ARRÊTÉS, CIRCULAIRES ET INSTRUCTIONS
ARRKTÉ CONCERNANT l' ECHANGE DES THÈSES A>'EG LES UNIVERSITES
étrangères.
Le Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts,
Vu Tavis (le la commission centrale des Bibliothèques universitaires, en date du 3 avril 1882, Arrête :
Article unique. 11 sera prélevé dans chaque Faculté, sur le nombre de thèses exijçé des candidats, trente exemplaires destinés au service des échanfçes de thèses et publications académiques avec les Universités étrangères.
Cette mesure sera exécutoire à partir du l**" mai 1882.
Fait à Paris, le 30 avril 1882.
Jules FERRY.
472 APPKXDICE
CIRCULAIRK RELATIVE A l/oRGAXISATIOX DU SERVICE DES ECHANGES AVEC * LES UNIVERSITÉS ÉTRANGÈRES.
Paris, le 17 mai 1882.
Monsieur le Hecteir,
\'ous trouverez ci-joinl un arrèlé que j'ai pris à la date du 30 avril dernier, et aux termes duquel il devra être prélevé, sur le nombre de thèses exij^é des candidats dans les diverses Facultés, trente exemplaires destinés au service des échanges de thèses et publications académiques avec les Universités étrangères. J'attache une haule importance à ce que celte mesure soit ponctuellement exécutée, et permetle ainsi le fonctionnement régulier d'un service dont je vais rapidement vous exposer l'économie.
Depuis longtemps, les principales universités européennes échangent entre elles, au grand profit de leurs bibliothèques respectives, toutes leurs thèses et écrits ayant un caractère académique. Ces relations, inaugurées en 1817 sur l'initiative de Tuniversilé de Marbourg, s'étendent maintenant à près de cinquante universités allemandes, anglaises, hollandaises, suédoises, suisses, etc., qui ont ainsi conslilué ce qu'elles appellent une l'nion d'échange iTnii.sch-Verein]. Chacune d'elles re^Mnt annuellement de ce chef pour sa bibliothèque environ 2.000 thèses ou dissertations académiques, dont beaucoup ne peuvent être obtenues par la voie ordinaire (lu commerce.
Mon administration, convaincue de l'utilité et du profil qu'il y aurait pour nos diverses Facultés à entrer comme parties contractantes dans cette l'nion, a (Mitamé des négociations qui viennent d'aboutir à un heureux résultat. Dès aujourd'hui nous pouvons regarder nos bibliothèques universitaires comme jouissant de tous les avantages que II indu dêchnn(je assure depuis plus de soixante ans aux bibliothèques d'un grand nombre d'universités étrangères. Il me paraît {|ue nos Facultés devront en retirer un double bénéfice: d'abord leurs moyens de travail se trouveront accrus dans une proportion notable par l'enrichissement des bibliothèques; ensuite elles seront mieux connues et plus favorablement appréciées hors de nos
APPENDICK
fronlières, les savants élranj^ers étant mis à même de constatée les proj^rès, de jour en jour plus sensibles, de notre enseignement supérieur. Il arrive trop souvent en elFct que les plus remarquables d e nos thèses universitaires tombent dans un oubli immérité, parce qu'elles ne sortent guère du milieu où elles ont été soutenues.
Vous apprécierez, Monsieur le recteur, toute la valeur de ces considérations, et je suis assuré que vous ferez personnellement tous vos elForts pour obtenir la stricte exécution du contrat d'échange que mon administration vient de conclure et que je porte aujourd'hui à votre connaissance .
Nos bibliothèques universitaires recevront des universités étrangères, outre les thèses académiques, tout ce qui sera imprimé par leurs soins et leurs frais : programmes, discours de recteurs, dissertations de professpurs publiées à l'occasion d'une fête ou d'un anniversaire, etc. Il sera donc juste que, de notre part, nous envoyions en échange nos thèses de doctorat et d'agrégation, celles de licence et de baccalauréat pour les Facultés où elles seront exigées, et en général tous les écrits académiques, comme discours de rentrée, comptes rendus de concours, etc. Les recueils de mémoires publiés sous les auspices de quolques Facultés ne doivent pas, pour le moment, figurer sur la liste d'échange.
I^es envois de l'étranger parviendront à nos bibliothèques universitaires chaque année et en un3 seule fois. Nos expéditions devront se faire de la mémo manière, par les soins et sous la responsabilité du bibliothécaire de la bibliothèque -universitaire. Une dépêche ultérieure vous fera connaître dans peu de jours, sous la forme d'une instruction pour les bibliothécaires, le mode de ces envois et le mécanisme qui a été étudié par mon administration pour assurer la régularité du service. Mais il s'agit, dès aujourd'hui, de commencer à recueillir les thèses et écrits académiques qui, de notre côté, constitueront la matière d'échange, et, en communiquant à MM. les doyens l'arrêté ci-joint, vous voudrez bien leur donner les instructions suivantes.
Au fur et à mesure des soutenances, le secrétaire de chaque Faculté fera déposer à la bibliothèque universitaire de l'académie les trente exemplaires de chaque thèse nécessaires pour le service des échanges. I^e bibliothécaire en donnera reçu, inscrira sur un carnet spécial la date de l'entrée, et prendra en charge ces exemplaires.
dont il sera responsable jusqu^à justification de leur envoi à destination. Sous aucun prétexte, il ne devra autoriser la distraction d'un seul des exemplaires ainsi remis à sa jj^arde.
Pour l'académie de Paris, il y aura lieu de procéder un peu différemment : Fadministrateur delà bibliothèque de l'Université recevra et prendra en charge les thèses des Facultés des lettres, des sciences et de théolofçie (catholique et protestante) ; les thèses des Facultés de droit et de médecine seront conservées par les bibliothécaires de ces deux facultés ^.
Ces dispositions sont éf^alement applicables aux écrits académiques visés ci-dessus.
Si le nombre des thèses demandées jusqu'à présent aux candidats ne suffisait pas pour permettre de réserver trente exemplaires, je vous autorise. Monsieur le Recteur, en attendant un règlement définitif de la question qui vous sera bientôt transmis*, à élever le chiffre actuel jusqu'à concurrence de ce qui sera absolument nécessaire.
J'espère, Monsieur le Recteur, que MM. les doyens, auxquels vous voudrez bien communiquer ces instructions, veilleront à ce qu'elles soient strictement exécutées par les secrétaires de leurs Facultés. Il vous appartient d'en donner connaissance à MM. les bibliothécaires universitaires ; ceux-ci accepteront facilement le surcroît de travail et de responsabilité qui en résultera pour eux, et seront les premiers à reconnaître tous les avantages, au point de vue de rétablissement confiera leurs soins, de la mesure que je viens de décider.
Vous voudrez bien, Monsieur le Recteur, me faire savoir le plus tôt qu'il vous sera possible, les dispositions qui auront été prises dans votre académie pour l'organisation du service des échanges de thèses et publications académiques.
Recevez, Monsieur le Recteur, l'assurance de ma considération très distinguée.
Le Ministre de r Instruction publique et des Befiux-Art.s,
Jules FKRRY.
1. Il en sera de niêine pour les thèses de l'École supérieure de pharmacie.