être plusprès du siège du mal, et ils ont une action plus immédiate, avec des dimensions moindres. Mais c'est sur les bosses frontales, à ijou 20 ligues audessus du soui cil, que M. Velpeau les fait appliquer de préférence, quand il s'agit d'ophthalmies aiguës, et notamment dans le traitement de l'iritis et de la kératite accompagnées de photophobie et de larmoiement. Pes vésicatoircs vor-

Page 1