TABLES DE LA DENSITE DE L'ALCOOL
A DIFFÉRENTES TEMPÉRATURES, d'aPRÈS TRALLES .
DENSITE AUX TEMPERATURES DE,
HISTORIQUE DE L'aLCOOL 17
Quant à la question du titrage du mélange d'alcool et leur pesage, relativement aux usages commerciaux et pour la question scientifique, nous ne la traiterons pas ici ; nous destinons un chapitre entier à ce qu'on appelle l'alcoométrie, c'est-à-dire de l'étude générale et détaillée de tous les instruments destinés à établir son titre, les rapports des titres des différents pays entre eux, les lois des mélanges et les calculs de rendement et de surforce. Je terminerai ici par une simple étude scientifique sur les procédés employés pour obtenir un alcool à 100 degrés et les moyens de déterminer les moindres traces d'alcool dans un mélange quelconque.
Les procédés de distillation, quelques parfaits qu'ils soient, sont insuffisants pour obtenir directement et sans aucun agent étranger de l'alcool parfaitement anhydre Q4jj6Qa n faut avoir recours à des agents très avides d'eau.
Quand, à l'aide d'un appareil très perfectionné, vous avez obtenu un alcool titrant de 95 à 97 degrés, à l'alcoomètre Gay-Lussac, vous avez, à peu de choses près, obtenu le maximum de concentration. Pour l'amener à 100 degrés il faut le distiller sur de la chaux vive, et par un tour de main assez simple on y arrive facilement. Il faut seulement prendre certaines précautions, c'est-à-dire ne pas faire votre distillation à feu nu, mais au bainmarie car, arrivé à ce degré, les vapeurs alcooliques s'enflamment facilement et on s'exposerait à de terribles explosions.
A défaut de la chaux vive, si on craiat qu'elle ne contienne des sulfures, ce qui arrive souvent et donne un goût déplaisant, on peut employer le carbonate de soude préalablement séché penjdant plusieurs heures dans une étuve à 100 degrés; il est alors entièrement privé d'eau.
Pour s'assurer si l'alcool traité comme nous venons de
le dire est parfaitement anhydre ou privé d'eau, on peut employer les procédés suivants :
1" En agitant l'alcool à étudier avec du sulfate de cuivre bien sec, si le sel devient bleu, c'est qu'il y a de l'eau; dans le cas contraire, il reste blanc.
2"* -Quand on agite de la benzine avec de l'alcool, le liquide se trouble, s'il n'est pas anhydre; car l'eau trouble la benzine, même quand la quantité en est très minime.
3** Berthelot emploie un procédé encore plus sensible et plus sûr, c'est l'addition à l'alcool h essayer d'une certaine quantité d'alcoolate de baryte, C*H^O^ + 2 BaO, préparé par la dissolution de la baryte caustique dans l'alcool absolu. Si l'alcool en essai contient la moindre trace d'eau, il se trouble par cette addition, et il se précipite de l'hydrate de baryte.
Pour l'opération inverse, quand il s'agit de rechercher dans un liquide quelconque s'il y a la moindre trace d'alcool, recherche intéressante au plus haut point dans la distillerie industrielle, pour l'étude des vinasses, nous aurons recours à différent» procédés.
Pasteur emploi le procédé suivant : Un signe certain de la présence de l'alcool est donné par l'aspect des premières portions du liquide condensé qui passent à la distillation. Elles se résolvent toujours sous forme de gouttelettes ou stries, où mieux encore de larmes d'aspect huileux, toutes les fois qu'il existe de l'alcool dans le liquide distillé. La distillation doit se faire dans une petite cornue à col assez long engagé dans le tube réfrigérant de Liebig. On porte toute son attention sur les parois du col de la cornue, au moment où l'ébuUition commence. Pour peu qu'il y ait dans le liquide un millième de son volume d'alcool, le caractère iadiqué des larmes ou des stries se dessine nettement pendant un temps très court,
mais pourtant appréciable. Un dix-millième d'alcool est difficile à constater ; pourtant en y apportant du soin et de l'exercice on peut encore y arriver sans incertitude.
En recueillant à chaque distillation le tiers du volume total, et en supposant que la limite d'appréciation s'arrête au millième, on peut accuser facilement après trois distillations, la présence de 1/10000 de 1 centimètre cube d'alcool pour un volume total de 100 centimètres cubes.
M. Savalle a recours à un instrument spécial imaginé par lui et que nous aurons occasion de décrire lorsque nous parlerons des appareils distillatoires de cet habile ingénieur.
Cet appareil, du reste, a été fait dans un but spécial, c'est le contrôle des pertes d'alcool éprouvées dans la distillerie, soit par suite de l'imperfection des appareils, soit par suite des mauvais procédés employés.
Nous aurons à revenir sur ces questions de la recherche de l'alcool dans les liquides fermentes, car, si elle est très délicate, elle a une importance capitale, au point de vue industriel, où on agit quelquefois sur des centièmes qui font le seul bénéfice que peut retirer le négociant d'une opération plus ou moins bien conduite.
•Le seul fait de laisser dans les résidus de la distillation quelques parties d'alcool est une cause de perte sérieuse. D'un autre côté, il ne faut pas que les procédés et les instruments employés soient trop scientifiques, car il ne faut jamais perdre de vue qu'on se trouve en présence d'ouvriers, et de contremaîtres, qui, la plupart du temps, manquent de l'instruction nécessaire pour en tirer parti. Nous devrons donc dans les procédés que nous indiquerons, ne conseiller que l'usage d'appareils d'un maniement simple et pratique, mais qui, cependant, donneront des résultats d'une exactitude suffisante.
20 FABRICATION DE l' ALCOOL
Les progrès de la science sont tels, que bien des produits, négligés jusqu'à ce jour, sont actuellement utilisés, grâce aux progrès qui se font chaque jour. Nous en aurons la preuve dans la multiplicité des sources de Talcool que nous indiquerons dans un chapitre spécial.