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CHAPITRE IV

3ri^inc des dépôts. — Provenance des livres : Doxs : de TElal, des municipalités et des particuliers. — Acquisitions : par budget, par rentes. — Du procédé administratif des acquisitions dans les bibliothèques universitaires. — Uejçistre des demandes d'acquisition. — Part de la Commission et du bibliothécaire. — Division des achats : ouvra^çes nouveaux, suites, périodiques. — Mode d'achat en France et à Tétranjçer : commission, prix net, prix fort. — Livres d'occasion. — Les ventes publiques. — Les recherches. — Les défcts. — CoUationnement des livres achetés. — Conditions. — Fraudes divci*ses. — Echanges univehsitaires et ixteiinatioxaux : Origine des échanges. — Mode d'échange dans les grandes bibliothèques. — Création de rechange universitaire. — Univei'sitcs qui y ont adhéré. — Procédé et mode d'échange. — Résultat des échanges. — Responsabilité du bibliothécaire et du secrétaire de l'Académie. — Instruction relative au service des échanges. — Les livres en eux-mêmes. — Soins de conservation. — Leurs ennemis : les insectes, la poussière, l'humidité, la chaleur. — Aérage des salles. — Battage des livres. — Surveillance contre les diverses détériorations. — Les livres précieux, soins à leur donner. — Réserve à constituer. — I-^ conservation des manuscrits. — La reliure.

La formation et raccroissement des dépôts présentent une telle importance qu'il est indispensable de nous arrêter ici quelques ^mps. C'est une question de vie pour une bibliothèque que son accroissement se fasse dans des conditions déterminées et normales. *^ fonds premier de la plupart de nos bibliothèques municipales, comme nous l'avons vu dans l'introduction, a pour origine soit ^ne donation généreuse, soit le transfert par l'Etat des dépôts ylléraires et de ceux des écoles centrales. Depuis cette époque, jusqu'à nos jours, l'accroissement s'est effectué par dons et par acquisitions.

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Dons. — Dans toutes les bibliothèques, y compris celles des Universités, les dons sont de trois sortes : 1** envoi des ouvraj;es el revues souscrits par le Ministère de l'Instruction publique (service des souscriptions) ; 2" envoi des ouvraj^es reçus par le dépôt légal et qui ne sont pas destinés à la Bibliothèque nationale ou à quelque autre grande bibliothèques (service du dépôt légal): 3** dons de particuliers, soit de collections complètes, soit d.'ouvrages séparés.

Les deux premières catégories de dons ne remontent pas très haut; le dépôt légal dont Torigine date de 1536 a été reconslitué complètement en 1818; les souscriptions ministérielles, instituées assez récemment, ne sont en somme qu'une tradition d'ancienne générosité des princes, des seigneurs et des riches personnages à l'égard des auteurs qui les encourageaient en soutenant la publication de leurs œuvres.

Les dons sont moins fréquents dans les bibliothèques universitaires de province que dans les autres dépôts. Il n'en est pas ainsi à la bibliothèque de l'Université de France qui s'est surtout enrichie dans cette deuxième partie du siècle. Les collections Peccol, 1-e Clerc et d'autres dons particuliers lui ont été attribués. Kn outre les Universités étrangères et particulièrement celles d'Amérique el des colonies anglaises envoient assez régulièrement leurs diverses publications. La bibliothèque de Victor Cousin a été laissée à la Sorbonne, mais avec l'obligation de former un dépôt à part qui ne s'accroît plus que très peu.

Les ouvrages donnés doivent être inscrits sous une mention spéciale soit sur le registre d'entrée-inven taire, soit sur un registre réservé à cet usage ; il est toujours prudent de connaître la source et l'origine d'un livre et d'une collection. Dans celte inscription, on spécifiera surtout le nom du donateur, la date de la remise du livre ou toute autre mention qui sera jugée utile.

Acquisitions. — Les acquisitions sont en général peu nombreuses dans les dépôts communaux de France ; à l'exception de quelques grandes villes qui consacrent un budget spécial au développement de leurs dépôts, les autres bibliothèques voient leur budget absorbe en grande partie par l'entretien du matériel, la reliure des livres, l'achat de quelques revues. Et cependant il est important que le

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3ibliothécaire apporte tous ses soins à accroître les collections locales ; mcune occasion ne doit être dédaij^née, et ce fonctionnaire ne loit pas hésiter à employer — dans la limite du possible — une partie du budj^et à l'accroissement de ses collections. Le but de ces bibliothèques est tracé d'avance : Fonder si cela n'existe pas déjà, développer s'il existe, un noyau, une série renfermant les ouvraji^es et les collections de revues propres au pays, traitant de son histoire sous toutes les formes. C'est ce qui sera la caractéristique distinctive de toutes nos bibliothèques provinciales. Nous devons dire cependant, à leur louante, que plusieurs d'entre elles sont fort riches en ces sortes d'ouvraf;es : Lyon, Avij^non, Clermont-Ferrand, Aixcn-Provence, Marseille, etc., etc. Mais il faut bien reconnaître que la majeure partie de leur accroissement provient de dons ministériels. Les bibliothèques universitaires, au contraire, qui reçoivent peu* de livres proportionnellement, ont un budj;^et propre, alloué par les Facultés, et qui leur sert pour leur entretien et pour l'accroissement des collections. Cependant il se trouve encore ne point suffire aux besoins réels des divers enseignements. Sans préjuj^er de ses moyens, l'Etat devrait réagir dans cet ordre et tâcher que le matériel, le mobilier, les instruments de la science soient plus j^énéreusement acquis. Le livre est, entre tous les instruments, le plus nécessaire et le plus utile de tous ; son rôle est puissant et immédiat cl, si nous osons bien exprimer notre pensée, c'est à cette grande facilité d'acheter tous les livres nécessaires par les universités élran»jères que certaines sciences sont parvenus dans ces pays à un développement brillant qui n'est pas encore atteint chez nous.

Tout budget consacré aux livres se divise forcément en plusieurs parties : Achat de livres ; abonnement aux revues ; reliure. Toute demande d'acquisition nouvelle, dans les bibliothèques municipales est soumise par le bibliothécaire à la commission de surveillance et d'achat qui généralement laisse une grande initiative au bibliothécaire.

Dans les bibliothèques universitaires, les acquisitions s'elTectuent de la manière suivante : Pour établir un contrôle des livres demandés, la Commission a créé depuis 1880 un type de registre appelé : Ikgisire de demandes ^ . Sur ce registre, toute personne, autorisée

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